La performance en art contemporain
Terme utilisé dans les années soixante-dix, relayant, sous l'influence du vocabulaire anglo-saxon, l' "action", pour désigner les réalisations publiques proposées par les artistes appartenant à des courants qui requièrent la présence des spectateurs pour mener l'œuvre à bien (Fluxus, Body Art, Actionnisme viennois...).
La performance hérite d'une histoire déjà longue puisque, dès les premières décennies du siècle, le Futurisme et surtout les manifestations dadaïstes font émerger une relation directe entre l'art et la présence physique de l'artiste.
Au cours des années cinquante, des phénomènes aussi hétérogènes que l'Action Painting, Gutaï ou les Anthropométries de Klein commencent à conférer au fait corporel une certaine autonomie par rapport à l'activité picturale.
Mais les premiers Happenings de Cage, puis ceux réalisés aux États-Unis et en Europe, ainsi que les "events" de Fluxus, constituent la source la plus déterminante de la performance.
Celle-ci, qui repose sur la présence de l'artiste, sur l'utilisation
d'accessoires et d'un scénario plus ou moins précis, rejoint à certains égards
une situation théâtrale - elle revendique cependant une transgression des
formes traditionnelles de l'art pour interroger le corps, les données
sensorielles, la parole, le geste et les comportements sociaux.
De ce point de vue, Beuys est sans doute l'artiste le plus symptomatique des
problèmes d'une telle pratique, où l'acte artistique, immédiatement
consommable, ne peut être ultérieurement diffusé que par la photographie et la
vidéo. En dehors de ces supports ne subsistent en effet d'une performance qu'un
"décor" et des objets inertes, éventuellement monnayables comme
souvenirs ou fétiches.
article de Françoise Ducroc tiré du Dictionnaire de l'art moderne et contemporain( Hazan, 1992, p.486)