Apollinaire et le metteur en scène Meyerhold
http://www.brissonneau.net/html/fiche.jsp?id=2199506&np=1&lng=fr&npp=20&ordre=1&aff=1&r=
C'est Apollinaire qui a fait connaître à Meyerhold le conte des trois oranges que Prokofiev mettra en musique et dont Meyerhold assurera la mise en scène.
http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/vsevolod-meyerhold
« Les Mamelles de Tirésias »
La volonté d'Apollinaire de faire naître la surprise se reflète aussi dans « Les Mamelles de Tirésias », pièce de théâtre controversée lors de sa réception, tiraillée entre le dénigrement et l'enthousiasme. Scandaleuse par son sujet ainsi que par son audacieuse mais spectaculaire mise en scène, « Les Mamelles de Tirésias » relève de l'ambition d'Apollinaire de renouveler le théâtre. L'enjeu est de créer un théâtre nouveau, antiréaliste, qui soit plus proche de la réalité en sapant le concept de mimesis. W. Bohn met à jour l'existence de sources extra‑littéraires, plus précisément l'attachement d'Apollinaire pour des formes de théâtre populaire comme le cirque, le music‑hall, le film muet ou les marionnettes. Centrée autour des thèmes de la repopulation et du féminisme, la pièce favorise l'expérience humaine plus que la perception visuelle. L'originalité de la pièce ne réside pas dans son intrigue (le destin d'une femme devenue homme), mais dans son caractère absurde et provocateur. Écrite après la guerre, on lui donne souvent une coloration patriotique, Apollinaire souhaitant attirer l'attention sur les risques de dépopulation. Conçue pour amuser et surtout pour instruire, son message demeure pourtant ambigu. W. Bohn nous invite toutefois à ne pas prendre trop au sérieux la thèse patriotique, car l'emploi de la parodie, des jeux de mots et du burlesque n'y sont que le signe de la démystification mise en place par Apollinaire. Ce dernier pourrait bien avoir eu recours à la subversion afin de cacher un autre message, plus léger peut‑être, une célébration de la sexualité et une invitation à la procréation.