La Ballade de Lila K. Blandine Le Callet
LA BALLADE DE LILA K. – BLANDINE LE CALLET
Dans le futur, les chats changeront de couleurs, les caméras de Paris iront jusque dans nos chambres, et la Province, renommée la Zone ne sera qu'un tas de bidonvilles sans nom séparés de Paris par des murs gigantesques. On se demande quand même comment on a pu en arriver là…
Malgré un début plutôt bien pensé : une action qui se passe dans une autre réalité que la nôtre, un étrange hôpital au but inconnu surveillant sans relâche ses patients, et une de ces patients, héroïne dont on ne comprend pas grand-chose au passé (ni au présent d'ailleurs) si ce n'est qu'il semble très dur. Mais au bout du deux-troisième chapitre, l'auteur répond à la moitié de nos questions, nous apprenant que l'intrigue se situe dans le futur, effaçant l'autre moitié des questions que pouvait se poser le lecteur.
Plus l'histoire avance, plus les situations semblent improbables, et les personnages surréalistes. On finit par ne plus y croire : le docteur préfère dissimuler une information dans plusieurs cadeaux de haute valeur, certains ont manqué d'être confisqués à la protagoniste, avec des instructions en latin faisant référence à des extraits de textes qui, mis bout à bout, lui font comprendre d'aller faire ses recherches elle-même à la grande bibliothèque, qui semble être d'ailleurs le seul élément de Paris ayant survécu. Certains événements tragiques sont même parfois si grotesques qu'ils peuvent sembler comiques : comme le bébé dont on apprend progressivement qu'il a des malformations cardiaques, qu'il n'aura pas de bras, qu'il mourra à cinquante ans, qui finit dans un cabaret illégal de ″monstres″ au milieu d'une zone à risque sur une initiative de sa mère.
Finalement, après avoir rendu son héroïne exécrable : elle mène plus d'une personne à la mort (toujours involontairement, bien sûr) afin de se rappeler son enfance passée avec sa mère, l'auteur finit son récit par une déferlante de révélations. Après plusieurs de ces ″Ah d'accord ! ″, on préfère suivre la vie du chat décrite en parallèle. On sort de ce livre en se disant qu'il essaye tout de même de faire passer un message anti ″numérisation de tout″, mais il est décrédibilisé par le fait que ce livre ait remporté le prix du livre numérique.