Oeuvres surréalistes

Des poussières infiniment toi (A la manière de Desnos: écriture automatique et procédé d'opposition)

Par sarlhomme - publié le mardi 6 mai 2008 à 14:06 dans Poèmes des 205

 

Des poussières infiniment toi

 

 

La nuit claire s'étend,  douceureuse

Ce soir il neigera à Keïta

Les désanchanteurs ont sévi, la main de l'infini a sévi

Quel desespoir ravageur

Nous nous aimions pourtant d'une haine si douce

Pourquoi les hauts toits de l'amour ne chapardent-ils plus la douleur?

 

Il est trop tard, hélas

Certes les armes sont bégnines, les plaies indolores

Mais il fuit, il court ventre à terre, égaré en chemin, cadavre à la mer

Ce soir il neigera à Keïta

 

Il faudrait une fois encore briser les barières

Danser en les collines enflammées

Tu dois devenir, ne pas partir

 

Mais c'est un combat de chair

Son sang me brûle les veines

Je sais qu'il me meurt à son tour

Ne pas le punir, ses désirs sont noirs, sa névrose est apothéose

Fin. L'amant est décédé, mais l'amour vit encore

Aube d'une nuit certaine

 

Ce soir il neigera à Keïta

Au sommet de la vallée, je m'abandonnerai au sort dérisoire de ceux qui croient encore

N'oublie pas ton sourire

La niaiserie fait mal, le pathétique fait rire

 

Consumés de l'intérieur, les amoureux émaciés casseront le vase des songes de cendre

 

Le parfum âcre du petit matin appelle la raison brillante et maladive à demeurer, subsister

Mais la mort survivra encore

Jusqu'au dernier inconscient

 

Indigestion d'indifférence

Ecoutons enfin le silence

Car la nuit claire s'étend


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