Julien , un personnage réaliste qui trouve sa source dans des faits divers.
dans des faits divers.
Nous pouvons affirmer que Julien est un personnage réaliste car il en réunit toutes les caractéristiques. En effet :
| La réalité contemporaine est décrite |
| Tous les milieux sociaux sont représentés, même si dans le Rouge et le Noir c'est le plus souvent la noblesse (famille de Rênal et de la Môle) qui est confrontée au paysan Julien. Les petits détails tels que les prix, les complots politiques, les lectures de romans existants réellement, etc... contribuent à cette réalité. |
| Les liens économiques et sociaux entraînent la réussite ou l'échec du personnage |
| Julien ne réussit pas grâce à l'argent, mais grâce à ses relations avec les autres. L'abbé de Chélan vante ses qualités à M. de Rênal, puis l'abbé l'introduit au séminaire. L'abbé Pirard le présente au marquis de la Môle, qui en fait son secrétaire. Mais c'est avant tout grâce à ses qualités que Julien grimpe les échelons sociaux. Il est brillant, instruit, latiniste et ambitieux qui plus est. |
| L'apprentissage de la vie et l'initiation sentimentale |
| Il apprend comment se comporter en société - au séminaire il se créé un personnage, il joue un rôle auprès des autres élèves - pour séduire à nouveau Mathilde, il joue le rôle d'amoureux auprès de la Maréchale de Fervaques - lorsqu'il tente de séduire Madame de Rênal, il procède par étape, essaye des choses, dresse des plans
Il se créé des rôles et apprend ainsi à vivre en société. Il s'adapte à son environnement, car il est bon observateur. |
| La société contemporaine est peinte d'une manière objective |
| Ici ce n'est pas vérifié. Stendhal n'est pas objectif. Il dit que «le meilleur style est celui qui se fait oublier et laisse voir le plus clairement les pensées qu'il énonce». Stendhal refuse l'emphase, la fausseté et l'hypocrisie. Dans le Rouge et le Noir, on le constate lorsque Julien est au séminaire. Stendhal, à travers le narrateur, critique l'établissement et ses occupants. |
| Le rayonnement de Paris, ville du plaisir et de la richesse |
| Julien va à Paris après avoir été à Verrieres et à Besançon. Il va au théâtre et aux bals, alors qu'en province, il n'allait qu'à la messe, dans les églises et au café. Il se distrait donc. On remarque que Julien va dans des villes de plus en plus grandes. Verrières est un bourg de province, Besançon est une grande ville, et Paris est la capitale. Cela montre aussi son évolution sociale, de plus en plus importante. Paris est donc la ville de la réussite. |
| La puissance de l'argent et du pouvoir politique |
| A la fin du livre, avant le procès, Mathilde de la Môle va voir l'abbé Frilair et fait jouer ses relations pour que Julien soit épargné. Elle envoie aussi une lettre à la Maréchale de Fervaques pour obtenir une lettre d'un abbé, qui est un personnage influent. Lorsque le père de Mathilde veut anoblir Julien, M. De la Môle contacte un ami pour cela. Il fait jouer de ses relations. Pour que Julien soit le précepteur de ses enfants, M. De Rênal propose un salaire supérieur que celui du Valenod. Ici c'est l'argent qui rentre en compte. |
| Les petits détails vrais |
| -Les prix sont réels - Les complots politiques - Les noms de certains personnages historiques, ici on retiendra Napoléon - Le système politique - Le procès se passe comme dans la réalité |
| L'expansion de la description |
| Au début on trouve la description du village, des personnages qui l'occupent, de la hiérarchie, de Julien, de là où il vit et travaille... Dès que quelque chose de nouveau fait son apparition, cela est décrit avec maints détails. |
| L'utilisation de niveaux de langue adaptés aux situations et aux personnages |
| Julien joue un rôle au séminaire, il apprend à se comporter en société, il modifie sa façon de penser, d'être (donc de parler) en fonction de là où il est, et avec qui il est. Il adapte son langage en fonction de son locuteur : il parle avec modestie et respect aux nobles, mais lorsqu'il est victime d'un affront dans un café, il ne se laisse pas faire et le montre.
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Stendhal s'est inspiré de plusieurs faits divers pour construire le personnage de Julien. On retrouve vaguement l'affaire Laffargue mais Stendhal s'est inspiré majoritairement de l'affaire Berthet.
En effet, Antoine Berthet était le dernier fils d'un forgeron qui n'était pas doué pour les travaux manuels et qui préférait donc se réfugier dans les livres tout comme Julien Sorel, comme on peut le voir dans l'extrait suivant tiré du chapitre IV page 25 : « Au lieu de surveiller attentivement l'action de tout le mécanisme, Julien lisait [...] L'attention que le jeune homme donnait à son livre, bien plus que le bruit de la scie, l'empêcha d'entendre la terrible voix de son père. ». Antoine était également doué d'une très grande intelligence qui alla se développer chez le curé de son village et qui s'initia au latin. Il entra ensuite dans une famille de grande renommée ; Les Michoud de la Tour pour devenir le précepteur de leurs enfants. M. Michoud était le maire de la commune. Ceci fait référence à la famille de Rênal dans laquelle Julien devient leur précepteur, comme nous pouvons le confirmer dans le chapitre VI page 36 : « Que voulez-vous ici mon enfant ? [...] – je viens pour être précepteur. »
Stendhal s'est également inspiré de la liaison amoureuse qu'il y aurait eu entre Antoine et Mme Michoud pour les personnages de Julien et Mme de Rênal. Dans les deux cas, le mari découvre la relation amoureuse et renvoie le précepteur dans le chapitre XXIII page 161, « M. de Rênal maudissant mille fois le jour où il avait eu la fatale idée de prendre un précepteur [...] Julien quitta Verrières ».
Antoine va ensuite devenir le domestique du comte de Cordon, une personne devenue le comte de la Mole dans le Rouge et le Noir. Stendhal va également construire la deuxième relation amoureuse de Julien autour de celle entre Antoine et la fille du comte de Cordon. En effet, Julien tombe amoureux de Mathilde, la fille du comte de la Mole comme le prouve la citation dans le chapitre X page 312 : « A chaque instant, [la] pensée [de Julien] abandonnait tout [...], le cÅ“ur palpitant, la tête troublée, et rêvant à cette idée : m'aime-t-elle ? ». Les deux hommes réussiront à faire bonne impression devant le comte et se projetteront dans un projet de mariage.
Stendhal utilise également la fin tragique qui a fait « connaître » Antoine Berthet. En effet, son projet de mariage a été découragé par une lettre de dénonciation écrite par Mme Michoud, Antoine va donc la trouver dans une église paroissiale et tire sur Mme Michoud. On retrouve cette même situation avec Julien et Mme de Rênal, « Madame de Rênal n'était pas blessée mortellement. La première balle avait percé son chapeau ; comme elle se retournait, le second coup était parti : la balle l'avait frappé à l'épaule, et chose étonnante, avait été renvoyée par l'os de l'épaule, que pourtant elle cassa contre un pilier gothique dont elle détacha un énorme éclat de pierre. » (Chapitre XXXVI, page 454)
Stendhal s'est inspiré d'une autre affaire mais très vaguement, celle de l'affaire Laffargue. Adrien Laffargue fut également séduit par une femme mariée ; Thérèse Loncan qu'il va aussi tuer dans une église par deux coups de pistolet.
En effet, Stendhal a toujours eu une passion pour les affaires criminelles. Il s'intéressa à l'affaire Berthet, car pour lui, Antoine avait toutes les caractéristiques pour former un grand caractère : jeune, pauvre, instruit, ambitieux. Qui eut cru que ce fils de forgeron deviendrait, à titre posthume et à travers Julien Sorel, l'un des grands personnages de la littérature.
De plus, Stendhal a inventé une affaire criminelle pour prédire la fin du roman, ce que va devenir Julien. En effet, Louis Jenrel est l'anagramme de Julien. Un nom que Julien va découvrir dans le roman : « Sur le prie-Dieu, Julien remarqua un morceau de papier imprimé étalé là comme pour être lu. » Stendhal veut que Julien et le lecteur découvre le nom de Louis Jenrel. « Il y porta les yeux et vit : Détails de l'exécution et des derniers moments de Louis Jenrel, exécuté à Besançon le... » (Chapitre V, page 34)
Ensuite, Julien se rend compte que ce nom finit comme le sien. Julien reconnait une ressemblance entre les noms, mais est incapable de percevoir la ressemblance entre le destin des noms, de voir qu'ils finissent par la décapitation. Louis Jenrel finit pat être le nom d'un décapité. On comprend donc que ce passage avec Louis Jenrel est la prémonition que Julien va mourir à la fin du roman.