Penser après les cours...!

Julein représentant de sa génération et de sa classe sociale?

Par cyberblaise - publié le vendredi 29 mars 2013 à 08:39 dans 1èreL/Es Camille See
X-NONE X-NONE

Au XIXe siècle, des auteurs tels que Balzac et Flaubert prennent place en France. Ils apportent avec eux des caractéristiques comme une représentation romanesque de la réalité  et critiquant les mœurs de l'époque.

Stendhal, né en 1783 et à l'enfance bien cultivée, s'inscrivit dans ce mouvement, notamment grâce à son ouvrage écrit en 1830 s'intitulant  Le Rouge et le Noir .

A travers ce roman nous découvrons le quotidien de Julien Sorel, un jeune roturier à l'ascension sociale improbable. Le roman nous fait part de l'influence de son milieu social, la vie de l'époque en 1830, et ses misères.

Nous pouvons donc nous demander par quels moyens Julien est il représentatif d'un jeune roturier de son époque ?

                Dans un premier temps nous étudierons le personnage ambitieux, intelligent et méritant de Julien Sorel, puis nous observerons la réussite de ce jeune roturier, avant de finalement nous intéresser à l'importance que porte Julien à son ascension sociale.

 

 

Parlons tout d'abord du personnage ambitieux  intelligent et méritant qu'est Julien Sorel.

Julien Sorel, héro du roman de Stendhal, est tout d'abord un personnage que nous pouvons qualifier d'ambitieux. En effet, ce jeune roturier fait part d'une envie réelle d'entreprendre des choses ; il est d'ailleurs déterminé à réaliser chacune de celles-ci avec sa personnalité et ses capacités : celles d'un jeune homme ardent et exigeant dans les classes pauvres à la conquête du monde. Son ambition s'illustre tout d'abord à travers son inspiration, son modèle d'humain ; il prend notamment exemple sur l'empereur français dans les années 1800. Effectivement, Julien Sorel est un grand admirateur de Napoléon, qui pour lui représente la force du caractère, le risque, l'ambition, l'aventure qui met l'énergie à l'épreuve, mais Napoléon est aussi pour lui un modèle de réussite sociale. Il compare notamment dans le chapitre X du livre premier sa réussite sociale avec celle de Napoléon, et souhaite devenir comme lui. Et pour cause ce grand homme est un attachement émotif, et le résultat d'une vision mythique de l'histoire, il est la grandeur et la gloire militaire. Julien, son ambition, se nourrissent donc de rêves de gloire, pour cela, il se révolte contre la misère du peuple et sa condition sociale. Il pense que lui seul peut bouleverser l'état des choses, qu'une seule personne pourra changer le monde. Ainsi, étant donné que Julien est ambitieux, celui ci à des projets de prévu comme le désir de faire fortune, de s'enrichir ou encore de monter dans l'échelle sociale.

Mais en plus de son ambition, Julien Sorel est également un personnage adroit. Nous pouvons en effet remarquer que Julien est un jeune homme plutôt intelligent ;  une intelligence qui s'illustre surtout par sa pratique courante et son enseignement à la langue latine. Julien Sorel est d'ailleurs le précepteur, c'est- à-dire l'instructeur, des enfants de Madame de Rénal tel que nous le montre le chapitre IV. Mais ses capacités intellectuelles ne s'illustrent pas seulement par sa pratique du Latin,  car  Julien a aussi une très bonne mémoire. Il nous prouve dans les chapitres XXI et XXII du livre second, mais également lorsqu'il récite la bible entière à Mme de Rênal, qu'il est doté d'une mémoire plus qu'impressionnante, et qu'il est capable il sait réciter de nombreuses pages par cœur !

Puis, Julien est un homme méritant, digne et respectable. Son parcours, sa détermination malgré le mépris que lui porte son entourage nous le montre bien. En effet, même si le père de Julien se montre violent et irrespectueux envers son fils, ce dernier ne perd pas espoir et croit plus que jamais en son ascension sociale. De plus, la fin du livre nous illustre encore une fois le mérite de ce jeune roturier, puisqu'il arrive à trouver le courage d'avouer son acte, sa tentative de meurtre face aux jurés lors de son procès au tribunal.

Nous pouvons donc dire, que malgré la fin tragique de l'histoire, julien a su montrer autour de lui qu'il était un homme sincère ayant des projets et des buts dans la vie. L'ambition, l'intelligence, et le mérite qui caractérisent Julien font donc de lui un personnage qui a réussit, progressivement, et au cours du roman.

 

 

Julien Sorel est un personnage qui tout au long du roman, le Rouge et le Noir, montre une volonté de gravir l'échelle sociale. Il est le fils d'un charpentier, c'est-à-dire qu'il fait parti des paysans enrichis, et il n'est donc pas pauvre. Par contre, il est révolté contre la misère, la médiocrité de sa condition sociale et veut conquérir sa place dans la société, malgré l'hostilité et le mépris de la haute société. Julien aspire à une ascension sociale, il désire intégrer la noblesse, comme Napoléon, qui est son modèle de réussite : brillante carrière militaire, grandeur, force de caractère, goût du risque et de l'aventure... Julien rêve de devenir comme lui, d'être à sa hauteur. Mais il est méprisé par son père et ses frères pour sa faiblesse physique et sa passion pour les livres. Stendhal dénonce l'échec des jeunes, qui sont intelligents, mais bloqués dans leur ascension sociale à cause de leurs modestes origines. Au début du roman, Julien est présenté comme un personnage rejeté par sa famille et ayant pour seul refuge : la lecture. Il envisage la voie royale, il veut devenir prêtre. Son ascension, tout au long du roman, va lui faire parcourir la société française, le mener de Verrières à Besançon, puis à Paris ; où il côtoiera différentes classes sociales : la noblesse, le clergé, la bourgeoisie et l'aristocratie.

En devenant précepteur des enfants de M. et Mme de Rénal -à Verrières, sa ville de province natale- grâce à sa connaissance du latin, son ego est flatté. En effet, il réussit à s'affirmer : on lui accorde de ne pas manger avec les autres domestiques, M. de Rénal l'emmène acheter un habit noir, ce qui le distingue des autres serviteurs, et il obtient une certaine gloire, d'abord auprès des enfants puis auprès de M. Valenod, en récitant par cœur des pages du Livre Saint etc... M. Valenod, le directeur du dépôt de mendicité, s'intéresse à lui ; de simple ouvrier dans la scierie de son père,  il est devenu le précepteur que deux hommes souhaitent avoir auprès de leurs enfants. Ce travail de précepteur chez M. et Mme de Rénal est la première étape de sa progression dans la société.

A l'occasion de la visite d'un roi à Verrières, Julien a l'occasion de défiler à cheval, dans un bel uniforme, ce qui le rend fier et joyeux. Alors qu'il travaille chez la famille de Rénal, il prend un congé et il part rendre visite à son ami Fouqué, qui lui propose de devenir son associé dans son commerce de bois. De plus, Elisa, la femme de chambre, à la suite d'un héritage, lui propose de se marier. Julien refuse les deux propositions, prétextant vouloir continuer dans la voie religieuse, mais en réalité, il pense que ce n'est pas à la hauteur de ses ambitions. Il ne veut pas s'associer, ou se marier, pour le moment, car il redoute que cela mette un terme à son ascension, et il a la conviction d'avoir sa chance dans la société aristocrate.

Après les épisodes de Verrières, il se rend au séminaire, à Besançon, où l'Abbé Pirard, le directeur du séminaire, le prend sous sa protection, après avoir lu la lettre de recommandation de l'Abbé Chélan (celui qui lui enseignait le latin à Verrières). Ce séjour au séminaire est relativement pénible pour Julien, qui est exclu par les autres. Enfin, l'Abbé Pirard lui propose de devenir le secrétaire du marquis de la Mole. Là-bas, il devient la fascination de ce marquis, il assiste à des diners avec des gens de la haute société, mais il ne se sent pas à sa place. Il est tiraillé entre l'envie de gravir l'échelle sociale, et donc de jouer un rôle, et l'envie d'être vraiment lui-même : parce que il a conscience qu'on ne l'apprécie pas pour ce qu'il est vraiment. Il entreprend ensuite une relation avec Mathilde, la fille du marquis ; à Verrières, il avait également séduit Mme de Rénal, ce qui prouve donc qu'il est aimé et aime des femmes nobles, qu'il n'aurait pas réussi à séduire en restant un simple rôturier. En charmant la femme de M. de Rénal, il joue un jeu dangereux, car il séduit la femme du maire, qui est aussi son employeur, il lui doit donc le respect.

Pour Julien, la réussite est une revanche sociale, l'accomplissement d'un "combat" contre les riches et les nobles. Et même si il est emprisonné à la fin, après avoir tenté d'assassiner Mme de Rénal, nous pouvons dire que son ascension est réussie car il est passé du statut de monsieur Julien, l'Abbé Sorel, à M. le chevalier Julien Sorel de la Vernaye... Même si au cours du roman il ne la pas toujours été, à la fin, il meure en héros.

                Cependant, cette réussite n'est pas primordiale pour Julien, notamment dans le livre second, en effet, Julien, par ses réussites, va voir son ascension sociale peu semblable à celle qu'il s'était imaginé.

 

                En effet, nous découvrons que le blocage d'ascension sociale de Julien n'est pas si important qu'il ne le parait ; seulement, au fil de Le rouge et le Noir, Julien ne porte plus tellement d'importance à cette ascension sociale alors que le début du roman est marqué par un désir d'ascension sociale.                 

Au début du roman et plus que jamais, Julien est pris d'une envie d'ascension et d'amélioration sociale,  car ce jeune roturier veut faire fortune, il cherche à affirmer sa supériorité et son identité.                                                                                                                                                                           L'action du roman se déroule de 1826 à 1830, la France est alors sous le règne de Charles X (1824-1830), et la situation politique et sociale est alors en mutation ; nous nous trouvons à la veille de la révolution de 1830 et de la chute du régime en place. Une partie du roman est ainsi marquée par le combat de Julien pour être reconnu comme égal par ceux qui lui sont socialement supérieur et se donne ainsi comme modèle Napoléon. Napoléon est pour lui un modèle absolu, le modèle de l'homme libéré du carcan social, du poids des considérations sociales. Inférieur socialement aux personnages qu'il côtoie, Julien Sorel se sent cependant intellectuellement supérieur à eux. Il considère l'injustice sociale non sur le plan strict du droit, mais sur le plan humain. Il ne cherche pas à égaler ses maîtres, mais revendique sa différence intellectuelle. Julien est un paysan révolté, qui incarne le malaise et les ambitions des jeunes de la Restauration qui, touchés par la période héroïque de Napoléon et se nourrissant de rêves de gloire, se révoltent contre la misère, la médiocrité de leur condition sociale et veulent conquérir leur place dans la société, malgré l'hostilité et le mépris de la haute société. Le jeune roturier admire Napoléon, jusqu'à en garder son portrait sous son matelas dans le chapitre IX de la première partie. Julien aspire à une ascension sociale, il veut sortir de l'humiliation, de la grossièreté, de la vulgarité de sa classe et s'élever à un rang plus élevé grâce à sa force de caractère, son intelligence, sa culture, sa, capacité de dissimulation.  

                Mais ce rêve d'ascension sociale s'estompe vite face à la réussite de Julien.                                     En effet, lorsqu'il doit quitter Verrière pour se rendre au séminaire de Besançon, Julien se voit, dans le livre second, entrer en contact pour la première fois avec le monde du clergé par lequel il est formé. Cependant, il remarque de profondes différences culturelles et mentales sa personnalité et celle des autres séminaristes ; il les constate pendant le séminaire du chapitre XXII simples, bêtes et mesquins. Le jeune roturier comprend alors que cela n'est pas ce qu'il veut faire, ce qu'il veut devenir ; et quitte finalement le séminaire. Julien refuse cette ascension sociale qui ne lui plait pas ; car il doit mentir et dissimuler son mépris et sa haine pour la classe sociale qu'il doit servir, il doit cacher son admiration pour Napoléon. Il adopte ensuite une attitude révolutionnaire, après avoir tenté de tuer Mme de Rênal, à l'occasion de son procès ; il se comporte de manière révolutionnaire en apostrophant les jurés et le dit lui-même dans le chapitre XLI : « je n'ai point l'honneur d'appartenir à votre classe… ». Julien rejette en fait le statut que les bourgeois possédaient en 1830, c'est-à-dire un statut de classe montante de la société, de force directrice de la société. Par ses actions et par son rejet d'ascension sociale, nous pouvons constater que Julien rejette et admire à la fois la société des « grands ».

Ainsi ce refus soudain d'ascension sociale dans la bourgeoisie mènera Julien à aboutir cette ascension après son incarcération en prison.                                                                                                                                                                                                                          En effet, le succès de Julien est une impasse tragique dont il sort par le haut avec le déchirement de ses illusions et la rupture de sa construction imaginaire et idéologique de l'ascension sociale. Emprisonné et rendu à sa solitude, après avoir tenté de tuer Mme de Rênal dans le chapitre XXXV, Julien médite alors en prison sur sa destinée et mesure l'étendue de la vanité de ses efforts de réussite sociale lors de ses derniers instants. Julien ne voulait finalement pas d'ascension sociale, ce qu'il avait jugé de réussite sociale n'était en fait qu'une erreur ; cette réussite se trouvait dans un tout autre domaine. Il se rend compte, à la fin du roman, qu'il n'a jamais été lui-même, mais qu'il a toujours agi en imitant un modèle inaccessible, Napoléon. Cependant, il garde Napoléon comme héro, puisque dans le chapitre XXXVI de la deuxième partie, si Julien renonce à se tuer en prison, c'est bien pour suivre l'image de son idole : « il a vécu ».

 

               

 

Nous pouvons donc conclure en disant que Julien est un jeune, représentatif des roturiers de son époque. Par son caractère, son ambition et sa réussite, il parvient à obtenir l'ascension sociale qui lui correspond, et à finalement, mourir heureux dans l'amour de Mme de Rênal.

Ainsi, Julien Sorel est plus que jamais un personnage actuel ; en effet, celui-ci tient du fait que nous, la jeunesse d'aujourd'hui doutons encore des possibilités d'insertions sociales, de peur d'être déclassés et de ne pas trouver notre place, que ce soit du fait des choix concernant nos études, nos activités… Julien nous montre que l'argent, la réussite sociale n'a que peu d'importance face à l'amour et l'épanouissement de soi dans les relations avec les autres. Nous constatons que la vie n'est pas « avoir », mais « être ».

Aurore, Chloé et Géraldine.

 

 

 


Page précédente | Page 221 sur 1224 | Page suivante
Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Derniers commentaires

- Apollinaire sur prepabac.org (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Merci (par Visiteur non enregistré)
- Remerciment (par Visiteur non enregistré)
- eethetyh (par Visiteur non enregistré)

Canal RSS

Abonnement