Scatologie et registre bas dans Gargantua
1) L'exploitation des savoirs du corps humain
Ambiance carnavalesque : Ex : insistance sur la « braguette », de dimensions considérables, et dont on nous précise qu'elle n'est nullement un leurre : 16 aunes 1/4, (soit plus de 19 mètres de tissu), une émeraude « de la grosseur d'une pomme d'orange » -> le gigantisme ne concerne donc pas seulement le boire et le manger, mais également l'appétit sexuel.
Sexualité :
- Présente au chap. 4 : réf à l'appétit sexuel illustré de façon comique (exagérations, accumulations, répétitions)
- sexe présent en paroles et non en actes grâce au langage grossier : obscénités.
Scatologie :
- présente au chap. 13 : invention du torche-cul + énumération des détails.
- Chap. 6 : scatologie : confusion entre l'enfant et les excréments de la mère avec beaucoup de détails.
> Ces thèmes tendent à s'estomper au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture du roman : omniprésent tant que Gargantua est enfant, il commence à se réduire avec l'éducation de Ponocrates, réapparaît quelque peu dans la guerre (la jument qui noie une armée), puis disparaît lors du chap. consacré à Thélème : pas de nourriture, et la sexualité y semble « sage », malgré l'absence de contraintes.
Cela montre donc sur le fait que la présence de tels thèmes n'est pas un hasard et a bien une signification aux yeux de Rabelais.
2) Les fonctions des références sexuelles et scatologiques
Termes crus sur le corps humain tout au long de l'œuvre : volonté de l'auteur de faire voir la scène aux lecteurs afin qu'ils aient l'impression de la vivre : implication du lecteur + effet de réel.
Insiste sur les parties du corps sur lesquels reposent un interdit religieux afin d'accepter le sexe et ses fonctions : personnage de Gargamelle qui accepte son corps parfaitement et en plaisante même = elle est en contradictions avec les préceptes de l'Eglise.
Invention du « torche-cul » au chap. 13 par Gargantua représente en réalité l'esprit innovateur et humaniste de Gargantua qui s'oppose donc aux principes de l'Eglise qui tendent à interdire l'exploration du corps humain.
Les plaisirs de la vie présents dans l'œuvre représentent pourtant une angoisse chez l'homme de l'époque : celle de mourir mais aussi celle des persécutions de l'Eglise, ainsi il profite donc largement de ce qui lui est offert.
Sexe associé à la douleur (Gargamelle maudit le sexe de Grandgousier qui la fait souffrir lorsqu'elle met au monde Gargantua) -> angoisse de la mort.
Corps = source de souffrance (Gargamelle met au monde Gargantua dans d'horribles souffrances) + chap. présentant les massacres de Frère Jean.
in http://www.lyceegervillereache.fr/spip.php?article891