Incipit.
C'était l'hiver, il neigeait à gros flocons. Les chemins sinueux menant à Saint-Ange étaient recouverts de ce blanc manteau. J''ai d'ailleurs bien failli me perdre à plusieurs reprises. Aux abords du hameau, tout était calme, cela m''a surpris. D'habitude, on entendait toujours les rires ou les cris des enfants, mais là rien. On pouvait presque entendre la nature respirer, la neige tomber. Au crépuscule, lorsque j''arrivai sur la place du village, elle était totalement déserte, la vie semblait l'a'voir quittée. Quand soudain : -« Pssst, pssst ! Par-là, par-là ! » chuchote une petite voix derrière moi. Je me retourne, et j''aperçois une frimousse, au teint rosé, dépasser de l'entrebâillement de la porte d'une maisonnette bancale. Je m''avance vers elle, je rentre, elle referme précipitamment derrière moi, et pousse un amoncèlement d''objets pour bloquer la porte. Cette poupée aux jolies boucles blondes, au nez retroussé semblait effrayée. Ces grands yeux bleus se tournèrent ensuite vers moi, et me dévisagèrent des pieds à la tête. -« Qui es-tu, et que fais-tu là ? » -« Je suis Anna Pak, j''ai grandi dans ce village, et je viens en visite dans ma famille. Et toi qui es-tu ? » -« Je m''appelle Sofie, et je suis la dernière survivante ! » -« La dernière survivante, … je ne comprends pas ? » La petite s''agite, un flot de paroles ininterrompues m'explique : « Depuis trois mois, des enfants disparaissent. Le premier Eric le fils de la couturière, puis Adèle et Marie les filles du libraire, une dizaine d'autre encore, et dernièrement Simon le fils du boucher. Nous les avons tous cherchés partout. La panique et la peur ont commencé à gagner l''ensemble des parents. La majorité n''a trouvé comme solution que de quitter le village pour protéger leurs enfants. » -« Mais toi Sophie, pourquoi es-tu encore là ? » -« Mon grand-père et les quelques adultes restant sont encore à la recherche de mes camarades. La dernière fois, où j''ai eu de leurs nouvelles ils suivaient toujours la piste des plumes d''oiseaux.» -« Des plumes d''oiseaux ! » En effet, lors de la disparition d''Eric et des autres, les villageois ont toujours retrouvé, comme seul indice, un amalgame de plumes. Après renseignement auprès d'un ornithologue, il s''agit sans nul doute d''un plumage de dinde.
suite
(Discours narrativisé)Une heure passa durant laquelle Sofie m'expliqua en détail cette affaire saugrenue qui m'intriguait pour le moins. Durant cette discussion j'appris que ma famille avait quitté la région, effondrée, car « leur fille avait été la 4ème à disparaître ». Je n'avais rien dit au moment où j'appris cela, mais cette annonce m'avait fait un choc. Il semblerait que la « Bonne nouvelle » mentionnée dans la lettre de mes parents et qui m'attendait à Saint-Ange venait de mettre dévoilée et venait également de se transposer en une exécrable nouvelle : J'ai donc une sœur qui selon toute vraisemblance s'est fait enlever par une dinde ! Alors que je faisait le point, seule au coin de feu, sur ce que je venais d'apprendre, Sofie fit irruption dans la salle où j'allais passer la nuit. Elle m'avait invitée à dormir chez elle: « Pour que tu ne sois pas seule avait-elle dit ». Au fond de moi, je savais bien que ma présence la rassurait. Depuis une semaine, ses parents ne rentraient pas chaque soir afin de passer plus de temps sur le terrain à la recherche d'un indice ou d'une quelconque trace des enfants disparus. Elle me tendit une tasse d'une infusion qui me rappela mon enfance, Saint-Ange au printemps, ses vertes prairies, ses marchants ambulants et ses maisonnettes creusées dans les talus d'herbe grasse. Je crois d'ailleurs que Tolkien s'était inspiré de notre somptueux village et de son ambiance pour tisser le portrait de ses fameux hobbits.
Alors que je me laissais porter par le crépitement des flammes mourantes du foyer et que Morphée m'attirait dans ses bras, un bruit sourd suivi d'un cri me tirèrent de mon état de léthargie avancée : ce cri ressemblait plus à un énorme gloussement qu'à autre chose. Ma pensée m'amena droit à l'imagination d'une énorme dinde qui rodait à la recherche d'un enfant. Cette pensée me fit sursauter et je me retrouvais en l'espace d'à peine 10 secondes dans la chambre de Sofie. Tout allait bien, si ce n'est le fait qu'elle aussi avait été réveillée par le gloussement. À peine avais-je franchis la porte que Sofie m'avait sautée dans les bras. Je décidai de l'emmener dans le salon afin de la garder près de moi et de la réchauffer un peu. Alors que j'avais recouchée Sofie dans le canapé et que j'allumais un feu, celle-ci se leva en sursaut. (discours indirect libre) Il me fallait éteindre le feu!
(Discours direct)
-« Mais pourquoi devrais-je.....
-La fumée !! La dinde !! »
A peine eus-je le temps d'associer ces paroles qu'une énorme patte fit irruption dans le salon. Le toit volait en éclat et je fus propulsée au sol par une force incroyable. Je me ressaisis alors et je compris que je venais de condamner Sofie. Le temps de me relever, la Dinde avait disparue. Mais elle n'était pas la seule à s'être évaporée : Sofie n'était plus là, emmenée par la dinde sans aucun doute, et cela à cause de moi. Et de ce maudit feu qui avait le culot de crépitait encore comme pour me narguer.....
Cette nuit-là, je ne dormis plus et je promis une chose à Dieu, à moi-même et à toutes les personnes qui pouvaient m'écouter : Je retrouverais cette dinde, Je retrouverais Sofie et je retrouverais ma petite sœur !
Le lendemain, le soleil se leva timidement, comme pour annoncer au monde entier qu'un nouveau malheur avait eu lieu dans Saint-Ange. Le soleil pouvait se montrer aussi timide qu'il le voulait, j'avais une promesse à honorer et ce jour était le premier d'une quête qui ne prendrait fin qu'une fois le but atteint!
Modifié par samsagace63 le mercredi 13 février 2013 à 17:41
Suite 2Publié le lundi 4 mars 2013 à 17:28 par MARIE2012
Il faisait encore froid ce matin quand je sortis, le silence me rappela soudainement tous les bons moments de mon enfance passés ici. En automne, les chocolats chauds assis au coin du feu, tandis que j'écoutais les histoires que me contait ma mère. En hiver, les batailles de boules de neiges, les après-midi passées à faire de la luge avec les autres enfants de mon âge. Au printemps, les longues promenades avec mon grand-père, durant lesquelles nous nous délections de chaque sursaut de la nature, de son moindre bourgeonnement.
Les cloches de l’église sonnèrent et me sortirent de mes songes. Je devais me mettre en route sans tarder, si je voulais atteindre le pied de la montagne avant la tombée de la nuit. Je me mis donc en route, avec en poche une boussole, un morceau de pain, un miroir car ça peut toujours être utile ne serait-ce que pour s’en servir comme d’une loupe pour faire un feu, et un poignard au cas où... Le périple commença alors !
Après deux bonnes heures de marche entre les arbres et les fourrés, je me retrouvai soudain dans une petite clairière inondée par les rayons chauds du soleil. Je fermais les yeux un instant, oubliant ma fatigue, je laissais mon visage être caressé par cette douce chaleur inattendue. Les épaisses branches des sapins enneigés se balançaient sous le vent froid de l’hiver. Je remontai le col de ma veste et avançais un peu plus. L’épais manteau neigeux m’empêchait de voir l’herbe sous mes pieds. Le chant cristallin d’un oiseau me fit relever les yeux, vers le ciel. Un rouge-gorge sautillait sur les branches en chantant, quand soudain un bruit sourd le fit s’envoler, je me retournai…rien ! « Brrrr »Le temps se rafraichissait, le ciel était moins bleu, il fallait se remettre en route. J’avançai de quelques mètres, lorsque l’impression d’être suivie s’immisça peu à peu en moi. Je me retournai de nouveau…toujours rien ! Bizarre « J’ai du rêver... ».
« Crac » le bruit d’une branche derrière moi me fit violemment sursauter. Il y avait bien quelque chose ! J’eus alors l’idée de me servir du miroir que j’avais apporté avec moi. Je me retournai, avançai, et mit le miroir devant mon visage. Et en effet, je n’avais pas rêvé, une petite boule de poils me suivait à pas de loup, en me regardant craintivement. Je m’arrêtai, elle aussi. Je me dis que sûrement, elle devait avoir encore plus peur que moi. Je me retournai lentement, m’agenouillai et tendis la main. Elle approcha son museau humide, sentit mes doigts, et s’approcha de mon sac. « Tu dois avoir faim. » Je lui donnai un morceau de pain. Pour m’en remercier, la créature me lécha la main.
Il commençait à se faire tard, je devais désormais me remettre en route si je voulais atteindre le pied de la montagne avant la tombée de la nuit. La petite bête me suivit tout le long du chemin, ce qui me rassurait car le soir venu la foret devenait plutôt lugubre. Je me trouvais à quelques centaines de mètres de ma destination, lorsque j’aperçus au loin une épaisse fumée blanchâtre. Je me surpris alors à penser que je n’étais pas seule ici. Je m’approchai à pas feutrés. Quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque je découvris que cette fumée provenait d’un campement. Je regardai encore une fois, et je reconnus les habitants du village, les parents des enfants disparus.
Modifié par samsagace63 le jeudi 14 mars 2013 à 11:58
Sujet 3
La nature était calme, il n’y avait aucun bruit, à croire que le temps était suspendu. Je sentais mon cœur s’emballer, j’étais à la fois effrayée et heureuse de retrouver des personnes qui m'étaient familières mais je redoutais leurs réactions. Allaient-elles me reconnaitre, me rejeter? J’étais anxieuse.
En m’approchant, j'aperçus de nombreuses personnes autour d’un feu de camp.
A proximité du feu, j’aperçus un vieil homme qui me dévisageait et qui se méfiait. Immobile, inquiète, je l’observai à mon tour se lever et s’approcher de moi prudemment. Les autres, cessèrent de parler. J’étais anéantie, j’entendais le crépitement du feu et j'étais terrorisée.
« Qui êtes-vous ? » me demanda l’homme.
Des minutes s'écoulèrent sans que je ne puisse répondre.
Il répéta « Qui êtes-vous ? ».
- Anna Pak, déclarai-je d’une voix tremblante.
Il s’exprima dans sa barbe, « ce nom ne m’est pas inconnu ».
Il me fit signe de m’asseoir auprès du feu. L'atmosphère était pesante jusqu'à ce qu'une femme m’interrogea sur ma présence dans cette forêt. Je lui parlai de ma rencontre avec Sofie et de ce qui lui était arrivé. Ma culpabilité était telle qu'il me fallait la retrouver ainsi que ma sœur et les autres enfants. C'est alors que le vieil homme se leva et disparu l'air abattu et résigné. « Cet homme était-il le grand père de Sofie ? »
Les heures s'écoulèrent, la fatigue m'envahissait. Je me vis proposer un duvet pour la nuit, les émotions me firent sombrer rapidement dans un profond sommeil.
A l’aube, j’entendis un oiseau chanter, ce qui me réveilla, je perçus aussi le bruit des feuilles qui s’agitaient, la nature reprenait vie. Je décidais alors de me lever et de trouver cet homme pour discuter mais aussi pour savoir ce qu’il avait prévu d’entreprendre pour retrouver les enfants. Je le cherchait pendant plus d'une heure aux alentours du camp, sans aucun résultat. Mais je fis une trouvaille très intéressante. Sur un buisson, je remarquai une plume d'oiseau, ce qui peut paraître anodin à toute personne se trouvant dans une forêt mais connaissant le malheur des villageois à cause de cette fameuse dinde, je m'empressai de rentrer au camp pour leur faire part de ma découverte. « La dinde est peut-être à quelques pas d'ici, il fallait la retrouver ».
Modifié par samsagace63 le samedi 13 avril 2013 à 18:47
Fin Publié le jeudi 2 mai 2013 à 17:03 par MARIE2012
Je regagnai alors le campement, la plume à la main, lorsqu'une voix derrière moi dit :
« Anna Pak, si je m'attendais à te revoir un jour ! »
Cette voix me parut familière, je me retournai alors et reconnus immédiatement mon ami d'enfance, Bastian. A la vue de son visage inchangé depuis la dernière fois, un bon nombre de souvenirs heureux passés avec lui se bousculèrent dans mon esprit. En effet, il n'avait pas beaucoup changé si ce n'est la maturité de quelques années supplémentaires. Son visage était resté dur, son nez droit, et ces cheveux toujours en bataille. Je sentais son regard doux et protecteur sur moi, et avec un large sourire qui illuminait son visage, il me demanda :
« Qu'est ce qui te ramène à Saint-Ange, Anna ? »
« Je suis revenu parce que mes parents m'ont prié de venir, car ils avaient une nouvelle importante à m'annoncer.»
Je lui racontai alors l'intégralité de mon périple depuis que j'étais arrivé ici. Je lui retournai ensuite la question, et il m'expliqua que ces parents avaient fui le village comme les autres parents terrorisés. Afin de protéger son petit frère et ces deux petites s½urs.
« Mais alors, pourquoi es-tu resté ? » l'interrogeai-je.
« Tout simplement parce que je ne suis plus un enfant, et que je voulais me rendre utile dans cette traque… »
« D'ailleurs j'ai trouvé cette plume dans un buisson derrière le campement », lui dis-je en lui montrant la plume,« preuve que la dinde n'est plus très loin »
« Je pense que tu as raison en effet, mais… »
Bastian s'arrêta net, un mystérieux bruit venait de retentir, brisant ainsi le doux silence de la forêt. Nous nous regardâmes ahuris, tous les deux inquiets à l'idée de ce qui avait pu faire un tel son. Il semblait venir de derrière la montagne, et de partout en même temps. Bastian me proposa d'aller voir ça de plus près, nous nous faufilâmes alors entre les branches, et les buissons en prenant garde à ne pas faire de bruit. Après quelques minutes passées se débattre avec la végétation, nous arrivâmes enfin face à l'entrée d'une caverne creusée au c½ur de la roche. La pierre était grise, et froide, et cette grotte ne m'inspirait rien qui vaille. Bastian s'approcha un peu plus, afin d'examiner les empreintes de pattes qui conduisaient jusqu'à l'intérieur de la caverne.
« Aucun doute, ce sont des empreintes de dinde. Nous sommes devant le repère de la bête ! Il nous faut donc rentrer au camp afin d'avertir les autres de cette découverte »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Lorsque nous arrivâmes, Bastian réunit tous les habitants et leurs fit part de notre découverte. Il fut alors décider d'y retourner à la nuit tombée, afin de capturer la créature et de retrouver les enfants disparus.
Comme prévu, à la nuit venue, Bastian, les habitants du village et moi-même, nous nous mîmes en route vers cette nouvelle aventure. Lorsque nous arrivâmes devant la grotte, quelle ne fut pas notre surprises lorsque nous aperçûmes que de la lumière se dégageait de la caverne. Nous ne pouvions évidemment pas tous pénétrer à l'intérieur sans risquer de nous faire attaquer. Il fut donc décidé que Bastian et moi devions partir en éclaireur. Le vieil homme avec qui j'avais discuté la veille, me tendit une torche :
« Faites bien attention à vous les enfants, on n'ignore de quoi cette créature est capable ! »
Après ces brèves recommandations, nous pénétrâmes à peu feutrés dans l'antre de la bête. A mesure que nous avancions, mon c½ur battait de plus en plus fort, mes mains devenaient moites et mes jambes ne me portaient presque plus. J'étais terrifié à l'idée de ce qu'avais pu faire la dinde de tous ces enfants, de Sophie et de ma s½ur. Il faisait de plus en plus chaud, et cette grotte me paraissait interminable. Quand soudain un bruit strident me fit violemment sursauter. Je remarquai au teint blafard de Bastian qu'il partageait mon malaise et mon inquiétude, je lui saisis alors la main. Nous continuâmes d'avancer, lorsque soudain un autre bruit résonna, ricochant sur chaque paroi de la grotte. Mais cette fois ce n'était pas un bruit inquiétant, cela ressemblait plus à des rires d'enfants. Nous atteignîmes enfin le fond de la caverne et je restai bouche bée face au spectacle auquel j'assistai. La dinde était bien là, les enfants également. J'aperçus alors Sophie et lorsque son regard croisa le miens, un large sourire éclaira sa jolie frimousse :
« ANNA, ANNA, tu es venu me chercher ! » s'écria-t-elle.
La petite accourut et se jeta dans mes bras. Elle n'avait pas l'air inquiète, ni malheureuse. Elle me prit par la main, et m'entraîna jusqu'au coin du feu. C'est alors que je me rendis compte que je n'avais pas rêvé, et que je ne m'étais pas trompé. En effet, la dinde enlevait les enfants du village afin de pouvoir jouer au jeu de l'oie avec eux. Je me tournai vers Bastian, stupéfaite, il s'approcha et éclata de rire.
« Finalement nous nous sommes inquiétés pour rien. Cette dinde s'ennuyait juste, et a donc décidé de chercher des compagnons de jeux, et les enfants du village étaient les compagnons parfaits ! »
Après cette nuit forte en émotions, tout le monde retourna habiter au village et chaque enfant retrouva ses parents. En ce qui concerne Sophie, elle retrouva effectivement son grand-père, et je ne m'étais donc pas trompée sur lui le soir de notre première rencontre. Chaque enfant essaya alors de convaincre les adultes que cette dinde était inoffensive, et qu'il ne fallait pas lui faire de mal. Les adultes se sont alors réunis afin de débattre du sort réservé à la dinde. Après plusieurs heures de délibération, ils jugèrent que le mieux pour elle, était de venir habiter avec eux au village. Afin que cette dernière puisse jouer chaque jour avec les enfants pour leur plus grand plaisir. La bonne nouvelle dépassa les frontières de Saint-Ange, et les parents ayant quitté le village, revinrent s'y installer. Depuis ce jour, les rires d'enfants n'ont plus jamais quitté ce petit hameau niché au c½ur des montagnes. Tout comme Anna qui désormais habite là-bas et qui profite chaque jour de Bastian, Sophie, ces parents, et Rose, ça petite s½ur.
Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 09:32
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