On a parlé pendant dix bonnes minutes, de Thanksgiving, de Noël, du jour de l’an, et de toutes les fêtes à venir. Il m’a dit qu’il adorait faire la fête, et comme si il voulait me le prouver, il commença à faire le fou dans l’appartement, il grimpe sur les chaises, saute sur le canapé, slalome entre les convives, et renverse accidentellement l’homme chargé d’apporter le chandelier à table. Le chandelier tombe à terre, l'’homme est brûlé par la cire chaude qui vient de lui tomber sur la jambe. Il hurle, tout le monde s’attroupe autour de lui car il souffre. Le petit lui, n’'a rien. Heureusement. Ce qui n’a pas empêché sa mère de lui mettre une bonne fessée. Je vais voir le blessé avec les autres, mais le petit revient me voir en pleurant. Je lui demande où est sa chambre, il me la montre du doigt, et je décide donc de l’'y amener. Il veut s’asseoir sur mes genoux, je lui fais un câlin, je lui apporte son doudou, je le console un peu, et puis je vais à table lui chercher un verre de Coca car il avait soif. Seulement quand je suis arrivé dans le salon, il n’y avait plus personne, tout le monde s’occupait du blessé dans la cuisine et prolongeait la soirée là-bas. Mais le problème c’est que personne n’avait pensé à ramasser le chandelier ! J’'ai d’abord été intrigué par l’odeur de fumée mais j’ai d’abord pensé à un plat trop cuit en cuisine. C’est seulement en franchissant le seuil de la porte du salon que je me suis rendu compte du drame… Le chandelier avait enflammé la nappe en papier, qui avait fait prendre feu aux rideaux, qui eux-mêmes avaient enflammé certains meubles, et tout ceci entraînant par la suite une spirale infernale. Je courus jusqu’à la cuisine qui se trouvait à l’autre bout de la maison en hurlant : « Au feu! Au feu ! Vite, vite, dépêchez-vous ! ». Des personnes restèrent bouche bée, d’autres au contraire me demandèrent où était le feu, je leur bégayai qu’il était dans le salon et ils y accoururent tous. Mais avec tout ce remue-ménage, c’était maintenant déjà trop tard et le feu gagnait le reste de la maison. Michel, le propriétaire, appela directement les pompiers, voyant qu’il ne pouvait rien faire seul. Il vérifia que tout le monde était sain et sauf, et se rendit vite compte qu’il manquait son fils de trois ans. Ah quel imbécile je fais ! Avec toutes ces aventures, j’en ai oublié l’enfant dans sa chambre. Je le dit à son père et on se précipite jusqu’à la chambre de l’enfant. Ouf ! Il était sain et sauf. On sortit donc tous de l’immeuble le plus rapidement possible, Michel et l’oncle un peu fou prenaient soin quant à eux de prévenir et d’évacuer les habitants de l’immeuble. Dix petites minutes plus tard, les pompiers étaient déjà sur place et commençaient leur travail. Au bout d’un petit quart d’heure, je vis l’oncle un peu fou devenir tout pâle. Au début je ne compris pas pourquoi. C’est seulement lorsque je le vit se précipiter à l’intérieur de l’immeuble les larmes aux yeux que je compris ce qui se passait. Sa dinde n’était pas avec nous. Michel se précipita pour le rattraper mais c’était trop tard, il s’était engouffré dans l’épaisse fumée qui régnait dans l’immeuble. Un pompier redescendit quelques minutes plus tard avec l’oncle. La dinde était introuvable et les recherches se poursuivraient que lorsque l’incendie serait éteint, le chef des pompiers ne voulant pas mettre en danger la vie de ses hommes.
Deux heures plus tard, alors que nous attendions au chaud à l’intérieur d’un des camions de pompiers, un d’entre eux vint nous dire des nouvelles de la situation. Le point positif était que l’incendie était bel et bien éteint. En revanche, la dinde restait introuvable et l’appartement n’était plus que ruines. Tout le monde pleura, pendant de longues minutes. Je me sentais mal, pour la famille qui venait de perdre tout ce qu’elle avait, pour les invités proches de la famille, pour l’oncle fou qui venait de perdre son animal de compagnie, pour tout le monde. J’ai pleuré moi aussi, car en peu de temps j’ai su aimer ces gens qui m’ont si gentiment accueilli, offert un repas, et réchauffé le cœoeur.
Les pompiers nous logèrent dans un local chauffé le temps d’une nuit. Mais je ne pense pas que beaucoup d’entre nous aient dormi ce soir-là, nous étions tous autant l’un que l’autre traumatisés par les évènements de la veille. Une fois le jour levé, Michel alla voir le maire pour trouver un logement provisoire et pour se renseigner sur les démarches à faire. On ne pourrait aller sur les lieux du sinistre que le jour suivant car aujourd’hui avaient lieu des opérations de vérification de la sûreté des installations. Nous sommes tous rentrés chez nous à l’exception de Michel et sa famille.
Le lendemain, je suis allé trouver Michel pour que l’on se rende à son ancien appartement pour voir si rien n’était récupérable. L’oncle fou et quelques autres personnes étaient aussi venus aider Michel et sa famille. L’appartement était complètement détruit et rien n’était récupérable à part quelques objets sans importance. Mais le couvercle d’une boîte qui traînait sur le sol retint mon attention. Il avait plein de gravures que je ne comprenais pas, avec des dessins qui ne représentaient rien de connu. Intrigué, je demande donc à Michel qu’est-ce que ceci pouvait être. Il me dit qu’il n’avait jamais vu ça chez lui et qu’il se demandait bien comment c’était arrivé dans son appartement. Tout le monde l’observa, elle était si mystérieuse car elle fascinait autant qu’elle intriguait ou suscitait la peur chez les plus superstitieux. Quand l’oncle fou l’aperçut, il se mit à crier, hurler des mots incompréhensibles, il paraissait en état de choc. Ce n’est qu’en rentrant dans la voiture, en repartant, que l’oncle fou, qui était aussi le frère de Michel, retrouva la parole. Il balbutia quelques mots, puis il dit :
- Tu sais Michel que ton appartement, il appartenait à papa et maman avant ; et un jour, alors que j’étais en train de fouiller à un endroit de leur chambre qu’il m’était interdit d’approcher, j’ai vu ce couvercle. Au même moment maman est arrivée et m’a dit de lui rendre immédiatement, car ce couvercle ne devait pas tomber entre de mauvaises mains. Elle ne m’en a jamais dit plus, et elle l’a caché à un autre endroit et je ne l’ai jamais retrouvé, mais l’incendie l’a trouvé pour nous !
- Et pourquoi te réjouis-tu autant ? lui rétorqua Michel.
- Car il n’y a pas longtemps, j’ai rêvé de ce couvercle que le temps m’avait fait oublier. La curiosité m’a poussé à aller voir toutes sortes de gens pour savoir le secret qu’il renfermait, et souvent on m’a dit que ce couvercle était probablement un moyen de localiser une sorte de trésor caché. J’ai tout de suite pensé que papa avait probablement trouvé ce couvercle lors d’une de ses balades qu’il adorait faire dans la forêt qui bordait notre cité, et l’avait gardé pour quand il aurait le temps de le décrypter et de partir à la quête du trésor.
Michel ne crut pas un mot à cette histoire de trésor, et tout le monde rentra chez soi car il se faisait tard. Deux semaines plus tard, alors que j’étais passé chez Michel pour voir le nouvel appartement que le maire lui avait loué, l’oncle fou arriva précipitamment chez Michel en nous criant que c’était bon, que le trésor n’avait plus de secret pour lui, car grâce à internet il a réussi à trouver un moyen de décrypter les inscriptions et les dessins que portait le coffre. Et comme il nous le disait quelques jours plus tôt, c’était bel et bien d’un trésor que le couvercle parlait, et que ce dernier ne se trouvait pas bien loin d’ici, il est censé être caché dans la forêt qui est à cinq minutes de chez Michel. On s’y précipite donc tous les trois, on suit toutes les étapes du plan, qui nous fait finalement atterrir nez à nez avec une grotte. Les grottes, nous, ce n’est pas vraiment notre truc avec les serpents et tout ce qui s’y pourrait se trouver à l’intérieur… Mais un bruit retint notre intention, un « glou-glou-glou » typique des dindes ! Alors là on n’en revenait pas, ce cri venait de la grotte… Sans hésiter une seconde de plus, l’oncle fou se précipita à l’intérieur. On le suivit donc, un peu obligés de veiller à ce qu’il n’arrive rien à cet homme qui n’en faisait qu’à sa tête. Sauf qu’une fois de plus, l’homme avait eu raison, une dinde se trouvait bel et bien dans la grotte, et c’était bien sa dinde qui se tenait devant nous, facilement reconnaissable à la taille de ses pattes surdimensionnées. L’oncle était joyeux comme un enfant qui vient de recevoir ses cadeaux d’anniversaire. Il prit la dinde dans ses bras et ne la lâcha plus jusqu’à qu’il soit rentré chez lui. Mais il y a quand même une chose reste mystérieuse, c’est qu’après avoir trouvé la dinde, nous avons fini de fouiller la grotte mais nous n’avons rien trouvé, et on se demande toujours pourquoi cette carte nous a menés là-bas. L’oncle décida de garder le couvercle avec lui, car comme il disait « on sait jamais, ça peut toujours servir ».
Les jours passèrent et on remarqua que la dinde se faisait de plus en plus agressive…
Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 13:17