SATURA

Incipit

Par OUNI2012 - publié le dimanche 23 décembre 2012 à 10:23 dans Le roman et ses personnages
La première fois que j'ai su que j'étais destiné à devenir boucher, je devais avoir à peu près onze ans. A ce moment-là, j'habitais dans une cité appelée la Forêt, puisqu'elle était située juste à côté d'une forêt. Cette cité était plutôt paisible mais quelques fois la police venait jeter un coup d'œil parce que les bâtiments commençaient à tomber en ruine, il y avait beaucoup de fuites de gaz et quelques coupures de courant. Beaucoup de gens venaient dans notre cité, surtout ceux des hameaux d'à coté, qui aimaient venir tout de marques vêtus, jouer sur le terrain de foot, les balançoires et même faire du toboggan. Les grandes personnes se réunissaient quand il faisait beau et commençaient leurs commérages hebdomadaires. Un jour un de ces « pavillonneurs » m'a proposé de se joindre à eux pour Thanksgiving. Je ne savais pas du tout ce que c'était. Il m'a expliqué que c'est une fête que célèbrent les américains et que le but est de partager un repas tous ensemble. Je l'ai ensuite remercié pour son invitation. Le soir même, vers 19 heures, je m'étais pointé chez eux avec une bouteille de Coca Cola et à l'entrée j'ai entendu le cri d'un animal qui n'était pas un chat ni un chien mais une dinde !

suite n°1

Publié le samedi 2 février 2013 à 20:14 par HEULIN2013
En entendant ce cri je suis resté bouche bée, bloquée devant la porte entrouverte. La dinde n'était elle pas censée être dans nos assiettes ? Ou étais-je tombé ? Je me suis alors demandé si je n'allais pas assister a un rituel sordide destiné à torturer l'animal et à satisfaire la bestialité des convives. J'ai voulu prendre mes jambes a mon cou mais quelque chose me retint. Une jeune fille me sourit et me parle. Je referme la bouche, m'éclaircis les idées et lui demande de répéter. Elle me remercie pour la bouteille de Coca et m'invite à entrer. Trop perturbé pour être poli je lui demande ce qu'ils vont faire de la dinde. Elle rit. J'aime son rire. Elle me répond de ne pas m'inquiéter (discours indirect) et que je n'aurai ni à l'égorger ni à la plumer. Je suis rassuré et je la suis. En effet, la dinde se comporte plus comme un chien affectueux que comme un animal de basse-cour dédaigneux. J’apprends plus tard qu'il s'agit tout simplement de l'animal de compagnie d'un oncle excentrique, peu pris au sérieux d'ailleurs. Après la surprise de la dinde, je fais connaissance avec le reste de la famille. Je connais déjà deux personnes : le « pavillonneur » qui m'a invité s'appelle Michel et la jeune fille qui m'a ouvert se prénomme Camille. Sa voix est douce, rassurante et pleine de vie. Elle est le contraire de celles que j’entends d'habitude, elle est insouciante.
« -Elle est où ta famille à toi »(discours direct) Je regarde autour de moi pour voir d'où vient cette petite voix et je découvre à mes pieds un petit garçon haut comme trois pommes qui ne doit pas avoir plus de 3 ans avec des yeux d'un vert incroyable. Est-ce possible qu'un si petit garçon ait de si grand yeux ?
« -Ma famille à moi ? Je lui réponds.
Oui, Maman dit qu'aujourd'hui c'est le jour de la famille ! Me répond-il, convaincu.
-Euh... la mienne est occupé je crois.
-Tant pis alors. »
Je ne saurais dire pourquoi mais il a l'air déçu...


Modifié par samsagace63 le mercredi 6 février 2013 à 12:02

Suite 2

Publié le vendredi 1 mars 2013 à 15:34 par HERNANDEZ2012
Nous nous dirigeons vers le salon, c’est alors que le petit décide de s’asseoir sur mes genoux. Il commence à me parler, mais très vite je n’entends plus ce qu’il me dit, je reste hypnotisé par Camille assise juste en face de moi. C’est une si belle jeune fille, de petite taille et mince, elle parait si fragile, c’est ce qui fait tout son charme. Dans son fauteuil, elle adopte une posture si gracieuse lorsqu’elle déguste les toasts de l’apéritif. J’aime la voir s’amuser avec ses longs cheveux bruns, qu’elle tortille de temps à autre. Et son visage… oui son visage au teint doré, d’où ressortent de magnifiques yeux bleus semblable à l’océan, que l’on plongerait dedans, avec juste en dessous son petit nez en trompette. Et lorsqu’elle sourit, se dessine sur sa joue droite, une petite fossette. Enfin, sa mère l’appelle de la cuisine, afin qu’elle la rejoigne, elle se lève, je ne peux cesser de l’admirer dans sa magnifique robe rouge, il faut dire que sa démarche est si élégante. Je ne la connais pas encore assez, mais je devine qu’elle est sûrement très intelligente, et surtout d’après sa voix, elle parait si gentille. Ainsi, je la regarde disparaitre, et commence à reprendre mes esprits, et entamer diverses conversations avec les personnes présentes et surtout avec ce petit garçon.

Modifié par samsagace63 le jeudi 14 mars 2013 à 12:57

Suite 3

Publié le mercredi 3 avril 2013 à 21:10 par BECOUZE2012
On a parlé pendant dix bonnes minutes, de Thanksgiving, de Noël, du jour de l’an, et de toutes les fêtes à venir. Il m’a dit qu’il adorait faire la fête, et comme si il voulait me le prouver, il commença à faire le fou dans l’appartement, il grimpe sur les chaises, saute sur le canapé, slalome entre les convives, et renverse accidentellement l’homme chargé d’apporter le chandelier à table. Le chandelier tombe à terre, l'’homme est brûlé par la cire chaude qui vient de lui tomber sur la jambe. Il hurle, tout le monde s’attroupe autour de lui car il souffre. Le petit lui, n’'a rien. Heureusement. Ce qui n’a pas empêché sa mère de lui mettre une bonne fessée. Je vais voir le blessé avec les autres, mais le petit revient me voir en pleurant. Je lui demande où est sa chambre, il me la montre du doigt, et je décide donc de l’'y amener. Il veut s’asseoir sur mes genoux, je lui fais un câlin, je lui apporte son doudou, je le console un peu, et puis je vais à table lui chercher un verre de Coca car il avait soif. Seulement quand je suis arrivé dans le salon, il n’y avait plus personne, tout le monde s’occupait du blessé dans la cuisine et prolongeait la soirée là-bas. Mais le problème c’est que personne n’avait pensé à ramasser le chandelier ! J’'ai d’abord été intrigué par l’odeur de fumée mais j’ai d’abord pensé à un plat trop cuit en cuisine. C’est seulement en franchissant le seuil de la porte du salon que je me suis rendu compte du drame… Le chandelier avait enflammé la nappe en papier, qui avait fait prendre feu aux rideaux, qui eux-mêmes avaient enflammé certains meubles, et tout ceci entraînant par la suite une spirale infernale. Je courus jusqu’à la cuisine qui se trouvait à l’autre bout de la maison en hurlant : « Au feu! Au feu ! Vite, vite, dépêchez-vous ! ». Des personnes restèrent bouche bée, d’autres au contraire me demandèrent où était le feu, je leur bégayai qu’il était dans le salon et ils y accoururent tous. Mais avec tout ce remue-ménage, c’était maintenant déjà trop tard et le feu gagnait le reste de la maison. Michel, le propriétaire, appela directement les pompiers, voyant qu’il ne pouvait rien faire seul. Il vérifia que tout le monde était sain et sauf, et se rendit vite compte qu’il manquait son fils de trois ans. Ah quel imbécile je fais ! Avec toutes ces aventures, j’en ai oublié l’enfant dans sa chambre. Je le dit à son père et on se précipite jusqu’à la chambre de l’enfant. Ouf ! Il était sain et sauf. On sortit donc tous de l’immeuble le plus rapidement possible, Michel et l’oncle un peu fou prenaient soin quant à eux de prévenir et d’évacuer les habitants de l’immeuble. Dix petites minutes plus tard, les pompiers étaient déjà sur place et commençaient leur travail. Au bout d’un petit quart d’heure, je vis l’oncle un peu fou devenir tout pâle. Au début je ne compris pas pourquoi. C’est seulement lorsque je le vit se précipiter à l’intérieur de l’immeuble les larmes aux yeux que je compris ce qui se passait. Sa dinde n’était pas avec nous. Michel se précipita pour le rattraper mais c’était trop tard, il s’était engouffré dans l’épaisse fumée qui régnait dans l’immeuble. Un pompier redescendit quelques minutes plus tard avec l’oncle. La dinde était introuvable et les recherches se poursuivraient que lorsque l’incendie serait éteint, le chef des pompiers ne voulant pas mettre en danger la vie de ses hommes.
Deux heures plus tard, alors que nous attendions au chaud à l’intérieur d’un des camions de pompiers, un d’entre eux vint nous dire des nouvelles de la situation. Le point positif était que l’incendie était bel et bien éteint. En revanche, la dinde restait introuvable et l’appartement n’était plus que ruines. Tout le monde pleura, pendant de longues minutes. Je me sentais mal, pour la famille qui venait de perdre tout ce qu’elle avait, pour les invités proches de la famille, pour l’oncle fou qui venait de perdre son animal de compagnie, pour tout le monde. J’ai pleuré moi aussi, car en peu de temps j’ai su aimer ces gens qui m’ont si gentiment accueilli, offert un repas, et réchauffé le cœoeur.
Les pompiers nous logèrent dans un local chauffé le temps d’une nuit. Mais je ne pense pas que beaucoup d’entre nous aient dormi ce soir-là, nous étions tous autant l’un que l’autre traumatisés par les évènements de la veille. Une fois le jour levé, Michel alla voir le maire pour trouver un logement provisoire et pour se renseigner sur les démarches à faire. On ne pourrait aller sur les lieux du sinistre que le jour suivant car aujourd’hui avaient lieu des opérations de vérification de la sûreté des installations. Nous sommes tous rentrés chez nous à l’exception de Michel et sa famille.

Le lendemain, je suis allé trouver Michel pour que l’on se rende à son ancien appartement pour voir si rien n’était récupérable. L’oncle fou et quelques autres personnes étaient aussi venus aider Michel et sa famille. L’appartement était complètement détruit et rien n’était récupérable à part quelques objets sans importance. Mais le couvercle d’une boîte qui traînait sur le sol retint mon attention. Il avait plein de gravures que je ne comprenais pas, avec des dessins qui ne représentaient rien de connu. Intrigué, je demande donc à Michel qu’est-ce que ceci pouvait être. Il me dit qu’il n’avait jamais vu ça chez lui et qu’il se demandait bien comment c’était arrivé dans son appartement. Tout le monde l’observa, elle était si mystérieuse car elle fascinait autant qu’elle intriguait ou suscitait la peur chez les plus superstitieux. Quand l’oncle fou l’aperçut, il se mit à crier, hurler des mots incompréhensibles, il paraissait en état de choc. Ce n’est qu’en rentrant dans la voiture, en repartant, que l’oncle fou, qui était aussi le frère de Michel, retrouva la parole. Il balbutia quelques mots, puis il dit :
- Tu sais Michel que ton appartement, il appartenait à papa et maman avant ; et un jour, alors que j’étais en train de fouiller à un endroit de leur chambre qu’il m’était interdit d’approcher, j’ai vu ce couvercle. Au même moment maman est arrivée et m’a dit de lui rendre immédiatement, car ce couvercle ne devait pas tomber entre de mauvaises mains. Elle ne m’en a jamais dit plus, et elle l’a caché à un autre endroit et je ne l’ai jamais retrouvé, mais l’incendie l’a trouvé pour nous !
- Et pourquoi te réjouis-tu autant ? lui rétorqua Michel.
- Car il n’y a pas longtemps, j’ai rêvé de ce couvercle que le temps m’avait fait oublier. La curiosité m’a poussé à aller voir toutes sortes de gens pour savoir le secret qu’il renfermait, et souvent on m’a dit que ce couvercle était probablement un moyen de localiser une sorte de trésor caché. J’ai tout de suite pensé que papa avait probablement trouvé ce couvercle lors d’une de ses balades qu’il adorait faire dans la forêt qui bordait notre cité, et l’avait gardé pour quand il aurait le temps de le décrypter et de partir à la quête du trésor.

Michel ne crut pas un mot à cette histoire de trésor, et tout le monde rentra chez soi car il se faisait tard. Deux semaines plus tard, alors que j’étais passé chez Michel pour voir le nouvel appartement que le maire lui avait loué, l’oncle fou arriva précipitamment chez Michel en nous criant que c’était bon, que le trésor n’avait plus de secret pour lui, car grâce à internet il a réussi à trouver un moyen de décrypter les inscriptions et les dessins que portait le coffre. Et comme il nous le disait quelques jours plus tôt, c’était bel et bien d’un trésor que le couvercle parlait, et que ce dernier ne se trouvait pas bien loin d’ici, il est censé être caché dans la forêt qui est à cinq minutes de chez Michel. On s’y précipite donc tous les trois, on suit toutes les étapes du plan, qui nous fait finalement atterrir nez à nez avec une grotte. Les grottes, nous, ce n’est pas vraiment notre truc avec les serpents et tout ce qui s’y pourrait se trouver à l’intérieur… Mais un bruit retint notre intention, un « glou-glou-glou » typique des dindes ! Alors là on n’en revenait pas, ce cri venait de la grotte… Sans hésiter une seconde de plus, l’oncle fou se précipita à l’intérieur. On le suivit donc, un peu obligés de veiller à ce qu’il n’arrive rien à cet homme qui n’en faisait qu’à sa tête. Sauf qu’une fois de plus, l’homme avait eu raison, une dinde se trouvait bel et bien dans la grotte, et c’était bien sa dinde qui se tenait devant nous, facilement reconnaissable à la taille de ses pattes surdimensionnées. L’oncle était joyeux comme un enfant qui vient de recevoir ses cadeaux d’anniversaire. Il prit la dinde dans ses bras et ne la lâcha plus jusqu’à qu’il soit rentré chez lui. Mais il y a quand même une chose reste mystérieuse, c’est qu’après avoir trouvé la dinde, nous avons fini de fouiller la grotte mais nous n’avons rien trouvé, et on se demande toujours pourquoi cette carte nous a menés là-bas. L’oncle décida de garder le couvercle avec lui, car comme il disait « on sait jamais, ça peut toujours servir ».

Les jours passèrent et on remarqua que la dinde se faisait de plus en plus agressive…

Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 13:17

Fin

Publié le dimanche 12 mai 2013 à 10:28 par HEULIN2013
L'épreuve du feu m'avait donc permis de tisser des liens étroits avec cette famille originale et c'est donc avec grand plaisir que je retrouvais Camille pour lui raconter cette étrange histoire. Il me semblait que plus nous en parlions plus nous nous rapprochions. Souvent la conversation dérivait vers d'autres sujets, si bien que j'avais l'impression de la connaître depuis toujours. Je lui racontais que j'étais destiné par mon père à devenir boucher mais que depuis que je les connaissais, j'étais fortement opposé à ce projet, elle me racontait qu'elle voulait devenir fleuriste et je trouvais que ce métier lui allait très bien. Elle avait de si beau yeux que j'en oubliais jusqu'à la terrible aventure dans laquelle elle avait tout perdu. Mais au final nous n'étions réunis que pour trouver une solution à l'agressivité de leur dinde que je maudissais presque car elle accaparait toute l'attention de Camille. Elle avait également peur pour son oncle qui refusait de voir l'agressivité grandissante de sa dinde et c'est pour cette raison que Camille me convainquit de l'amener dans cette grotte, certaine qu'un détail nous avait échappé et qu'il pourrait nous expliquer son comportement étrange. Le trajet constituait une agréable ballade en forêt, par contre l'exploration de la grotte l'était beaucoup moins. Camille avait apporté une lampe torche, ce qui nous permis de passer la grotte au peigne fin. En effet, lorsque j'avais examiné la grotte avec Michel je n'avais pas remarqué que le bas des paroi du mur du font de la grotte était tapissé de dessins. On aurait dit des dessin d'enfant. Il y avait Un château dans les nuages, une plante grimpante qui montait vers le ciel, de l'or et encore de l'or. Cela me rappelait étrangement un conte que j'avais entendu lorsque j'étais plus jeune. Mais oui ! Jacques et le haricot magique ! Camille et sa famille était sauvées, ils avaient hérité de la dinde aux ½ufs d'or. Celle-là, ils n'avaient pas intérêt à la manger !

Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 13:25

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