incipit
Jamais je n'aurais imaginé ça. Installé sur le banc public au coeœur de Vichy dans la rue de Paris, la pluie battante, une jeune femme sous ses airs mystérieux s'approcha de moi. Que me voulait-elle? Je ne sais guère. Mais la seule chose que je savais, c'est qu'elle me marquerait à jamais. Sa silhouette fine marquait parfaitement ses hanches, la couleur de ses habits rappelait le teint mat de sa peau, ses yeux étaient d'un tel bleu. Avançant vers mon banc, oui mon banc car depuis exactement cinq ans je venais là chaque soir à la même heure et je regardais la ville s'endormir, elle m'a donné un livre. Aucune écriture, seulement des pages blanches entre deux couvertures de couleur rouge. Je ne connaissais même pas cette femme, mais quel message voulait elle me faire passer? L'amour, le sang, la passion, le feu, le diable.? Tout me passait par la tête. Et puis j'étais bien moi, assis sur mon banc, seul, avec mon sac de voyage, mon chapeau, et ma guitare. Je n'avais besoin de personne. S'éloignant dans la foule, je la regardais et j'ai tout de même tenté de la rattraper désespérément mais étouffé par ce tohu-bohu je la perdis de vue. Le ciel devenait de plus en plus sombre et moi dans ce mystère et cette atmosphère pesante je ne savais que faire.
Suite du roman
Le lendemain, alors que la vive lumière du soleil m'’ôtait progressivement de mon sommeil, je tâtonnais autour de moi pour retrouver le livre que m'avait apporté cette jeune inconnue. Impossible de le trouver ! C'est donc l'estomac noué que j'ai entrepris de retourner toutes mes affaires afin de remettre la main sur ce fichu bouquin qui m'intriguait tant. Ceci ne m'a seulement pris que quelques instants, il faut dire qu'avec un chapeau, une guitare et un sac; le tour est vite fait. Alors que je n'avais toujours aucune trace de mon livre, je croisai mon vieil ami François qui m'a fait comprendre que je n'avais pas bonne mine (discours narrativisé). En effet, je n'avais pas bien dormi, la ville était particulièrement froide cette nuit là... Je lui ai donc raconté l'aventure que j'avais vécue la veille. François m'a aussitôt affirmé avec force que je mentais, et surtout que rien de tout cela ne s'était réellement produit. Malheureusement, il pensait que j'étais en train de tout inventer dans l'unique but d'avoir quelque chose à lui raconter. Mais j'avais perdu le livre, je n'avais donc aucune preuve pour lui confirmer qu'il avait tort. Le soir venu, comme à mon habitude, je suis retourné sur mon banc mais cette fois-ci, avec l'espérance de revoir cette femme et enfin pouvoir comprendre la situation. Puis après un certain temps que je ne saurais déterminer, je me suis surpris à murmurer : "Et si François avait raison, et que toute cette histoire ne serait finalement qu'un rêve ?" (discours direct)
Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 21:03
Suite 2
Cette rencontre me faisait perdre la tête. Je repris mes esprits, et entrepris de m’occuper en attendant l’éventuelle venue de cette mystérieuse femme.
J’observais les passants en fredonnant quelques airs sur la douce musique de ma guitare. Pendant des années je n’avais pas remarqué la beauté de ce lieu que je fréquentais pourtant chaque soir. La lune était presque pleine ce soir-là et se laissait deviner à travers les branches des arbres qui m’entouraient. Comme nous étions en hiver, ils étaient dépourvus de toutes leurs feuilles, comme morts. Cela donnait un aspect lugubre à cet endroit, mais ça ne me dérangeait pas.
En face de moi, un chemin en goudron endommagé par le temps et les passants menait à l’Opéra de Vichy. Ce monument était très appréciable, un bâtiment imposant et majestueux dont on ne se lassait pas. En vérité, le parc entier était abîmé, mais c’était ce qui faisait son charme, on sentait que cet endroit avait une histoire, une âme. Le sol était recouvert de feuilles mortes qu’on avait essayé de rassembler en vain toute la journée, et qui s’étaient finalement dispersées un peu partout à cause du vent. C’était ce vent que j’aimais tant ici. La brise légère du soir caressait mon visage et emportait de temps en temps les chapeaux des dames.
Perdu dans mes pensées, j’en avais presque oublié la belle inconnue que je n’'avais pas vu arriver….
Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 21:04
Suite 3
Ne voyant toujours pas arriver la mystérieuse jeune femme, j'entrepris de faire un petit somme. Durant mon sommeil je fis un étrange rêve, je revoyais cette femme toujours aussi belle me donnant ce livre, puis, moi essayant de la rattraper en vain mais dans ce rêve je vis mon livre tomber dans ma course mais je n'eus pas le temps de me retourner pour voir l'endroit exact de sa chute. Je me réveillais en sursaut, stupéfait et en nage malgré le froid de la nuit. C'était la première fois qu'un songe m'apparaissait aussi réaliste, je revoyais toute notre rencontre en détail sauf l'endroit exact où j'avais égaré ce livre, l'objet qui animait toute ma curiosité et occupait toutes mes pensées m’étaient introuvable. J'avais passé la journée à essayer d'écrire une nouvelle mélodie mais l'inspiration me fuyait, j'ai donc fini par gratter quelques notes pour gagner quelques sous, pour me payer mon dîner. Je rejoignais mon parc et mon banc pour voir la ville se coucher mais cette fois je n'étais pas le dernier à m'endormir: l'impatience de rêver à nouveau m'avait aider à trouver le sommeil beaucoup plus rapidement qu'à l'habitude. Je me replongeai encore dans ce même rêve que la nuit passée mais cette fois-ci les détails semblait encore plus précis jusqu'au moment de la perte de mon livre où toutes les images autour de moi devenaient floues. Je fis ce rêve toute la semaine et tous les jours, de plus en plus précisément, et au bout de sept jours je pus enfin voir où le livre était tombé. C'était le petit matin, je me précipitai à l'endroit précis de mon rêve et là que vis-je...rien. J'étais abasourdi, peut-être que François avait raison, je devenais fou ! Je restais là à regarder et à chercher dans les environs toute la matinée jusqu'à peu près Une heure. J'avais une faim de loup, et lorsque je me dirigeai vers la sandwicherie je le vis, et devinez où, dans les bras de cette si jolie et si mystérieuse femme. Elle se dirigea vers moi, me tendit le livre, et m’adressa ces seuls mots:
"Tâchez de ne plus le perdre et ne me poser aucune question s'il vous plaît, c'est à vous de trouver les réponses à vos questions.". J'étais tellement bouche bée que je ne pus rétorquer aucune parole, je pris donc le livre et la laissa partir. L'objet de mes désirs, que je convoitais tant était enfin entre mes mains. Je passai toute mon après-midi à l'étudier dans tous les sens mais je ne trouvais rien.
Le lendemain, j'appelais François pour lui montrer ce fameux manuscrit, lui aussi était très surpris de mon histoire mais ne semblait plus du tout sceptique. C'est pour cela que je lui proposais de rester pour résoudre ce qui était sans doute la plus grande énigme de ma vie. Comme les pages du livre étaient vierges je me dis que je devais peut-être les remplir et je décidai de commencer à raconter toutes mes péripéties depuis la découverte de ce livre et les pages n'allaient pas tarder à se remplir encore un peu plus. François et moi avions tellement étudié sous toutes ces formes ce livre que la première de couverture s'était cornée et pendant le déjeuner, je remarquai qu'il y avait quelque chose à l'intérieur de celle-ci. Il s'agissait en fait d'une photographie d'un château de la Loire, avec au dos une adresse. C'était décidé nous nous rendrions là-bas dès le lendemain, François pouvait payer le voyage en train car contrairement à moi, il n'a pas de difficultés financières. C'était mon ami d'enfance mais nous n'avions pas suivi les mêmes chemins, je voulais devenir artiste lui aussi, mais moi j'ai continué dans cette voie et lui est finalement devenu un brillant avocat. Il m'a proposé de l'aide mais j'ai refusé malgré cela nous sommes resté très proches. En quête d'aventures tous les deux nous partions tous les deux en vadrouille, en laissant tout derrière nous. Arrivés à l’adresse exacte, celle-ci était en fait celle d'un musée. C'était un musée de la Renaissance, comme le château de la photographie, nous nous sommes donc naturellement dirigés vers la pièce qui concernait les châteaux de la Loire. Là-bas il y avait une reproduction miniature du château de Chambord, celui de la photo. Il était exactement comme sur la carte sauf une tourelle qui était anormalement présente: je l'ai retirée et nous avons trouvé un petit papier. Cette fois avec un autre message cela promettait de nouvelles aventures...
Modifié par samsagace63 le dimanche 21 avril 2013 à 12:07
FIN
Je tenais ce morceau de papier plié en quatre entre mes mains et tout d'un coup, je ne savais plus si je désirais continuer cette aventure. Cette femme était survenue dans ma vie comme un ange, elle m'avait donné une raison de vivre et de changer la monotonie de mon quotidien. Mais je n'étais à nouveau pas sûr de l'avoir réellement vue, et malgré ce carnet au fond de mon sac de voyage je n'avais aucune preuve concrète de son existence. Me voyant hésiter, François, habité par la curiosité, me pris le papier des mains et l'ouvrit. Je me penchais alors sur son épaule pour pouvoir livre ces quelques mots manuscrits, d'une écrire féminine mais agressive : « Vous perdez votre temps à essayer de comprendre des choses que vous ne pouvez pas comprendre ! »
Nous nous sommes regardés et d'un regard nous nous sommes mis d'accord. Nous n'allions pas en rester là ! En quelques secondes, le temps de lire ce mot, mes sentiments de doute s'étaient évanouis et le désir d'en savoir plus s'est aussitôt emparé de moi. Nous sommes tous deux rentrés chez nous afin d'effectuer quelques recherches sur ce château et sa mystérieuse tour manquante. Je ne dormis pas de la nuit, je furetais dans de vieux livres d'histoires et explorait internet de fond en comble. Je n'avais quasiment pas fermé l'½il pendant près de 2 semaines, je ne répondais plus au téléphone et n'ouvrait pas la porte de chez moi. Je dépérissais à vue d'½il mais peu m'importait... Malgré tous ces efforts et toutes ces recherches, je n'ai absolument rien trouvé sur ce château ! C'était comme si il n‘existait pas. Je ne le trouvais nulle part, dans aucun livre, aucune carte postale, aucun site internet n'en parlait. J'avais même appelé des gens qui vivaient dans des villages alentours, et aucun d'eux ne semblaient connaitre l'existence de ce fort. Cela me rendait fou.
Au bout de quelques temps, François débarqua chez moi. Il vouait savoir où j'en étais dans mes recherches. Il en était au même résultat que moi et ne savait pas non plus comment l'expliquer. Il me conseilla alors d'abandonner, de jeter ce carnet qui m'obsédait et de me sortir cette femme et ce château de la tête. Bizarrement, après tant de jours de folie, une pause n'était pas de refus. Je décidais d'écouter mon ami et d'abandonner quelque peu mes recherches.
Le soir, je me rendis de nouveau dans le parc à la même heure qu'avant et au même endroit, guettant chaque silhouette féminine qui s'approchait. J'y suis retourné chaque soir depuis, et je ne l'ai jamais revue.
Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 21:08
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