D'après les informations que j'ai pu trouver sur lui, Philippe Goyard habitait dans le sud de la France, mais avait une maison de campagne en plein c½ur de Vichy. Pourquoi est-ce que le vieillard devait-il autant d'argent à cet homme ? Peut-être était-ce lui le coupable ?
Beaucoup de questions se bousculaient dans ma tête… J'avais beau chercher, je ne trouvais aucun indice, aucune réponse.
Un jour, alors que je repassais les affaires du vieil homme au peigne fin; la police vint toquer à ma porte pour m'interroger. Etant donné que j'étais le seul ami de la victime, j'étais le principal suspect. Malheureusement, je n'avais pas d'alibi convainquant. Comme je vous l'ai dit auparavant : au moment du meurtre, je me promenais seul en ville, c'est d'ailleurs là que j'avais vu l'agence de voyage qui permettait de faire le tour du monde. Mais je n'avais aucune preuve, aucun témoin. D'autant plus qu'il n'y avait aucune trace d'effraction et que j'étais le seul à posséder les clefs. Quand les policiers sont repartis, je me suis dit qu'il me fallait trouver qui avait tué mon ami, et vite, car je n'avais plus beaucoup de temps avant que la police revienne pour m'arrêter si elle ne trouvait pas d'autre piste.
Ainsi, je me suis convaincu d'abandonner l'énigme de Pilippe Goyard qui n'aboutissait à rien, je perdais mon temps à chercher des preuves inexistantes. Donc j'ai tout repris depuis le début…
En regardant les photos de la scène de crime, je me suis penché sur les mystérieux signes dessinés avec du sang sur les murs. Je cherchais jour et nuit quel pouvait être la signification de ces étranges dessins. Plus le temps passait et moins j'avais d'espoir. Soudain, en pleine nuit alors que j'étais sur le point d'abandonner mes recherches, je me suis souvenu que le vieillard m'avait parlé d'un ancien dialecte indien qu'il avait appris étant jeune. Lorsqu'il m'avait fait part de cette information, je pensais qu'il inventait encore une histoire, à cause de sa mémoire qui divaguait. Mais je me trompais, car en cherchant sur internet, j'ai réussi à déchiffrer ce que signifiaient les écritures murales qui étaient éparpillées un peu partout dans l'appartement. Il était inscrit : « L'Inde ce grand triangle renversé dont la base est au nord et la pointe au … » Je reconnais immédiatement la citation de Jules Verne, extraite du livre que je lui avais donné. A ce que je sais, lui seul connaissait ce dialecte perdu et personne à part nous deux n'était au courant de ce que Le tour du monde en 80 jours représentait pour lui. Je ne comprenais plus la situation… Qui aurait pu écrire cela à part lui ?
D'un coup, tout est devenu clair, et s'il s'était suicidé ? C'était la seule solution rationnelle qui me venait à l'esprit. Mais pourquoi aurait-il fait un acte pareil ? Je devais trouver sans perdre de temps car je ne savais pas où en étaient les policiers. Peut être qu'il était devenu fou ? Ou alors il était si mal en point qu'il pensait ne jamais pouvoir voyager et à préférer mettre fin à ses souffrances ? Ou encore avait-il vu une fiction à la télé, où la mort conduisait à un monde utopique comme sur les paysages exotiques accrochés au plafond ? Je ne sais pas et je ne saurais certainement jamais ce qui lui était passé par la tête à cet instant… Je n'aurais jamais du lui donner ce livre… Je me sentais coupable… Tout avait commencé le jour où je lui avais apporté ce maudit bouquin. En effet, je suis coupable, lui apporter ce livre était une erreur…
Papa, maman, c'est du fond de ma cellule que je vous écrit ma terrible histoire, pardonnez-moi.
Je suis le coupable mais pas le meurtrier.
Modifié par samsagace63 le mercredi 22 mai 2013 à 21:24