James Bond " Le film "

James Bond dans
« Skyfall »
Quand le Terrible 007 arrive en film …
« James Bond vieillissant a cinquante ans et manque à l'appel, présumé mort après qu'une mission ait mal tourné à Istanbul. Les identités de plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposées dans le monde entier et M est remise en cause par le gouvernement. Lorsque le service lui-même est attaqué, la réapparition soudaine de Bond, blessé et diminué dans se réflexes donne à M le prétexte qu'elle attendait pour rechercher Raoul Silva, un homme dangereux soit disant connecté à eux deux mais alors qu'il suit une piste qui le conduit de Londres à la Chine, la loyauté de Bond envers M se retrouve testée par des secrets de son passé. »
Le réalisateur revient à l'essentiel de la série : humour british et élégance. Et
il prend le temps de creuser la psychologie des personnages, quitte à
alléger le film en scènes d'action pure même si certaines restent à couper le souffle : voir la course-poursuite sur les toits d'Istanbul qui ouvre le
film. Quand l'intrigue fait ensuite escale à Shanghai, on se croirait
chez Wong Kar-wai : le temps semble suspendu, sous les reflets irréels
des néons publicitaires — somptueuse photo de Roger Deakins, avec un jeu de miroirs ébloussant.
Le personnage du méchant vaut son pesant d'or : Javier Bardem, le cheveu blond platine, est un criminel aussi suave et troublant qu'une créature d'Almodóvar mais se révèle aussi terrifiant Sa première entrevue avec Daniel Craig, riche en sous-entendus homosexuels, est l'un des points culminants de Skyfall — et confirme une fois encore le talent de Sam Mendès pour la direction d'acteurs. Les deux ennemis s'affrontent pour une femme. Pas pour la James « bond girl 2012" — la bombesque Bérénice Marlohe, (trop) vite sacrifiée. Mais pour une mamie, ou plutôt une « maman » : M, la chef septuagénaire du MI-6, incarnée de nouveau par la grande Judi Dench.
Le tour du monde réglementaire se
termine là où tout a commencé : sur les terres natales de 007, au beau
milieu de la lande écossaise, _un clin d'oeil à Sean Connery?_pour un finale à la fois explosif et
crépusculaire. Aucun réalisateur n'avait jamais évoqué l'enfance de Bond : ici , notre héros prend soudain une épaisseur qui ne diminue en rien sa stature et sa virilité mais permet enfin l'attachement du spectateur.
Joséphine THOMINE 5°8