Penser après les cours...!

Commentaire scène 1 suite

Par cyberblaise - publié le jeudi 22 novembre 2012 à 16:34 dans 1èreL/Es Camille See

Après un début où Arlequin se comporte en bon esclave en vouvoyant Iphicrate, l'appelant patron et lui proposant même de son vin («  j'ai sauvé ma pauvre bouteille,la voilà ; j'en boirai les deux tiers, comme de raison, et puis je vous donnerai le reste ») montre une attitude de serviteur exemplaire.

Une rupture avec cette la situation se produit lors de la révélation du lieu où ils se trouvent,l'île aux Esclaves, soit l'endroit où il est pour la première fois supérieur à son maître, où il n'a rien à craindre rien ni personne avec une rébellion progressive de la part d'Arlequin.

Cette révolte d'Arlequin est tout d'abord indiquée dans les didascalies telles que « siffle », « chante », « riant » ce qui est un réel manque de respect envers son maître soit un acte de rébellion, souligné par l'ironie de ses paroles qu'il adresse à  Iphicrate (« Monsieur Iphicrate, la drôle d'aventure ! Je vous plains par ma fois »)

Ensuite, en chantant un air ( «  L'embarquement est divin/Quand on vogue on vogue on vogue ?/l'embarquement est divin/Quand on vogue avec Catin » ) il va encore plus loin dans la provocation en étant à la limite du burlesque dans une dimension très comique, rappelant la commedia dell'arte d'où il est tiré.

L'acte final de rébellion d'Arlequin est de définitivement révoquer l'autorité qu'Iphicrate avait sur lui ( «  je ne t'obéis plus, prends y garde » ) qui marque également la fin de la scène d'exposition.


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Cette scène d'exposition est extrêmement importante pour tout le reste de la pièce puisque c'est elle qui va donner les premiers éléments de l'intrigue qui vont exciter la curiosité du spectateur ainsi que le style dominant de la pièce.  De plus c'est à travers elle que nous percevrons les divers enjeux, personnages symboliques.En effet, c'est cette scène qui pose le problème de la relation maître et esclave souvent violente («vos compliments me charment, vous avez coutume de m'en faire à coups de gourdin ») hypocrite et méchante (« vous voilà bien poli » alors qu'il ne l'est pas habituellement ).

     Cette scène est très importante pour toute la pièce puisqu'elle permet de fixer les divers enjeux de la dite pièce en en faisant un fil conducteur.

On peut noter un enjeu tout d'abord social, puisque la pièce par sa dimension de fable didactique veut analyser la relation maître valet ici interprétée par une relation maître esclave entre Iphicrate et Arlequin. Elle est mise en œuvre dès le départ, étant donné que les premiers mots prononcés par Arlequin sont « Mon patron ».

En utilisant un cadre où vivent des esclaves, il sera très facile pour l'auteur de livrer une critique sur ce rapport.

Derrière cet enjeu social, dont le but n'était non pas de supprimer l'esclavage un enjeu plus humain :  changer les rapports unissant maître et domestique en donnant une leçon de justice ( « nous verrons ce que tu penses de cette justice là ») et cette mesure serait agréable si elle pouvait être appliquée à tous les Iphicrate du monde comme le sous-entend Arlequin : «  Tout en irait mieux dans le monde, si ceux qui te ressemblent recevaient la même leçon que toi. »

     Cette pièce change les coutumes du théâtre. Au lieu d'être complètement inscrite dans le registre tragique, ou encore pathétique comme l'est Phèdre de Racine ou à l'inverse comique, cette scène d'exposition nous indique que L'île des esclaves est un mélange de comique et de pathétique.

Le comique illustré par la situation tout d'abord, du maître qui doit prendre la situation de l'esclave. C'est ce retournement de situation totalement inimaginable à cette époque qui provoque le rire. Le comique de geste est lui conforté par les didascalies, comme Arlequin qui boit sa bouteille ou qui mime d'avoir les jambes engourdies. Les mots quant à eux, sont également amusants, dans les passages où Iphicrate et Arlequin se parlent le plus aimablement possible sont extrêmement drôle car ils sont plus ironiques qu'autre chose (« mon cher patron, vos compliments me charment »). 


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Quant au pathétique, il n'est pas incarné par l'esclave comme on pourrait le penser. C'est Iphicrate qui incarne le pathétique, en le voulant qui plus est, d'où toutes ses gérémiades soutenues par le champs lexical de la plainte (« que deviendrons nous », « me plaindre », « ému » .. ). De plus, Iphicrate étant le maître, son coté pathétique renforce le coté comique de la scène qui fait donc un mélange entre le pathétique et le comique.

Finalement nous avons deux personnages, deux représentants des caractéristiques du théâtre : le comique et le pathétique. Arlequin est comique, une des seules caractéristiques gardées de son personnage de la commedia dell'arte et Iphicrate symbolise très bien le pathétique en appelant à la pitié par ses pleurs larmoyants.

      Nos deux protagonistes, en plus d'indiquer différentes sortes de genres théâtraux sont également représentatifs de leur classe.

En effet le nom Iphicrate trouve sa signification dans le grec en « celui qui abuse de son pouvoir ». Son nom est donc une traduction de ce qu'il représente dans la hiérarchie sociale, un maître qui utilise son statut pour soumettre d'autre gens. Il représente tous les maîtres de l'époque, d'où une description si peu détaillée d'Iphicrate pour pouvoir y associer n'importe lequel des dominateurs.

Arlequin quant à lui, trouve son nom dans la commedia dell'arte. Quelques clins d'œil sont réalisés notamment lors du comique de geste mais c'est le seul parallèle car autrement Arlequin est parfaitement conscient de la situation et très malin.

Il représente quant à lui les domestiques ou plus généralement les dominés, et comme Iphicrate n'est pas spécialement décrit physiquement pour faciliter l'identification mais il garde les caractéristiques du dominé tel qu'on l'imagine, du moins au début de l'histoire.


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Cette première scène, correspondant totalement aux attentes de la scène d'exposition puisque présentant les enjeux de la pièce dans son ensemble en définissant précisément les premiers protagonistes, le cadre de l'action et le début de l'intrigue ; elle permet aussi d'amorcer une critique sociale sur la base du rapport entre maitre et valet en montrant l'hypocrisie et violence qu'engendre cette relation par l'intermédiaire ici d' Arlequin qui évoque les coups de gourdin qu'il reçoit de son maître en guise de compliments.

De plus, nous assistons à un renouvellement du genre de théâtre qui n'est ni totalement comique, ni tragique. Cette scène mélange effectivement le pathétique avec la comédie grâce à la situation qui e


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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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