Penser après les cours...!

Préparation au commentaire de la fin de Maître Puntila ()603

Par cyberblaise - publié le vendredi 19 octobre 2012 à 17:32 dans 1èreL/Es Camille See

Objet d'étude: Le théâtre: son texte et sa représentation.

Groupement de texte sur la relation Maître-Valet.

Reprise du cours de jeudi 18 octobre.


Tableau 12 dénouement de la pièce :Matti tourne le dos à Puntila

Présenter la pièce et le contexte d'écriture.

Ce qui se passe juste avant : Puntila veut donner sa fille en mariage à Matti alors qu'il est ivre, quand il retrouve ses esprits il promet de ne plus boire et cède au pasteur pour le renvoi de Surkela le rouge qu'il vient pour tant de réembaucher, Matti fait à nouveau boire son maître pour qu'il se ravise, Puntila lui fait construire le mont Hatelma dans sa bibliothèque avec les objets présents, exaltation patriotique de Puntila , éloge de la Finlande : Matti obéit au délire du maître, ironie : « Mon cœur déborde quand je vois vos forêts , Maître Puntila » Episode qui a fait déborder le vase, Matti en fait en a ras-le bol des sautes d'humeur de son patron et décide de partir d'où Matti tourne le dos à Puntila : expression « tourne le dos » exprime que l'on est fâché contre quelqu'un et en même temps sens propre.

Texte composé d'une didascalie initiale qui fixe le lieu et le moment : cour de Puntila, matin de bonne heure : rendu ou non par l'éclairage du plateau, valise indice d'un départ  Cf Matti porteur de valise ! Laina, la cuisinière, provision : question du spectateur : qui part puisque Matti porte la valise du maître au début de la pièce. Réponse dans le titre du tableau 12 donc plus claire pour le lecteur que pour le spectateur qui doit attendre la représentation de la scène, à moins que le titre ne soit projeté par exemple.

-Dialogue entre Laina et Matti : qui part ? Solution dès la première réplique de Laina, c'est Matti.

Incompréhension pour Laina du départ de Matti : décision trop hâtive pour elle, essaie de le retenir, lui demande d'attendre le réveil du maître (premier argument), peut-être elle-même triste de son départ, suggestion possible d'un sentiment amoureux à l'égard de Matti en sous-texte, comme dans la mise en scène de Couleau. Pas de familiarité cependant : vouvoiement

Explication de Matti : craint le retour à la lucidité de Puntila : avait mis la moitié de sa forêt au nom de Matti// avec l'épisode du porte-monnaie mis dans la poche de Matti cf «  ce coup-ci »: accusation de vol : crainte de la police. Situation qui a été produite maintes fois, une fois de trop : « risquer ». Matti veut rompre la routine, le cycle de Puntila qui l'aliène.

Deuxième argument de Laina pour le retenir : le certificat : situation pathétique des employés qui sont coincés sans l'accord et le bon vouloir du maître, ils ne peuvent partir sans risques, plaire au maître est une nécessité, donc pour avoir un bon certificat, relation hypocrite. Dépendance, aliénation des prolétaires.cf « vous êtes fichu »A rapprocher de la première scène et des questions que Puntila fait à Matti sur ses précédents postes. Impasse de Matti dans l'avenir : futur des verbes : soit accusé d'opposant politique  Rouge : discrimination à l'embauche cf Surkela, soit d'être un homme : pas utile pour être embauché : les patrons ne veulent pas considérés leurs employés comme des hommes car sinon plus possibles de les exploiter cf controverse de Valladolid sur les Indiens esclaves.

Troisième argument pour le retenir : le maître a besoin de lui. Dialectique du maître et de l'esclave, humanité du valet à l'égard du maître, pas l'un sans l'autre. Le maître a besoin du valet pour être maître ! il ne sait rien faire seul, drame des nantis que Puntila évoque lui-même quand il est saoul cf scène 1

Matti en a assez d'être complice du maître, trouve que l'amour des maître - « familiarités »- pour lui est une oppression plus grande encore que le rapport clair dominant/dominé. Importance pour Matti de l'histoire de Surkela dans laquelle il a joué un rôle qui le met mal à l'aise !

Quitte Laina qui renifle : personnage sentimental  caractérisé par le registre pathétique, qui est piégé par sa tendresse à l'égard du maître et de Matti, n'arrive pas à analyser la situation ( champ lexical de l'incompréhension) et à s'en libérer comme le spectateur qui cherche toujours des émotions au théâtre. L'opposition des deux personnages peutêtre lue comme la mise en présence de deux réactions au théâtre, celle du spectateur du théâtre traditionnel qui cherche la sentimentalité et l'identification aux personnages, celle du spectateur du théâtre brechtien épique qui se pose des questions, qui analyse la situation ete st prêt à agir à la lumière de ce qu'il a compris.

 S'éloigne rapidement  dans la cuisine pour cacher son trouble. ( Erreur du comédien qui joue Matti sur le prénom très intéressante dans la mise en scène de Couleau, Matti profite des faiblesses de toutes les femmes quand ça l'arrange)

-Puis à la fin : longue tirade de Matti en vers : étude de l'énonciation très révélatrice : adresse au public , à lui-même,  à Puntila virtuellement : adresse claire «  maître Puntila, tutoiement « tu n'es pas le pire » »presqu'un homme après avoir bu »

Passage à la première personne de pluriel : « restons en là » : généralisation du propos possible, parle de son rapport à Puntila, mais aussi voix du dramaturge qui indique que la compréhension de la situation est claire pour le public après trois heures de représentation ; le public lui aussi est fatigué de Puntila et en a assez.

Matti pas violent : cf comédie, sincère ou ironique : « Longue vie, Maître Puntila », quasi éloge de Puntila : pas le pire, presqu'un homme quand il a bu » mais prise de conscience de l'ambivalence de l'amitié proposée par le Maître : « le pacte d'amitié était un faux contrat » : ne pas mêler les sentiments aux relations de travail : le maître reste le maître qui domine cf « Le quotidien crie : qui vaincra ?: allégorie du quotidien de la lutte des classes : bataille qu'il faut gagner.Pas se laisser prendre par la routine du quotidien.

Refus de la tristesse et de l'effusion sentimentale : champ lexical des larmes : renifler, larmes , verser un pleur cf Laina. Il ne faut pas rester au stade des émotions et du sentiment qui nous aliène , plutôt réfléchir, garder ses distances et agir.

Image de l'huile qui ne réussit pas à se mêler à l'eau :métaphore de sagesse populaire, pragmatique : huile= riche, eau=prolétaire

Les valets doivent prendre leur autonomie et tourner le dos au maitre : annonce de temps nouveaux, généralisation prophétique : « il est temps, futur du verbe : « un bon maître, ils en auront un/ dès que chacun sera le sien », fin de l'aliénation, chacun son propre maître : autogestion, auto-entreprenariat, aspiration à une société sans classes. Sortir de la servitude volontaire de gens comme Laila, s'émanciper de la relation au maître.

-et didascalie finale : « il s'en va rapidement » opposé  à« elle rentre »

Pistes de centre d'intérêt pour le commentaire ou pour les questions d'oral

1. Deux personnages à construire ainsi que leur relation : un dénouement qui présente deux personnages opposés : Laina, la cuisinière sentimentale et aliénée et Matti, le chauffeur, lucide qui tourne le dos au maître et refuse le pacte d'amitié de Puntila, émancipé donc, libre.

Une scène argumentative, Laina cherchant à retenir Matti et ce dernier luie xpliquant ses raisons de quitter Puntila.

Question possible: comment voyez-vous le rôle de Laina dans cette scène? Le personnage de Matti est-il selon vous porteur du message politique de la pièce?

Matti est-il un personnage valorisé dans cette fin?

Quelles significations donnez-vous à l'attitude différente des deux personnages qui sont en présence dans la dernière scène?

2. Expliquer le passage au vers de la part de Brecht : Leçon à tirer de la fable ? Le message politique principal de la pièce : expérience personnelle de Matti le conduit à formuler une conduite générale et à annoncer une autre société possible : rien à attendre des maîtres et encore moins quand ils se prétendent bon, car cette situation est encore plus aliénante que l'oppression directe et claire. Le dénouement prend tout son sens des échos qu'il a dans la pièce : dès la première scène Matti parle de départ et visiblement il ne reste pas longtemps chez les maîtres et part quand quelque chose le dérange, récit finnois d'Emma : le prisonnier d'un camp où l'on enferme les Rouges qui malgré la faim refuse la nourriture mendiée par la vieille mère chez la patronne,la vieille au retour fait circuler le message de la fable : il ne faut rien à accepter des maîtres, attitude de Surkela qui refuse de serrer la main de Puntila. Le départ de Matti est ainsi préparé tout au long de la pièce par des moments clés.

Raisons du départ de Matti à étudier ? Signification de ce dénouement : Prise de décision de Matti, liberté ?

En quoi peut-on dire que cette fin oppose deux attitudes face au comportement du maître Puntila?

Pensez-vous que cette fin est celle d'une comédie?



Page précédente | Page 410 sur 1224 | Page suivante
Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Derniers commentaires

- Apollinaire sur prepabac.org (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Merci (par Visiteur non enregistré)
- Remerciment (par Visiteur non enregistré)
- eethetyh (par Visiteur non enregistré)

Canal RSS

Abonnement