| Penser après les cours...! |
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Synthèse sur la relation entre Médée et Jason dans la pièce d'Euripide
Jason et Médée dans Médée d'Euripide
Au moment où commence la pièce, l'union entre Jason et Médée a pris fin: Jason a épousé très légalement la fille du roi de Corinthe, Médée s'attend à être expulsée du territoire avec les fils qu'elle a donnés à Jason. Comment les deux protagonistes jugent-ils leur relation passée?
Médée d'emblée insiste sur l'inégalité de la condition du mari et de celle de la femme: contrairement à l'époux, la femme ne peut divorcer ni trouver à l'extérieur ce qu'elle ne trouve pas au foyer. En outre, sa situation particulière d'étrangère renforce la fragilité du statut de la femme en général. De là cette phrase aux accents homériques:
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« Je suis seule, exilée, bonne à être insultée
par un mari (ἀνδρός) qui m'a conquise en pays étranger.
Je n'ai mère, ni frère, ni parent,
qui me donne un refuge en ce présent naufrage » (Médée, 255-258). | |
Elle considère du reste que Jason l'a abandonnée parce qu'elle n'était qu'une Barbare:
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« Ce n'est pas cela qui te retenait. Mais lié à une Barbare
tu voyais devant toi une vieillesse sans honneur » (Médée, 591-592). | |
Il l'a probablement épousée uniquement par reconnaissance pour les services qu'elle pouvait lui rendre.
Quant à Jason, il estime que Médée est mue uniquement par une forte sensualité, ce qui convient du reste à sa nature barbare et n'est pas étranger à la gent féminine tout entière:
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« ... Femme, tu fais sonner trop haut ce que tu fis pour moi.
C'est à Cypris selon toute apparence que ma navigation
doit son salut, à nul autre dieu ni mortel...
Tu es fine et tu me comprends, mais il te déplairait d'avouer que l'amour (ἔρως) t'a contrainte, que tu n'as pu parer ses flèches et que c'est là pourquoi tu m'as sauvé.
Mais je veux bien n'y pas regarder de trop près.
Pour quelque raison que ce soit, tu m'as aidé et bien aidé » (Médée, 526-533). |
« ... N'est-ce pas bien raisonné? tu le reconnaîtrais, si le souci du lit ne t'irritait.
Vous autres femmes, vous finissez par estimer que tout va bien si seulement vos nuits sont assurées.
Qu'un accident vienne les compromettre, le parti le plus profitable et le plus éclatant
vous devient guerre déclarée » (Médée, 567-573).
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« Femme, je loue ta conduite présente et je m'abstiens de blâmer le passé.
Il est naturel à tout votre sexe
d'en vouloir au mari qui prend une seconde épouse (γάμουςἀλλοίους) » (Médée, 908-910).
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Une fois les enfants massacrés, il se repentira d'avoir épousé une femme barbare, seule capable d'avoir un tel comportement: il est puni pour n'avoir pas respecté les règles de la cité grecque:
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« Que les dieux te détruisent! J'ai toute ma raison à présent.
Le jour de ma folie fut celui où je t'enlevai de chez toi, de ton pays barbare, pour t'amener dans une maison grecque qui devait en périr » (Médée, 1329-1332).
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« ... Tu fus épousée par moi (νυμφευθεῖσα), oui par moi, tu me donnas des enfants, que tu as détruits dans ta jalousie de femme et d'amante.
Jamais il ne se fût trouvé de Grecque pour oser ce que tu osas, toi que j'ai préférée à toutes » (Médée, 1336-1341). |
Notons toutefois qu'Euripide a pris le contre-pied du discours traditionnel sur la femme, tel que le revendique Médée. Son héroïne domine la pièce et triomphe, même si le prix en est terrible, tandis que Jason, pleutre, falot et suffisant, ne fait pas le poids, a manifestement peur de sa terrible compagne et est totalement vaincu.
(d'après le cours d'une collègue qui enseigne le grec)