Oeuvres surréalistes

"La femme chancelante" de Max Ernst

Par sarlhomme - publié le dimanche 6 avril 2008 à 09:19 dans La peinture

Max ERNST :

La femme chancelante.


mapage.noos.fr/momina/ernst/ernst.html.


(1891-1976) artiste allemand : peintre, dessinateur et sculpteur.

Figure du mouvement Dada, il est à l'origine d'une peinture surréaliste nourrie par la poésie, et influencée par les travaux de Freud.


Description de l'œuvre :


Huile sur toile, (130.5x97.5) Düsselof, Nordrhein Westfallen Art Museum.


Dans cette peinture, on voit une femme en tenue de danseuse, ou de trapéziste, cheveux hérissés (ou bien est-elle suspendue de haut en bas…?) le corps penché vers la gauche, les bras étendus paraissant servir de balancier.

Elle est prisonnière d'une machine, de longs tuyaux occultent son regard, mais on remarque que son visage exprime de la peur, de la surprise.

De même que les cheveux de la femme sont figés comme par miracle, les jets d'huile de la machine deviennent solides.

La danseuse semble se balancer, instable, entre deux fortes colonnes classiques, dans un décor qui rappelle certaines toiles de De Chirico (cf : Place d'Italie).

Elle est placée sur un plan incliné afin de donner une sensation d'instabilité dans un mouvement en avant.

L'ensemble est peint dans une même gamme de couleurs chaudes, avec un long dégradé dans l'arrière plan, finissant sur un blanc, faisant ressortir la femme et la machine du premier plan.


Sens :


Max Ernst s'est inspiré pour la machine d'une invention du 19ème siècle qui « égalisait les vagues par gros temps ». La machine semble prendre le contrôle du corps de la danseuse.

La femme n'est plus en harmonie totale avec la nature, elle est devenue une créature froide et figée.

D'ailleurs, le peintre peut avoir voulu  représenter l'ancienne déesse romaine de la chance (fortuna), en plaçant la femme dans une position de danger et d'instabilité.

L'intensité de la scène, la sensation de danger et d'arrêt du temps sont rendues dans un style simple et tranquille.

On peut y voir la tentation de prendre un risque, de parier sur le hasard, la « bonne chance ». Dans ce sens, l'œuvre utilise le placement au hasard de la machine et de la trapéziste, pour évoquer l'excitation du risque.

Aussi semble-t-on assister à une pétrification : il n'y a plus de haut ni de bas, les contraires se rejoignent, comme dans la théorie définie par Breton : « Je crois à la résolution future de ces deux états en apparence contradictoires, que sont le rêve et la réalité absolue de surréalité… » (manifeste p.24).


Caractéristique  du surréalisme :


On a vu que dans « l'analyse » du tableau, le peintre s'est inspiré d'idées de Breton  (écrivain, poète, théoricien du surréalisme). Il  associe des contraires : une femme et une machine, la terre et la mer ( machine construite pour calmer la mer agitée)…  et on assiste à une perte de ses repères : le bas et le haut sont confondus.

Il joue aussi sur le hasard, (comme les écrivains surréalistes avec l'écriture automatique, les cadavres exquis…), la chance en mettant la danseuse dans une telle position.

Il s'inspire aussi de Duchamp (peintre, sculpteur du XXème ) qui lui voulait exprimer les relations de l'homme avec la machine, dans cette nouvelle société d'industrialisation et de mécanisation.

On ressent cette influence sur la femme presque «esclave», dominée par la machine. Celle-ci a pratiquement une apparence animale (tuyaux pareil à des tentacules).

De plus, les surréalistes ont réussi à créer un nouveau regard sur la femme, qui a joué un rôle important dans l'art.

Elle a une image, dans cette peinture, à la fois ridiculisée et magnifiée. Comme dans les poèmes lyriques et oniriques du surréalisme (cf :Desnos), elle fait partie de l'inconscient, prend une place fondamentale dans l'œuvre.

Conclusion :


Nous avons choisi cette œuvre car elle semble intéressante à interpréter, et  à première vue, elle ne paraît pas être une peinture surréaliste.

La scène représente une femme sur une machine, certes quelque peu étrange, mais qui pourrait être une attraction, un jeu...

Cependant lorsqu'on tente de mieux comprendre l'oeuvre, on y retrouve des procédés presque littéraires qui représentent les grandes idées surréalistes.

Donc, cette peinture en apparence assez simple se révèle énigmatique, et propose une véritable reflexion sur le surréalisme. En tentant de l'analyser on comprend tout son intérêt, sa pronfondeur.



Commentaire sans titre

Publié le dimanche 26 avril 2009 à 17:52 par Visiteur non enregistré
bravo pour ton travail je l'ai trouver geniale
merci ca m'a beaucoup aider


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