Penser après les cours...!

Le théâtre grec

Par cyberblaise - publié le jeudi 27 septembre 2012 à 14:54 dans 1èreL 602

Plusieurs liens pour vous permettre d'approfondir vos connaissances:

http://www.theatrons.com/theatre-antique.php


Sur la catharsis:

La"catharsis" selon Aristote : effet de transe et "distanciation".

Depuis qu'Aristote a désigné la catharsis comme l'effet principal opéré sur le spectateur par la mimesis tragique, la notion a suscité bien des débats. Une définition plus complète de son fonctionnement théâtral se trouvait sans doute dans la seconde partie de la Poétique qui ne nous est pas parvenue. Ce sont essentiellement quelques passages du Livre VIII de la Politiqueconsacrés à la valeur éducative de la musique qui fondent, pour nous, ce qu'Aristote appelait catharsis.

Par ce terme, il semble avoir voulu caractériser un processus beaucoup plus médical que moral ou pédagogique, plus proche de la purgation que de la purification. Pour Aristote l'effet du théâtre semble s'approcher de celui provoqué par les "mélodies qui provoquent l'enthousiasme" ( "la possession par la divinité"), par exemple la musique et les chants qui provoquaient la transe du Dithyrambe :

"Sous l'influence des mélodies sacrées, nous voyons ces mêmes personnes, quand elles ont eu recours aux mélodies qui transportent l'âme hors d'elle- même, remises d'aplomb comme si elles avaient pris un remède et une Purgation (catharsis). C'est à ce même traitement dès lors que doivent être néces-sai-re-ment soumis à la fois ceux qui sont enclins à la pitié et ceux qui sont enclins à la terreur, et tous les autres qui d'une façon générale, sont sous l'empire d'une émotion quelconque, pour autant qu'il y a en chacun d'eux tendance à de telles émotion".

Comme cette musique, la tragédie, "purgeait" homéopathiquement le spectateur par une succession de possession et dépossession, état favorisé par la dramaturgie "hypnotique" créée par l'espace théâtral, face au temple et au soleil, la durée du spectacle, la succession des rythmes variés de prise de paroles et les états de terreur et pitié suscités par le déroulement de la fable.

Tout en ressemblant à ce qui s'opère dans la fête médiévale, le carnaval, où un dérèglement temporaire permet la "purgation" des tendances asociales, des craintes collectives, et le retour à une acceptation des normes et des contraintes de la société, la catharsis de la tragédie grecque du Vème siècle est à la fois plus "individuelle" et plus "intégrante". Comme le montrent Vernant et Vidal-Naquet, en elle s'expriment les contradictions entre l'ancienne culture mythique et les nouvelles valeurs de la Cité, en particulier entre l'ancienne conception de la justice divine et une nouvelle justice "humaine" en train de se constituer. La catharsis purgerait le spectateur des terreurs liées à l'ordre incompréhensible et terrible des dieux et de la pitié envers le héros qui est la victime. Mais la pitié est alors perçue comme passion inhibante, inséparable de la terreur. Débarrassé de ces terreurs le spectateur accède à la rationalité et à la responsabilité civique nécessaires au fonctionnement de la Cité.

 

http://web2.crdp.ac-versailles.fr/pedagogi/Lettres/tragrectl.htm

Les quatre premières pages expliquent très clairement ce qu'est le théâtre grec.


Page précédente | Page 444 sur 1224 | Page suivante
Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Derniers commentaires

- Apollinaire sur prepabac.org (par Visiteur non enregistré)
- Commentaire sans titre (par Visiteur non enregistré)
- Merci (par Visiteur non enregistré)
- Remerciment (par Visiteur non enregistré)
- eethetyh (par Visiteur non enregistré)

Canal RSS

Abonnement