Penser après les cours...!

Reprise de l'étude du texte de la Boétie (2)

Par cyberblaise - publié le jeudi 20 septembre 2012 à 08:44 dans 1èreL/Es Camille See

3.       La structure du passage qui met en relief la stratégie argumentative de La Boétie, la façon dont il cherche à persuader le peuple.

Ligne 1à 6 : Adresse, apostrophe véhémente au peuple décrit dans son état de malheur et de dénuement, perception de l'indignation et de la compassion de l'orateur dans l'exclamative, sentiment d'un véritable scandale.

Ligne6à10 : Enoncé de la cause de cet état déplorable, identification du responsable – un ennemi- effet de surprise, mais portrait de ce dernier qui rend difficilement compréhensible son pouvoir car il est semblable aux autres hommes, rien ne le prédispose à disposer d'un tel pouvoir d'anéantissement.

Lignes 12 à18 : Mise en évidence de la responsabilité du peuple dans sa soumission par des questions rhétoriques accumulées qui visent à faire réfléchir le peuple : il est complice du tyran puisque c'est dans ses rangs que le tyran trouve des gens pour accomplir ses forfaits.

Ligne : Enumération des aspects concrets de la connivence et de l'interaction : toutes les actions du peuple sont subordonnées aux volontés et désirs du tyran, nombreuses subordonnées de but ( pour qu'il, afin qu'il » qui montrent que le peuple n'agit pas pour lui même jamais mais toujours pour le bienêtre du tyran. Parallélisme de structure qui souligne l'opposition entre le peuple et le tyran.

Ligne 26 : Hypothèse d'une délivrance possible au conditionnel, nécessité de la volonté.

 Fin du texte: Exhortation à ne plus servir à l'impératif, formule choc qui indique qu'il suffit de ne plus participer à la vie du tyran pour gagner en liberté. Approfondissement du conseil avec l'image très persuasive de la statue, colosse qui, faute de base, s'effondre, sorte de prophétie au futur encourageante pour l'avenir : espoir d'une issue à la servitude.

4.       Champs lexicaux dominants :

-malheur du peuple, misère matérielle et morale : pauvres, misérables, mal, enlever, piller, dévaster, dépouiller…,

-actions violentes qui rappellent des situations de guerre : dégâts, ruines, guerre, mort, dévaster, piller, détruire, courir sus, boucherie…

-Corps humain : yeux, mains, corps, pieds : le tyran a le même corps que les autres, deux yeux, deux mains mais la suite du texte montre par les métonymies que le peuple lui donne des yeux par l'intermédiaire des argus qui espionnent, des « mains supplémentaires, des « pieds » pour fouler : cf « Ce qu'il a de plus que vous ce sont les moyens que vous lui fournissez pour détruire »

-Actions positives et civilisatrices du peuple, élogieuses pour lui et opposées à la destruction que produit le maître : semer, élever, nourrir, s'user à la peine

 

5. Etude de la syntaxe, des constructions de phrases :

-exclamative indignée de la première phrase,

-exclamation ironique entre parenthèses,

-subordonnées de conséquence et de but qui indiquent les effets produits par l'attitude du peuple,

-tournure restrictive ne…que pour indiquer l'absence de puissance propre du tyran.

-Phrase présentative : »Ce qu'il a de plus… »

-Nombreuses interrogations oratoires, questions rhétoriques.

-Structures anaphoriques avec ‘Vous » qui insiste sur le décalage entre le peuple et le tyran.

-Phases impératives qui exhortent à l'action…

 

6 Les figures de style :

 Enumérations amplificatrices avec gradations.

Nombreux pluriels qui insistent sur l'opposition du peuple avec le tyran unique. Nombreuses antithèses qui mettent en relief la disproportion du bénéfice entre le peuple et le tyran ou l'opposition de la valeur morale des actions menées par chacun.

Superlatif  à valeur hyperbolique: « le plus beau et le plus clair de votre revenu »

Paradoxes à valeur ironique : exemple : "Vous vivez comme un grand bonheur qu'on vous laissât seulement la moitié de vos bien, de vos familles, de vos vies » : ce paradoxe témoigne du degré extrême de soumission du peuple prêt à tout accepter et qui ne s'indigne plus.

Nombreuses hyperboles liées au pluriel des noms : « nombre infini de nos villes » qui souligne que la force est du côté du peuple par son nombre et donc que la soumission est liée à l'acceptation par le peuple de cet état.

métonymie des "mains" et des "pieds" qui viennent suppléer au fait que le tyran comme chaque homme n'en a que deux donc mise en évidence de la complicité du peuple.

Métaphore de la guerre comme « boucherie », du peuple assimilé à des animaux de bât : « vous tienne la bride plus courte » : déshumanisation, instrumentalisation des hommes qui perdent  alors leur humanité selon la Boétie.

Comparaison finale du tyran avec une statue que l'on pourrait faire tomber en lui ôtant sa base.

 

7. Etude des sonorités : allitérations en V, répétitions dans la première phrase du préfixe privatif : dé-



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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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