Penser après les cours...!

Lire "Ce que dit la bouche d'ombre" en entier ( 2nde 7)

Par cyberblaise - publié le mardi 10 janvier 2012 à 17:38 dans 2nde7 (2010-2011)
http://www.biblisem.net/meditat/hugobouc.htm Pour prolonger le cours et pour ceux qui étaient absents, les réponses aux questions qui figurent dans le manuel: 1. La bouche d'ombre est la mort. Pour le comprendre, on peut relire les premiers vers. Elle est aussi désignée par les expressions suivantes : « Le spectre » (v. 4), « l'être sombre et tranquille » (v. 4). 2. La mort est personnifiée. Elle apparaît même sous les traits d'une allégorie que l'on connaît bien: le spectre. Lui donner la parole dramatise son discours. Cela permet aussi de comprendre ce qu'est une « contemplation » : un face-à-face intime avec la mort. Celle de Léopoldine en 1843 ; celle de Claire Pradier, la fille de Juliette Drouet, en 1846. C'est au plus profond du deuil, au plus profond du «gouffre monstrueux » (dernier vers des Contemplations) que le poète se tient, contemple et parle. 3. La question appelle une réponse nuancée. Certes, le dispositif énonciatif met en scène une transmission de parole : on voit le poète se promener et rencontrer la Mort, être saisi par elle et la laisser parler (v. 1 à 6). Puis, dans le temps de l'écriture, il relaie et transcrit son discours. Le poète est prophète au sens étymologique : il « parle pour » la mort, contemplée et écoutée. Il devient lui aussi « bouche d'ombre », qui laisse parler la mort par sa voix. Cependant, il s'agit d'un dispositif énonciatif concerté et maîtrisé, inventé pour témoigner de l'ouverture du moi au monde. 4. Dans cette scène fantastique, le poète, tout vif, est, littéralement, saisi par la mort : « l'être sombre et tranquille / Me prit par les cheveux dans sa main qui grandit ». N'est-ce pas là une image de ce que V. Hugo a intimement vécu en perdant sa fille ? Puis, le personnage du poète est déposé en position de surplomb, « sur le haut du rocher », face à l'infini de l'océan. Ici, il voit et entend tout. Il peut écouter l'ensemble de la création.( L'image n'est pas sans rappeler le"voyageur contemplant la mer de nuages" du peintre Friedrich.) 5. Il entend alors le concert de voix formé par les créatures et éléments de la nature.« Tout parle », en effet (v. 7). Mais comment ? Le champ lexical de la parole (et plus précisément les verbes) insiste sur ce point. Tout, dans la création, semble « éternel murmure » (v. 15).De même, la forêt « sonn[e] » (v. 11), le torrent et l'orage « roul[ent] (v. 12), l'eau et les arbres « élèv[ent] la voix » (v. 17), le vent est comparé à « un joueur de flûte », l'océan ouvre sa gueule pour « rugir » (v. 22). Il s'agit de bruits. Lire ensuite quelques vers composant la suite de cette immense méditation qu'est « Ce que dit la bouche d'ombre » : le poète se concentre sur les souffrances des créatures immondes, enfermées dans un corps horrible ou une gangue de matière oppressante, suite à quelque crime les ayant fait descendre dans « l'échelle des êtres ». Crapaud, ronce, caillou : il faut les prendre en pitié. Ce poème manifeste la volonté d'écouter et de prendre en charge la souffrance des déshérités ; de plaider pour leur réhabilitation. C'est le pendant métaphysique des Misérables.

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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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