Neverland

Introduction aux Mémoires de guerre

Par F. Thibault - publié le mercredi 25 mai 2011 à 09:42 dans Terminale L

Introduction : Pour lire les Mémoires de guerre de Charles de Gaulle


Comment aborder la lecture des Mémoires de guerre ? Il s'agit d'une oeuvre qui est assez éloignée du corpus habituel de la littérature et son choix a généré une véritable polémique. A ce sujet, la revue Les Temps modernes a consacré un numéro à la question : « De Gaulle, la France et la littérature ».

Cf. compte-rendu publié dans Le Monde.

Cette polémique tient autant à des raisons qui sont politiques que littéraires, car le choix de cette oeuvre, qui n'est pas scandaleuse en soi, correspond à une période politique particulière pendant laquelle un président se posait en héritier du gaullisme tout en critiquant la littérature classique (Madame de Lafayette et sa Princesse de Clèves). Ensuite, la polémique porte également sur la portée proprement littéraire des Mémoires de guerre, car c'est bien l'une des critiques portées contre le texte de de Gaulle : de nombreux journalistes, écrivains, enseignants ont disqualifié ce choix en plaçant l'oeuvre hors du domaine de la littérature. Encore faut-il savoir ce qu'est la littérature. Sans entrer dans la polémique —chacun pourra se faire sa propre opinion sur l'opportunité et la validité de ce choix dans le programme de Terminale littéraire—, on va essayer de voir quel peut être la pertinence et l'intérêt littéraire des Mémoires de guerre.

 

I. Les mémoires, un genre littéraire

Pour commencer, on peut dire que les Mémoires de guerre s'inscrivent dans un genre littéraire qui, s'il est moins apprécié et développé aujourd'hui que le roman ou l'autobiographie, a connu un essor considérable au cours des siècles passés et il est encore pratiqué aujourd'hui, en particulier par les hommes politiques. Selon le dictionnaire Littré, les mémoires sont la « relation de faits particuliers pour servir à l'histoire ». Le genre renvoie donc à l'origine à un matériau historiographique et correspond à ce que l'on nommait auparavant les chroniques. L'auteur y relate des faits dont il témoigne. L'aspect littéraire y est secondaire puisque le mémorialiste se borne à proposer des documents, une contribution à l'écriture de l'histoire de son temps. C'est bien ce que met en évidence le prologue des Mémoires de messire Philippe de Commynes, rédigé à la fin du XVème siècle et publié en 1552 : « Monseigneur l'archevêque de Vienne, pour répondre à la demande que vous m'avez faite de vous écrire et de vous remettre en mémoire ce que j'ai su et appris des faits du roi Louis XI —que Dieu le pardonne !—, notre maître et notre bienfaiteur, un prince bien digne de passer à la postérité, je l'ai fait au plus près de la vérité, telle que j'ai pu en garder le souvenir. » Ces mémoires, historiquement, relèvent également d'une écriture profane qui s'oppose aux confessions religieuses : les mémorialistes s'inscrivant non pas dans une perspective religieuse, comme Saint-Augustin relatant les épisodes de sa vie pour mieux mettre en évidence sa conversion et la force de sa foi, mais dans une perspective temporelle, en se situant dans le siècle auquel ils appartiennent. De ce fait, les mémoires relatent les événements politiques et militaires qu'ont connus leurs auteurs, et ils entretiennent donc un lien particulier avec l'Histoire « « l'Histoire avec sa grande hache » comme l'écrit Perec dans W ou le souvenir d'enfance). C'est en ce sens qu'il faut aussi aborder les Mémoires de guerre, comme le dialogue au sein d'une oeuvre, de plusieurs disciplines : il ne s'agit plus de la littérature et de la philosophie, comme avec les Pensées de Pascal, mais de la littérature et de l'Histoire (objet d'étude : « Littérature et débat d'idées »).

Toutefois, le dictionnaire Littré ajoute une seconde définition, qui vient compléter la première et signale l'évolution qui s'opère au XVIIème siècle : « mémoire se dit aussi des récits où sont racontés les événements de la vie d'un particulier. » les « mémoires » désignent des récits où sont racontés les événements de la vie d'un particulier. C'est en ce sens que l'on peut lire les Mémoires d'une jeune fille rangée de Simone de

Beauvoir (1958) : celle qui est devenue une figure majeure du monde intellectuel et littéraire de la France d'après guerre y raconte comment elle s'est émancipée du milieu bourgeois auquel elle appartenait et comment la jeune fille « rangée » est devenu un personnage dérangeant (autant par sa vie privée que par ses écrits, comme Le Deuxième Sexe, qui, en 1949, provoqua un énorme scandale). Cette deuxième définition nous permet surtout de voir que le genre glisse de l'historiographie vers l'autobiographie. Le matériau historique se double donc d'une dimension personnelle, ce qui constitue l'essence du genre. C'est d'ailleurs ce que rappelle Antoine Arnault (1612-1694) dans ses Mémoires : « On ne doit nommer Mémoires que ce qui peut servir à l'histoire générale ou ce qui regarde la vie des personnes si éminentes en naissance ou en dignité qu'elle fait elle-même une partie de cette histoire. » Avec les mémoires, un auteur qui a été le témoin ou l'acteur d'événements historiques fait, à la première personne, un récit rétrospectif de sa vie où le public prime sur le privé. Il est donc question de « vies majuscules » qui nous éclairent autant sur la vie d'un individu que sur l'Histoire. C'est la définition du dictionnaire Robert : « relation écrite qu'une personne fait des événements auxquels elle a participé ou dont elle a été le témoin ». Les Mémoires de Philippe de Commynes, les Mémoires du cardinal de Retz, et surtout les Mémoires du Duc de Saint-Simon sont autant de précieux documents historiographiques sur le XVème siècle pour le premier, sur le XVIIème siècle pour les deux autres… en plus de leurs qualités littéraires (puisque Saint-Simon est considéré comme l'un des plus grands stylistes de la littérature française).

De même, au XIXème siècle, les Mémoires d'outre-tombe de François-René de Châteaubriand (édition posthume 1848-1850) constitue une oeuvre de référence, non seulement de la littérature autobiographique, mais de la littérature française ; il en va de même des Antimémoires d'André Malraux (1967). Notons au passage que les Mémoires d'outre-tombe constitue un ouvrage de référence pour de Gaulle : ainsi en 1954, le général affirmait à un journaliste du Figaro que le livre de Châteaubriand faisait partie de ses livres de chevet, après avoir indiqué à son aide de camp en 1947, « je sens comme lui ». Il faut donc considérer ce monument comme un modèle des Mémoires de guerre, sans doute par la forme, peut-être même par le style.

Les mémoires constituent donc un genre littéraire auquel la plupart des grands hommes se sont livrés. Au passage, on peut signaler que les Mémoires de guerre de Winston Churchill, publié de 1948 à 1954, ont valu à son auteur le Prix Nobel de Littérature en 1953 (et une certaine contrariété chez de Gaulle). Plus près de nous, les livres de Claude Lanzman, Le Lièvre de Patagonie, de Mona Ozouf, Composition française ou de Daniel Cordier, Alias Caracalla, témoignent de la pérennité de ce genre et de son attrait, tant pour les auteurs que pour les lecteurs. Nombre de grands hommes (politiques en particulier) se livrent à cet exercice.

 

II. Un certain regard

L'un des intérêts de la littérature —et de l'art en général— est de livrer une vision du monde, d'offrir aux autres son regard singulier qui amène à envisager une personne, un fait, une histoire, sous un angle original. Or, c'est bien ce qu'offre, par définition, le genre des mémoires : il donne à lire l'Histoire par le prisme du regard d'un individu. Ainsi, le récit neutre et objectif formé par les historiens (même si ce récit peut évoluer au fil du temps) est-il confronté au regard individuel, subjectif d'un homme qui a vécu, parfois participé à ces événements qui sont devenus l'Histoire. Bien sûr, pour expliquer le succès des mémoires (celles de de Gaulle comme d'autres), il y a la curiosité, cette pointe de voyeurisme qui pousse l'être humain à aller à la recherche de ce qui se dissimule dans la vie privée des grands hommes et dans les coulisses du pouvoir.

Les mémoires offrent aussi, avec un peu de recul, une vision renouvelée de ce qui a fait l'actualité, de ce qui fait l'Histoire. Dès l'origine, les mémoires se sont articulées en deux grandes catégories, qui présentaient chacune un regard particulier : les « mémoires d'épée », comme celles du cardinal de Retz (édition posthume 1717), qui s'opposent au pouvoir dominant et livrent une vision non officielle des faits historiques ; les « mémoires de cour » qui, à l'inverse, sont une émanation du pouvoir, un miroir de la Cour, comme les onze volumes des mémoires de Saint-Simon. Toutefois, il ne faut pas croire que ces mémoires de cour sont des oeuvres de propagande. Les Mémoires de Saint-Simon, qui retracent trente années de vie à la cour du roi ego et héliocentré, Louis XIV, donne à voir, par son regard sans indulgence, ce qui n'est pas relaté par l'historiographe officiel du souverain : les feux de l'amour et ceux de l'ambition, les intrigues amoureuses autant que politiques, les brouilleries et les aventures, le duc d'Orléans et ses « étranges plaisirs », la rigidité de la Maintenon, l'irrévérence de la princesse d'Harcourt… Or, cet éclairage n'est possible que parce que les mémoires se posent comme un récit rétrospectif, dans lequel le mémorialiste relate ce qui appartient désormais au passé et pose sur les actions dont il a été le témoin direct ou l'acteur un regard distancié, comme Châteaubriand qui écrit ‘d'outre-tombe », au « bord de la fosse ». Dans le cas des Mémoires de guerre, le récit de de Gaulle apporte un éclairage sur ce qui s'est passé à l'époque et qui avait été mal compris, mal interprété. Ainsi, la rebuffade infligée à Roosevelt à la suite des accords de Yalta en 1944 trouve-t-elle son explication : il ne s'agit plus d'un caprice de l'homme d'état, mais bien d'une réponse politique. Le livre de de Gaulle donne dans l'ensemble une vision assez intéressante de ce qu'ont pu être les relations entre les différents acteurs de la Seconde Guerre mondiale, au-delà de la réserve diplomatique nécessaire au moment des faits (ainsi le portrait de Staline, sans indulgence, ne pouvait être révélé au grand public).

En outre, l'historien Pierre Nora signale dans « Les mémoires d'Etat de Commynes  de Gaulle » que les plus belles illustrations du genre viennent « de nobles blessés au plus profond de leur orgueil de caste, l'un par l'échec de la Fronde [c'est le cardinal de Retz], l'autre par l'abaissement où l'a réduit l'absolutisme monarchique [c'est le duc de Saint-Simon], le troisième par l'exil de la tourmente révolutionnaire [c'est Châteaubriand] ». Faut-il pour autant considérer le genre des mémoires comme l'expression d'un échec ? Pas tout à fait, mais on peut constater que les Mémoires de guerre de Charles de Gaulle ont été écrites alors que le général avait été désavoué et avait quitté le pouvoir. Mais cette simplicité apparente, qui ferait des Mémoires une sorte de palliatif à la frustration, à l'inaboutissement ou à l'échec de l'action politique, cette simplicité se complique dans le cas des Mémoires de guerre. Leur rédaction à certes été amorcée après que de Gaulle a quitté le pouvoir, en 1946. Lorsque les deux premiers volumes sont publiés (1954 et 1956), il ne s'agit plus seulement de raconter une tranche d'Histoire, mais aussi de la mettre en perspective. La publication des Mémoires de guerre a constitué un véritable événement littéraire car, au-delà de son aspect littéraire et son inscription dans la lignée de ses prédécesseurs, le livre de de Gaulle répondait aux attentes d'une société frappée par une crise morale et en quête de repères. Comme le signalait un article du journal Ouest-France, « dans le délabrement des arts, ce livre est une compensation ; dans l'appauvrissement des caractères, ce livre est une élévation ; dans l'affaissement du sens de l'honneur, ce livre est une réparation ». En outre, lorsque le troisième tome « Le Salut » est publié en 1959, le général était de retour au pouvoir. Il en réécrivit même le dernier chapitre afin d'accentuer son caractère providentialiste : « Dans le chef tenu à l'écart, on continuait de voir une sorte de détenteur désigné de la souveraineté, un recours choisi d'avance. On concevait que cette légitimité restât latente au cours d'une période sans angoisse. Mais on savait qu'elle s'imposerait, par consentement général, dès lors que le pays courrait le risque d'être, encore une fois, déchiré et menacé » (p. 342). Pour celui qui vient de quitter le pouvoir en 1946, la parole semble prophétique et s'accorde pleinement au ton général du livre et à la statue que l'auteur se confectionne.

 

III. De la littérature ?

Reste la grande question, celle qui fait polémique : doit-on considérer Charles de Gaulle comme un écrivain et les Mémoires de guerre comme de la littérature ?

Pour l'académicien et spécialiste du Grand Siècle, Marc Fumaroli, les mémoires constituent une sorte d'hybride, au « carrefour des genres en prose ». Non seulement on se trouve entre Histoire et autobiographie,

mais aussi face à un ouvrage qui incorpore des éléments hétérogènes : de par leur nature, les mémoires proposent des récits d'épisodes historiques, des discours reconstitués ou rapportés, des portraits, des réflexions… On retrouve tout cela dans le texte de Charles de Gaulle : énumération parfois fastidieuse d'épisodes militaires ou diplomatiques, portrait des « grands », réflexions sur le pouvoir, compte-rendu des débats entre chefs d'Etat, etc., et parfois même quelques envolées lyriques !

Lorsqu'il publie ses Mémoires, de Gaulle fait déjà polémique. « De toute évidence, écrit Dominique de Roux dans un ouvrage qu'il lui consacre en 1967, l'écriture de Charles de Gaulle n'est pas de la littérature ». Roland Barthes, chantre de ce que l'on appelle le structuralisme, écrit que le style gaullien est « follement anachronique » et qu'il s'agit d'un « style de pasticheur plus que d'écrivain ». De l'autre côté, l'académicien Jules Romain remarqua la « probité » et le « classicisme » de l'écriture gaullienne, et d'autres y voyaient « un des grands écrivains latins de langue française », les « formules digne d'un Tacite », « la vivacité et la concision d'un César ». Enfin, d'autres encore ont noté que De Gaulle avait été publié dans « La Pléiade », panthéon de la littérature française, sans que personne ne s'en émeuve. Avant de vous laisser décider si les Mémoires de guerre sont de la littérature, je vais rappeler quelques faits sur le rapport de de Gaulle aux livres et à la littérature afin d'éviter les jugements fautifs sur une éventuelle inculture littéraire du général.

1) Depuis sa jeunesse, Charles de Gaulle écrit : en 1905, à 15 ans, il imagine une guerre fictive contre l'Allemagne au cours de laquelle il se voit général { la tête de 200 ooo hommes et 518 canons ; l'année suivante, il est lauréat d'un concours littéraire et voit son premier texte imprimé, Une mauvaise rencontre ; en 1908, il écrit sous pseudonyme (Charles de Lugale) une histoire relatant les amours d'un officier et d'une esclave mélanésienne, Zalaïna

 2) De par sa formation (reçu à Saint-Cyr en 1909), il a reçu une très solide formation littéraire : en effet, à cette époque, l'enseignement secondaire est dominé par les lettres et la philosophie.

3) En 1940, alors qu'il a 50 ans, il ne compte que peu d'années durant lesquelles son activité n'ait pas été à dominante intellectuelle (Ecole de guerre, professeur à Saint-Cyr, collaborateur du cabinet du maréchal Pétain…).

4) Sa propriété de La Boisserie, à Colombey-les-Deux-Eglises, a été achetée sur ses deniers personnels, en partie grâce à l'argent de ses livres.

5) De Gaulle a toujours écrit, des articles dans des revues et quatre ouvrages : La Discorde chez l'ennemi, Le Fil de l'épée, Vers l'armée de métier, La France et son armée. C'est par ses écrits que le jeune officier a su se faire remarquer et qu'il a intégré le cabinet de Paul Reynaud au printemps 1940.

6) Enfin, de Gaulle a une idée assez haute de ce qu'il écrit et du style : « un livre, c'est un homme ». Et on trouve dans les Mémoires de guerre (III, p. 113), une allusion au style tel qu'il a été défini par Buffon : « S'il n'est de style, suivant Buffon, que par l'ordre et le mouvement, c'est aussi vrai de la politique ». Plus loin, il ajoute que l'on reconnaît les écrivains à la « puissance de leurs idées et à leur style ». De Gaulle se considère donc comme un écrivain, et c'est bien comme un événement littéraire que fut accueilli le premier tome de ses Mémoires de guerre lors de leur publication. Peut-être pourra-t-on associer cette prétention à un effet de son orgueil, dont la lecture de l'ouvrage a dû vous indiquer qu'il n'était pas mince. Si Charles de Gaulle a une « certaine idée de la France », on voit qu'il a aussi une « certaine » idée de lui-même (toutefois, il ne faut pas se laisser aller à croire qu'il n'y a là qu'une pure marque de narcissisme). Pour reprendre Roland Barthes, de Gaulle est « un homme qui se soucie d'écrire bien le français »… cela ne le fait pas pour autant entrer dans la catégorie de la littérature, du moins telle qu'elle est envisagée par les modernes (car, finalement, c'est encore dans ce sempiternel conflit des anciens et des modernes que tout se joue).

Comme le rappelle Jean-Louis Jeannelle dans l'article qu'il écrit dans Les Temps modernes, de Gaulle ne se situe pas dans la « littérature de rupture », mais dans une « littérature de tradition ou de continuité ». En effet, il n'apporte rien de neuf d'un point de vue purement littéraire : il s'inscrit dans la tradition de Châteaubriand, des modèles éprouvés, ce qui fait dire que sa prose est « abominable », que son style est « anachronique », « vague, prétentieux, vide et sibyllin ». De Gaulle écrit bien, voire trop bien, car il applique les recettes rhétoriques qui n'ont plus cours dans les milieux littéraires qui viennent d'être frappés par le structuralisme et le nouveau roman. Le style de de Gaulle respecte les codes alors que notre vision de la littérature est une infraction ou un dépassement permanent de ces codes établis. En revanche, il me paraît un peu facile de se gausser du « style » de de Gaulle : ses goûts littéraires sont classiques mais sûrs. Outre Châteaubriand, il place dans son panthéon Rabelais et Flaubert, deux auteurs qu'on ne peut pas vraiment considérer comme « bourgeois » ou « classiques ». Quant à ceux qui ont fait preuve de la plus grande virulence au sujet de ses phrases de « bon bourgeois », les écrivains et enseignants François Bégaudeau et Marie Darrieussecq, on prendra leur jugement avec beaucoup de réserve : le premier a avoué ne pas avoir lu le texte ; la seconde se souvient des passages que lui citait son grand-père « vers 8 ou 9 ans » ! Pour faire simple, on va dire que de Gaulle a du style : il s'efforce de bien écrire et utilise toutes les ressources d'une rhétorique classique, puise dans la tradition littéraire dont il est issu. Il y a donc chez lui une volonté de faire bien, une certaine emphase, une pompe qui contribue à élever sa propre statue. Toutefois, si l'on considère que la littérature est un « écart par rapport à la norme », il est difficile de considérer les Mémoires de guerre comme telles. Mais son ouvrage correspond à la vision qu'il avait lui-même de la littérature : la rencontre d'une vision singulière et d'une écriture personnelle, « la puissance des idées et le style ».


Page précédente | Page 3 sur 11 | Page suivante
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Liens

Derniers commentaires

Canal RSS

Abonnement