Descriptif provisoire 1ST2S3 pour vous aider dans vos révisions.
Descriptif provisoire des 1 ST2S3
Objet d'étude : l'argumentation : argumenter, persuader, délibérer.
Axe d'étude : Comment se servir du discours pour défendre ses convictions ?
Objectif de la séance : les outils d'analyse du texte argumentatif, vocabulaire et méthode
Argumenter : défendre une idée, un point de vue. Le locuteur argumente afin d'agir sur son destinataire.
Les questions sur le texte argumentatif :
- Quel est l'argument défendu ? Quelle est l'idée défendue ? Quel est le point de vue du locuteur ?
- Quel est l'effet produit sur le destinataire ? Adhère-t-il à la thèse défendue ?
- Quels sont les moyens employés pour agir sur le destinataire ?
- Quelle est la cible de la critique ? Qui est visé ?
Texte 1 - Discours de la servitude volontaire (1574)
Étienne de la Boétie (1530-1563)
Conseiller au parlement de Bordeaux, Étienne de la Boétie fut l'ami de Montaigne. Homme de tolérance, il tenta aux côtés de Michel de l'Hospital , chancelier du royaume, de mettre fin à la guerre civile en rapprochant catholiques et protestants. Cet intellectuel brillant et engagé mourut prématurément à l'âge de 33 ans. Le Discours de la servitude volontaire, édité à titre posthume en 1574, fut écrit alors que son auteur n'avait que 18 ans. Publié sous le titre de Contr'un, il fut utilisé par les protestants comme un pamphlet contre la monarchie catholique française. Réquisitoire contre la tyrannie, plaidoyer pour la liberté, le Discours illustre l'intérêt des humanistes pour la réflexion politique.
« Pauvres gens et misérables, peuples insensés, nations opiniâtres en votre mal et aveugles en votre bien, vous vous laissez enlever, sous vos propres yeux, le plus beau et le plus clair de votre revenu, piller vos champs, dévaster vos maisons et les dépouiller des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n'est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu'on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tout ce dégât, ces malheurs, cette ruine enfin, vous viennent, non pas des ennemis, mais bien certes de l'ennemi et de celui-là même que vous avez fait ce qu'il est, pour qui vous allez si courageusement à la guerre et pour la vanité duquel vos personnes y bravent à chaque instant la mort. Ce maître n'a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps et rien de plus que n'a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu'il a de plus que vous, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D'où tire-t-il les innombrables argus(1) qui vous épient, si ce n'est de vos rangs ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s'il ne les emprunte de vous ? Les pieds dont il foule vos cités, ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, que par vous-même ? Comment oserait-il vous courir sus(2), s'il n'était d'intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n'étiez receleurs du larron (3) qui vous pille, complices du meurtrier qui vous tue, et traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs, pour qu'il les dévaste ; vous meublez et remplissez vos maisons, pour fournir à ses voleries ; vous élevez vos filles afin qu'il puisse assouvir sa luxure (4) ; vous nourrissez vos enfants, pour qu'il en fasse des soldats (trop heureux sont-ils encore !) pour qu'il les mène à la boucherie, qu'il les rende les ministres de ses convoitises, les exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine, afin qu'il puisse se mignarder(5) en ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez, afin qu'il soit plus fort, plus dur et qu'il vous tienne la bride plus courte : et de tant d'indignités, que les bêtes elles-mêmes ne sentiraient point ou n'endureraient pas, vous pourriez vous en délivrer, sans même tenter de le faire, mais seulement en essayant de le vouloir. Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres. Je ne veux pas que vous le heurtiez, ni que vous l'ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus, et vous le verrez, comme un grand colosse dont on dérobe la base, tomber de son propre poids et se briser. »
Notes : 1. Argus : espions. – 2. courir sus : se ruer sur vous. – 3. larron : brigand, voleur. - 4. Luxure : recherche et pratique du plaisir sexuel. - 5. mignarder : avoir des manières affectées.
Ouverture sur le mouvement humaniste. Lecture dans le manuel du chapitre sur Les Essais de Montaigne.
Texte2 Voltaire, « Femmes, soyez soumises à vos maris », dans Mélanges, pamphlets et œuvres polémiques – 1759-1768
L'abbé de Châteauneuf la1 rencontra un jour toute rouge de colère. «Qu'avez-vous donc, Madame? lui dit-il. - J'ai ouvert par hasard, répondit-elle, un livre qui traînait dans mon cabinet; c'est, je crois, quelque recueil de lettres; j'y ai vu ces paroles: Femmes, soyez soumises à vos maris; j'ai jeté le livre.
- Comment Madame! savez-vous bien que ce sont les Épîtres de saint Paul?
- Il ne m'importe de qui elles sont; l'auteur est très impoli. Jamais monsieur le maréchal ne m'a écrit dans ce style; je suis persuadée que votre saint Paul était un homme très difficile à vivre. Était-il marié?
- Oui, Madame.
- Il fallait que sa femme fût bien une bonne créature: si j'avais été la femme d'un pareil homme, je lui aurais fait voir du pays. Soyez soumises à vos maris! Encore s'il s'était contenté de dire: Soyez douces, complaisantes, attentives, économes, je dirais: Voilà un homme qui sait vivre; et pourquoi soumises, s'il vous plaît? Quand j'épousai M. de Grancey, nous nous promîmes d'être fidèles: je n'ai pas trop gardé ma parole, ni lui la sienne; mais ni lui ni moi ne promîmes d'obéir. Sommes-nous donc des esclaves? N'est-ce pas assez qu'un homme, après m'avoir épousée, ait le droit de me donner une maladie de neuf mois, qui quelquefois est mortelle? N'est-ce pas assez que je mette au jour avec de très grandes douleurs un enfant qui pourra me plaider quand il sera majeur? Ne suffit-il pas que je sois sujette tous les mois à des incommodités très désagréables pour une femme de qualité, et que, pour comble, la suppression d'une de ces douze maladies par an soit capable de me donner la mort, sans qu'on vienne me dire encore: Obéissez?
Certainement la nature ne l'a pas dit; elle nous a fait des organes différents de ceux des hommes; mais en nous rendant nécessaires les uns aux autres, elle n'a pas prétendu que l'union formât un esclavage. Je me souviens bien que Molière a dit:
"Du côté de la barbe est la toute-puissance2."
Mais voilà une plaisante raison pour que j'aie un maître! Quoi! parce qu'un homme a le menton couvert d'un vilain poil rude, qu'il est obligé de tondre de fort près, et que mon menton est né rasé, il faudra que je lui obéisse très humblement? Je sais bien qu'en général les hommes ont les muscles plus forts que les nôtres, et qu'ils peuvent donner un coup de poing mieux appliqué: j'ai bien peur que ce ne soit là l'origine de leur supériorité.
Ils prétendent avoir aussi la tête mieux organisée, et, en conséquence, ils se vantent d'être plus capables de gouverner; mais je leur montrerai des reines qui valent bien des rois. On me parlait ces jours passés d'une princesse allemande qui se lève à cinq heures du matin pour travailler à rendre ses sujets heureux, qui dirige toutes les affaires, répond à toutes les lettres, encourage tous les arts, et qui répand autant de bienfaits qu'elle a de lumières. Son courage égale ses connaissances; aussi n'a-t-elle pas été élevée dans un couvent par des imbéciles qui nous apprennent ce qu'il faut ignorer, et qui nous laissent ignorer ce qu'il faut apprendre. Pour moi, si j'avais un État à gouverner, je me sens capable d'oser suivre ce modèle. »
L'abbé de Châteauneuf, qui était fort poli, n'eut garde de contredire madame la maréchale.
__________________________________________________
1. Il s'agit de la maréchale de Grancey.
2. Parole du bourgeois Arnolphe à la jeune Agnès, sa pupille dans LÉcole des femmes de Molière.
Texte 3 : Victor Hugo et les Etats Unis d'Europe.
Discours prononcé le 21 août 1849 lors du Congrès de la paix.
(…) Messieurs, si quelqu'un, il y a quatre siècles, à l'époque où la guerre existait de commune à commune, de ville à ville, de province à province, si quelqu'un eût dit à la Lorraine, à la Picardie, à la Normandie, à la Bretagne, à l'Auvergne, à la Provence, au Dauphiné, à la Bourgogne : Un jour viendra où vous ne vous ferez plus la guerre, un jour viendra où vous ne lèverez plus d'hommes d'armes les uns contre les autres, un jour viendra où l'on ne dira plus : Les Normands ont attaqué les Picards, les Lorrains ont repoussé les Bourguignons. Vous aurez bien encore des différends à régler, des intérêts à débattre, des contestations à résoudre, mais savez-vous ce que vous mettrez à la place des hommes d'armes ? Savez-vous ce que vous mettrez à la place des gens de pied et de cheval, des canons, des fauconneaux, des lances, des piques, des épées ? Vous mettrez une petite boîte de sapin que vous appellerez l'urne du scrutin, et de cette boîte il sortira, quoi ? une assemblée en laquelle vous vous sentirez tous vivre, une assemblée qui sera comme votre âme à tous, un concile souverain et populaire qui décidera, qui jugera, qui résoudra tout en loi, qui fera tomber le glaive de toutes les mains et surgir la justice dans tous les cœurs, qui dira à chacun : Là finit ton droit, ici commence ton devoir. Bas les armes ! vivez en paix ! (Applaudissements.) Et ce jour-là, vous vous sentirez une pensée commune, des intérêts communs, une destinée commune ; vous vous embrasserez, vous vous reconnaîtrez fils du même sang et de la même race ; ce jour-là, vous ne serez plus des peuplades ennemies, vous serez un peuple ; vous ne serez plus la Bourgogne, la Normandie, la Bretagne, la Provence, vous serez la France. Vous ne vous appellerez plus la guerre, vous vous appellerez la civilisation !
Si quelqu'un eût dit cela à cette époque, messieurs, tous les hommes positifs, tous les gens sérieux, tous les grands politiques d'alors se fussent écriés : " Oh ! le songeur ! Oh ! le rêve-creux ! Comme cet homme connaît peu l'humanité ! Que voilà une étrange folie et une absurde chimère ! " - Messieurs, le temps a marché, et cette chimère, c'est la réalité. (Mouvement.)
Et, j'insiste sur ceci, l'homme qui eût fait cette prophétie sublime eût été déclaré fou par les sages, pour avoir entrevu les desseins de Dieu ! (Nouveau mouvement.)
Eh bien ! vous dites aujourd'hui, et je suis de ceux qui disent avec vous, tous, nous qui sommes ici, nous disons à la France, à l'Angleterre, à la Prusse, à l'Autriche, à l'Espagne, à l'Italie, à la Russie, nous leur disons :
Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu'elle serait impossible et qu'elle paraîtrait absurde aujourd'hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où la France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. – Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France ! (Applaudissements.) Un jour viendra où l'on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd'hui un instrument de torture, en s'étonnant que cela ait pu être ! (Rires et bravos.) Un jour viendra où l'on verra ces deux groupes immenses, les Etats-Unis d'Amérique, les Etats-Unis d'Europe (Applaudissements), placés en face l'un de l'autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! (Longs applaudissements(…)
Projection en ouverture d'un extrait de documentaire sur Hugo et la pensée européenne.
Texte 4 - Discours sur le colonialisme (1950)
Aimé CÉSAIRE (1913-2008)
« Entre colonisateur et colonisé, il n'y a de place que pour la corvée, l'intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des masses décérébrées, des masses avilies.
Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission qui transforment l'homme colonisateur en pion, en adjuvant, en garde-chiourme, en chicote et l'homme indigène en instrument de production.
À mon tour de poser une équation : colonisation = chosification.
J'entends la tempête. On parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes.
Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées.
On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer.
Moi, je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan.
Je parle de millions d'hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.
Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »
Ouverture sur la cérémonie du Panthéon en Avril 2011.
Objet d'étude : Un mouvement littéraire : les Lumières, le siècle des philosophes.
Recherche à partir d'un questionnaire. Insistance sur le rôle de Voltaire.
Objet d'étude croisé : L'argumentation indirecte par le récit et le roman comme vision du monde : L'Ingénu de Voltaire entre conte philosophique et roman sensible, un récit qui fait la satire des abus de pouvoir sous l'Ancien Régime grâce à l'humour et à l'émotion.
-Extrait du chapitre 2 : les amours du Huron en Huronie.
Mademoiselle de Saint-Yves était fort curieuse de savoir comment on faisait l'amour au pays des Hurons. En faisant de belles actions, répondit-il, pour plaire aux personnes qui vous ressemblent. Tous les convives applaudirent avec étonnement. Mademoiselle de Saint-Yves rougit et fut fort aise. Mademoiselle de Kerkabon rougit aussi, mais elle n'était pas si aise ; elle fut un peu piquée que la galanterie ne s'adressât pas à elle ; mais elle était si bonne personne, que son affection pour le Huron n'en fut point du tout altérée. Elle lui demanda, avec beaucoup de bonté, combien il avait eu de maîtresses en Huronie. Je n'en ai jamais eu qu'une, dit l'Ingénu; c'était mademoiselle Abacaba, la bonne amie de ma chère nourrice ; les joncs ne sont pas plus droits, l'hermine n'est pas plus blanche, les moutons sont moins doux, les aigles moins fiers, et les cerfs ne sont pas si légers que l'était Abacaba. Elle poursuivait un jour un lièvre dans notre voisinage, environ à cinquante lieues de notre habitation ; un Algonquin mal élevé, qui habitait cent lieues plus loin, vint lui prendre son lièvre; je le sus, j'y courus, je terrassai l'Algonquin d'un coup de massue, je l'amenai, aux pieds de ma maîtresse, pieds et poings liés. Les parents d'Abacaba voulurent le manger, mais je n'eus jamais de goût pour ces sortes de festins ; je lui rendis sa liberté, j'en fis un ami. Abacaba fut si touchée de mon procédé qu'elle me préféra à tous ses amants. Elle m'aimerait encore si elle n'avait pas été mangée par un ours : j'ai puni l'ours, j'ai porté longtemps sa peau ; mais cela ne m'a pas consolé.
Mademoiselle de Saint-Yves, à ce récit, sentait un plaisir secret d'apprendre que l'Ingénu n'avait eu qu'une maîtresse, et qu'Abacaba n'était plus ; mais elle ne démêlait pas la cause de son plaisir. Tout le monde fixait les yeux sur l'Ingénu ; on le louait beaucoup d'avoir empêché ses camarades de manger un Algonquin.
-Chapitre XVI : Melle de Saint-Yves aux prises avec le confesseur jésuite.
-Etude de l'extrait du chapitre XX de L'Ingénu de Voltaire.
De « La tante, presque sans vie (…) i l'estimait et il pleurait. »
Chapitre XX –"La belle Saint Yves meurt, et ce qui en arrive"
La tante, presque sans vie, tenait la tête de la mourante dans ses faibles bras, son frère était à genoux au pied du lit. Son amant pressait sa main, qu'il baignait de pleurs, et éclatait en sanglots ; il la nommait sa bienfaitrice, son espérance, sa vie, la moitié de lui même, sa maîtresse, son épouse. À ce mot d'épouse, elle soupira, le regarda avec une tendresse inexprimable, et soudain jeta un cri d'horreur; puis, dans un de ces intervalles où l'accablement et l'oppression des sens, et les souffrances suspendues, laissent à l'âme sa liberté et sa force, elle s'écria : « Moi, votre épouse ! Ah ! Cher amant, ce nom, ce bonheur, ce prix, n'étaient plus faits pour moi; je meurs, et je le mérite. Ô dieu de mon cœur ! ô vous que j'ai sacrifié à des démons infernaux, c'en est fait, je suis punie, vivez heureux. »
Ces paroles tendres et terribles ne pouvaient être comprises ; mais elles portaient dans tous les cœurs l'effroi et l'attendrissement ; elle eut le courage de s'expliquer. Chaque mot fit frémir d'étonnement, de douleur et de pitié tous les assistants. Tous se réunissaient à détester l'homme puissant qui n'avait réparé une horrible injustice que par un crime, et qui avait forcé la plus respectable innocence à être sa complice.
« Qui ? vous, coupable ! lui dit son amant; non, vous ne l'êtes pas; le crime ne peut être que dans le cœur, le vôtre est à la vertu et à moi. »
Il confirmait ce sentiment par des paroles qui semblaient ramener à la vie la belle Saint Yves. Elle se sentit consolée, et s'étonnait d'être aimée encore. Le vieux Gordon l'aurait condamnée dans le temps qu'il n'était que janséniste; mais étant devenu sage, il l'estimait et il pleurait.
Lecture cursive : Le roman comme vision du monde, le personnage comme vision de l'homme : lire un roman au choix dans la liste des romans qui ont obtenu le Goncourt des lycéens.
Titre lu à noter :
Objet d'étude : Théâtre : Texte et Représentation.
Faire l'expérience d'aller au théâtre après avoir lu la pièce :
Les Bonnes de Jean Genet : un texte qui a des allures de tragédie moderne, dans une mise en scène « baroque et barrée », celle de Guillaume Clayssen à la Comédie de l'Est.
-Etude du début de la pièce : Une scène d'exposition qui déroute le lecteur.
- 2ème extrait des Bonnes : P70 « Solange, amère .Tu as bien travaillé (…) A mon tour de te dominer »P.72 Une scène de dispute entre deux sœurs. Une tension dramatique qui relève du genre policier et du registre tragique.
-3ème extrait : le monologue de Solange : la progression de la folie.
Complément de l'étude de la pièce : le film de Chabrol : La Cérémonie.
Faire l'expérience d'aller au théâtre sans avoir lu la pièce : représentation de la Cerisaie de Tchékhov, mise en scène Paul Desvaux.
Points communs entre les deux pièces : la question du rapport maître/serviteurs.
Objet d'étude : La poésie ( à venir)
Alcools d'Apollinaire : L'image de la femme dans le recueil.
Ouverture sur la poésie lyrique contemporaine : L'Amour Extrême d'André Velter
Sujet de bac blanc croisé : poésie et argumentation. Notion de poésie engagée, parallèle avec la chanson.
Lire le roman de Maupassant: Une Vie.