Le récit de la servante Zerline mercredi 13 avril
J'ai parlé en classe de la possibilité de m'accompagner à cette pièce pour laquelle il y a encore des places offertes à 5 euros. Pour en savoir plus sur la pièce tirée d'un roman d'Herman Broch, vous pouvez suivre ce lien.
http://www.theatre-lacriee.com/spectacles/le-recit-de-la-servante-zerline
La somptueuse Marilù Marini prête sa voix à la servante Zerline, à sa passion et ses rancoeurs. Elle a vécu par procuration, mais sait qu'elle seule a d'intenses sentiments. De Hermann Broch Mise en scène Yves Beaunesne Texte français et adaptation Marion Bernède et Yves Beaunesne Avec Marilù Marini et Marc Bodnar (sous réserve) Saura-t-il écouter Zerline, l'homme auquel elle confie sa vie et ses pensées, bien décidée à vider devant cette oreille anonyme sa valise de petite bonne, pleine de frustrations, de victoires et de vengeances ? Ce voisin, connu sous le seul nom de « A… », saura-t-il répondre à sa rage de vivre, qui touche au coeur et remue les consciences ? Car la vieille domestique, au service de la baronne W, reste aussi la belle femme qui fut, malgré la bassesse de son rang, sa terrible rivale. Elle a passé auprès d'elle de trop longues années à vivre par procuration un amour impossible avec le baron, austère président de cour d'assises. Il ne lui a pas fait d'enfant, mais elle s'est occupée sans fléchir de leur fille Hildegarde. Se disant coupable de perversité, elle sait aussi être la seule à avoir des sentiments intenses et vrais. Égalant la finesse de son Partage de Midi de Claudel à la Comédie-Française, l'adaptation d'Yves Beaunesne est un sommet de l'art de la confession.
Marilù Marini, actrice fétiche d'Alfredo Arias à l'envoûtant accent argentin, insuffle une humanité émouvante à ces éclats d'une existence brisée, vouée à la solitude. Sublime, sa sensibilité donne à l'orgueil de cette femme une rage de vivre renversante, menaçante. Par cette voix commune et singulière, Broch évoque le désordre des coeurs. Comme en transparence, la montée de l'idéologie nazie dans l'Autriche des années 30 infiltre souterrainement le récit. L'impassible témoin devient le symbole d'une malédiction funeste, celle d'un lâche égoïsme, préférant la tranquillité à la réalité du monde.