7 questions préparatoires au commentaire de la scène de rencontre. (2nde7)
Scène de rencontre amoureuse dans Le Meunier Hurlant
1. Scène encore au début du roman de Paasalina. Le lecteur sait que Huttunen est célibataire, rumeur d'avoir perdu sa femme dans l'incendie de son moulin. Personnage jugé étrange dont on se demande comment il pourrait se comporter avec les femmes donc effet d'attente. Le lecteur suppose qu'une insertion dans le village réclame que la question de la relation aux femmes soit traitée dans le roman.
Présupposés de la rencontre : cadre où elle se passe, influence positive ou négative ? Portrait de la femme en point de vue interne ? Portraits alternés ? Description élogieuse ?
Effets de la rencontre sur les protagonistes : trouble ? Sous quelle forme ? Conséquences ?
Narrateur ? Même ironie que dans l'incipit ? Jugement sur les personnages et leur comportement ?
Temps du récit alternance passé simple (actions)- imparfait(description) ou répétition « cf refusait »)ou durée « agitait » : moment suspendu, dialogue au temps du discours :présent
Impression de théâtralité. Scènes à jouer.
2. Narrateur extérieur à l'histoire. Dans les deux premières lignes, sa voix ironique est discrète mais perceptible à travers l'emploi de l'adjectif évaluatif « charmante » ; La jeune femme lui apparaît séduisante à lui ! Organise les circonstances de la rencontre, le placement des personnages, nous montre leur agissement en quasi focalisation externe sans révéler les informations qu'il aurait. Premier portrait de la femme d'abord du point de vue du narrateur : désignation « une charmante visiteuse », « une femme » : indéfinie puis « elle », puis « l'arrivante »
Caractérisation : âge : trentaine, physique : teint rose, bien en chair : insistance sur la santé. Vêtement : robe d'été à fleurs : féminité mise en avant, légèreté du vêtement qui met en valeur la chair, gaieté, cheveux recouvert d'un foulard clair : usage à la campagne quand on est uen femme respectable de ne pas se montrer ‘ en cheveux » cf société protestante, contraste entre la chair appétissante et la retenue du « foulard, n'est peut-être pas consciente de sa séduction ou est consciente de la nécessité de la bienséance.( peut-être toujours légère ironie)
Jugement portée sur elle : "belle", deuxième adjectif « robuste » fait partie du critère de beauté à la campagne ? contraste entre la force du corps et la « voix frêle de fillette » : corps de femmes mais mentalité de petite fille ?
Très vite narration en focalisation interne : d'abord point de vue de la femme cf « regardait l'homme demi nu » (importance de la désignation : le lecteur et le narrateur savent qu'il s'agit d'Huttunen) au travail. Donc son point de vue sur l'homme comme surpris à son insu.
Puis point de vue de Huttunen : regarda son œuvre, entendit une claire voix de femme, se tourna vers la voix : donc perception de l'homme sur la femme. Discours indirect libre : elle paraissait vraiment jolie dans le soleil et la brise printanière.
La voyait d'en bas, on voyait même sa culotte (ironie du narrateur : tous les lecteurs transformés en voyeur= contre plongée.
Parfois pensée de Huttunen ou réflexion du narrateur : « la femme ne se rendait pas compte qu'elle était généreusement exposée, ou n'avait pas honte de montrer ses régions cuissières ; » ironie du "généreusement", de l'expression « région cuissière » : humour)
Reprise de l'action : Huttunen se hissa… tendit la main au meunier. Fin sur les présentations et le salut. Passages au discours direct.
3 . Structure fondée sur les changements de focalisation : circonstances mises en place, description de la femme qui arrive, appel de la femme au discours direct, portrait en action de Huttunen du point de vue de la femme : entrain de réparer le moulin. Commentaire de Huttunen sur la réussite de son travail « Je t'ai eue, salope » à double entente évidemment : la roue et la femme, ironie du narrateur. Logique de l'enchaînement explicite : « l'eau étant maîtrisée » moins de bruit donc Huttunen entend la femme. Point de vue de Huttunen sur l'arrivante. Sortie de l'eau du meunier : retour à l'action et présentation dans échange rapide dialogué.
4. champs lexicaux :
Cadre spatio-temporel : rivière, pont, eau froide, grondement des rapides : obstacles ! chantier du moulin, dans le soleil et la brise printanière : "locus amoenus" et printemps: saison des amours !
Champ lexical du travail de force : "mettre en place la roue à aube réparée, chantier, luttait, pesant de toutes ses forces sur la roue pour la placer dans son logement, tourillon palier, effort, loger la grande roue à sa place axe, aubes, œuvre" : virilité, puissance, habilité technique, franc parler : héros victorieux, champion, combat contre la roue ( toujours ironie dans le jeu avec les codes et les clichés, peut-être sous entendu grivois : objets qui évoquent les organes sexuels : roue et axe, masculin/féminin.
Champ lexical du portrait féminin valorisé : voir 3. "belle, agitait aimablement" ( ironie), "paraissait vraiment jolie" (ironie) vignette cliché) couleurs féminines de princesse, de conte : "rose, blonds", robustesse : "bien en chair, cuisse ronde, mollet solide" importance dans le texte de la nudité : "demi-nu, bien en chair cuisse ronde, généreusement exposée, régions cuissières », "s'habilla rapidement" : après érotisme rêvé, retour au cadre social et aux convenances.
Vêtements : "robe d'été à fleurs, foulard", qu'elle enlève et agite surtout dessous affriolants : déjà "caleçon" pour lui,"culotte, bas à couture et jarretelle" : cliché à la Marylin : "sous la robe soulevée par le vent » : fantasme érotique, comique tellement il est stéréotypé. Naiveté, bêtise de la jeune femme ou liberté, naturel dans une société prude. Ironie de « enchanté » à prendre au premier degré: magie du coup de foudre. Trouble qui se manifeste par la difficulté à « articuler ».
Pudeur au moment où il se rhabille ? met un certain temps à se hisser puis rapidement, elle se retourne après s'être éloignée de quelques pas vers le moulin.
Champ lexical masculin : mince et musclé, ses forces.
5.Type de phrases : phrase présentative : "c'est à ce moment… "qui rend l'apparition de la jeune femme solennel, dramatise, annonce un événement par la mise en relief du « moment », décisif. confirmer par le sens du verbe « surgir » ( ironie : destin en marche, événement perturbateur ?)
Phrase adversative : belle, mais voix frêle : opposition, effet dilatoire de la rencontre, mais c'est ce qui permet le coup de foudre : elle a le temps de voir l'homme au travail et d'apprécier sa musculature !
Exclamatives de l'appel, de la voix qui hèle.
Deux points à valeur causale : parce que.
Juxtaposition de propositions plus apte à exprimer les actions, la lutte.
Rythme ternaire des adverbes : aussitôt, d'abord, plus vite : suspens, marchera, marchera pas .
Rythme ternaire des propositions .Répétition du verbe « voir » insistance sur le voyeurisme.
Alternatives pour expliquer le comportement de la femme.
6. Figures de style : registre ironique qui produit des effets comiques. Charme du récit, jeu avec le lecteur en connivence.
Comparaison de la voix frêle avec celle du'une petite fille.
Personnification des rapides ; grondements, mais figure lexicalisée.Personnification de la roue.
Vocabulaire familier : "se démener, salope."
Métaphore:« Régions cuissières » : intimité féminine comme un pays à parcourir, un univers , fantasme érotique.