La satire dans Le Meunier Hurlant.
Peut-on dans le roman Le Meunier Hurlant percevoir un critique de la société ?
Réponse de Pierre Fritsch en 2nde7
Dans ce roman, on peut percevoir une satire, un critique de la société. En effet Huttunen est mal perçu par les villageois. Gunnar n'est pas cependant une personne de mauvaise foi, bien au contraire, il aide les gens, a le dos large, veut que tout le monde se sente bien avec lui.
On se rend très vite compte que Nanar a beaucoup de mal à se faire accepter par les villageois, dès le début, lorsque de gros blocs de glace menacent le moulin, personne ne lui vient en aide ; les villageois le regardent en espérant pouvoir se moquer de lui si son moulin cédait. Dès lors qu'il commence à crier le soir imitant des animaux, le village semble le rejeter, le village le discrimine : il est différent alors on le rejette. Mais Gunnar est bon, il va un peu comme un policier, un gardien de la paix, un justicier rétablir l'ordre : il sait que le marchant a truquer sa balance, il sait que Mme Siponen est fainéante mais pas handicapée, il sait que le médecin imite aussi les animaux tout comme lui, il sait les défauts, les tricheries de tous les villageois. Gunnar est alors en position de force et de pression face aux villageois qui on « le pouvoir », les villageois s'unissent alors contre Gunnar pour le rejeter et alors se protéger : Gunnar paie pour sa droiture et après s'être « emporté » avec le médecin, il se fait diagnostiquer fou alors qu'il ne fait que « prêcher la bonne parole ».
La société rejette Huttunen car il est droit, bon, il trouve la triche et la mesquinerie des villageois et ça dérange : pour avoir quelque chose à lui reprocher, le commerçant force Nanar à voler plutôt qu'à acheter mais ce dernier préfère avoir faim plutôt que de voler.
On peut aussi penser que le village ainsi que la société rejette l'étranger : ici Gunnar Huttunen car il aurait une origine ethnique différente de celle des gens du pays en effet il est bien plus grand, il avait un nez long, des yeux enfoncés, un haut front, un grand menton, tout le différenciait des autres habitants. On préfère savoir l'étranger enfermé que dans le village même si on ne le connait pas, s'il n'est pas méchant : il est juste différent. Même à l'écart du village, les gens on peur de lui : les villageois appellent même l'armée ainsi qu'Interpole alors que, même s'il dérape de temps en temps, il est « normal », bien que ce mot désigne déjà l'exclusion, la discrimination car qui peut, qui a le pouvoir de fixer les limites du normal et de l'anormal : personne ne l'a.
Dans ce roman on peut percevoir la satire des travers et défauts de l humanité :
- La fainéantise avec Mme Siponen qui se fait passer pour handicapée alors qu'elle ne l'ai pas, son comportement, c'est juste pour se faire assister.
-La vengeance avec par exemple Huttunnen qui brûle l'église pour compenser sa mise à l'écart,la violence finissant par engendrer une véritable violence en retour
-La jalousie ainsi que la méchanceté avec le commerçant qui veut faire voler Huttunen alors qu'il meurt de faim mais celui-ci reste accroché à ses principes et renonce.
On peut également apercevoir une satire des institutions :
-La banque est montrée du doigt car elle refuse de rendre l'argent de l'exclus, elle essaye de lui cacher un de ses livret mais Huttunen le remarque.
-L'asile est aussi montré du doigt car il est décrit comme une prison dans laquelle les patients sont considérés comme des détenus et non comme des gens à soigner.
-Le médecin est dénoncé car il a le pouvoir d'enfermer (on parle d'enfermement dans ce cas là) une personne sans problèmes car il dérange, ou plutôt remet en ordre le petit train train quotidien du village. Il peut donc abuser de son pouvoir.
-Même l'église est critiquée car le prêtre est pour la mise à l' écart, l'enfermement d'Huttunen.
Arto paasilina dénonce la société, la communauté, le village, car les gens y sont inégalitaires et corrompus.
Le Meunier Hurlant contient donc la forme de plusieurs satire de la société : soit Gunnar est rejeté car il est trop fort, trop bon, il est assimilé à un héros et, de ce fait, les gens ont peur de lui. On peut encore penser que le roman met en lumière une forme de racisme, de discrimination : la différence de taille de carrure, de mentalité du meunier fait aussi peur aux villageois ainsi qu'à la société. Les villageois jugent Hutunnen sans le connaitre. La forme satirique de la société est aussi présente dans les institutions ainsi que dans les villageois.
L'écrivain Arto Paasilinna a pour ambition de toucher les lecteurs, de leur enlever tous leurs jugements liés à des préjugés, précoces et néfastes à l'égard de personnes étrangères ou encore de personnes différentes par rapport à nos habitudes. En effet, l'écrivain transmet, traduit cette ambition par le biais de Huttunen qui a un comportement inhabituel pour les autres villageois et se fait dès lors rejeter mais il n'y a pas que cela, il y a aussi le fait que les villageois soient de personnes mesquines, malines, qui le mettent a l'écart car il pourrait les « détrôner ». Arto Paasilinna veut nous transmettre la droiture, l'honnêteté. Tout comme dans les fables de La Fontaine, son roman débouche sur une morale : il ne faut pas tricher, ne pas mettre a l'écart à cause de différences, ne pas être jaloux.