Ecrire pour... Charles Juliet ( 2nde6)
Cours du mercredi 28 septembre
Séquence Ton libérateur, c'est le livre. Etude du texte de Charles Juliet : Ecrire pour…
Réflexion sur les raisons que l'on a d'écrire. Lecture de certaines propositions des élèves. Examen des différences d'approche par rapport à Charles Juliet qui centre le bénéfice de l'écriture sur lui-même dans l'extrait étudié : les élèves suggèrent, eux, que l'écriture permet de garder le souvenir, de garder une trace de son passage sur terre et de communiquer avec autrui, d'apporter quelque chose aux autres : « écrire pour améliorer le monde », « écrire pour ne pas l'insulter mais lui expliquer qu'elle m'énerve ». Ecrire est perçu comme une médiation pour ne pas se laisser aller à la violence, à rapprocher du poème de Hugo dans lequel l'incendiaire avoue qu'il a fait son geste sans peser les conséquences : il ne sait pas lire.
Commentaire par les élèves de certaines formulations de Charles Juliet qui les touchent : Ecrire pour épurer mon œil de ce qui conditionnait sa vision : sentiment que si on n'écrit pas, on est conditionné, influencé, que les choses peuvent être floues, pas nettes, voire sales, que l'écriture clarifie et permet d'aller au-delà des préjugés. A rapprocher du pouvoir libérateur de la lecture.
Ecrire pour devenir toujours plus conscient de ce que je suis, de ce que je vis : mise en avant de la connaissance de soi que l'écriture permet, du recul sur soi. Ecriture qui donne le sentiment de l'existence. Ecriture comme « peau de mots » qui permet de doubler le corps instable qui se modifie et meurt, traces conservées de ce qui a été vécu, continuité/ discontinuité de l'être, se relire après coup pour se redécouvrir, même ou différent.(Je est un autre)
Exercice d'écriture pour prendre conscience de soi : Moi tout seul je
Ecrire pour déterrer ma voix : formule très imagée. Métaphore de l'écriture comme une action d'exploration, de creusement, d'exhumation de quelque chose qui est sous terre, enterré. Du coup la voix est perçue comme un trésor, un secret, voire un mort qu'il faut ressusciter, mettre au jour. Habituellement opposition entre l'idée d'écriture et l'idée de voix, cette dernière évoquant ce que l'on entend et non ce qu'on voit, la parole, le chant et pas la trace écrite. Paradoxe de l'écriture qui avec des traces gravées sur un support, mais comme mortes, des objets inanimés, tente de rendre la voix vive, l'intonation, le rythme, le timbre d'une parole singulière. Comment l'écrivain fait-il pour garder trace de sa voix vive ? par son style (mot de la famille de « stylet » outil pour graver), son phrasé, son rythme, les images obsédantes qui lui viennent. A rapprocher de la formule : l'écrivain véritable est celui non seulement qui écrit bien, qui maîtrise la langue mais qui « invente sa langue dans la langue »(commune).
Champ lexical de l'enfermement et de la libération dans le texte de Charles Juliet : peur, ignorance, prisonnier, inhibitions, entraves, conditionnait.
Apprendre, panser mes blessures, me révéler, me parcourir, me découvrir, déraciner la haine de soi, me dégager, déterrer ma voix, me clarifier, conquérir, mutation, naître une seconde fois, voir plus loin, spontanéité