Sujet d'écrit jamais sorti encore...
Depuis plusieurs années, je me dis qu'il pourrait y avoir un sujet de dissertation à l'écrit vous demandant de réfléchir à la différence entre un personnage roman et un personnage de théâtre: réfléchissez d"abord par vous-même, puis consultez les pistes d'après un article trouvé dans un TDC. N'hésitez pas à me demander des explications.
la lettre P dans les notes veut évidemment dire personnage!
Personnage de roman/ personnage de théâtre: article dans TDC mars 2008, JP Ryngaert.
Distincts dans les normes classiques, les deux P ont évolué tous deux vers un effacement identitaire au profit de voix qui relaient action et narration.
Différents normalement au plan de l'action, du temps et de l'organisation du système énonciatif.
Théâtre : domaine du faire ou du dire qu'on fait ou du vouloir faire Cf M. Corvin dans Dictionnaire encyclopédique du T.
P = celui qui fait, qui dit qu'il fait, qui revient sur ce qu'il a fait
Le P de T a toujours l'air occupé à agir ou à envisager d'agir, cf Scapin, Figaro, Phèdre...
Roman : l'avoir fait et ses traces dans le faire d'aujourd'hui : introspection, rumination des événements, effets de maturation.
Au XIXème siècle accentuation de la ressemblance des personnages aux personnes. On oublie, néglige le fait qu'ils soient pris dans des réseaux fictifs qui les éloignent des référents réels.
Changement lors du Nouveau Roman, du théâtre de l'absurde, des écritures récentes : perte d'épaisseur des P, fonction référentielle moins valorisée.
P : des êtres de papiers. Longtemps on a dit que les P de T ne s'accomplissaient que dans la représentation scénique et qu'ils seraient différents des pers. de roman qui appartiennent à un écrit en prose.
Autre point de vue possible : les pers. de T aussi êtres de papiers, à prendre en compte comme créature d'écriture, son auteur= un écrivain. Incomplet si on le considère comme en attente d'une incarnation mais plutôt situé AU CARREFOUR DE L'ENONCE et DU VISIBLE.
Le per. romanesque est différent qui advient sur le mode de la rêverie ou de l'image mentale, son imaginaire fictif alors que la fiction au T est destinée à se donner à voir, mais imaginée avant, tout de même par l'écrivain.
Toujours incomplets car aucun texte, même le plus réaliste ne fournit tous les renseignements sur un P : l'info n'est jamais saturée.
Le lecteur est toujours mis à contribution et appelé à compléter les données livrées par le texte.
L'instance narratrice en question :
Dans le drame pur normalement prédominance du dialogue : exclut radicalement le récit ou l'adresse ainsi que tout intermédiaire entre la fiction et le lecteur ou spectateur. Les infos ne passent que par le dialogue (sauf exception du monologue qui s'avère souvent un faux dialogue car P se parle à lui même en se dédoublant)
« relation interpersonnelle au présent' » Szondi in Théorie du Drame moderne.
L'auteur est exclu du drame tout comme ses éventuels représentants. Autonomie apparente et ambigüe du P comme s'il prenait la parole de lui-même et disposait d'une conscience.
Le T raconte uniquement à travers les discours de ses P qui ont en charge l'avancée de la fable et de l'action au même titre que l'énoncé de leurs émotions, supports de nos indentifications.
Fermeture apparente du dialogue, qui fait mine d'exclure tout tiers écoutant, intimité surprise à travers le 4ème mur abattu.
Dans le roman classique, l'instance narrative fournit l'essentiel de la fiction et ne fait parler directement les P que très peu. Tous les autres systèmes d'énonciation sont possibles : P qui perdent en autonomie puisqu'ils sont intégrés au récit et qu'ils n'en sont directement ni les moteurs ni les agents. Dépendants du narrateur -Cf Jacques le fataliste !- demeurent des supports d ‘identification, orientés par le point de vue que le narrateur porte sur la fiction entrain de se construire.
P de T classiquement nommé parfois qualifié dans les didascalies liminaires, il étoffe son identité au travers de ce qu'il dit et de ce que les autres disent de lui, mais aussi des actions. Pas éclairé de l'intérieur par des infos surplombantes comme par un narrateur omniscient pour le P de roman.
Epaisseur des P de Roman liée à la longueur de l'œuvre, à la valorisation des infos psychologiques, à l'étalement de la fiction dans le temps.
Effritement des frontières, émergence d'une voix
Mutation des genres en général : fin de l'intrigue à P fixe et établis.
Le Roman tend à s'affranchir du narrateur ou de toute voix intermédiaire entre l'auteur et le lecteur : voix qui prennent la parole sans mise en place d'un cadre spatio temporel narratif précis (focalisation interne, indirect libre puis flux de conscience, monologue intérieur, première pers du discours, accès à l'inconscient, plus de construction rationnelle, flux de phrases...)
T contemporain qui s'est « romanisé », accueille de plus en plus de récits, de plus en plus de mises en scènes de textes romanesques.
Partage des voix qui s'écarte des règles de l'ancien dialogue.
Voix de l'auteur : représentants désignés par des lettres. Les P s'amaigrissent, deviennent des figures, mais au T enrichissement des fonctions : racontent, informent, disent les didascalies, dialoguent tout en faisant avancer l'action quand il y en a une.
Genres s'affaiblissent au profit de la notion de textes. P de moins en moins contrastés, identités qui s'affaissent au bénéfice des voix, importance grandissante donnée à LA PAROLE plus qu'au contexte.
Rythme, recherche d'impressions et sensations plus que récit.
Au T, le P s'efface derrière l'acteur qui relaie la voix de l'auteur vers le spectateur à venir.
Dans le Roman : voix qui s'adresse au lecteur, cf vogue de l'autofictions ou du romans à la première personne.
Importance pour les deux de l'adresse à l'autre.
D'après TDC du mois de mars 2008
Surfez aussi sur le blog d'un collègue à la fois pour le personnage de roman et pour le personnage de théâtre!
http://litteraturelycee.blogspot.com/2010/01/la-construction-litteraire-du.html