Penser après les cours...!

Jacques Lantier, un héros? (1GM1)

Par cyberblaise - publié le vendredi 4 juin 2010 à 16:36 dans la Bête Humaine de Zola

Voici le travail de Ludovic, son devoir ets intéressant mais il a mal inséré les citations dans le fil de son discours, pour vous entraîner à la dissertation, vous pouvez vous proposer une manière d'introduire les citations dans le corps du devoir. Vous pouvez m'envoyer le texte, je l'évaluerai.


DISSERTATION     

 

La bête humaine, dix-septième roman des Rougons Macquart a été écrit par Zola en 1890. Ce dernier applique minutieusement son projet, énoncé dans « le Roman expérimental » en 1880, qui est de suivre le destin de cette fameuse famille (les Lantier) sous le Second Empire. Il étudie ainsi le milieu social. Selon lui, la génétique remonte aux premiers hommes. Il en conclut donc que les hommes sont des bêtes transformées en humains. Ici, il accuse les ancêtres atteints de maladies graves d'avoir contaminé leur descendance (enfants, petit-enfants, etc.). Aujourd'hui, ils en subissent les conséquences et certains peuvent même nuire à la société. Il le fait savoir dans le roman, en créant un personnage appelé Jacques Lantier qui est atteint de la maladie de la folie meurtrière, maladie transmise par sa mère Gervaise, ivrogne.

La question que peut se poser le lecteur c'est savoir dans quel camp Jacques Lantier est-il : peut-on le considérer comme un surhomme ou comme un homme ne possédant pas les caractéristiques requises pour en devenir un ? Zola va ainsi créer plusieurs s'intrigues dans son histoire qui pourront petit à petit aider le lecteur à répondre à la question du statut de Jacques Lantier.

 

Commençons par les aspects positifs de ce personnage. Tout d'abord, le physique. Jacques Lantier est un personnage qui possède de très bonnes caractéristiques physiques : il est jeune, beau, fort, aimé des femmes, c'est un héros séducteur. (extrait : « Il venait d'avoir vingt-six ans, également de grande taille, très brun, beau garçon au visage rond et régulier »).

Il est même capable de rendre sa maîtresse Séverine heureuse physiquement, car avant sa rencontre avec lui, elle n'avait pas connu le bonheur dans l'amour. On peut qualifier Jacques de « sauveur » ou de bon amant pour Séverine. Zola le décrit en utilisant les principales caractéristiques que doit posséder un héros.

           

Ensuite, le relationnel. Zola nous fait savoir que Jacques Lantier entretient de bonnes relations avec son entourage : il est sociable, agréable à côtoyer, serviable. Par exemple lorsque Jacques travaille sur son train. Pendant que lui roule, son coéquipier : Pecqueux fait sa sieste habituelle à cause des problèmes qu'il a avec l'alcool.

 

Enfin, son professionnalisme, son sérieux et sa témérité. Jacques est un mécanicien de première classe ayant fait de nombreuses études. Il travaille dans un domaine qui est à son époque original. Il est mécanicien sur les chemins de fer (ce métier à été créé environ vingt ans auparavant). Il aime son métier et s'y investit beaucoup. Il est tellement attiré par sa machine, qu'il l'a considère comme sa « femme ». (ex : « s'il l'aimait celle-là, c'était en vérité qu'elle avait des qualités rares de brave femme. ») Il a même reçu la prime de chauffage grâce à sa merveille. La prime est décernée aux ouvriers qui arrivent à faire avancer leur machine avec le moins de charbon possible. (extrait : « elle vaporisait si bien, qu'elle faisait en effet de grosses économies de charbon ».). Il est être fier de son métier. Il a la lourde tâche de transporter, en sécurité, des voyageurs dans diverses destinations. Il tient leur vie entre ses mains et la moindre erreur de pilotage peut leur être fatale.

 

Il arrive à faire face aux difficultés, en adoptant le comportement adéquat, raisonnable. Dans le roman, Jacques est confronté à la neige, obstacle qui peut être considéré comme créé par les forces du mal. Il n'a pas peur de rien Tel un héros, il affronte cette menace sans hésiter. Jacques devant un tel obstacle qui le menaçait a eu le courage de l'affronter de face sans jamais reculer à l'image d'un demi-dieu. (ex : Hercule se battait contre les dieux, il ne reculait devant rien et était toujours près à combattre). Zola a créé un scénario parallèle avec Hercule , demi-dieu de l'antiquité, pour montrer à quel point Jacques pouvait être un héros. Toutefois, en raison de violentes chutes de neiges, il sera finalement contraint de s'arrêter à la Croix-de-Maufras pour que la voie soit déblayer. Jacques Lantier reconnaît la limite de ses capacités.

Il apparaît donc de façon certaine que Jacques possède de bonnes qualités. Néanmoins, on ne peut omettre de parler du mal qui le ronge. Il est habité par une maladie héréditaire de par sa mère et qui le fait énormément souffrir : la folie meurtrière,. Il essaye de se battre contre le fléau qui est en lui. (Lors de la scène avec Flore, ses pulsions meurtrières apparaissent. Il décide de s'enfuir pour ne pas lui faire de mal. Il va souffrir plus loin dans l'herbe.) A ce moment, Jacques montre au lecteur les atroces souffrances que lui cause cette maladie en faisant ressentir de la pitié à son encontre par le lecteur. Il ne peut malheureusement échapper à son triste destin. On peut en conclure qu'il est un personnage tragique, Zola a ainsi transposé le naturalisme avec la tragédie.

 

Parfois, Jacques réagit comme une bête. A certains passages du roman, la maladie prend le dessus sur lui. A ce moment il devient un danger pour la société, n'arrivant pas à dompter le désir de tuer (ex : Une fureur semblait le prendre, une férocité qui le faisait chercher des yeux , autour de lui une arme, une pierre, quelque chose enfin pour la tuer). Au début du roman, Jacques apparaît comme quelqu'un d'ordinaire, sa folie ne se manifeste pas. Tout ce qui est dit sur lui au début du roman est positif. Il a tout pour être un héros, mais au fur et à mesure que le roman avance, son état se dégrade. Il va en effet assister à un meurtre. En voyant le corps du défunt, il va se questionner sur le plaisir de tuer. Dès cet instant, sa folie meurtrière apparaît et il va avoir du mal à la contenir et tuera par la suite Séverine (ex : Il étouffait, luttant, déjà emporté ; étourdi par le flot de son sang, dans l'abominable frisson). Zola fait un parallèle entre la dégradation de Jacques et celle de l'ancien régime (la Révolution française a fini par détruire l'ancien régime).        

 

Jacques Lantier, est sans aucun doute le personnage principal de ce roman. C'est lui qui apparaît le plus de fois. Il se trouve notamment au centre des principales actions qui se déroulent dans l'histoire. Il est témoin de l'assassinat du Grandmorin, personnage haut placé dans l'histoire. (La vision si brève d'un homme égorgeant un homme, venait de renaître. Il a décidé de ne pas dénoncer les coupables afin de ne pas être impliqué dans cette affaire. (ex : Ce serait imbécile de se mettre là-dedans, de perdre son temps et de s'émotionner). En faisant cela, il ment à la justice. Mais il finit par raconter ce qu'il a observé le jour d'avant. Séverine est bouleversée, Roubaud sait que Jacques est un danger pour eux et il demande à Séverine d'avoir une relation avec lui pour le faire changer de d'avis et donc de camp. (ex : Venez donc dire bonjour à ma femme., il l'entraîna). Une fois que la relation est établie, Jacques est considéré comme un complice du meurtre.

Un peu plus tard, Jacques va échouer à maîtriser ses pulsions meurtrières, et va donc commettre l'irréparable en tuant Séverine, sa maîtresse (ex : Et il abattit le poing, et le couteau lui coula la question dans la gorge). A ce stade, Jacques est maintenant un meurtrier.

            La folie n'a plus de limite et entraînera sa propre perte. A la fin du roman, il trahit son ami, Pecqueux en couchant avec sa femme. Leur relation s'envenime donc et cela va se terminer par la mort des deux hommes qui se battent sur le train. Ils chutent et se font broyer par la machine. (ex : Mais Pecqueux, d'un dernier élan, précipita Jacques et celui-ci sentant le vide, éperdu, se cramponna à son cou, si étroitement, qu'il l'entraîna). L'évolution de Jacques dans ce roman va le mener à sa destruction. C'est le dernier personnage du roman à disparaître.

 

Au final, on reste dans le doute. Il est difficile de dire de façon tranchée si Jacques est un héros de par son côté sympathique, social, ses aptitudes à surmonter les difficultés ou si c'est à partir du moment où il bascule dans la folie et que la maladie le rend dangereux. La mort des différents personnages de cette histoire laisse un goût amer. Il nous semble qu'il devient un anti-héros malgré lui, n'ayant pas pu lutter pour terrasser la bête qui est en lui.

 


La bête humaine

Publié le mardi 12 mars 2013 à 19:04 par Visiteur non enregistré
Bravo pour cette analyse, mais jaques lantier est-il la seule bête humaine?

A modérer

Publié le samedi 9 novembre 2013 à 22:54 par Visiteur non enregistré

A modérer

Publié le mardi 10 mars 2015 à 17:45 par Visiteur non enregistré

A modérer

Publié le jeudi 16 avril 2015 à 15:09 par Visiteur non enregistré

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Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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