Le grand voyage de Fatma
Le grand voyage de Fatma
Mille neuf cent quatre-vingts. Je m'appelle Fatma, j'ai dix ans, et je viens d'Iran. Ma famille et moi sommes partis à cause de la guerre et j'ai peur…
Il est six heures du matin et je n'ai pas dormi de la nuit. Il faut dire, il fait tellement froid dans cette cabine que mes pieds en sont tout bleu. Mon petit frère, Rachid, dort collé contre moi. Mes parents, eux, je ne sais pas où ils sont : ils ont dû sortir pour prendre l'air, ou…Pour se crier dessus !
J'entends le bruit des roues sur les rails et le soleil commence à se lever doucement, en ce matin d'hiver. J'ai une grosse boule dans la gorge et je suis très angoissée… Nous sommes partis il y a deux jours et je me demande : Comment ça va être ? Comment allons-nous être accueillis ? Ou serons-nous logés ?...
Beaucoup de questions se bousculent dans ma tête et les larmes montent aux yeux, mais il faut être forte :« Ne t'inquiète pas me, dis-je, tu verras bien là-bas. »
Un peu rassurée, je ferme alors les yeux et je m'endors.
Quand j'ouvre les paupières, il fait déjà grand soleil. Nous sommes dans une charrette en bois ( la pauvreté nous empèche d'avoir une voiture ) sur la paille, tirée par un âne. Je me lève, et, à cet instant, je suis émerveillée par la beauté du paysage. Nous traversons des montagnes, des montagnes partout, tellement hautes qu'elles traverseraient les nuages. Papa dit qu'elle s'appelle les Alpes.
On arrive, si on regarde bien, à voir de la neige sur les hauts sommets. Et l'herbe, aussi verte qu'un gazon frais…Tout est si beau ici…
Ce fut un souvenir inoubliable… Car la nostalgie de mon pays fut oubliée quelques instants....
Léa C.
Chemarin Léa, 5°1, le 17/05/10