TRAVAIL EN FRANCAIS 5EME
DEVOIR MAISON 5ème / 20 pts
Yvain arrive par hasard au château de Landuc, le chevalier qu'il vient de vaincre et de tuer en combat singulier. Sa veuve, en proie à la douleur du deuil reçoit cependant poliment ce chevalier inconnu et celui-ci tombe amoureux. Lunette, une jeune servante qu'il avait autrefois aidée vient à son secours. Tandis que les sujets pressent la châtelaine de se remarier pour donner un défenseur à la fontaine merveilleuse que Landuc protégeait de son vivant, Lunette persuade sa maîtresse que seul celui qui a été capable de vaincre son valeureux époux est digne d'elle. La dame accepte de revoir Yvain, à condition que nul ne sache qu'il est le meurtrier de son mari.
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La demoiselle emmena monseigneur Yvain vers son futur bonheur. Il craignait cependant d'être mal accueilli et cette crainte n'avait rien d'étonnant ! Ils trouvèrent la dame assise sur une large couette vermeille. Je vous garantis que monseigneur Yvain avait grand-peur en entrant dans la chambre ; devant eux, la dame ne disait mot.
Monseigneur Yvain joint les mains, s'agenouille et, en véritable ami, déclare : « Ma dame, je n'implorerai pas votre pitié mais je vous remercierai plutôt de tout ce que vous voudrez me faire subir, car rien de vous ne saurait me déplaire. - Vraiment rien, sire ? Et si je vous tuais ? - Ma dame, je vous en remercierais et vous ne m'entendrez pas tenir d'autres propos. - Je n'ai jamais entendu un tel langage. Vous vous mettez à mon entière disposition sans que je vous contraigne en quoi que ce soit ! - Sans mentir, nulle force n'est plus puissante que celle qui m'ordonne de consentir en tout à votre volonté. Je ne crains nullement d'obéir à votre bon plaisir, quel qu'il soit, et, s'il était en mon pouvoir de réparer le meurtre dont je suis coupable envers vous, je le ferais sans discuter. - Comment ? fait-elle. Eh bien, vous serez quitte de la réparation si vous parvenez à me convaincre que vous ne m'avez causé aucun tort en tuant mon époux ! - Ma dame, fait-il, pardonnez-moi ! Quand votre époux m'a attaqué, quel tort ai-je eu de me défendre ? Un homme veut tuer ou capturer son adversaire, si l'autre se défend et le tue, dites-moi si ce dernier a le moindre tort ? - Nullement du point de vue du droit, et je crois qu'il ne me servirais à rien de vous avoir fait exécuter. Mais j'aimerais bien savoir d'où vient la force qui vous contraint de vous soumettre à ma volonté, sans restriction. Je vous tiens quitte de vos torts et méfaits, mais asseyez-vous et contez-moi comment vous êtes dompté à présent. - Ma dame, cette force vient de mon coeur qui s'attache à vous. C'est mon coeur qui m'a mis dans cette disposition. - Et votre coeur, qui l'a soumis, cher et tendre ami ? - Dame, ce sont mes yeux ! - Et les yeux, qui ? - La grande beauté que je vis en vous. - Et la beauté, quel fut son crime ? - Ma dame, celui de me faire aimer. – Aimer, et qui ? - Vous, dame très chère ! - Moi ? - Oui, vraiment ! - De quelle manière ? - D'une manière qu'il ne peut exister de plus grand amour, telle que mon coeur ne vous quitte pas et que jamais je ne l'imagine ailleurs, telle qu'ailleurs je ne puis mettre mes pensées, telle qu'à vous je m'abandonne sans réserve, telle que je vous aime bien plus que moi-même, telle qu' à votre gré, si c'est votre désir, pour vous je veux mourir ou vivre. - Et oseriez-vous entreprendre de défendre la fontaine pour moi ?- Oui, assurément, ma dame, contre n'importe qui. - Alors, sachez que la paix est conclue entre nous ! »
Les voilà rapidement réconciliés. La dame qui avait déjà réuni officiellement tous ses barons dit alors : « Rejoignons la salle où se trouvent tous ceux qui m'ont invitée et autorisée à prendre un mari, par la force des choses. Effectivement, la nécessité m'impose de le faire. Ici même je me donne à vous car je ne peux refuser pour époux un bon chevalier et un fils de roi. »
C'est Amour qui lui ordonne d'exécuter ce dont elle requiert l'approbation. Les prières instantes ne l'importunent nullement ; au contraire, elles l'encouragent et l'engagent à suivre le penchant de son coeur. Devant tous ses barons, la dame se donne à monseigneur Yvain. De la main d'un chapelain, Yvain reçoit Laudine, la dame de Landuc, pour épouse.
QUESTIONS :
Le Dialogue :
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Comment le narrateur choisit-il de rapporter les paroles des personnages ? Quel est l'effet produit ? / 2 pts
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Délimitez le passage qui présente ce dialogue. /1 pt
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Quelle relation y a-t-il entre Laudine et Yvain au début de l'entretien ? / 1 pt
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A quel mode et quel temps sont les 3 verbes soulignés ? Conjuguez-les aux personnes manquantes. / 2 pts
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Quels sont les sentiments successifs de la dame ? (appuyez-vous sur le texte pour justifier votre réponse) / 3 pts
L'amour courtois
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Relevez et identifiez les 2 expansions du nom du nom « servante » (en gras) /2 pts
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Identifiez le genre du texte et son époque en justifiant votre réponse par des mots relevés dans le texte. / 2 pts
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En quoi l'attitude du chevalier envers la dame est-elle conforme aux règles de l'amour courtois ? / 3 pts
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Par quelle figure de style l'intensité de l'amour est-elle soulignée ( l. 8 à 9) ? / 1 pt
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En quoi la déclaration d'Yvain ( l. 20 à 23) présente-t-elle un caractère poétique ? (vous pouvez vous appuyer sur les répétitions et les effets de rythme). / 3 pt