J'en perds mon français !

Sur les pas de Maupassant (I)

Par Ldimitri - publié le jeudi 11 février 2010 à 09:37 dans MAUPASSANT

AU PARC MONCEAU...

Le but de cette série « Sur les pas de Maupassant » est de vous faire voyager sur les pas de cet auteur formidable que fut Guy de Maupassant (1850-1893) à travers ses textes agrémentés de photographies. Ces descriptions sont remarquables par le réalisme avec lequel elles sont rédigées.

Pour débuter cette série, Maupassant nous entraîne dans les allées du parc Monceau à Paris…

Le long des larges allées, qui déploient à travers les pelouses et les massifs leur courbe savante, une foule de femmes et d'hommes, assis sur des chaises de fer, regardent défiler les passants tandis que, par les petits chemins enfoncés sous les ombrages et serpentant comme des ruisseaux, un peuple d'enfants grouille dans le sable, court, saute à la corde sous l'œil indolent des nourrices ou sous le regard inquiet des mères. Les arbres énormes, arrondis en dôme comme des monuments de feuilles, les marronniers géants dont la lourde verdure est éclaboussée de grappes rouges ou blanches, les sycomores distingués, les platanes décoratifs avec leur tronc savamment tourmenté, ornent en des perspectives séduisantes les grands gazons onduleux.

 

 

Le monument Guy de Maupassant par Raoul Verlet, 1897

 

 

Il fait chaud, les tourterelles roucoulent dans les feuillages et voisinent de cime en cime, tandis que les moineaux se baignent dans l'arc-en-ciel dont le soleil enlumine la poussière d'eau des arrosages égrenée sur l'herbe fine. Sur leurs socles, les statues blanches semblent heureuses dans cette fraîcheur verte. Un jeune garçon de marbre retire de son pied une épine introuvable, comme s'il s'était piqué tout à l'heure en courant après la Diane qui fuit là-bas vers le petit lac emprisonné dans les bosquets où s'abrite la ruine d'un temple.

 

 

D'autres statues s'embrassent, amoureuses et froides, au bord des massifs, ou bien rêvent, un genou dans la main. Une cascade écume et roule sur de jolis rochers. Un arbre, tronqué comme une colonne, porte un lierre ; un tombeau porte une inscription. Les fûts de pierre dressés sur les gazons ne rappellent guère plus l'Acropole que cet élégant petit parc ne rappelle les forêts sauvages.

 

C'est l'endroit artificiel et charmant où les gens de ville vont contempler des fleurs élevées en des serres, et admirer, comme on admire au théâtre le spectacle de la vie, cette aimable représentation que donne, en plein Paris, la belle nature."

 

- Guy de Maupassant, Fort comme la mort (1889)

 

 A suivre : Au Mont-Saint-Michel…

Invitation au voyage.

Publié le vendredi 12 février 2010 à 11:42 par profb
Magnifique Dimitri !
Superbe idée...

Modifié par profb le vendredi 12 février 2010 à 11:46

Page précédente | Page 194 sur 248 | Page suivante
«  Juillet 2026  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031 

Derniers commentaires

- Commentaire sans titre (par QJoana)
- Commentaire sans titre (par CWillyams)
- Bravo ! (par LPRMarine)
- Prestation Antoine (par TYanis)
- A propos de ce livre. (par CWillyams)

Canal RSS

Abonnement