Etude de la nouvelle la Chose de Matheson(1)
La chose p.27
Commentaire du titre de la nouvelle : il faut toujours analyser le titre d'abord en lui-même dans sa forme : dénotation et connotation. Puis évoquer ce qu'il suggère avant lecture de la nouvelle avant de montrer le rapport qu'il entretient avec elle.
Il se compose d'un nom précédé d'un déterminant défini qui souligne que l'objet désigné par « chose » est connu, identifié. Avant lecture, nous pourrions penser que « la chose » n'est pas inanimée mais simplement difficile à définir et se rapprochant plus d'une « créature » en écho au titre de la nouvelle de Stephen King , « The Thing », qui suggère un sentiment d'étrangeté , d'inquiétude. La dénomination indéfinie pourrait correspondre à un refus de nommer l'objet, par crainte, bien qu'elle soit connue.
Après lecture de la nouvelle, l'on découvre que « la chose » constitue le suspense de la nouvelle et qu'elle ne sera dévoilée concrètement qu'à la fin. Les personnages dès le début de l'histoire « in medias res « parlent d'aller voir « la chose » au cours de la soirée et même de la faire découvrir à Billy, l'enfant de l'un des couples, hommes et femmes s'opposant d'ailleurs sur l'opportunité d'une telle initiative, suscitant un effet d'attente chez le lecteur.
Le mystère est entretenu par les périphrases utilisées ou les pronoms indéfinis, ou les ellipses : « quelque chose », « cette chose », « une stupide… » (Mais l'homme refuse cette formulation de sa femme, en arguant du fait qu'elle est le contraire de stupide, une exception dans une société qui a contrario apparait comme vouée à la bêtise.) p29 spectacle interdit par la Loi mais que des hommes vont voir régulièrement.
Un suspense est d'ailleurs créé pour différer celui de « la chose » avec le mystère entretenu sur « la surprise » cachée dans la bibliothèque : les derniers cigares.
« la chose » : loin d'(être inquiétante pour les hommes, positive qualifiée de « lumière dans un abyme de ténèbres », crainte pendant que les hommes savourent leurs derniers cigares de l'oubli de « la chose », « minuscule étincelle de conscience », « espoir » d'où la nécessité de la montrer aux enfants .
Pendant le trajet vers la chose, mystère entretenu par les questions de l'enfant : transmission d'un rituel, les adultes sont eux aussi allés voir la chose dans la nuit et le sommeil ? lien avec le monde d'avant la victoire du Système .
p.34 la chose contredit le Système
Mystère entretenu par les lieux où se trouve la chose, descente d'une cave après avoir montré patte blanche à un gardien, auditorium : chose sur une plateforme surélevée : « forme hémiplégique de taille imposante, dissimulée par un drap noir » : attente du dévoilement, dévalorisation par la femme angoissée : « leur machin »
P36 discours du gardien avant dévoilement : risquer sa vie pour sauvegarder la chose mais passe aussi pour une sorte de distraction, divertissement. Dramatisation du dévoilement : petite machine brillante : rouages montés sur rubis « la machine qui ne s'arrête jamais », montre, pendule.
« signifie que tout ce qu'on te racontera à l'école ne sera pas forcément vrai » Elle fonctionne alors que le Système le nie. 500ans : symbole du lien avec le temps passé, transmission, rapport entre les générations qui témoigne d'un autre temps que celui du Système, d'autres mondes et modes de vie possibles .
Aller voir la chose est donc un acte de résistance, de dissidence, de lutte contre un système qui veut instaurer une grisaille scientiste d'où les plaisirs des sens seraient éliminés au profit d'une fonctionnalité terne .