Paroles pour adolescents ou le complexe du homard
Par bourgisa - publié le mardi 12 janvier 2010 à 16:08 dans 009-Salon de lecture
Paroles pour adolescents ou le complexe du homard
Petite Biographie
Ce livre a été écrit par Françoise Dolto (1908-1988) et sa fille Catherine Dolto-Tolitch.
Françoise Dolto était pédiatre, c'est à dire médecin spécialiste de l'enfant et psychanaliste. (Un psychanaliste, c'est un peu comme psychologue sauf que ce métier n'est pas contrôlé.) Grâce à l'expérience qu'elle tenait de ses deux métiers, elle a écrit plusieurs livres sur les enfants et les adolescents.
Genre
C'est une “étude psycho-sociologique”.
Résumé
Ce livre parle des transformations, des nouveaux sentiments qui apparaissent à l'adolescence, des problèmes que l'on peut rencontrer ou bien les pièges dans lesquels on peut tomber à cet âge là (la drogue, par exemple). On y trouve des conseils qui peuvent nous aider à surmonter des difficultés, des épreuves, à franchir des étapes difficiles de la vie.
Vous allez me demander : Pourquoi le complexe du homard?
Françoise Dolto compare les adolescents à ces animaux là qui auraient perdu leur carapace : en attendant d'en reconstruire une nouvelle, ils se sentent sans défense, vulnérables, ils perdent leurs repères et deviennent plus facilement accessibles à tous les dangers extérieurs ; tout comme les adolescents!
Elle parle aussi d'une deuxième naissance, parce que à l'adolescence, on s'éloigne de ses parents, de leur protection, on devient plus indépendant : un peu comme quand on est né et qu'on nous a coupé le cordon ombilical, qui nous rattachait à notre mère. On commence une nouvelle vie en abandonnant son enfance.
J'ai choisi quelques passages sur le thème du groupe, de la bande, du regard des autres, parce que je trouve qu'il y a beaucoup d'adolescents qui cherche à ressembler le plus possible à leurs copains ou à la majorité des gens qu'ils voient, par exemple en s'habillant à la mode, en employant ceratins mots, en adoptant une attitude particulière,...
Mais moi je pense qu'il faut garder ses propres idées, ses propres manières plutôt que de se rallier systématiquement à la majorité, de ne penser que par le groupe sans se demander si on est d'accord ou pas et le faire savoir aux autres si on a pas le même avis.
Enfin ! Ce n'est pas très glorieux d'être un mouton qui suit toujours bêtement le troupeau, personnalité de boîte de conserve, va!
(p.51) “L'image que le groupe, la BANDE, se fait de nous paraît vitale par moments. On cherche à s'identifier, à être pareil aux autres. De peur d'être rejeté, on s'identifie à ses amis. C'est difficile, parce qu'en fait, pour qu'un groupe fonctionne et soit vivant, il faudrait plutôt être complémentaires.
On a peur des DIFFÉRENCES comme si elles menaçaient le groupe alors qu'elles le construisent. Il ya un équilibre que chacun doit trouver entre être assez “comme le groupe” pour en faire complètement partie et garder sa singularité, sa personnalité pour rester soi-même.
La véritable amitié, celle qui peut durer, commence quand on peut dire à l'autre : “TU N'EST PAS COMME MOI, tu as raison d'être comme tu es, et je t'aime bien d'être autrement que moi.”
(p.24) “ A l'adolescence, on se construit une image idéale de soi basée sur les critères de la bande, ses modes, ses valeurs, sa morale, ses valeurs. On se sent beau ou on se sent laid dans la mesure où on s'approche ou pas de cette image idéale de soi. Suivre une mode, celle de la bande, c'est une façon de s'affirmer et aussi de porter le costume du groupe, de porter ce que les autres ont décidé de porter. C'est un signe de ralliement, d'intégration. On se sent parfois bien à l'abri dans la mode et la bande. Comme on ne se plaît plus, on cherche à se plaire dans le regard des autres.”

(p113) “La honte, qui fait tellement souffrir est fabriquée par le regard des autres ou par l'idée qu'on s'en fait. On se compare à l'image idéale qu'on a de soi et on a honte.
Être occupé par la honte, c'est une façon de ne s'occuper que de soi-même.
Un corps qui se transforme à toute allure et pas toujours harmonieusement, c'est bien encombrant. Passer en trois mois du freluquet au malabar ou de la fillette à la pin up, cela crée des secousses. On a souvent honte de son corps qu'on ne connaît pas encore, avec lequel on est maladroit.
Comme on sait ce que l'on n'est plus mais qu'on ne sait pas encore qui on est, la bande de copains, le groupe dont on s'entoure nous tient lieu de personnalité. On est comme une étoile qui se cache dans la galaxie.”

p.89 “ Quand on est en BANDE, on se sent fort et on a souvent envie de ne pas respecter les règles de la vie sociale. Cela peut mener à la DÉLINQUANCE. Comme on a un besoin vital de vivre en groupe, il faut être très fort pour résister aux pressions de la bande.
Certains petits chefs de bande usent violemment de leur pouvoir pour vous entraîner dans des histoires louches comme s'il s'agissait d'actes de bravoure. Il est beaucoup plus courageux de leur résister, garder son sens critique et oser ne pas tout faire comme les autres. Et s'il le faut, de QUITTER LA BANDE. Ce qui se moquent de cela ne sont sans doute pas capables d'avoir ce courage."
Bon, j'espère que ces paroles vont en faire réfléchir certains...
Je vous ai selectionnés aussi un passage sur l'autorité, un sujet qui nous concerne particulièrement, nous collégiens.
(p.76) “ Quelquefois on sent qu'on a BESOIN D'AUTORITÉ, par exemple de la part des professeurs ou éducateurs. Mais ça fait peur de la réclamer parce que ça risque de déclencher de l'autoritarisme et on se sent piégé. Comme si, dans l'absolu, c'était mal d'être autoritaire ou comme si c'était déshonorant d'obéir. Mais ce n'est jamais déshonorant d'obéir, c'est même agréable parfois, d'ACCEPTER L'AUTORITÉ quand il s'agit d'une autorité intelligente. Tout dépend en effet de celui qui exerce l'autorité. Il y a des ADULTES que l'on respecte qui, grâce à leur expérience, leur bonne volonté et leur affection sont CRÉDIBLES. On peut dire qu'ils exercent une autorité intelligente. L'autorité est alors acceptable et même, quelquefois, elle fait du bien.
Cette autorité là n'a rien avoir avec l'autoritarisme rigide qui nous donne l'impression de retourner en arrière, dans la dépendance comme quand on était petit, avant la puberté. C'est plutôt quand on s'oppose systématiquement à l'autorité, sans penser qu'elle peut nous aider à vivre, qu'on se met dans une position d'enfant.
Il ne faut pas croire que dans l'absolu, ily a d'un côté les forts qui abusent de leur autorité et, de l'autre, les faibles qui se soumettent. C'est une question de moments de situations, et c'est tout le temps à REDISCUTER.”

J'ai bien aimé ce livre car il m'a aidé à comprendre pourquoi on change de comportement à l'adolescence. Il y a beaucoup de comparaisons ( entre autre, celle avec le homard), ce qui permet de faire un rapprochement avec ce qui est expliqué, qui n'est pas toujours facile à saisir.
Jusqu'à présent, je me demandais pourquoi beaucoup de collégiens étaient si conformistes, tellement attachés à l'apparence que l'on se donne, à des choses qui me paraissent bien superficielles, futiles et auquelles je n'accorde vraiment aucune importance : la mode, les marques, etc, et surtout si peu tolérants face aux différences.
Grâce à ce que j'ai lu, je peux mieux m'expliquer ce genre de comportements ce qui me permet aussi de mieux les vivre.
Il y a aussi des paroles d'adolescents, on peut ainsi se rendre compte qu'on est pas seul à se trouver dans telle situation, à éprouver telle difficulté, à penser telle chose, à voir la vie de telle façon,...
J'invite et recommande à tous les adolescents de lire ce livre!
quand il s'agit d'une autorité intelligente. Tout dépend en effet de celui qui exerce l'autorité. Il y a des ADULTES que l'on respecte qui, grâce à leur expérience, leur bonne volonté et leur affection sont CRÉDIBLES. On peut dire qu'ils exercent une autorité intelligente. L'autorité est alors acceptable et même, quelquefois, elle fait du bien.
Isabelle
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