Sujet d'invention: le portrait de Vautrin du point de vue d'un étudiant.1ère S1
Proposition de Présilia à titre d'exemple. Vous pouvez le commenter et donner votre avis.
Le temps était maussade, le ciel gris, sans même un éclairci. On ne voyait presque rien dehors, le brouillard était trop important. Jean-Baptiste marchait lentement, encore dans ses pensées. Il réfléchissait beaucoup, c'était en élève de lettres, un des meilleurs si ce n'est le plus doué de l'école! Et parfois, perdu dans ses rêveries, il se surprenait à s'imaginer dans d'autres mondes, un peu comme dans ses livres. Il continuait à avancer et soudain, il aperçut, au loin, une ombre. Celle-ci se faisait de plus en plus proche et on commençait à distinguer une forme humaine. Quelqu'un de grand, une carrure imposante, et d'un coup, une main se leva et salua Jean-Baptiste. Dans un premier temps, il ne reconnut pas la personne qui se trouvait devant lui mais ensuite, il sut de qui il s'agissait. C'était un homme, qui se prénommait Vautrin. Il l'avait rencontré lors de son arrivée à la pension Vauquer. Ce fut cet homme qui pour la première fois, découvrit ce petit prodige de la littérature.
Jean-Baptiste n'avait pas oublié ce fameux premier jour. Vautrin était venu le chercher à l'entrée de la pension. Il l'avait emmené dans un bureau et, rapidement, il lui transmit le règlement. Vautrin avait improvisé une brève visite de la pension. Mais le jeune homme ne l'écoutait pas, il le regardait avec effroi et interrogation. Il se demandait : est-ce un bourreau ? Il avait peur, chaque geste lui faisait peur. Vautrin avait de grosses mains, très poilues et des bras énormes sans oublier ses sourcils d'un roux très prononcé. D'ailleurs Jean-Baptiste décrocha un léger sourire quand il remarqua que ses jambes étaient de même épaisseur que les gros bras de Vautrin.
Les jours suivants, on ne vit plus l'adolescent, il restait enfermé dans sa chambre, se préparant à l'année scolaire qui l'attendait. Il lisait, comme à son habitude, mais cette fois-ci, il ne sélectionna pas son livre au hasard. Il voulait retrouver un livre qui lui avait beaucoup plu, un roman fantastique. Dedans, il se rappelait en particulier d'un personnage ou plutôt d'une créature que l'on nommait «Artancia». «Artancia» était aussi le surnom qu'il avait décidé d'attribuer à Vautrin. Il faut dire que l'homme et la créature avaient beaucoup de similitudes. Par plusieurs aspects physiques, Jean Baptiste, trouvait qu'ils se ressemblaient. Une fois le portrait retrouvé, il se plongea dans son livre. Arrivée l'heure du repas, il dut descendre vers le réfectoire . Le jeune homme n'avait pas faim mais se nourrir lui paraissait tout de même essentiel. Il pris un plateau et se servit les plats les uns après les autres. Il alla s'asseoir seul à une table. Il mangeait le dessert quand d'un coup il entendit quelqu'un qui se rapprochait doucement. Il leva la tête et aperçut Vautrin. Ce dernier lui lança un regarde furtif et méchant d'abord puis, soudainement, se laissa aller à un léger sourire qui paraissait tout de même ironique. Jean-Baptiste se remit à manger, sans vraiment comprendre de quoi il s'agissait . En face de lui, il n' avait pas vu Vautrin mais bien Artancia, une bête cruelle et sans pitié.
Les jours passèrent et les deux hommes se croisèrent plusieurs fois sans jamais s'arrêter ni se regarder.
Un jour, pendant la soirée, Jean-Baptiste entendit que l'on toquait à la porte. Naturellement il alla ouvrir, pensant à une visite de l'un de ses camarades. Mais, devant la porte, se trouvait Vautrin. Le jeune homme fut surpris mais proposa cependant à Vautrin de prendre le thé en sa compagnie. Ce dernier accepta et entra. Il s'installa à la petite table que Jean-Baptiste avait aménagée pour les visites.
L'adolescent ne disait rien, il se contentait de boire son thé. Vautrin, qui semblait avoir remarqué la gêne du jeune homme, voulut lancer la conversation. Ils commencèrent tout deux à parler de littérature. Jean-Baptiste se retrouvait dans son élément, peu à peu, il commençait à se sentir à son aise. Dans la soirée, Vautrin prétexta un rendez-vous et partit. Les jours suivants, les visites devenaient habituelles, le sujet ne changeait pas et Jean-Baptiste commençait à s'en lasser. Il décida donc d'en savoir plus sur son mystérieux interlocuteur.
Un jeudi, Vautrin et l'adolescent avait rendez-vous à 15h. Comme à leur habitude, les deux hommes étaient ponctuels. Ils se retrouvèrent chez Jean-Baptiste et commencèrent à boire le thé. Un silence pesant régnait mais le jeune homme décida de le rompre. Il lança : mais qui êtes vous ? Vautrin fut surpris et dit furtivement : Vautrin, tu le sais! Mais l'adolescent ne voulait pas en rester là. Il questionna donc l'homme à plusieurs reprises mais sans aucune réponse. Au bout de 30 minutes, Vautrin coopéra. Il expliqua son passé à Jean-Baptiste. Vautrin avait vécu un évènement qui l'avait bouleversé : plus jeune, il avait tué son frère avec beaucoup de sang-froid, un meurtre crapuleux qui lui avait forgé cette carapace. Il était devenu l'homme que tout le monde craignait, mais au fond, il n'aimait pas ce statut qu'on lui avait donné. Il disait qu'il regrettait ce qu'il avait fait et que ce geste l'avait tout de même fragilisé. Jean-Baptiste était stupéfait. Cependant, il ne prit pas peur car il savait que Vautrin le considérait tel un ami. Vautrin paraissait regretter ce qu'il venait d'avouer mais voyant que l'adolescent avait confiance, il se fit une raison. Il se faisait tard et, vu l'ambiance qui régnait, Vautrin préféra partir. Mais, avant de s'éclipser, il fit une dernière révélation à Jean-Baptiste : je vais quitter la pension Vauquer, maintenant que tu connais mon secret, je dois partir. Mais avant, j'aimerais que tu saches que j'ai retrouvé à travers toi le petit frère que j'ai perdu ! Merci !