CORRIGE : LECTURE CURSIVE DE Thérèse Raquin
1. Le mot « raquer » (équivalent argotique de « payer ») est attesté dans les dictionnaires à partir de la fin du XIXème siècle, et il est employé avec le sens de « cracher » dans les parlers populaires de diverses régions françaises : quel lien peut-on établir avec le titre et l'intrigue ?
T.R paye pour le crime auquel elle participe. Elle est prête à cracher le morceau car elle ne supporte plus sa complicité dans le geste criminel.
2. Quels sont les différents lieux successivement évoqués ? Indiquez leurs caractéristiques principales et précisez les raisons de leur choix.
Le passage du Pont-Neuf où se trouve la mercerie, un lieu sordide, fermé et sombre > lieu où étouffe Thérèse et l'appartement des Raquin ainsi que celui des amants puis des mariés > assimilé à une prison ou un cercueil.
La Seine où se déroule la promenade en barque et le crime > le seul lieu à l'air libre hormis les rues.
La morgue où Laurent se rend plusieurs fois pour retrouver le cadavre de Camille > un espace qui évoque un tombeau ou un cercueil et un lieu de transition puisqu'après la découverte du cadavre, les amants se marient.
3. Qui est Thérèse Raquin ? Faites-en le portrait.
Thérèse Raquin de mère algérienne ; le père = le frère de Mme Raquin ; orpheline ; confiée à sa tante ; se marie avec son cousin ; belle et forte ; de tempérament nerveux ; un tempérament de feu étouffé ; élevée comme une malade ; d'une grande duplicité et maîtrise de soi = capable de jouer la femme effacée (quand trompe son mari) ou la veuve éplorée (après le meurtre) ; un être inquiétant capable de tuer avec un couteau Laurent
4. Faites le portrait comparé des deux personnages principaux, Camille et Laurent.
Camille > enfant unique de Mme Raquin, mercière, blond fade, barbe rare, souffreteux, maigre, fragile, égoïste, faible intellectuellement = un modeste employé des chemins de fer, piètre mari > un être qui suscite le dégoû.
≠ Laurent > fils d'un paysan aisé ; une brute qui ne pense qu'à jouir ; égoïste ; de tempérament sanguin ; un grand corps puissant qui ne demande qu'à être satisfait ; chevelure brune ; beauté sanguine ; paresseux ; ne rêve que de récupérer l'héritage de son père pour mener une vie de parasite ; un amant et assassin calculateur ; aime et tue par intérêt et par confort ; pas de remords ; suscite la répulsion.
5. A quel moment naît l'idée du crime ?
Son chef lui interdit de quitter son bureau. Difficultés pour se voir. Thérèse lui donne rendez-vous chez lui. Mais Thérèse ne peut prétexter d'autres absences. Alors leur vient l'idée de faire disparaître Camille.
6. Laurent a l'idée du crime parfait. Racontez-le de façon précise.
La promenade en canot > l'accident : gagne un endroit éloigné et solitaire et tente de jeter Camille à l'eau mais celui-ci se débat et mord Laurent au cou avant de disparaître dans la Seine. Laurent fait chavirer la barque pour faire croire à un accident.
7. Quels points communs ce roman a-t-il avec un roman policier ?
Le crime, les coupables, la victime, l'arme du crime, un mobile mais l'enquête est absente puisqu'en 10 minutes l'affaire est bouclée > il s'agit d'un accident.
8. Zola était proche des peintres de son temps : quels passages du livre en témoignent ?
Laurent au lieu de suivre ses études de droit se jette dans l'art ; il fera le portrait de Camille ; il reviendra à la peinture après le meurtre et l'impossibilité de vivre avec Thérèse > monte un atelier = peint à nouveau un portrait qui sera en fait le visage du noyé.
9. Quels sont les éléments récurrents qui scandent le récit ?
Le chat ; la cicatrice ; le noyé ; le portrait de Camille
10. Donnez une définition du registre fantastique. Quels sont les éléments du fantastique qui apparaissent dans le roman ? Justifiez en vous appuyant sur des exemples précis tirés du roman.
Faire peur ; hésiter entre le surnaturel et le rationnel ; des éléments surnaturels dans le quotidien
Le chat = la réincarnation de Camille ; Le cadavre dans leur lit ; Le portrait de Camille qui hante Laurent au point de ne pouvoir peindre autre chose ; La cicatrice qui se ravive chaque fois
11. Comment se termine le roman ? Racontez de façon précise le dénouement.
La soirée du jeudi, après le départ des invités, Camille prépare un verre de poison et Thérèse cache le couteau. Ils se rendent compte du projet de l'autre. Ils s'embrassent et décident de mourir ensemble. Ils boivent le poison. En s'écroulant, la bouche de Thérèse heurte la cicatrice de Camille. Mme Raquin regarde le spectacle toute la nuit. Mme Raquin remplace le chat et le noyé qui regardent fixement.
12. Quel sens donnez-vous à ce dénouement ?
Un suicide qui doit les unir dans la mort mais pas d'apaisement pour les amants qui sont encore confrontés à la cicatrice et au regard de Mme Raquin qui rappelle le regard du noyé et du chat, ce qui les désigne comme des coupables > ils s'auto-condamnent à défaut de justice.