Proposition de corrigé du DST sur Sarrasine
Si l'ensemble de cet extrait de Sarrasine est frappé du sceau du mystère, c'est en tout premier lieu sur les épaules du personnage principal et de ses multiples ambiguïtés que ce mystère repose.
En effet, la première ambiguïté du personnage porte sur son existence même. Sa désignation par le mot « phénomène » (ligne1), ou le fait qu'il soit identifié à un « spectre » (ligne 25) ou « un revenant » (ligne 23), entretient le doute sur son existence et entraîne de fait le texte vers le registre fantastique. Le lecteur est ainsi en droit de s'interroger : ce personnage est-il vivant ou mort ? Le fantastique est également renforcé par les effets que suscite le vieillard sur Mme de Rochefide, le champ lexical de la peur soulignant combien elle est saisie d'effroi : « palpitant d'effroi » (ligne 18), « une sueur froide sortit de ses pores », (ligne 4). Mais d'autres ambiguïtés ne tardent pas à renforcer le mystère du vieillard.
Effectivement, la réaction du personnage au contact de Mme de Rochefide est sonore et déconcertante : « un cri semblable à celui d'une crécelle », une « aigre voix ». Là encore, le doute saisit le lecteur : ces sons émanent-ils d'un humain ou de quelque animal chimérique ? L'expression « si c'était une voix » (ligne 6) renforce ici le doute, doute peu après accentué par l'expression « gosier presque desséché », (ligne 7) qui serait davantage adaptée à un oiseau qu'à un humain. D'autres part, les expressions « s'échappa », « aigre voix », ou encore « petite toux d'enfant » (ligne 9) invitent davantage à supposer un son atténué, un filet de voix, mais cette idée est démentie par le terme « clameur » plutôt synonyme de vacarme, ou encore le terme « bruit » qui souligne l'étrangeté de la voix du vieillard. Ainsi, nous assistons ici à un brouillage sonore qui continue à créer des effets de mystère autour du personnage.
En outre, le mystère du personnage est également accentué par les protections dont il semble être l'objet de la part des Lanty. Dès qu'il s'est manifesté de façon sonore, les membres de la famille Lanty réagissent vivement comme le souligne la comparaison « leurs regards furent comme des éclairs », une comparaison particulièrement bien choisie puisque les éclairs sont souvent accompagnés de violents coups de tonnerre et que nous restons ainsi dans le champ sonore. En tous cas, une nouvelle question sans réponse émerge : ce personnage doit être important aux yeux des Lanty, est-il même la clé de leur si insolente fortune ? A l'abri des fastes du bal, s'est ensuite, dans le silence du boudoir qu'une nouvelle énigme va être mise à jour par la curiosité de Mme de Rochefide.
Mais avant cela, c'est dans l'enchevêtrement narratif que se tisse la seconde partie du mystère.
II. LE MYSTERE ENTRETENU PAR LA NARRATION
1) le mélange narratif
2) Un réseau complexe de personnages
3) Un texte à valeur de prolepse
III. LE MYSTERE TERRAIN PRIVILLEGIE DE L'ART
1) la description du tableau : l'énigme de la perfection
2) Trop beau pour être un homme : le secret du modèle
3) La clé du mystère.