Réussir le français au lycée

dénouement de Sarrasine : une partie de commentaire

Par aureliestauder - publié le mercredi 14 octobre 2009 à 01:32 dans Productions
 
      Le dénouement de Sarrasine: deux histoires parallèles qui se rejoignent.
     Chaque histoire est différente mais toutes deux possèdent un dénouement semblable. L'échec de Sarrasine avec Zambinella en entraîne un autre: celui du narrateur essayant de séduire la marquise de Rochefide. Dans le premier récit, les sentiments du personnage sont très déterminés: "Aimer, être aimé! sont désormais des mots vides de sens pour moi, comme pour toi" ou encore "tu m'as dépeuplé la terre de toutes ses femmes". De même dans le second récit Mme de Rochefide a tiré une leçon de l'histoire racontée par le narrateur: "Vous m'avez dégoutée de la vie et des passions pour longtemps". Les deux histoires sont donc liées par les sentiments non partagés et ont en commun la description d'un échec amoureux. Mais la désillusion ne serait-elle pas un autre élément reliant les deux histoires?
     L'illusion est présente dans le récit-cadre, tout comme dans le récit enchâssé. Celle-ci est révélée au cours de ce dénouement. Tout d'abord l'illusion que Sarrasine a au sujet de Zambinella est dévoilée: "Et c'est une illusion!" ou bien: "...je penserai à cette femme imaginaire en voyant cette femme réelle." Dans le second récit, l'auteur insiste sur la déception de la marquise. Mme de Rochefide découvre enfin que Zambinella et le vieillard ne font qu'un. Tous ses doutes sont dissipés et elle feint de se demander: "...tous les sentiments humains ne se dénouent-ils pas ainsi, par d'atroces déceptions?". L'illusion, très présente dans cette nouvelle, se dévoile donc au cœur de ce passage pour mieux dissiper les doutes et dénouer l'intrigue. Mais c'est à l'Art qu'il revient d'être le lien majeur et conclusif de cette nouvelle.
    Mme de Rochefide se met à la place du lecteur en demandant des explications au narrateur, et particulièrement sur le lien entre l'histoire de Sarrasine et le vieillard vu chez les Lanty. La statue de Zambinella et le portrait nous prouvent directement ce lien. Ces faits matériels traversent les époques et sont présents dans les deux histoires. C'est ainsi qu'"en 1791, la famille de Lanty la retrouva et pria Vien de la copier" ou encore: "le portrait qui vous a montré Zambinella à vingt ans, un instant après l'avoir vu centenaire..." Nous retrouvons ici un thème récurrent de cette nouvelle: l'Art.
    L'Art, l'illusion et l'amour constituent ainsi le lien direct entre l'époque du narrateur et celle de Sarrasine.

Merci pour ce travail, Sarah!!!! C'est très bien.

Sarah 2°4

Publié le mercredi 14 octobre 2009 à 18:23 par Visiteur non enregistré
Dans un paragraphe de commentaire, peut-on insérer les sentiments du lecteur ( exemple: Le lecteur ne sait pas si le corps du vieillard constitue un personnage réel ou bien s'il est fictif de par la description que nous en fait Balzac.) ou doit-on simplement se contenter de donner des exemples que l'on pourrait appuyer par le texte?
Si on peut donner les sentiments du lecteur dans le paragraphe, il n'y a pas vraiment d'exemples que l'on peut citer..
Merci. :)

sentiments

Publié le mercredi 14 octobre 2009 à 20:52 par aureliestauder
Les sentiments du lecteur n'échappent pas à la règle. On peut toujours trouver des exemples et des procédés littéraires (champ lexical de la colère...,registre lyrique ou épidictique...).

Bonne soirée

Sarah 2°4

Publié le mercredi 14 octobre 2009 à 21:07 par Visiteur non enregistré
Merci beaucoup. ;)

précisions

Publié le mercredi 14 octobre 2009 à 21:46 par aureliestauder
Juste une petite précision par rapport à ce que je viens de dire : le texte avec ses procédés implique une réaction du lecteur. Partage-t-il les sentiments du personnage et du narrateur en fait? C'est le grand domaine de ce qu'on appelle la réception littéraire. Comment le lecteur comprend-il l'œuvre?

Modifié par aureliestauder le mercredi 14 octobre 2009 à 21:47

Sarah 2°4

Publié le jeudi 15 octobre 2009 à 18:55 par Visiteur non enregistré
Mais chaque lecteur comprend l'oeuvre un peu différemment alors il n'y a pas forcément de correction juste?

la litterature n'est pas une science exacte !

Publié le jeudi 15 octobre 2009 à 19:38 par aureliestauder
Non effectivement il n'y a pas de correction juste. Mais on va attendre par contre un raisonnement solide fondé sur l'histoire ou la sociologie voire la psychanalyse. Il s'agit de construire l'image du lecteur induite par le texte même.

Modifié par aureliestauder le jeudi 15 octobre 2009 à 19:50

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