Réussir le français au lycée

L'esthétique de la concentration dans le récit (incipit) : très bon exemple d'une partie de commentaire réalisée par un élève

Par aureliestauder - publié le mercredi 7 octobre 2009 à 17:00 dans Productions

      Le lecteur aguerri qui a déjà lu Sarrasine constate rapidement que l'incipit aborde les trois principaux thèmes de la nouvelle.

      L'art tient une place importante dans le récit et l'incipit. À la page 24, le narrateur fait appel à un champ lexical qui fait d'une certaine manière référence à l'art: « contempler, fond, blanchi, fantastique, ressemblaient, image, fameuse, danse, admirer ». Le narrateur décrit le sombre paysage qu'il observe comme on regarderait un tableau: [Les arbres, imparfaitement couverts de neige … par la lune.]. D'ailleurs, le côté sinistre de cette description est renforcé par la référence à « la danse des morts », peinture de Holbein, datant de 1431. Il y a un fort effet de contraste puisque lorsque le narrateur tourne la tête, un spectacle euphorique s'offre à lui.

      La féminité est également présente dans l'incipit. Alors que dans le reste de la nouvelle c'est la Zambinella qui en est l'ambassadrice, ce sont ici de vraies femmes qui sont décrites: « les plus jolies femmes de Paris, les mieux titrées, éclatantes, pompeuses, éblouissantes de diamants ». Il est fait usage d'un champ lexical de la femme qui marque l'importance de la féminité dans le passage et la nouvelle: « splendide, papillonnaient, jolies, femmes, éclatantes, pompeuses, éblouissantes, fleurs, seins, cheveux et robes ». Il est difficile de ne pas associer la féminité à l'amour soudain de Sarrasine pour la Zambinella. D'ailleurs, à la fin de l'incipit, on remarque la présence d'une phrase dont le contenu est important dans le récit: [Ma jambe était en effet glacée par un de ces vents coulis …, accident assez fréquent au bal ].

      L'amour a bien évidemment sa place dans l'incipit. On relèvera un champ lexical de la passion: « frémissements, regards, feu, coeurs, ardents, ivresse, parfums ». Le passage [ Quelques regards trop vifs perçaient çà et là … des coeurs trop ardents ] est intéressant. On peut en effet le comparer au coup de foudre de Sarrasine pour la Zambinella, au théâtre. Le spectacle était alors, tout comme les lumières, éclipsé par les regards assidus de Sarrasine, qui n'avait d'yeux que pour la cantatrice.

      Ainsi, l'incipit concentre les grands thèmes du récit, sans pour autant en révéler toute l'intrigue.

 

Merci Alban, super travail!!!


 


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