La belle d'Algérie 2
Par bourgisa - publié le dimanche 31 mai 2009 à 15:07 dans 2009-04-On a écrit des nouvelles pour Jean-Noël Blanc, écrivain...
La belle d'Algérie.
Je me promenais insouciant dans un sentier touffu, chargé de fleurs des champs et de toutes sortes de plantes odorantes qui embaumaient l'air d'un parfum sucré enivrant.
Des chevrettes à l'air malicieux gambadaient gaiement dans les herbes folles, se vautrant avec délice dans ce merveilleux tapis sauvage.
Devant moi, une plaine dont je n'apercevais pas le bout et qui semblait ne jamais devoir de terminer, s'imposait majestueusement à mes yeux. Je me sentais aussi petit et insignifiant qu'une fourmi devant toute cette immensité et cette beauté.
Des champs de fèves, de lentilles et de pois chiches formaient de petites tâches colorées.
De-ci de-là, des bosquets de chênes lièges et de cèdres. Quelques plantations d'arbres fruitiers, -sûrement des agrumes - et des vignobles.
Tout ce décor baignait dans la lumière dorée du soleil.
Au loin, dans un cadre plus sombre se découpait la chaîne de montagne aux flancs déchiquetés et rocailleux.
Je contemplais, émerveillé ce magnifique paysage.
Ah l'Algérie, quel doux rêve !
Mais déjà, les rayons impitoyables du soleil me martelaient mes épaules meurtries. Une vague de chaleur épaisse m'oppressait. Prisonnier, j'avais un mal fou à respirer, j'étouffais, je suffoquais.
Ma chemise trempée de sueur me collait désagréablement au dos et je sentais des ruisseaux de transpiration qui me paraissaient être des torrents entiers, se répandre le long de mon front, de mon échine, de mes bras, de mon torse, de mes jambes.
Ma gorge aussi sèche qu'un désert aride me brûlait atrocement. Il me fallait absolument boire quelque chose et tout de suite.
Aussi, je dévalai à toute vitesse l'escarpement qui me séparais du village Zoumeï, et surtout du puits! Je puisai des seaux et des seaux d'eau dont je m'aspergeai, la bouche grande ouverte. Quel bonheur d'être ruisselant d'eau et non de sueur!
Malgré la chaleur persistante, je m'attardai quelques instants pour admirer cet endroit.
C'était fort joli ces petites bicoques de terre rouge à toiture plate. Et ces figuiers, ces palmiers-dattiers, ces amandiers en fleur qui procurent une ombre apaisante. Un peu plus loin, dans le pré garni d'herbe fraîche, un troupeau de moutons paissait joyeusement.
Les villageois devaient tous faire la sieste car je ne voyais personne dehors et on devait être au plus chaud de la journée.
Je m'apprêtais à repartir quand j'aperçus au loin un nuage de poussière. Il se rapprochait à grande vitesse.
Curieux de savoir ce que c'était, je me cachai derrière un épais buisson de plantes aromatiques.
Je pus distinguer une troupe de cavaliers. Ils s'arrêtèrent au village. Quelle fût ma frayeur quand je vis qu'ils étaient armés de couteaux. Ils se dirigèrent vers l'entrée des maisons.
Mais que faire ?
Prendre la fuite ? Ou rester ainsi terré en attendant la fin du massacre ?
Dans les deux cas, on pouvait me voir et je restais impuissant devant le sort des malheureux villageois.
Pourtant tout à fait conscient du risque que je prenais, je ne pus m'empêcher de passer la tête par la fenêtre. Une jeune fille terrorisée regardait d'un air désespéré autour d'elle, comme si elle cherchait vainement une issue de secours. Face à l'homme qui la menaçait de son poignard, prêt à passer à l'action, elle n'était pas en mesure de se défendre.
Je ne pouvais pas rester là sans agir. Tout se passa très vite. Je ramassai une pierre, et, sans réfléchir, je la lançai de toutes mes forces à la tête de l'homme qui tomba à terre sous le coup.
Quand la pauvre créature me vit, elle s'évanouit de peur.
Je la soulevai de terre pour la mettre sur mon dos. Puis je courus jusqu'à n'en plus pouvoir.
Je posais délicatement celle que j'avais sauvée sur l'herbe. C'est alors que je découvris à quel point elle était belle. Je crus avoir affaire à une fée, ou du moins, à une princesse.
Encore tremblante d'émotion, elle m'enlaça timidement en répandant un doux parfum de jasmin. Elle versa quelques larmes de soulagement, puis elle murmura :
-" Merci Justin. "
Comment connaissait-elle mon nom ?
-" De rien Yasmina. " répondis-je.
Et je la laissai me serrer tendrement contre elle.
Ah Yasmina...
Zut de zut !
Pourquoi n'ai-je pas gagné ce voyage en Algérie ?
Zut, zut, zut, et rezut !
Isabelle
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