La belle d'Algérie
Par bourgisa - publié le vendredi 24 avril 2009 à 18:46 dans 007-Plumes agiles
La belle d'Algérie.
Je me promenais insouciant dans un sentier touffu, chargé de fleurs des champs et de toutes sortes de plantes odorantes.
Il faisait un soleil de plomb.
Des chevrettes à l'air malicieux gambadaient gaiement dans les herbes folles, se vautrant avec délice dans ce merveilleux tapis sauvage.
Devant moi, une grande plaine s'étendait à perte de vue.
De-ci de-là, des bosquets de chênes lièges et de cèdres. Des champs de fèves, de lentilles et de pois chiches. Des plantations d'arbres fruitiers, - sûrement des agrumes - et des vignobles.
Tout ce décor baignait dans la forte lumière dorée du soleil.
Au loin, dans un cadre plus sombre se découpait la chaîne de montagne.
Je contemplais, émerveillé ce magnifique paysage.
Ah l'Algérie, quel doux rêve !
Je commençais à avoir soif. Aussi, je dévalai à toute vitesse l'escarpement qui me séparait du village Zoumeï. Et j'allai boire au puits.
Je m'attardai quelques instants pour admirer cet endroit.
C'était fort joli ces petites bicoques de terre rouge à toitures plates. Et ces figuiers, ces palmiers-dattiers, ces amandiers en fleur qui procurent une ombre apaisante. Un peu plus loin, dans le pré garni d'herbe fraîche, un troupeau de moutons paissait joyeusement.
Les villageois devaient tous faire la sieste car je ne voyais personne dehors et on devait être au plus chaud de la journée.
Je m'apprêtais à repartir quand j'aperçus au loin un nuage de poussière. Il se rapprochait à grande vitesse.
Curieux de savoir ce que c'était, je me cachai derrière un épais buisson de plantes aromatiques.
Je pus distinguer une troupe de cavaliers. Ils s'arrêtèrent au village. Quelle fut ma frayeur quand je vis qu'ils étaient armés de couteaux. Ils se dirigèrent vers l'entrée des maisons.
Mais que faire ?
Prendre la fuite ? Ou rester ainsi terré en attendant la fin du massacre ?
Dans les 2 cas, on pouvait me voir et je restais impuissant devant le sort des malheureux villageois.
Pourtant tout à fait conscient du risque que je prenais, je ne pus m'empêcher de passer la tête par la fenêtre. Une jeune fille terrorisée regardait d'un air désespéré autour d'elle, comme si elle cherchait vainement une issue de secours. Face à l'homme qui la menaçait de son poignard, prêt à passer à l'action, elle n'était pas en mesure de se défendre.
Je ne pouvais pas rester là sans agir. Tout se passa très vite. Je ramassai une pierre, et, sans réfléchir, je la lançai de toutes mes forces à la tête de l'homme qui tomba à terre sous le coup.
Quand la pauvre créature me vit, elle s'évanouit de peur.
Je la soulevai de terre pour la mettre sur mon dos. Puis je courus jusqu'à n'en plus pouvoir.
Je posais délicatement celle que j'avais sauvée sur l'herbe. C'est alors que je découvris à quel point elle était belle. Je crus avoir affaire à une fée, ou du moins, à une princesse.
Encore tremblante d'émotion, elle m'enlaça timidement en répandant un doux parfum de jasmin. Elle versa quelques larmes de soulagement, puis elle murmura :
-” Merci Justin. ”
Comment connaissait elle mon nom ?
-” De rien Yasmina. “ répondis-je.
Et je la laissai me serrer tendrement contre elle.
Ah Yasmina...
Zut de zut !
Pourquoi n'ai-je pas gagné ce voyage en Algérie ?
Zut, zut, zut, et re-zut !
Isabelle
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