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Adaptation du livre La vie devant soi par Didier Long
Par justine1L2 - 08:01, mercredi 25 mars 2009
.. Rubrique : LA VIE DEVANT SOI
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Adaptation du livre La vie devant soi au théatre par Didier Long
Je pense que jouer La vie devant soi, (où le nombre de personnages est important), avec seulement quatre acteurs doit être un défi. L'actrice jouant madame Rosa (Myriam Boyer), fait passer l'émotion et elle fait de Madame Rosa un personnage aussi attachant que dans le livre. La peur se lit facilement dans son jeu. Qu'elle soit matérielle (comme la venue des Allemands, ou de l'Assistance sociale, ou encore des médecins...) ou immatérielle (comme ses cauchemars, comme les lionnes, comme la mort ou pire pour Madame Rosa, comme le cancer)... Car l'on voit bien dans cette mise en scène que c'est en quelques sorte la peur (et Momo bien sûr) qui font vivre Madame Rosa. De plus, elle s'éteint dans son trou juif, lorsqu'elle pense qu'on va l'emmener en Israël et qu'elle n'a pas le cancer.
L'acteur qui est dans la peau de Momo, (Aymen Saidi), est lui aussi saisissant. Au début, on trouve peut être un Momo plus égaré ou désorienté que dans le livre. Mais, on voit bien l'évolution du personnage de Momo qui vient à mentir, comme les adultes, qui prend les choses en mains et se défend avec ses armes à lui. On le voit à la fin isolé et seul dans la cave de Madame Rosa, comme dans son esprit. Et cela malgré les personnages qui, bien que non représentés, sont présents (comme Nadine, M. Hamil, Madame Lola...) Et lorsque Momo termine son discours, on a l'impression que c'est chez nous que vient Momo, et que c'est notre adresse qu'il avait dans sa poche. (C'est mon impression en tout cas).
Le docteur Katz fait figure de père dans cette mise en scène. Pourtant, j'ai trouvé le docteur Katz moins présent que dans le livre, peut être que sa voix était trop douce ou qu'il a été plus "effacé" par les autres personnages. Par contre, on sent bien sa faiblesse et son désarroi quand Momo qui a grandi à une vitesse fulgurante, lui demande d'euthanasier Madame Rosa.
Enfin, le dernier personnage à entrer en scène, est Youssef Kadir. On sent bien le besoin qu'a Youssef Kadir de retrouver son fils et de s'y accrocher. On perçoit sa détresse quand il rencontre un fils qui n'est pas le sien et qu'il a attendu. Et surtout au moment où (même si l'on connaît l'histoire) on pense qu'il s'est approché de Momo dans le seul but de le serrer dans ses bras. Mais il se détourne de son fils, en répétant que ce n'est pas le sien. J'ai trouvé cette scène tout simplement marquante.
Le parapluie Arthur, qui est aussi un "personnage" n'était pas souvent présent, même si les lumières le mettaient en valeurs dans certaine scène. (Mais peut être que la pièce n'avait pas besoin de cette présence autant que dans le livre). Car enfin, le parapluie Arthur est comme Madame Rosa, un objet qui a de la valeur parce qu'on l'aime.
Dans l'ensemble, la mise en scène était véritablement esthétique. Les couleurs, dans les tons chauds aux différents moments de la journée, créaient une ambiance ou chaleureuse, ou au contraire lourde. Jean-Michel Adam et Gaëlle de Malglaive qui ont respectivement fait les décors et la lumière, ont réussi à suggérer le passage du temps. Cette ambiance, en plus d'être visuellement belle et esthétique, s'alliait parfaitement au texte et aux personnages. Je regrette quand même que de ne pas avoir vu plus de scènes dans la rue, notamment avec le parapluie fétiche ou avec les clowns... (Vraiment, ce passage m'intrigue...)
Enfin, on sentait bien que La vie devant soi n'était pas une pièce qui avait pour but de montrer le désespoir, à cause de la solitude finale de Momo (comme dans un tragédie). Car il ne faut pas oublier que Momo, s'adresse à quelqu'un durant toute l'histoire, ou en tout cas à la fin. Il est donc entouré. Cette pièce est comme le livre, un message d'espoir et porte sur la poursuite du bonheur. Car comme l'a peut être souhaité Gary, le comique que l'on trouve souvent dans la pièce atténue le malheur de Madame Rosa et de la longue maladie et (solitude) qui la ronge. Les sujets les plus sérieux, quand ils sont tournés au dérisoire, ont un sens encore plus poétique. Et c'est peut être ainsi qu'il faut qualifier cette pièce: poétique, comme le livre .
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