Français - seconde 9 de M. Lissonnet au lycée Queneau

Poème en prose N°12 (collectif)

Par raymondqueneau - publié le vendredi 9 février 2018 à 02:53

Sombre réalité

Assis sur un banc, j’attends que le temps passe et s’efface. J’aperçois à la fenêtre une âme encore innocente qui s’entête à contempler le ciel étoilé.


Soudain une ombre apparaît, une femme au c½ur brisé et aux cheveux dorés. Dans son ½il blessé je perçois le reflet d’une vie détruite et dans cette scène mélancolique je me vois, moi, dans les yeux de ce petit garçon. Moi, petit et innocent, d’une fragilité misérable.


Tout d’un coup, ses yeux croisent les miens, pleins d’espoir et d’amertume et je me sens alors projeté dans un univers mystérieux et ténébreux. Mon âme s’échappe de mon c½ur, ma vie s’arrache...


L’aube parvient dans une brume matinale. Le soleil commence à se dévoiler. La sérénité plane sur mon atmosphère, mais la peur continue son long trajet dans mon esprit. Le jour les démons sont sages, mais à la nuit tombée ils envahissent la ville.


Mon père, ce héros -comme on me l’avait décrit auparavant- est mort à mes yeux, le jour où il a levé pour la première fois la main sur ma mère. Accro à l’alcool, il est le pire de tous, un être détestable. Pourtant, je l’admirais quand j’étais plus jeune, tant pour son intelligence que par sa carrure imposante.


Il ne reste plus rien de notre vie d’avant, si insouciante et si gaie. Nos rêves, nos joies, nos souvenirs... tout s’est envolé en un rien de temps.

 

Un sentiment de vide dans le c½ur et une âme déchue sur la conscience, c’est notre présent et notre futur.

L’adrénaline monte. Je sens l’angoisse, me nouer le c½ur. J’entends ses lourds pas résonner dans le vieil escalier. Mon c½ur bat à un rythme élevé. Il s’intensifie chaque seconde. La porte s’ouvre avec fracas et une voix enragée d’alcool s’abat contre ma mère. Il prononce des mots incompréhensibles, la peur s’installe. Il titube vers celle-ci et lève un poing déjà amoché. Je suis immobilisé, je voudrais la sauver de ses griffes mais je n’y arrive pas je suis impuissant.


Une claque, un cri, une larme. Mon c½ur se brise tandis que la trace apparaît. Les tic-tac de la pendule sont assourdissants, le silence est effroyablement glacial.

C’est toujours la même chose, chaque soir il rentre ivre et incontrôlable et chaque soir de nouveaux coups violents et répétés s’abattent contre ma mère.


Je n’arrive plus à me taire, mes larmes sont ma seule façon d’exprimer mes sentiments. Je n’ai plus les mots.

 

Louanna Anika

(Louna, Otilia, Ekin; 2GT9)


Documents de cours, réalisations d'élèves et textes complémentaires pour les secondes de M. Lissonnet au lycée Raymond Queneau d'Yvetot
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