La craie hâtive

Ordre et défense en latin

Par Vega - publié le lundi 5 février 2018 à 02:07 dans 03wLatinistes 1re

Commentaire du portrait d’Eros dans le roman d’Apulée

Par Vega - publié le mardi 30 janvier 2018 à 07:17 dans 03wLatinistes 1re
Voici le résultat du travail collaboratif des latinistes de 1re. Chaque groupe a travaillé sur une partie spécifique du portrait, avec une ou deux figures de style à analyser.

Partie 1 + introduction :

Psyche découvre le visage de son mari qu’elle pense être un monstre. Elle se rend compte que c’est un jeune homme très beau, à l’inverse de la prédiction de l’oracle. C’est ainsi qu’elle en fait le portrait du point de vue interne. Elle traduit son émotion à travers des procédés littéraires, en l’occurence, avec la figure de style qu’est l’oxymore "mitissimam dulcissimamque bestiam".

    Cet oxymore est tout d’abord formé avec deux adjectifs au superlatif : "mitissimam" et "dulcissimam". "Bestiam" est le nom autour duquel se forme l’oxymore. Le fait de lier "dulcissimam" et "mitissimam", deux adjectifs qualifiant Eros, laisse paraître une émotion très intense chez Psyché. De plus, cet oxymore se trouve à ce moment précis du texte car il sert à délimiter le moment où Psyché révèle l’identité de son mari. Elle pensait qu’il était un monstre d’après ce que son père avait entendu de l’oracle ; cependant, c’est une "gentille bête", "la plus douce et la plus tendre bête sauvage" d’après ce qu’elle voit et peut constater.

Partie 2

Dans Les Métamorphoses d’Apulée et plus précisément le Conte de Psyché, il existe des superlatifs, des assonances et des alitérations. Nous pouvons voir différents superlatifs très mélioratifs s’appliquant au mari de Psyché, Cupidon, et pouvant représenter une antithèse avec le monstre cruel, vipérin, et fléau des dieux.C’est une humanisation de Cupidon. Ces superlatifs sont "mitissimam" et "dulcissimam"; ils s’appliquent à Cupidon, et veulent dire respectivement le plus gentil et le plus doux. Mais il y a aussi "tanti"  et "tanto" (si grand que...) qui décrivent l’aspect imposant de Cupidon (ligne 21).


    On peut trouver des allitérations en  [t] et en [r] des lignes 1 à 6. Ces sons durs sont employés alors que Psyché va franchir l’interdit de son  mari et l’éclairer, elle a même une lame dans la main pour le blesser. Il s’agit d’un moment à risque, d’où ces sons qui rappellent le danger et la violence.
    L’allitération en [m] aux lignes 7,8 et 9 renvoit à la douceur -aux premiers mots des nourissons- car à ce moment, Psyché découvre son mari qui n’est pas bestial mais très beau et très doux. C’est en opposition avec l’allitération précédente. Cette allitération est à relier avec les termes superlatifs "mitissimam" et "dulcissimam". On distingue une assonance  en [i] dans l’expression "sive perfidia pessima, sive invidia noxia " . Celle-ci peut rappeler un sifflement, faisant penser au bruit émis par un monstre. Ici, des thèmes se rapportant à la nuit sont employés: Psyché a été dupée par la nuit,"noxia perfidia" signifiant "nuit perfide": elle a besoin de la lumière pour voir la vérité; et l’on remarque aussi une assonance en [a] aux lignes 2 à 6, qui peut évoquer le râle du mourant et par extension la douleur qu’elle s’apprête à infliger à son monstre de mari avec le rasoir qu’elle tient dans la main.

Partie 3

On trouve dans le texte des accumulations qui insistent sur l’action de la scène ainsi que sur la beauté de Cupidon comme "saevitia subministrante viribus roboratur, et prolata lucerna et adrepta novacula" (L 2 à 5). Ici, les noms "saevitia" (la fureur) et "viribu" (la force) amplifient la violence de la scène. Les participes passés "prolata" (étendu) et "adrepta" (saisi) montrent l’action de la scène.
        Dans l’expression "Omnium ferarum mitissimam dulcissimamque bestiam, ipsum illum Cupidinem formosum deum formose cubantem" (L. 8 à 9), on trouve une double figure de style et une énumération avec des superlatifs comme "dulcissimam" (la plus douce).
        La description du visage de Cupidon, "Capitis aurei genialem caesariem ambrosia temulentam, cervices lacteas genasque purpurea" (L. 22 à 23), part du haut vers le bas. L’accumulation utilisée insiste sur le côté mélioratif et élogieux de ce portrait, la beauté de Cupidon se retrouvant dans toutes les parties de son visage.
        L’expression "Arcus et pharetra et sagittae, magni dei propitia tela" (L.31) donne un rythme au récit avec "Arcus et pharetra et sagittae". En effet, ces trois noms confèrent un rythme ternaire propre au récit oral latin.


Que pensez-vous de ce premier essai ?



Un blog pour redynamiser et aider mes élèves de lycée, partager leurs travaux, leur créativité et recréer du lien hors du cours.
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