La craie hâtive

Texte complémentaire, pour l’entretien : Lélius, séquence 1 sur l’amitié

Par Vega - publié le samedi 9 juin 2018 à 10:43 dans 01wFançais 1re
Bonjour,
je vous redonne ce texte qui est à étudier pour l’entretien seulement, vous ne l’aurez pas sous les yeux ni dans le descriptif.

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TC 2, Séquence Amitié.

Cicéron, Lélius ou l’Amitié, (44 av. J.-C.)

 

Cet extrait est écrit en latin, la langue parlée à Rome, par Cicéron, avant l’époque chrétienne, en 44 avant Jésus-Christ. Cicéron a été un avocat romain et un homme politique célèbre et très influent : il a d’ailleurs été chef de l’état (consul) en 63 avant Jésus-Christ, près de 20 ans avant d’écrire ce texte. (NB : quand on parle des dates avant JC, ce sont des nombres négatifs, donc -63 est avant – 44 etc.). Outre des discours judiciaires et politiques, il a écrit de nombreux ouvrages de morale, dont un dialogue sur l’amitié, Lélius.

 

 

     Ainsi, une amitié entre hommes de bien a de si puissants avantages que je peux à peine les décrire. Pour commencer, en quoi peut bien consister une « vie vivable », comme dit Ennius, qui ne trouverait une détente dans l’affection échangée avec un ami ? Quoi de plus agréable que d’avoir quelqu’un à qui on ose tout raconter comme à soi-même ? De quoi serait fait le charme si intense de nos succès, sans quelqu’un pour s’en réjouir autant que nous ? Quant à nos défaites, en vérité, elles seraient plus difficiles encore à supporter sans cette personne, pour qui elles sont encore plus pénibles que pour nous-mêmes. Par ailleurs, les autres privilèges auxquels les gens aspirent n’ont qu’une seule utilité : les richesses sont faites pour être dépensées ; la puissance, pour être courtisé ; les honneurs, pour s’attirer des louanges ; les plaisirs, pour en tirer jouissance ; la santé, pour ne pas avoir à subir la douleur et être en pleine possession de son corps. L’amitié, elle, contient une foule de possibilités. Où qu’on se tourne, elle est là, secourable. (…) L’amitié rend plus merveilleuses les bonheurs de la vie, et ses coups durs, en les communiquant et les partageant, elle les rend plus légers.

Cicéron, Lélius ou l’Amitié, 44 av. J.-C. Traduit du latin.

 

De quoi parle Cicéron dans ce dialogue ?

 

 Il évoque l’amitié entre « hommes de bien, » c’est à dire des hommes qui ont de belles valeurs morales, des hommes cultivés.

Il liste les avantages qu’il y a à être ami avec un homme de bien :

1. cette amitié permet une « vive vivable » : il cite un poète latin, Ennius ; la vie devient vivable quand on peut se détendre  grâce à « l’affection échangée avec un ami», on se raconte tout « comme à soi –même ». Cette idée d’un « autre moi-même » (= alter ego) évoque Montaigne et La Boétie et L’Ami retrouvé.

2. L’ami c’est quelqu’un pour se  « réjouir de nos succès autant que nous » : il  est heureux avec nous, sans envie ni jalousie. C’est donc un être sincère.

3. Par conséquent il est aussi malheureux que nous si nous sommes tristes. On voit que pour Cicéron, l’ami est vraiment quelqu’un qui nous ressemble, une sorte de miroir.

4 c’est un privilège d’avoir un tel ami. Cicéron oppose l’amitié  à la richesse, à la puissance, aux honneurs, aux plaisirs des sens, et même à la santé avec le raisonnement suivant : tous ces privilèges ne nous permettent de recevoir qu’une chose unique  alors que l’amitié sert à plusieurs choses : elle rend la vie plus merveilleuse quand on est déjà heureux, et plus légère quand on est malheureux car elle est fondée sur le partage.

Texte complémentaire, pour l’entretien : Lélius, séquence 1 sur l’amitié

Par Vega - publié le samedi 9 juin 2018 à 10:43 dans 01wFançais 1re
Bonjour,
je vous redonne ce texte qui est à étudier pour l’entretien seulement, vous ne l’aurez pas sous les yeux ni dans le descriptif.

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TC 2, Séquence Amitié.

Cicéron, Lélius ou l’Amitié, (44 av. J.-C.)

 

Cet extrait est écrit en latin, la langue parlée à Rome, par Cicéron, avant l’époque chrétienne, en 44 avant Jésus-Christ. Cicéron a été un avocat romain et un homme politique célèbre et très influent : il a d’ailleurs été chef de l’état (consul) en 63 avant Jésus-Christ, près de 20 ans avant d’écrire ce texte. (NB : quand on parle des dates avant JC, ce sont des nombres négatifs, donc -63 est avant – 44 etc.). Outre des discours judiciaires et politiques, il a écrit de nombreux ouvrages de morale, dont un dialogue sur l’amitié, Lélius.

 

 

     Ainsi, une amitié entre hommes de bien a de si puissants avantages que je peux à peine les décrire. Pour commencer, en quoi peut bien consister une « vie vivable », comme dit Ennius, qui ne trouverait une détente dans l’affection échangée avec un ami ? Quoi de plus agréable que d’avoir quelqu’un à qui on ose tout raconter comme à soi-même ? De quoi serait fait le charme si intense de nos succès, sans quelqu’un pour s’en réjouir autant que nous ? Quant à nos défaites, en vérité, elles seraient plus difficiles encore à supporter sans cette personne, pour qui elles sont encore plus pénibles que pour nous-mêmes. Par ailleurs, les autres privilèges auxquels les gens aspirent n’ont qu’une seule utilité : les richesses sont faites pour être dépensées ; la puissance, pour être courtisé ; les honneurs, pour s’attirer des louanges ; les plaisirs, pour en tirer jouissance ; la santé, pour ne pas avoir à subir la douleur et être en pleine possession de son corps. L’amitié, elle, contient une foule de possibilités. Où qu’on se tourne, elle est là, secourable. (…) L’amitié rend plus merveilleuses les bonheurs de la vie, et ses coups durs, en les communiquant et les partageant, elle les rend plus légers.

Cicéron, Lélius ou l’Amitié, 44 av. J.-C. Traduit du latin.

 

De quoi parle Cicéron dans ce dialogue ?

 

 Il évoque l’amitié entre « hommes de bien, » c’est à dire des hommes qui ont de belles valeurs morales, des hommes cultivés.

Il liste les avantages qu’il y a à être ami avec un homme de bien :

1. cette amitié permet une « vive vivable » : il cite un poète latin, Ennius ; la vie devient vivable quand on peut se détendre  grâce à « l’affection échangée avec un ami», on se raconte tout « comme à soi –même ». Cette idée d’un « autre moi-même » (= alter ego) évoque Montaigne et La Boétie et L’Ami retrouvé.

2. L’ami c’est quelqu’un pour se  « réjouir de nos succès autant que nous » : il  est heureux avec nous, sans envie ni jalousie. C’est donc un être sincère.

3. Par conséquent il est aussi malheureux que nous si nous sommes tristes. On voit que pour Cicéron, l’ami est vraiment quelqu’un qui nous ressemble, une sorte de miroir.

4 c’est un privilège d’avoir un tel ami. Cicéron oppose l’amitié  à la richesse, à la puissance, aux honneurs, aux plaisirs des sens, et même à la santé avec le raisonnement suivant : tous ces privilèges ne nous permettent de recevoir qu’une chose unique  alors que l’amitié sert à plusieurs choses : elle rend la vie plus merveilleuse quand on est déjà heureux, et plus légère quand on est malheureux car elle est fondée sur le partage.

3 images de la mise en scène d’Incendies

Par Vega - publié le vendredi 8 juin 2018 à 08:18 dans 01wFançais 1re
Bonjour,
 J’ai réduit la quantité de photos à commenter pour Incendies à 3 : le tableau 1, Notaire, le combat de boxe de Simon et Nihad avec son fusil dans le tableau 31. Toutes sont tirées de la mise en scène de Wajdi Mouawad.
Imprimez-le en couleurs,  c’est plus facile à commenter.

Bonnes révisions!

Emissions littéraires sur La Princesse de Montpensier

Par Vega - publié le jeudi 7 juin 2018 à 09:57 dans 00wTerminales L
Bonjour,
J’ai reçu deux très bons devoirs de créativité littéraire sur le roman de Mme de La Fayette, en version audio comme des émissions de radio.
Vous pouvez écouter le travail d’Anaël ici

et celui d’Elise là.

Textes pour réviser l’oral (2)

Par Vega - publié le mardi 22 mai 2018 à 11:50 dans 01wFançais 1re
Bonjour, 
Vous trouverez dans cet article  les 12 textes que nous avons étudiés cette année en lecture analytique pour le bac -1re partie de l’oral : exposé- et qui sont joints au descriptif des lectures et des activités - familièrement appelé "la liste"- que je vous donnerai la dernière semaine de cours en juin.

Cliquez ici pour lire et télécharger les textes en .pdf
EDIT : Merci Antonin, le lien fonctionne à présent.

Incendies : Sitographie pour approfondir l’étude

Par Vega - publié le lundi 21 mai 2018 à 02:23 dans 01wFançais 1re
Bonjour, 
Je vous ai concocté une liste de liens (une sitographie) pour approfondir votre connaissance de l’auteur et de la pièce.
Vous avez quelques minutes pour lire ?Vous saurez tout sur Wajdi Mouawad en consultant cette biographie sur le site theatre-contemporain.net. Pensez à préciser qu’il a reçu le prix Sony Labou Tansi en 2004 pour Incendies, prix décerné à Limoges par des lycéens qui lisent du théâtre, lors du Festival des Francophonies fin septembre !

Vous êtes dans un endroit tranquille et vous voulez voir et entendre Wajdi Mouawad ?
Vous saurez comment l’idée de la pièce lui est venue en regardant cette petite vidéo.
Vous comprendrez le thème principal de la pièce : "L’amour est une décision", même quand on ne le ressent plus, dans cette courte vidéo d’à peine trois minutes
Vous découvrirez que l’écriture des lettres lui est venue après la lecture des courts romans d’Aki Shimazaki (Intertextualité !!)  dans cette dernière encore plus courte vidéo

Enfin, ces petits trailers présentent la pièce de théâtre Incendies dans plusieurs mises en scène :
Celle de Wajdi Mouawad lui-même, en 2003 (avec un texte de présentation de Wajdi Mouawad)
Celle-ci n’est pas une bande-annonce : Stanislas Nordey présente la pièce dans une interview.

Et pour clore notre rendez-vous avec ce grand auteur, je cite à votre intention quelques-unes de ses lignes, l’artiste, métaphore du scarabée, dans lesquelles il explique que l’art et la beauté peuvent naître du plus affreux :

"         Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui. Les intestins de ces animaux ont cru tirer tout ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par l’animal. Pourtant, le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté, la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision, la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère. De ces excréments dont il se nourrit, le scarabée tire la substance appropriée à la production de cette carapace si magnifique qu’on lui connaît et qui émeut notre regard : le vert jade du scarabée de Chine, le rouge pourpre du scarabée d’Afrique, le noir de jais du scarabée d’Europe et le trésor du scarabée d’or, mythique entre tous, introuvable, mystère des mystères.
            Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les ½uvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel un scarabée, se nourrit de la merde du monde pour lequel il ½uvre, et de cette nourriture abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté."      Wajdi Mouawad

Bonnes révisions !

Le plongeon, de l’Antiquité étrusque à Marseille

Par Vega - publié le mercredi 16 mai 2018 à 07:49 dans 01wFançais 1re
Bonjour,
En complément de l’étude des plongeons dans le roman Corniche Kennedy, je vous propose deux images éloignées de plus de 2000 ans mais très proches en réalité.
La première est une photographie prise par Edouard Coulot et publiée dans le quotidien La Provence, qui se trouve ici.

La seconde est la fresque du plongeur de la tombe du Plongeur qui se trouve à Paestum, en Italie, dans la région de Campanie au sud de Naples. Elle été découverte à la fin des années 60. C’est une ½uvre de la civilisation étrusque, très raffinée.
En voici un détail, gros plan sur le plongeur :



Entrainement au commentaire littéraire : L’Horloge

Par Vega - publié le lundi 14 mai 2018 à 04:50 dans 01wFançais 1re
Bonjour,
Je recopie à votre intention deux exemples de paragraphes de commentaire littéraire, écrits par deux élèves de 1re STMG. On y retrouve un paragraphe qui démarre par un alinéa, l’énoncé de l’idée directrice, claire et expliquée, la présence de procédés littéraires, de citations bien insérées entre guillemets, analysée et commentée, et le paragraphe se termine par une reformulation de l’idée qui a le bon goût de ne pas juste répéter le début.

Voici le travail d’Andréa :

                       L’horloge est vue comme un monstre effrayant.  Dès le premier vers, l’horloge est présentée comme« un dieu sinistre, effrayant, impassible». Cette personnification fait naître une angoisse dans le choix des adjectifs. Le second vers maintient cette sensation effrayante car elle est présentée avec un "doigt" qui "nous menace". La peur subsiste quand le poète parle du "c½ur plein d’effroi". Puis l’horloge est animalisée, décrite comme un un vampire, un monstre : "chaque instant te dévore» « Sa voix d’insecte » « J’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde» « Mon gosier de métal ». Le choix des verbes "dévore, pompe" effraie. La "voix d’insecte", la "trompe immonde", le "gosier" sont répugnants. L’horloge puissante est indomptable: face à elle, l’homme ne peut rien. Le vers "qui gagne sans tricher, à tout coup ! C’est la loi» en est une illustration. L’horloge est destructrice comme un monstre peut l’être.

Et celui de Kennedy :
               L’horloge est un monstre effrayant. Dans le premier vers, l’horloge est décrite comme un " dieu sinistre, effrayant, impassible." La personnification fait ressentir un sentiment de peur à travers ces mots : "sinistre, effrayant, impassible". On peut voir dans le vers 7 qu’il y a le verbe "dévorer" dans "chaque instant te dévore" et que celui-ci peut s’associer à un animal ou à un monstre. Dans la troisième strophe, Baudelaire compare l’horloge avec un insecte : Elle est" rapide avec sa voix d’insecte" , il nous fait comprendre que l’horloge possède une trompe qui pompe les vies "et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde", c’est cruel ce que fait l’horloge et il n’y a que les monstres qui font des  choses cruelles.

Textes pour réviser l’oral

Par Vega - publié le dimanche 13 mai 2018 à 09:17 dans 01wFançais 1re
Bonsoir,
comme Léa me l’a demandé, voici les textes de la première séquence (argumentation) que vous pouvez imprimer pour vous entraîner, seul ou à plusieurs ; ils ne contiennent pas d’annotation.

Et voici les textes de la troisième séquence (poésie)
Bon travail !

Objets poétiques : HDA. Le nirvana des légumes, Ito Jakuchu.

Par Vega - publié le dimanche 6 mai 2018 à 05:20 dans 01wFançais 1re
Voici une reproduction d’une peinture que je vous propose d’étudier en complément de notre séquence sur les objets en poésie.

Adresse de l’image : https://i.pinimg.com/736x/15/42/a9/1542a9c5e9483f865242007ef101dd3c.jpg
Cartel :

Ito Jakuchu, Yasai nehanzu, (Le Nirvana des légumes), vers 1779, encre et couleurs légères sur papier, 181 x 96 cm, Musée national de Kyoto.

 

Quelques mots sur le peintre :

 Ito Jakuchū est considéré comme le plus original des peintres japonais du XVIIIe.  Né en 1716, mort en 1800, il est le fils aîné d’un marchand de légumes de Kyoto. Il étudie la peinture dans un monastère, s’y consacre à partir de 40 ans quand il laisse la gestion du commerce à son frère et se considère comme un koji, un adepte laïc du bouddhisme, pratiquant mais pas moine.


Que voit-on dans ce tableau ?

Cette encre sur papier est un rouleau à accrocher ; elle représente elle aussi une nature morte : des légumes. Le peintre a représenté un grand radis blanc dont la racine a fourché en deux parties, posé allongé sur un  panier, à côté d’un navet. Autour de lui, en deux demi-cercles on voit une ribambelle de légumes : champignon, navet, aubergine, oignon, courge. On dirait une nature morte classique, mais la disposition des légumes est étonnante et le titre nous montre qu’il y a un sens caché. En effet, le mot sanskrit nirvana désigne, dans la philosophie bouddhiste, l’état de paix suprême et d’extinction de la douleur obtenue par le Bouddha Sakyamuni après des années de méditation sous un arbre, lorsqu’il est enfin libéré du cycle des réincarnations. Lorsque le langage populaire fait du nirvana un synonyme de bonheur total, de plaisir extraordinaire, notamment sensuel, on est très loin du sens réel de paix intérieure.

Ainsi, cette nature morte possède un sens philosophique et moral : le radis allongé symbolise le Bouddha au moment où il atteint le Nirvana , le navet à son côté droit c’est sa mère, Maya, et les légumes disposés autour de lui représentent ses disciples.

 

Est-ce donc une peinture moqueuse ?

Pas du tout. Le peintre est un bouddhiste laïc, ancien commerçant qui vit retiré dans un monastère zen de Kyoto, après un incendie qui lui a fait perdre sa maison et sa fortune. Alors pourquoi avoir représenté Bouddha sous la forme d’un légume ?

D’abord Bouddha n’est pas un dieu mais un homme ; ensuite, dans le bouddhisme, on considère que tous les êtres vivants sont capables d’atteindre le nirvana, ce n’est pas réservé aux seuls humains : les légumes sont des êtres vivants. Enfin, la nature de bouddha est présente dans les choses les plus humbles. La forme du radis blanc, le daikôn, (le mot veut dire « grande racine », c’est-à-dire l’origine de toute chose) semble très humaine, il ressemble à un corps avec deux jambes : il est anthropomorphisé (il  est peint avec une l’apparence d’un corps humain). Les choses inanimées sont donc vivantes. Ainsi, représenter le bouddha sous la forme d’un radis blanc n’a rien de bizarre ou d’insolent : l’image de l’entrée dans le nirvana représentée par toutes sortes de légumes est donc la transformation tout à fait légitime d’une pensée fondamentale du bouddhisme.

 

Quels liens peut-on faire avec les poèmes de la séquence, et notamment celui de Ponge ?

Comme les poètes, le peintre utilise des objets courants et quotidiens de façon personnifiée.  Ces objets ont une valeur philosophique très loin de leur utilité triviale. On peut rapprocher ce tableau du poème de Ponge, « L’orange » : en apparence il évoque un objet comestible et banal, mais il montre un sens bien plus profond, qui ne se révèle qu’à celui qui cherche au-delà des apparences.  Ce tableau et ce poème prouvent que l’on peut s’inspirer de choses extrêmement banales pour symboliser une pensée riche, belle, philosophique, et que le monde n’est pas centré que sur les humains. Comme Ponge, Jakuchu prend lui aussi le parti des choses.

Cet article doit beaucoup à la lecture d’un article de Vera Linhartová, conservatrice au musée Guimet : La culture Ōbaku et le renouveau de l’art bouddhique au Japon à l’époque des Tokuwaga , Arts Asiatiques, tome 57, 2002, pp. 114-136.

Vous pourrez voir par vous-même des peintures de Ito Jakuchu en septembre 2018 au Petit Palais à Paris, on lui consacre une exposition de quelques semaines.

Voir l’article sur le site du Petit Palais.




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