Des mots pour le dire

Sujet sur la poésie 2018

Par vadministrateur - publié le mardi 5 juin 2018 à 07:53 dans 1ère

Question :

Quelles sont, dans ces textes,les fonctions du rêve pour les poètes?

Dans ces textes, nous pouvons voir que les poètes donnent deux fonctions au rêve. Ainsi dans le texte A « Le Paresseux », et le texte B « Rêverie », nous voyons que le rêve est assimilé à une paresse, à une « oisiveté » plaisante, tandis que dans le texte C « A la faveur de la nuit » et du texte D « Les Lilas », nous pouvons davantage y voir le refoulement d’un désir, notamment le désir de retrouver l’être aimé. Alors le rêve semble être un lieu où l’esprit divague, et où l’inconscient prend le contrôle.

 

Commentaire du texte d’Aragon (texte D)

A la fois novatrice et traditionnelle, la poésie du 20ème siècle est représentée par le courant surréaliste. Ce mouvement s’est largement construit contre la tradition du vers classique. Ainsi Louis Aragon figure parmi les grandes figures du mouvement, et refuse de voir dans le vers rimé une simple « survivance académique ». Le Fou d’Elsa est un recueil de poèmes de Louis Aragon publié en 1964, où le poète amoureux d’Elsa, exprime dans certains poèmes son désir de la retrouver. Ainsi dans le poème que nous allons étudier « Les Lilas », nous pouvons retrouver le thème de la rêverie associée à celui de la vision de cette femme par Aragon.

Ainsi nous pouvons nous demander en quoi ce poème est représentatif de la plume d’Aragon.
Pour cela nous verrons tout d’abord que la forme est au service du message délivré et ensuite nous aborderons la femme comme muse.

I/ Une forme au service du message délivré

a) une confusion entre le réel et songe

absence de frontière entre le monde du sommeil et la réalité « Je rêve et je me réveille », le poète lui-même ne sait plus faire la différence « Dans la vie ou dans le songe »

• impression d’une mélodie, d’une chanson grâce aux rimes croisées « réveille/lilas/sommeil/là », ce qui accentue le flottement entre songe et réalité.

b) une versification libre

• rimes croisées avec récurrence de la sonorité "a" au deuxième et dernier vers de chaque strophe, donne impression de douceur sensuelle, semblable à une femme (désirée?)

• enjambements systématiques, fait apparaître le poème comme une déclaration des sentiments du poète « Mon absente entre mes bras/Et rien d’autre en moi ne dure/Que ce que tu murmuras »

II/ La femme comme muse

a) La femme comme inspiration littéraire...

•On perçoit femme comme fantôme, fruit de l’imagination du poète, mais inspirant sa plume poétique, seul sujet d’écriture : la femme recherchée dans le songe « Je me rendors pour t’atteindre »

• épanchement du poète sur la femme donne une impression de retrouver forme de lyrisme dans le poème, comme dans la quatrième strophe.

b) … aimée et inaccessible

• inversement des pronoms "je" "tu" qui sous-entend une relation à sens unique où le poète ne sait se placer, dans la strophe 3 apparaît un basculement constant entre « je » et tu »

• différentes négations, oppositions qui laissent croire que la femme n’est pas accessible au poète, ex « Je dormais dans ta mémoire/Et tu m’oubliais tout bas » + champs lexical du départ, presque de la fuite

Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes demandés, en quoi ce poème était représentatif de la plume d’Aragon. Nous pouvons dire que ce poème mêle la volonté d’Aragon de délivrer un message, à l’aide d’une forme littéraire bien particulière. Ainsi nous pouvons ici penser que sa volonté était de dévoiler son désir pour Elsa, la femme aimée, et que la forme surréaliste lui permet une grande amplitude de moyens afin d’y parvenir. Nous pouvons par exemple nous reporter à l’un de ses poèmes les plus connus qu’il compose, en 1955, « Strophe pour se souvenir », poème à la gloire du rôle des étrangers dans la Résistance, célébrant les Francs-tireurs et partisans du groupe Manouchian dont la condamnation avait été publiée sur une affiche rouge.

 

Dissertation

Sujet :Le poète doit-il chercher l’inspiration hors de la réalité ?

A définir : poète - inspiration

Il est difficile de définir la poésie, son rôle et ses fonctions. Pour certains, la poésie doit s’inspirer du quotidien ; pour d’autres, elle doit plutôt nous « déconnecter » du réel, grâce au pouvoir de l’imagination. Puisqu’en effet les mots « inspiration » et « hors de la réalité » renvoient aux thèmes que doit choisir le poète. Alors on peut croire que le poète puise sa poésie soit dans le quotidien, soit en se coupant du réel. Ces attitudes apparemment inconciliables sont pourtant complémentaires.

Nous pouvons alors nous demander, quelles doivent être les sources d’inspiration de la poésie. Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d’abord que la poésie s’inspire du réel, puis nous nuancerons notre propos en évoquant une poésie qui s’en écarte pour une autre source d’inspiration

Dans un premier temps nous pouvons dire que la poésie s’inspire du quotidien, la poésie est attentive au quotidien social, voire politique. Alors comme le fait Aragon dans de nombreux poèmes, la poésie peint le réel pour dévoiler, dénoncer puisque le poète veut nous faire prendre conscience de la réalité sociopolitique. Cette poésie est alors appelée « engagée » : elle cherche à agir sur le réel, à l’améliorer pour que les lendemains soient meilleurs, parce que la poésie est une « arme chargée de futur » (Gabriel Celaya). Par exemple, la poésie de la liberté de Victor Hugo « Melancholia » sur le travail des enfants au XIXième siècle.

Ainsi la poésie ferait voir le quotidien sous un jour différent, le poète fait voir comme pour la première fois une réalité habituelle. Ainsi Desnos dans son poème « A la faveur de la nuit » (texte C), fait apparaître la vision d’une ombre comme une apparition enchanteresse conclue par une déception sentimentale. On peut alors penser que la poésie fait découvrir les liens secrets entre les éléments du réel : le poète ne créerait pas à partir de rien, mais transformerait les éléments du réel pour créer un nouveau monde, à l’instar de Thomas More dans Utopie.

la poésie, s’inspire en redonnant une autre réalité aux mots. En effet la poésie redonne aux mots du quotidien leur réalité d’origine, ainsi comme nous le voyons dans le corpus, le rêve prend tout son sens, redevenant le lieu de tous les possibles, où l’inconscient est maître. La poésie fait que le mot ne recouvre pas une réalité, mais toutes ses réalités, ses possibles. Sartre affirmait que la poésie « ne se sert pas des mots comme la prose ; elle ne s’en sert pas du tout ; je dirais plutôt qu’elle les sert. […] Et comme le poète n’utilise pas le mot, il ne choisit pas entre des acceptions diverses et chacune d’elles […] se fond sous ses yeux avec les autres acceptions […]. Ainsi Florence est ville et fleur et femme, elle est ville-fleur et ville-femme et fille-fleur tout à la fois ». Le poète s’inspirerait bien du quotidien dans sa poésie, mais tout en redonnant aux choses du réel leur juste valeur, bien que le poète puisse également s’éloigner du quotidien pour son inspiration poétique.

 Dans un second temps, nous pouvons dire que la poésie éloigne du réel, fait rêver et imaginer… Ainsi le poète puiserait son inspiration hors du réel.

Alors, nous pouvons commencer par dire que le poète et la poésie, par nature, ont un lien avec le rêve, puisque le poète est un rêveur : il n’a pas les pieds sur terre. Pour Victor Hugo, le poète est un « rêveur sacré ». Comme dans le poème d’Aragon, « Les Lilas » (texte D), il nous est possible de voir que le poète se trouve entre « songe et réalité », qu’il s’inspire autant de l’imaginaire, de ce qu’il désirerait, que le poème s’inspire des sentiments du poète. Alors la poésie parle du monde du rêve, des émotions, de l’indicible : ses thèmes sont le rêve, l’idéal, loin du réel.

Alors nous pouvons dire qu’il existe un pouvoir d’évasion de la poésie, puisqu’en effet celle-ci permet d’oublier le réel ou du moins de flouter les frontières entre réalité et imaginaire. Alors dans le texte A, Victor Hugo semble perdu dans sa rêverie, tandis qu’il « rêve à la fenêtre ». La poésie permettrait donc de s’éloigner d’un lieu bien réel qui n’apporte que tristesse, le poète ferait alors de sa poésie grâce à une inspiration hors du réel, une poésie de l’exil, de la nostalgie. Elle permet de s’éloigner d’une situation personnelle douloureuse, en la sublimant, comme au texte C où Desnos sublime un être qui n’est pas celui qu’il voyait au départ. Ainsi nous pouvons aussi penser à Apollinaire, dans « Poèmes à Lou », où un amour malheureux devient un poème où est placé en son centre l’apologie de l’amour. Nous pouvons penser que l’inspiration hors du réel pour le poète lui permet de s’éloigner de la dureté de la condition humaine. Comme Baudelaire, qui était déchiré entre le spleen et l’aspiration à l’idéal dans « Élévation », voulait s’envoler « bien loin de ces miasmes morbides ». Ainsi face à la dureté de la réalité, la poésie introduit le rêve, inspiration et déclencheur de la poésie pour le poète.

Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes interrogés sur les sources d’inspirations du poète. Mais ne peut-on pas dépasser cette alternative : poésie du quotidien ou poésie de l’imaginaire ? En effet, l’imaginaire et surtout le rêve relèvent du quotidien du lecteur et le plus souvent c’est de cela que les poètes s’ inspirent. Cependant et en même temps, l’imaginaire permet de dévoiler le quotidien, comme le fait Desnos dans de nombreux poèmes. Nous pourrions rapprocher ce sujet de la question quant à la place du lecteur dans l’inspiration poétique du poète.

 

Sujet d’invention

Sujet : Le Douanier Rousseau nous livre dans ce tableau l’image d’un rêve possible. Dans un texte poétique, en vers, en vers libres ou en prose, vous transcrirez ce rêve.

Conseils d’écriture :

  •  Utiliser un registre adapté à la poésie et au tableau
  • Utiliser une écriture lyrique et utiliser correctement les codes poétiques choisis (en vers, en prose etc)

  • Faire de nombreuses descriptions des sentiments éprouvés, avec beaucoup d’images, figures de style etc

  • Utiliser un point de vue interne, afin de bien rendre compte des ressentis du personnage quant à ce rêve

  • Bien mettre en exergue la présence du lion penché sur la jeune

Idées possibles :

  •  Aborder des topoï adéquats tels que : le songe, la volonté de réussir (métaphore possible avec le lion : allégorie de la force intérieure?)
  • Aborder l’invention avec une accroche en relation avec les sens du narrateur

  • Utiliser de nombreuses descriptions, associées à des termes spécifiques afin de donner un effet de réel.

  • Prendre exemple sur les textes du corpus pour flouter les frontières du réel et du songe

Correction Liban

Par vadministrateur - publié le jeudi 31 mai 2018 à 08:25 dans 1ère

Question :

Comment la folie est-elle représentée dans les trois textes du corpus ?


Les auteurs semblent ici vouloir montrer la folie à travers le regard d’un autre personnage ne ressentant pas le phénomène, afin de la représenter comme une chose incompréhensible, que seuls ceux qui sont en soufrance peuvent comprendre. Dans les textes, le Colonel Chabert (texte A), Tante Dide (texte B) et Pierre (texte C) sont seuls à savoir réellement ce qui se passe lors des moments où se manifeste la folie. Cette dernière est donc bien représentée comme un phénomène méconnu, bien réel mais souvent tourné en dérision.



Commentaire :


Le thème de la folie est présent dans de nombreux romans, sujet d’inspiration de bien des auteurs. Ici Balzac dans l’extrait (texte A) du Colonel Chabert, met en scène un vieillard tout à fait commun tourné en dérision par les deux autres personnages Godeschal et Derville. Il nous est précisé dans l’entête que l’extrait étudié se passe après bien des événements, ce qui nous laisse penser que le passage se situe à la fin de l’oeuvre, peut-être même dans l’excipit. Pourtant cet extrait rassemble les caractéristiques convenant au contraire.

Nous pouvons alors nous demander dans quelle mesure Balzac a fait ce choix.


Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d’abord qu’il s’agit d’un texte à l’allure d’un incipit, et enfin qu’il pourrait peut-être s’agir d’un retour au point de départ.


I/ Un texte à l’allure d’un incipit


a) Une présentation banale


comme dans tout incipit, on a des indications quant au temps et au lieu de l’action dans ce dernier extrait « En 1840, vers la fin du mois de juin », et « à Ris », dans « l’Hospice de la vieillesse ».


le premier personnage à être cité dans cet extrait est « Godeschal » « alors avoué ». Derville, lui, a vieilli, il est le « prédécesseur » de Godeschal


Chabert n’est plus qu’un « vieillard » à la « physionomie attachante ».


b) La folie comme fin, dénaturant le personnage


le thème de la folie apparaît sans que le lecteur ne s’y attende


« Pas Chabert ! pas Chabert ! » annonce le début du phénomène de la folie, notamment les points d’exclamation qui rompent avec le calme de la phrase précédente


champ lexical péjoratif, qui présente l’homme auparavant « à la physionomie attachante », comme un « enfant », « gamin », « stupide ».


II / Un retour au point de départ ?


a) l’identité du Colonel Chabert


le colonel n’est pas reconnu, au début il est « un vieillard », et à la fin il est seulement appelé « le colonel »


seul Derville se souvient de son nom au centre de l’extrait et « raconta l’histoire qui

précède »


il apparaît que le colonel Chabert garde une certaine lucidité quant à son passé. Se souvient de sa jeunesse dans l’armée de Napoléon quant il imite un soldat « vive Napoléon ! », qui apparaît pour les deux autres personnages comme un moment de folie


b) le Colonel retombé en enfance


Godeschal et Derville le retrouvent : en train de s’amuser « à tracer des raies sur le sable » avec un bâton, comme un enfant + son regard est empli d’une « crainte de vieillard et d’enfant ».


la vieillesse est mêlée à l’enfance, le colonel décrit comme un enfant « vieux bicêtrien » retombé « en enfance » + le lieu : à Bicêtre dans un hospice « l’Hospice de la Vieillesse »


le colonel imite un soldat (celui qu’il a été) comme un enfant pourrait faire quand il joue « Il se mit au port d’armes, feignit de les coucher en joue »


Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes demandés dans quelle mesure Balzac aurait fait le choix de donner l’apparence à cet extrait de fin d’oeuvre, d’un incipit. Il apparaîtrait, si l’on se concentre sur la présence du phénomène de la folie, que Balzac aurait pu vouloir démontrer comment autrui peut réagir face à ce phénomène. Les passions humaines apparaissent alors comme le centre de ce texte. Nous pourrions nous intéresser de manière plus prononcée sur le sentiment que peuvent éprouver ceux étant concernés par la folie.


Dissertation


Sujet : À votre avis, quel intérêt un romancier, et plus largement un artiste, peut-il avoir à mettre en scène des personnages frappés de folie ?


A définir : romancier – artiste – personnages


La folie est un thème récurrent dans la littérature. En effet beaucoup d’auteurs utilisent la folie afin de démontrer des travers de la société. Ainsi c’est dans le théâtre, qui se décline traditionnellement en comique et tragique la folie que l’on retrouve en général chez des hommes en proie aux passions communes, celles de l’argent, du sexe ou du pouvoir. La raison n’est pas ce qui les gouverne le plus souvent. Mais il y a un au-delà de la raison, qui s’appelle la folie, et le théâtre affectionne ces personnages en proie aux désordres intérieurs qui traduisent par les gestes et les propos un dérèglement de la raison. Le «fou» est une figure emblématique des œuvres littéraires. Ainsi l’intérêt d’un romancier, et plus largement un artiste pourrait être de délivrer un message à la société.


Nous pourrions alors nous demander dans quelle mesure un romancier choisit des personnages atteints de folie. Pour répondre à ce questionnement, nous verrons tout d’abord les caractéristiques de ces derniers au sein d’une œuvre littéraire, et ensuite la portée sociale de ce choix.


Dans un premier temps, les personnages atteints de folie, regroupent tous en majorité les mêmes caractéristiques que nous allons analyser. Ils apparaissent tout d’abord comme des personnages en marge de la société, souvent reclus et solitaires comme nous pouvons voir dans Le Colonel Chabert, qui est seul dans un hospice. En marge de la société et même isolés, les personnages en proie à la folie ne sont pas admis dans la société, ainsi nous pourrions faire un parallèle avec les lépreux, qui étaient aux-aussi éconduits de la société.


Les auteurs, et artistes, représentent souvent ces personnages comme des gens aigris, à l’allure étrange et stupide, parfois même à l’apparence déplaisante. Nous pouvons voir dans Le Mur de Sartre extrait du corpus, que Pierre, le personnage souffrant de folie est en effet présenté au lecteur comme un être dérangé, en déconnexion avec le monde qui l’entoure. Alors il semble qu’il soit important pour l’artiste en général de répondre et intensifier les préjugés du lecteur à l’entente du mot de « fou », puisqu’en effet les représentations qu’il nous est possible de voir dans les œuvres cinématographiques, ou même au sein des croyances populaires, ont particulièrement ancré dans l’inconscient collectif les personnes atteintes de folie comme des êtres effrayants.


Il peut être intéressant pour le romancier de jouer avec ce phénomène afin de véhiculer un message.


Dans un second temps, nous pouvons alors dire que le romancier peut se servir de la mise en scène de personnages atteints de folie afin de donner à ses œuvres une portée sociale plus que strictement oisive. L’artiste pourrait tout d’abord faire évoluer les mentalités quant à ces personnages, de manière à ce qu’un tel phénomène soit davantage connu, et que le lecteur soit davantage compréhensif à l’égard des personnages qui en sont atteints. En effet dans de nombreuses œuvres les personnages présents avec le personnage atteint de folie sont incapables de comprendre réellement ce que peut vivre la personne malade. Ainsi dans Le Mur de Sartre, « Ève se sentit épuisée : « Un jeu, pensa-t-elle avec remords ; ce n’était qu’un jeu, pas un instant je n’y ai cru sincèrement. Et pendant ce temps-là, il souffrait pour de vrai. » » .


De plus, il apparaîtrait que le romancier trouve un intérêt à mettre en scène des personnages atteints de folie afin de montrer les lacunes de leur société. Cette dernière apparaît comme sectaire, rejetant toutes les personnes qui ne rentreraient pas dans le moule, dans la case qui leur aurait été attribuée. Les passions humaines pourraient être mieux comprises grâce à ces personnages, alors il serait possible au lecteur de voir à travers un exemple qui lui parle, les conséquences que peuvent avoir des déceptions amoureuses, amicales ou un conflit familial etc. Des personnages atteints de folie pourraient très bien avoir été présentés dans un premier temps comme des personnages illustres et très bien intégrés à leur société, avant que celle-ci ne les rejette.


Pour conclure, nous pouvons rappeler que nous nous sommes demandés dans quelle mesure un romancier ou un artiste choisirait de mettre en scène des personnages atteints de folie. Ces personnages donnent au romancier et à l’artiste plus largement une grande amplitude d’expression quant à la visée de leur œuvre. Nous pouvons nous reporter aux divers textes du corpus afin de confirmer notre idée, et pointer chaque volonté de l’auteur.


Écriture d’invention :



Sujet : Racontez à la troisième personne la scène du texte C en adoptant cette fois le

point de vue de Pierre. Vous imaginerez son hallucination



Conseils d’écriture :



Utiliser un registre adapté au roman


Prendre appui sur le texte afin de ne pas se fourvoyer


Utiliser une écriture dynamique et utiliser un registre commun


Faire de nombreuses descriptions des sentiments éprouvés, avec beaucoup de comparaisons, figures de style etc


Utiliser un point de vue externe omniscient, afin de bien rendre compte des ressentis de Pierre quant à cette hallucination


Bien mettre en exergue la progression du personnage dans sa folie



Idées possibles :



Aborder des topos adéquats tels que : la peur, l’incompréhension, les statues


Aborder l’invention avec une accroche en relation avec les sens de Pierre


Utiliser de nombreuses descriptions, associées à des termes spécifiques afin de donner un effet de réel


S’attacher à rendre compte des détails que pourraient voir Pierre




Correction Pondichery

Par vadministrateur - publié le jeudi 31 mai 2018 à 08:06 dans 1ère

Question de corpus


I-Vous répondrez à la question suivante (4 points):Quels rôles jouent les chambres d’hôtel dans les textes du corpus ?


Dans le texte A (Le Roman comique de Paul Scarron) et dans le texte B ( Madame Bovary de Gustave Flaubert) il nous est permis de voir que la chambre d’hôtel apparaît comme un lieu d’intimité, à forte connotation érotique voire sexuelle. Alors ce lieu serait propice au secret et aux ébats.


Cependant dans les textes C (Les Caves du Vatican d’André Gide) et D (Les Passants de Lisbonne de Philippe Besson) nous pouvons voir que la chambre d’hôtel est davantage connotée par la nouveauté que celle-ci peut représenter. Pour Gide elle apparaît comme le premier lieu où démarre une nouvelle aventure, pour Besson l’endroit où se languissent des inconnus amoureux, sorte d’alcôve où chacun peut y être à son aise


COMMENTAIRE


Madame Bovary, personnage éponyme est sans doute le personnage le plus célèbre de Flaubert. Flaubert, auteur reconnu du 19ème siècle, traite au sein de son œuvre les travers de la société par l’intermédiaire du personnage d’Emma Bovary.Ainsi il nous est possible de découvrir un extrait de cette œuvre, où nous retrouvons l’héroïne dans une chambre d’hôtel accompagnée de Léon son amant.


Problématique possible : en quoi cet extrait permet-il de mieux comprendre le couple ? Une scène d’intimité ?… à travers laquelle transparaît la satire sociale de Flaubert.


I/ Une scène d’intimité ?


a) Deux personnages à l’intimité explicite


les deux personnages, Léon et Emma apparaissent comme des amants « Elle le suivait jusqu’à l’hôtel ; il montait, il ouvrait la porte, il entrait... quelle étreinte ! » (l1-2)


une intimité au-delà du charnel « même elle disait mes pantoufles, un cadeau de Léon » (l27-28)


les deux amants semblent avoir une routine qui apparaît confortable, presque comme un couple « l’autre jeudi » (l20)


b) La chambre d’hôtel comme lieu de secret


description de la chambre, avec un champ lexical de l’ameublement « le lit », « les rideaux », « le chevet », « le tapis », « la cheminée » etc.


les personnages semblent donner à cette chambre une dimension plus personnelle « Ils retrouvaient toujours les meubles à leur place » (l19)


musicalité de l’écriture de Flaubert aide à permettre une satire de la société à travers ce lieu. Assonance en « r » : « elle riait d’un rire sonore et libertin » (l 23)


Transition : Ainsi il est également possible de voir qu’à l’aide de certains procédés, Flaubert émet au sein de cet extrait une critique de la société dans laquelle s’inscrit l’oeuvre complète.


II/ … à travers laquelle transparaît la satire sociale de Flaubert.


a) La légèreté des mœurs


Emma peut ici représenter le genre féminin de l’époque, mariée mais ayant un amant régulier « retrouve tous les jeudis son amant Léon » (en tête)


la juxtaposition des sujets de conversations aux lignes 3 et 4 peuvent démontrer le peu de retenue que pouvaient avoir les gens de la société.


la description des lignes 24 à 27 montre la double vie que pouvaient mener ces gens, sans remords « comme deux éternels jeunes époux ».


b) une portée sociale


volonté de l’auteur de faire apparaître l’ironie de la situation d’Emma, mariée mais cherchant à s’évader de son quotidien


la chambre d’hôtel idéalisée « sa splendeur un peu fanée » (l18) peut représenter le couple des deux amants perdus dans une routine


volonté de montrer la superficialité de la société, axée sur l’apparence, par exemple les pantoufles d’Emma « en satin rose, bordées de cygne » (l 29)


Pour conclure, nous pouvons dire que Flaubert, au sein de cet extrait tente de démontrer une facette de la société méconnue. A travers la plume de l’auteur, il est possible de discerner une satire concernant la bourgeoisie, qui au 19ème siècle avait pour habitude de ce genre de pratique.


De même, nous pourrions nous rapporter à l’incipit de l’oeuvre, afin de voir comment Flaubert parvient à émettre une critique à l’aide de description.


DISSERTATION


Concepts à définir : lieux – roman – personnages


A définir :Le roman est un genre narratif apparu au 12ème siècle, un récit fictif en prose, qui se distingue de la nouvelle par sa longueur. Dans le roman, le narrateur relate l’histoire de personnages qui subissent des péripéties, où la description joue un rôle majeur.


Sujet : Dans quelle mesure les lieux dans un roman nous aident-ils à connaître les personnages ?


I/ La description des lieux et des milieux reflète fidèlement le monde où vivent les personnages


Ainsi la description des lieux et des milieux a une fonction objective, celle de représenter le monde tel qu’il est. Loin de toute idéalisation, la description à vocation à dire le vrai, ainsi nous pouvons situer tout d’abord le cadre dans lequel évoluent les personnages.


En effet, la description se veut être en premier lieu un témoignage sur son temps, elle joue un rôle pour créer l’illusion du réel, alors si nous prenons l’extrait de Flaubert, il est possible de voir qu’il se sert de la description afin de créer un sentiment de véracité. De même nous pouvons penser au roman La princesse de Clèves de Madame de Lafayette qui démontre la vie à la cour des Valois et la société aristocratique de cette époque.


Par ailleurs, la description des lieux et des milieux a également un objectif explicatif, sociologique. De même dans Les passants de Lisbonne de Besson, l’évolution entre deux personnages, deux personnes réelles est clairement visible. Dans le roman de Balzac intitulé Le Père Goriot, le narrateur pose précisément le cadre spatio-temporel afin d’ancrer l’histoire dans un espace-temps à la fois historique et social.


Cependant si la description des lieux et des milieux sert à refléter le réel, le monde où vivent les personnages romanesques, peut également être le reflet des personnages romanesques eux-mêmes.


II/ La description des lieux et des milieux peut également être le reflet des personnages romanesques


La description des lieux et des milieux peut être un préalable nécessaire à la description du personnage romanesque. On remarque un mouvement allant de l’extérieur vers l’intérieur, un parallélisme de construction, une analogie entre le décor et l’individu comme le fait André Gide dans l’extrait qui nous est présenté.


Ainsi, la description d’un lieu ou d’un milieu peut être subjective quand elle passe par le regard d’un personnage romanesque en focalisation interne. Pensons à la mer vue par Le Clézio dans son roman intitulé Le déluge. Dans ce passage la mer est un spectacle à la fois esthétique, poétique et émouvant. De même dans le roman de Flaubert, Madame Bovary, le regard de l’héroïne sur le monde qui l’entoure n’est jamais objectif mais plein d’onirisme et de rêverie.


Cependant, la description des lieux et des milieux nous donne des informations sur le portrait physique et moral des personnages qui y vivent. Ainsi, par exemple Balzac considère en effet que le milieu dans lequel vit le personnage est à son image, il établit un lien de cause à effet entre les deux. Nous retrouvons cela chez Scarron, où le lieu est identique pour les deux personnages mais leurs réactions sont tout à fait différentes.


Plus largement, la description des lieux et des milieux nous livre le regard personnel et individuel de l’auteur sur le monde où vivent les personnages, elle est porteuse d’une vision subjective.


Pour conclure, nous pouvons dire que les lieux, décrits selon des descriptions propres à chaque auteur, peuvent permettre au lecteur de contextualiser les personnages. Alors les personnages apparaissent comme plus ou moins aisés selon les lieux décrits, cela permet au lecteur également de connaître le profil psychologique des personnages, alors si ceux-ci évoluent principalement dans des rues peu fréquentables, nous pourrions penser que les personnages sont également de mauvaises fréquentations.


Nous pourrions également nous pencher sur le rôle de la temporalité dans le roman, afin de faire un parallèle avec notre analyse sur l’espace.


INVENTION


Conseils d’écriture :


adopter un langage courant


s’inspirer des textes du corpus


ne pas oublier de s’appuyer sur la description la chambre et non le bâtiment dans lequel elle se trouve


adopter un registre descriptif, avec de nombreux détails


faire des liens entre des détails de la chambre avec le personnage


utiliser la ponctuation afin de mettre en valeur certains points de la description


Idées possibles :


Faire des liens entre l’ambiance dégagée par la chambre au caractère du personnage : exemple : La chambre était sombre et dégageait un sentiment d’étrangeté, en son centre sur le lit grinçant, était assis un homme à l’allure inquiétante.


Prendre exemple sur des descriptions de lieux célèbres de la littérature, telle que la chambre décrite par Boris Vian dans L’Ecume des jours.


Commencer l’invention par une accroche originale, telle qu’une métaphore, qui pourrait être travaillée tout au long de l’invention, afin de renforcer la dimension descriptive du caractère du personnage.


Exemple de début d’invention :


Tic tac, tic tac. L’horloge semblait matérialiser l’attente interminable d’un condamné à mort. La chambre était sombre et dégageait un sentiment d’étrangeté, en son centre sur le lit grinçant, était assis un homme à l’allure inquiétante. Il ne semblait pas se préoccuper du monde qui l’entourait. Il attendait. Le temps continuait son cours, imperturbable. Les murs qui la composaient, étaient à l’image des traits du visage de l’homme, gris et marqués par le temps. Pas même le luminaire rouge et rapiécé n’arrivait à donner un peu de chaleur à cette vision lugubre. Celle d’une chambre semblant avaler l’homme qui l’occupait, et avec lui tout ce qui pouvait le représenter. L’homme ne bougeait pas, et la chambre autour de lui semblait figée, comme si rien n’avait bougé depuis des années, ni les tapis poussiéreux, ni la grande et sinistre armoire en bois, ni le tableau à moitié tombant.

Ronsard

Par vadministrateur - publié le lundi 28 mai 2018 à 06:06 dans 1ère
Ronsard rencontre, dans une fête à la cour, Cassandre Salviati, fille d’un banquier italien. Ronsard a 21 ans et Cassandre en a 13. Le lendemain, elle quitte la cour et Ronsard en garde un beau souvenir. Le poème Mignonne est un exercice de cour plutôt banal mais il reste original par sa vivacité et l’image de l’amour qu’il donne.
    Ronsard était un poète de cour, contrairement à Du Bellay qui avait refusé. Il écrivait des poèmes de circonstances
Le thème de la fuite du temps constitue l’un des topoï du lyrisme. C’est cette veine qui inspire Ronsard quand il publie ses Odes en 1550. Il développe ici le thème de la fuite du temps associé à la tentation de l’amour, dans un ton gracieux et malicieux qui renouvelle le thème traditionnel. Ainsi le poète, dans cette invitation amoureuse, grâce à une double comparaison, utilise-il de façon stratégique le thème de la fuite du temps.

2è poème
Sonnets pour Hélène est un recueil de poèmes. Ce recueil était une commande de la reine Catherine de Médicis pour sa protégée, Hélène de Surgères, afin de consoler cette dernière de la perte de son amant à la guerre. Ronsard, qui était bien plus âgé que la jeune femme, a entrepris de lui écrire un recueil de sonnets où il loue sa beauté et la compare avec la belle Hélène, héroïne de la guerre de Troie.

Questions A celle qui est trop gaie

Par vadministrateur - publié le jeudi 24 mai 2018 à 01:02 dans 1ère
1.En quoi ce poème illustre-t-il l’ambivalence du sentiment amoureux chez Baudelaire ?
2. Dans quelle mesure l’éloge et le blâme se conjuguent-ils dans ce poème et dans quel but ?

3. En quoi ce poème révèle-t-il une sorte de fascination pour la femme chez le poète ?

4. Quelle image de la femme inspire le poète ?

5. En quoi ce poème illustre-t-il la problématique de la séquence ?


- On passe de l’éloge au blâme: "je te hais autant que je t’aime". Un blason qu’il s’évertue à détruire pour le sublimer plus encore par le verbe (tirer les fleurs du Mal)
- Couples antithétiques
- Blessure du poète victime de cette femme, jalousie (cf le titre)
- La femme muse inspiratrice
- La femme remède au spleen
- Volonté sadique de faire partager à cette femme le spleen


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- oui il en faudra de la chance merci ^^ (par Nicolas1S)
- francais (par Visiteur non enregistré)

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