D'après la photo de Corinne MERCADIER (1955), Carré lunaire III, série « Longue Distance », 2005, tirages numériques sur papier baryté, 70 x 120 cm. © Corinne Mercadier
Comme un voile qui vole au vent
La personne sur la plage, d'un grave regard, observe sa vie dans les méandres des vagues.
Tous ces moments de joies disparues, malmenés par le souffle du vent, comme un souvenir lointain.
Et cette nostalgie ne fait qu'accroître son mal-être.
Elle voit dans les vagues tous les chemins de sa vie, toutes ses erreurs qui l'ont menées sur cette plage.
Les reflets du soleil, larmes dorées sur la mer agitée, se perdent dans l'horizon comme tous ses cris de désespoir.
Pourtant au loin subsiste un espoir, flou et aussi noir que son c½ur.
Espoir fou d'une personne seule et désespérée.
Mais elle n'a plus la force de l'atteindre.
Qui donc pourrait l'aider ?
Personne ne semble la remarquer.
Ni le ciel, ni l'eau, ni la terre pas même le soleil qui était pourtant son allier durant sa bataille.
Mais aujourd'hui, les pieds nus sur les galets, plus rien ne semble la soulager.
Alors elle se dirige doucement vers la mer, dernière demeure qu'elle puisse habitée.
L'eau froide lui glace le sang mais ce n'est rien comparé à toutes ses souffrances.
Résignée elle ne regarde plus en arrière.
Elle décide dans un dernier effort d'avancer vers un avenir meilleur,
Brillant comme le soleil et bleu comme la mer.
Sa dernière chance s'est noyée dans l'eau scintillante de la Méditerranée,
Et sa vie s'en est allée,
Comme un voile qui vole au vent…
Julie Borniambuc 2nd 9
Après le cataclysme
Ce fut après le cataclysme que le désert envahit les rues.
Les portes étaient barricadées, les voitures étaient recouvertes de poussière,
La vie s'était réfugiée dans les hauteurs, tandis que le ciel s'assombrissait,
En bas, les lampadaires s'allumaient encore pour éclairer les rues,
Mais la lumière était devenue inutile et finit par s'éteindre,
Laissant cette fois-ci les rues dans la même pénombre qu'au ciel,
En haut, les habitants étaient peu nombreux à être encore en vie,
La ville se reconstruisit petit à petit du haut
Vers le bas
Chloé et Marina, 2e 9
Charlène Beaucamp
Maëva Tricot
2GT9
Au Crépuscule
D'après un poème deVictor Hugo
Vois ce spectacle est fabuleux. Ce paysage couchant
Qui toujours devant nous s'anime
Ces immeubles, ces vagues, ces reflets
Au coucher du soleil
Cette mer laisse entendre une douce musique qui berce
Nos émotions au fil des battements de notre âme
Ce spectacle fait par Dieu, puis refait par les Hommes, montre la double main emprunte en ses contours
Et des yeux regardant au loin
Ces couleurs, ces lumières, ces flots, ces bateaux,
Qui nous épanouissent
Cette houle au temps très agité
Qui balaye le sable
Comme une tempête hivernale
Où la ville reste magique
Avec ses ports
Ce bruit infini
Sur lequel par moments s'élève la brume mystérieuse
Ces plages impérieuses
Où la balade en famille est très agréable, où on pourrait passer des heures entières à se perdre dans l'horizon
Tout ce que nous voyons, brumeux ou transparent
Flottant dans les clartés, dans les ombres errantes
ça et là, au fil du temps
Regardez ceci c'est le port du Havre.
La femme à la fenêtre
Qui connait la vie de cette femme, à cette fenêtre au rez-de-chaussée?
Personne malheureusement.
Cette femme regarde par sa fenêtre avec envie les gens souriants.
S'imagine elle aussi une vie heureuse.
Elle tiendrait la main de son mari, tout en se baladant dans les rues, les bras qui se balancent dans le vent…
Seule à sa fenêtre, une main sur la vitre, elle pense au fait que son mari rentrera bientôt,
Mais s'il lui prend la main ce ne sera pas pour la faire valser.
Un visage si beau malgré les marques des années passées.
Une femme au regard si triste et qui devait être si beau.
Tout le monde observe cette femme à la fenêtre et personne ne la connait.
Tous ces gens qui la jugent d'un simple regard, si seulement ils savaient…
Tous les hommes la désirent, mais ils ne savent pas que les bleus recouvrant son corps la privent de tout mouvement.
Elle s'imagine une vie meilleure en dehors de cette prison, une vie saine, une vie qu'elle aime.
La femme à la fenêtre.
Marie Perivier / Laura Moricet (2d 9)
Sombre réalité
Assis sur un banc, j'attends que le temps passe et s'efface. J'aperçois à la fenêtre une âme encore innocente qui s'entête à contempler le ciel étoilé.
Soudain une ombre apparaît, une femme au c½ur brisé et aux cheveux dorés. Dans son ½il blessé je perçois le reflet d'une vie détruite et dans cette scène mélancolique je me vois, moi, dans les yeux de ce petit garçon. Moi, petit et innocent, d'une fragilité misérable.
Tout d'un coup, ses yeux croisent les miens, pleins d'espoir et d'amertume et je me sens alors projeté dans un univers mystérieux et ténébreux. Mon âme s'échappe de mon c½ur, ma vie s'arrache...
L'aube parvient dans une brume matinale. Le soleil commence à se dévoiler. La sérénité plane sur mon atmosphère, mais la peur continue son long trajet dans mon esprit. Le jour les démons sont sages, mais à la nuit tombée ils envahissent la ville.
Mon père, ce héros -comme on me l'avait décrit auparavant- est mort à mes yeux, le jour où il a levé pour la première fois la main sur ma mère. Accro à l'alcool, il est le pire de tous, un être détestable. Pourtant, je l'admirais quand j'étais plus jeune, tant pour son intelligence que par sa carrure imposante.
Il ne reste plus rien de notre vie d'avant, si insouciante et si gaie. Nos rêves, nos joies, nos souvenirs... tout s'est envolé en un rien de temps.
Un sentiment de vide dans le c½ur et une âme déchue sur la conscience, c'est notre présent et notre futur.
L'adrénaline monte. Je sens l'angoisse, me nouer le c½ur. J'entends ses lourds pas résonner dans le vieil escalier. Mon c½ur bat à un rythme élevé. Il s'intensifie chaque seconde. La porte s'ouvre avec fracas et une voix enragée d'alcool s'abat contre ma mère. Il prononce des mots incompréhensibles, la peur s'installe. Il titube vers celle-ci et lève un poing déjà amoché. Je suis immobilisé, je voudrais la sauver de ses griffes mais je n'y arrive pas je suis impuissant.
Une claque, un cri, une larme. Mon c½ur se brise tandis que la trace apparaît. Les tic-tac de la pendule sont assourdissants, le silence est effroyablement glacial.
C'est toujours la même chose, chaque soir il rentre ivre et incontrôlable et chaque soir de nouveaux coups violents et répétés s'abattent contre ma mère.
Je n'arrive plus à me taire, mes larmes sont ma seule façon d'exprimer mes sentiments. Je n'ai plus les mots.
Louanna Anika
(Louna, Otilia, Ekin; 2GT9)

Le Havre / 18ème siècle
Les
chaumières délabrées, dans ce terrible côte à côte, s'entrechoquent quelque
fois, comme les tombes en formes de croix qui peuplent le cimetière de Troie.
Dans cette rue où il fait si
froid, je me perds devant ces maisons pareilles à des ruines et je pense à toi,
à tes yeux qui m'illumine. Et la sombre nuit qui m'inspire me dirige vers ton
logis.
Le silence domine la terre, avant de laisser place à la guerre. Les hommes quittent leur travail, pour rejoindre leurs misérables vies, dans leurs maisons saccagées. Et les voleurs se préparent à errer sur ces parvis, dérivant tels des fantômes, seul leurs ombres signalant leurs présences comme un avertissement. Je presse le pas, impatient de te retrouver, quand soudain, je tombe sur le roi de leur secte privé. Pourtant tout prêt de mon but, à quelque pas seulement, j'arrête ma lutte, la mort, j'attends. Il lève son pistolet, puis des coups de feu retentissent. La peur m'envahit et je ferme les yeux, abandonnant la vie.
Une lumière m'éblouit et je sais que je meurs, seulement, je ne ressens aucune douleur. Est-ce cela, la mort ? Une douce liberté, un lourd fardeau envolé et notre esprit qui dérive dans l'éternel néant.
Je pense au Paradis, à tous les péchés que j'ai commis, à toutes les ½uvres que j'ai accomplies et je prie lorsque je sens mon âme partir au purgatoire, pour me juger. St Pierre sera-t-il assez clément pour m'accorder la paix ? Puis j'attends. J'attends la délivrance, la souffrance, la peine, la haine, l'amour, la tristesse, le regret, la mort, qui tarde à venir. Rien.
Rien ne se passe. Tout doucement, j'ouvre les yeux et je t'aperçois, tel un ange descendu des cieux.
Tu me regardes, une larme trahissant ton sourire réconfortant, avec dans tes petites mains, un fusil ravageur.
Et à tes pieds je vois mon ennemi, le roi.
Otilia Benoist, 2d 9, 2017
La tête sous les nuages
La voisine regarde le paysage urbain.
Sa fumée à perte de vue, sa pollution qui essaye de s'échapper
Et se heurte à un plafond
de ténèbres orageuses
Au-dessus d'eux, d'autres font comme elle
Là-bas, c'est le port
Les flots sauvages attaquent les bateaux
Les mouettes se bagarrent pour un morceau de pain
Le paysage se forme sous ses yeux
Mais personne ne le voit
Comme un soleil
qu'on ne regarde pas.
Effacé comme la nuit sombre sans lune.
Les chemins s'éteignent petit à petit.
Mélissa Jourdain / Gautier Mariette
LA ROUTINE
Ils sortent à 6h et rentrent à 20, comme pour se recharger. Le chargeur restant toujours au même endroit, ils partent à 6h et rentrent à 20.
Les yeux de plus en plus creusés chaque jour et le sourire de moins en moins visible. Où sont donc passées toutes les couleurs de la jeunesse ? Sans doute dans ce bâtiment fait de béton où l'on voit, ceux qui sont censés s'amuser, sortir à 6h et rentrer à 20.
Et si leur logement représentait leur vie ? En commençant du 4ème étage, la vie serait joyeuse. Plus le temps passe, plus on descendrait et au fil des étages les visages rentreraient en dedans, de plus en plus dépourvus de couleurs.
Tels des machines, ils sortent à 6h et rentrent à 20. Comme pour se recharger.
Marie LEFEBVRE /2nd 9