Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ; Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ; Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ; Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !
Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule Comme un hymne confus des morts que nous aimons.
Et la face des eaux, et le front des montagnes, Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.
Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux, Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête, Sans que rien manque au monde, immense et radieux !
Victor Hugo, Les Feuilles d'automne, Poème VI, 1831
Vincent Van Gogh, Champs de blé aux Corbeaux, 1890 Peinture à l'huile, 50.5 × 100.5cm, Musée van Gogh, Amsterdam
Nous étions, elle et moi, dans cet avril charmant De l'amour qui commence en éblouissement. Ô souvenirs ! ô temps ! heures évanouies ! Nous allions, le c½ur plein d'extases inouïes, Ensemble dans les bois, et la main dans la main. Pour prendre le sentier nous quittions le chemin, Nous quittions le sentier pour marcher dans les herbes. Le ciel resplendissait dans ses regards superbes ; Elle disait : Je t'aime ! et je me sentais dieu.
Parfois, près d'une source, on s'asseyait un peu. Que de fois j'ai montré sa gorge aux branches d'arbre ! Rougissante et pareille aux naïades de marbre, Tu baignais tes pieds nus et blancs comme le lait. Puis nous nous en allions rêveurs. Il me semblait, En regardant autour de nous les pâquerettes, Les boutons-d'or joyeux, les pervenches secrètes Et les frais liserons d'une eau pure arrosés, Que ces petites fleurs étaient tous les baisers Tombés dans le trajet de ma bouche à ta bouche Pendant que nous marchions ; et la grotte farouche Et la ronce sauvage et le roc chauve et noir, Envieux, murmuraient : Que va dire ce soir Diane aux chastes yeux, la déesse étoilée, En voyant toute l'herbe au fond du bois foulée ?
Victor Hugo, Toute la Lyre, 1888
Vincent Van Gogh, Sous-bois avec deux personnages, 1890
Enfant ! Si j'étais roi, je donnerais l'empire, Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre, Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire, Pour un regard de vous !
Si j'étais Dieu, la terre et l'air avec les ondes, Les anges, les démons courbés devant ma loi, Et le profond chaos aux entrailles fécondes, L'éternité, l'espace, et les cieux, et les mondes, Pour un baiser de toi !
Victor Hugo, " A une femme", Les Feuilles d'automne, 1831.
Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818,
Huile sur toile : 94,4 x 74,8 cm, Kunsthalle, Hambourg.
Source : Manuel Français 2de, "L'écho des Lettres", Belin, 2015, pp. 238-239.
Les artistes du XIXe siècle (peintres, musiciens, poètes) ont souvent été représentés et leurs portraits, parfois allégoriques, ont contribué à forger la figure de l'artiste romantique en proie aux passions et à la mélancolie.
Un peintre mélancolique dans son atelier
Attribué à Théodore Géricault, Portrait d'un artiste dans son atelier, 1812 Huile sur toile, 147 x 114 cm, Musée du Louvre, Paris.
Un jeune homme, vêtu d'un costume sombre, est assis dans une posture romantique, la tête appuyée sur la main, seul dans son atelier. Pensif, il incarne l'artiste tourmenté et l'image du créateur libre et solitaire
Un pianiste passionné
Eugène Delacroix, Frédéric Chopin, 1838 Huile sur toile, 46 x 38 cm, Musée du Louvre, Paris
De petit format, ce tableau a été découpé, entre 1863 et 1874, dans une toile plus grande restée inachevée, représentant le musicien Frédéric Chopin à son piano, avec sa maîtresse, l'écrivaine George Sand, tous deux amis du peintre Delacroix.
Un poète dans la misère
Carl Spitzweg (1808-1885), Le Pauvre Poète, 1839 Huile sur toile, 36,3 x 44,7 cm; Nationalgalerie, Berlin.
Cette ½uvre met en scène un représentant grotesque de la ligue des poètes, ou des philosophes, qui vit sous les toits, dans le plus extrême dénuement et qui a dû brûler ses manuscrits pour se chauffer. Le feu est éteint, l'intellectuel, en chemise de nuit et bonnet de coton, est couché dans son lit, frissonnant, un parapluie ouvert au-dessus de lui doit le protéger des gouttes d'eau qui ont traversé le plafond. Mais, bravant l'adversité, la plume d'oie comme un poignard entre ses dents serrées, il continue de travailler et scande un hexamètre [le vers de la poésie épique: la forme lyrique la plus noble] dont la métrique est inscrite sur le mur au-dessus du lit. Les ½uvres entassées au pied du lit montrent le même esprit grandiloquent. Leur titre Gradus ad Parnassum ("Le Chemin du Parnasse") et leur prétention à l'éternité ne les empêcheront sans doute pas, hélas, de partir en fumée. Ainsi un ton caricatural plein d'humour caractérise cette description de la vie de l'artiste romantique qui mène en marge de la société une existence que les contemporains avaient tendance à idéaliser.
Source : Norbert Wolf Le Romantisme, Taschen, 2007, p. 78.
Reprise de l'opéra-ballet à l'Opéra Garnier en 1999 : direction musicale W. Christie, mise en scène A. Serban (Présentation extraite d'un journal télévisé) :
Illustration du savoir-faire français alliant un matériau traditionnel et des technologies de pointe, le Pavillon France, conçu par l'agence XTU, est entièrement réalisé en sapin des forêts de Franche-Comté. De l'abattage des arbres à la découpe des pièces qui seront assemblées à Milan, découvrez toute la chaîne de production de cette industrie.
Verdoel Adriaen, Vanité, 1692 huile sur bois 32 x 37cm, musée Charles de Bruyères, Remiremont.
De nombreux éléments prouvent que ce tableau est une vanité : Le violon représente les plaisirs de la vie les livres le savoir et la culture le crâne et le sablier désignent la mort qui arrive et le temps qu'il nous reste à vivre. Ce qui rappelle parfaitement le « Memento mori : Souviens toi que tu vas mourir ». Qui est le message passer par les artistes à travers les vanités.
J'ai choisi cette vanité pour deux raisons. L'une de ces raisons est la subtilité des éléments choisis par l'artiste pour représenter les plaisirs de la vie qui rendent une personne vaniteuse. Par exemple, les livres, pour nous, ils sont anodins, mais remis dans leur contexte ils avaient le pouvoir de rendre une personne vaniteuse. En effet, seules les personnes éduquées, cultivées et aisées pouvaient lire et posséder un livre. L'autre raison de ce choix est liée à la beauté de cette ½uvre picturale du XVIIème siècle.
Harmen Van Steenwyck, Allégorie aux vanités de la vie humaine, c. 1640,
Huile sur bois, 39,2 x 50,7 cm, National Gallery, Londres.
Sur cette vanité, nous pouvons voir divers objets orientaux posés sur une table, avec dans la partie centrale un crâne qui est mis en valeur par un rayon lumineux et par un tissus soyeux de couleur rose. Ce crâne nous rappelle que la mort est présente, mais cette mort n'est pas présentée de façon brutale sur ce tableau car nous pouvons observer derrière et à côté du crâne des objets représentant le voyage de Harmen van Steenwyck en Asie, ces objets nous montrent la richesse de la vie et surtout sa beauté.
J'ai choisi cette vanité car je la trouve plus gaie que les autres vanités en effet les couleurs sont plus douces, les objets et les carnets de route rappellent des souvenirs de voyage qui témoignent à la fois d'une vie bien remplie et d'une vie dans l'au-delà qui sera tout aussi riche. Ici la mort n'est pas une finalité mais surtout le début d'un nouveau voyage.
J'ai choisi cette vanité car elle est très moderne et on peut grâce à elle comparer les vanités d'hier avec celles d'aujourd'hui. Je l'ai aussi choisie car elle peut toucher beaucoup de personnes car les "Fast Food" sont très répandus dans le monde entier. Mais, en plus de ces aliments il y a un crâne, qui est l'un des éléments caractéristiques des vanités. Il rappelle le Memento mori, ce qui signifie "Souviens-toi que tu vas mourir". Selon moi, l'artiste a fait cette vanité pour dénoncer les "Fast Food" qui sont synonymes de "mauvaise nourriture" pour beaucoup de gens. L'artiste rappelle donc que les "Fast Food" sont nocifs pour la santé. Cette vanité m'a plu grâce à sa modernité et à la franchise de son message.
De nombreux éléments prouvent que ce tableau est une vanité : La flûte représente les plaisirs de la vie et le portrait les arts tandis que le sablier et le crâne désignent le temps qui s'écoule et la mort qui arrive : « Memento mori : Souviens toi que tu vas mourir ».
On peut aussi remarquer la disposition des objets : la flûte, la couronne et le portrait au premier plan pour montrer ce que l'on peut avoir dans la vie. La couronne indique que cela concerne tout le monde, même un roi. La fleur fanée montre que la mort est omniprésente, même dans la beauté éphémère; ce tableau est donc une nature morte. Le crâne et le sablier sont mis en arrière plan pour révéler ce qui arrive après ; c'est-à-dire la mort pour tout le monde et sans distinction sociale.
Cette vanité peut aussi représenter la destitution du roi Charles 1er d'Angleterre décapité en 1649. La forme de la couronne royale rappelle celle du royaume d'Angleterre. Le portrait de Charles 1er ne peut que renforcer cette idée.
J'ai choisi cette vanité car elle est vraiment différente des autres. De plus, elle est très riche en éléments.
Sur ce tableau, plusieurs éléments symbolisent l'aspect éphémère de la vie : les fleurs fanées, une bougie qui se consume, une bulle, dans le coin droit de la photographie. Sur la table est posée une sorte de montre rappelle que le temps s'écoule. Les pêches, situées à gauche du crâne, renforce cette idée car ce sont des fruits qui seront mangés un jour, et n'existeront plus. Et enfin le crâne rappelle que la mort triomphe toujours.
J'ai choisi ce tableau car il est pour moi un bon exemple de ce que représente la vanité. Il met aussi en évidence des objets importants à la représentation de la vanité. Tous ces objets font allusion à la durée de la vie qui est limitée, qu'elle s'arrête un jour et qu'ensuite survient la mort.
Pieter Claesz Vanitas still life 1625 Huile sur toile, 29,5 x 34,5cm
Sur l'½uvre de Pieter Claesz on voit, de chaque côté du tableau, des éléments qui symbolisent la vie (à droite) imagée par la bougie allumée et la mort (à gauche) représentée par un crâne. Du côté droit, celui de la vie, une boussole peut rappeler la question ultime « Quel est le sens de la vie ? » et du côté gauche, celui de la mort, une fleur coupée montre que tout est éphémère. « Memento Mori » « Rappelle toi que tu vas mourir », ce tableau illustre très bien cette phrase.
J'ai choisi ce tableau car il montre séparément la vie et la mort mais en même temps les met en lien.
Albert Sauteur, Vanité, 2002 : Crâne et Patek Philippe. Huile sur toile, 21 cm x 18 cm, collection particulière.
Sur cette vanité, seuls deux éléments sont représentés : un crâne, situé à droite de la peinture, l'élément principal d'une vanité avec, à sa gauche, une montre de la marque Patek Philippe. Ces objets sont situés au-dessus d'un miroir ce qui en valeur leurs reflets.
J'ai choisi cette vanité car elle est très simple et cela a attiré mon attention. Pour moi l'élément important de cette vanité est la montre car elle nous rappelle que le temps s'écoule. De plus on peut voir que les aiguilles de la montre affichent 10h10. Cela serait pour rendre un hommage à Louis XVI, décapité à cette heure le 21 janvier 1793, cet élément nous rappelle donc la mort, la vanité.
J'ai choisi cette vanité car j'ai beaucoup aimé le côté "la vie va s'endormir à petits feux" illustré par les fleurs qui se fanent, on imagine la vie s'éteindre petit à petit. Certaines sont claires en revanche celle qui sont proches du sol sont plus sombres. L'arrière plan est aussi très sombre, on voit également un crâne qui symbolise la mort. Cette vanité m'a plu puisqu'elle rassemble la valeur de temps ou de durée et de mort.
Composition photographique pour la couverture de l'album Awaking the centuries enregistré en 2000 par le groupe de métal symphonique Haggard.
Sur cette image, on peut voir plusieurs objets comme un livre, une partition et un instrument de musique placés sur une table à côté d'un crâne. Cela signifie que tous les plaisirs de la vie sont vains, éphémères. Cette vanité rappelle aux Hommes qu'ils doivent mourir à la fin de leur vie : c'est le "memento mori" : "souviens-toi que tu vas mourir".
De plus, en arrière-plan, derrière les objets, la tête d'un homme est représentée : il s'agit de Michel de Notre-Dame dit Nostradamus qui vécut au XVIème siècle. Cela renvoie au titre de l'album qui signifie "ce qui réveille les siècles". Nostradamus était apothicaire: il aurait soigné des personnes durant la peste noire (ce qui est mentionné dans les chansons).
Il était aussi astrologue et aurait expliqué des phénomènes célestes. Il aurait ainsi publié des "Prophéties" qui sont divisées en « centuries » (chapitres). Cela donne une nouvelle signification au titre de l'album "ce qui réveille les prophéties".
J'ai donc choisi cette vanité car on y trouve une sorte de face cachée, historique ce qui est intéressant. De plus, je trouve l'image assez belle et j'aime bien la musique de cet album. Enfin, cela montre que les vanités sont encore utilisées de nos temps et que ce n'est pas qu'un genre pictural des XVIIe-XVIIe siècles.
Hendrik Andriessen, Vanité avec le portrait d'un serviteur, 1650,
Huile sur toile, Université de Cornell, Ithaca (E.U.).
Ce tableau est une vanité représentant un ensemble d'éléments liés au plaisir comme une tablette et une petite statue pour les arts, un jeu de cartes pour les divertissements, des fleurs pour la nature, posées sur un luth représentant la musique.
On trouve au centre de ce tableau un crâne humain mis en lumière, entouré de bulles. Ces deux éléments sont présents afin de nous rappeler que nous sommes tous destinés à mourir un jour (Memento mori). Le crâne est posé sur un livre représentant le savoir. De plus, on voit un serviteur tenant dans sa main droite (le côté du Bien pour les Chrétiens) une image de son maître. Sa servitude et fidélité sont représentées par la chaîne en or qu'il a autour du cou.
J'ai choisi ce tableau car en plus de mettre des éléments classiques liés aux vanités, il ajoute l'esclavage et le statut de meuble des esclaves à cette époque. En effet, le serviteur est entreposé au milieu de tous ces objets comme un élément supplémentaire du décor.
Simon Renard de Saint-André, Vanité (XVIIème siècle) Huile sur toile, 60 x 43 cm; Musée des Beaux-Arts de Lyon
Sur ce tableau, on peut remarquer beaucoup de symboles propres à la vanité en peinture. Ainsi, en bas à gauche du tableau, une corde, en train de se consumer, représente le temps qui passe. Le crâne, placé au centre du tableau et le verre cassé font référence à la mort qui nous attend. Les instruments de musique (flûtes) et des écrits renvoient aux plaisirs des Hommes alors que la présence d'un coquillage, de pièces et d'une étoffe illustrent la notion de richesse.
J'ai choisi cette vanité pour son originalité. Les bulles de savon m'ont particulièrement plu dans cette ½uvre car elles représentent la fragilité de la vie. Elles se brisent et disparaissent, tout comme la vie.
Tirage argentique : 100 x 70 cm, blog de l'auteur.
Nous observons un crâne qui représente la mort qui est posé sur un tas de livres anciens, une bougie avec de la fumée et une montre à gousset qui signifient tous deux le temps qui tourne, mais encore une mandarine desséchée et quelques rosesfanées.
Les très grands nombres d'objets qui sont sur la table apportent un grand sens à la vanité. J'apprécie surtout le fait que le crâne soit posé sur le tas de livres car ce socle donne de l'importance etde la hauteur à la mort.
Certains éléments comme la montre ou le pichet de vin, renvoient à une époque plus récente. Ce qui permet de faire le lien entre la nature morte en peinture et ce montage photographique contemporain.
Sur cette vanité, on remarque, disposés sur une table, de multiples objets, tels qu'un livre et une plume, représentant la vanité du savoir, ainsi qu'un crâne et un os, posés sur ce livre. Ces derniers servent à nous rappeler l'omniprésence de la mort, ce qui nous renvoie au « Memento mori » (« Souviens-toi que tu vas mourir »). On trouve également quelques autres objets : une clé accrochée à un bandeau bleu, sur lequel repose une « boîte » richement ornée et semblant comporter un miroir (vanité des biens et plaisirs humains) …
Enfin, l'objet qui a le plus attiré mon attention est le bougeoir que l'on peut trouver à gauche de cette nature morte, se détachant du reste de la composition. En effet, un bougeoir accueille en temps normal une bougie, symbole du temps qui passe et donc de la brièveté de la vie. Or là, elle est absente. On peut donc logiquement penser qu'elle s'est déjà entièrement consumée, signifiant ainsi que la vie est courte et s'achève forcément un jour, tout comme une bougie se consume au fil du temps et finit par disparaître.
J'ai choisi cette vanité car à travers les symboles qu'elle contient, elle nous rappelle que la mort est le destin de tous, et que finalement de nombreux éléments de la vie courante sont futiles.
Pieter Claesz, Vanité avec violon et bille de verre, 1628, Huile sur toile, 60 x 100 cm, Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg.
La Vanité est un genre particulièrement présent en Hollande à l'époque Baroque, c'est-à-dire du milieu du XVI siècle au milieu du XVIII siècle. Il n'est donc rien d'étonnant à ce que Pieter Claesz, né à Anvers en 1596, ait décliné ce type de natures mortes en de nombreuses peintures.
Sur cette ½uvre-ci, nous pouvons voir plusieurs éléments typiques de la vanité : tout d'abord, les reliefs ronds et translucides du verre en bas à droite et de la sphère à gauche : ceux-ci représentent la futilité et la fragilité de la vie humaine.
Dans la sphère, nous pouvons apercevoir le reflet du peintre, pouvant être interprété comme un symbole de son haut statut d'artiste ou au contraire une preuve d'humilité. Ce miroir est bombé : il rappelle ainsi les miroirs convexes, aussi appelés miroirs de sorcières, utilisés au XVe siècle, par exemple par les banquiers pour surveiller leurs boutiques : ils permettent d'étendre le champ visuel par rapport à un miroir plat. Ceux-ci apparaissent dans l'art en même temps que la perspective au point de fuite (Renaissance), en tant que symbole de l'éphémère : il laisse entrevoir une scène qui n'a existé que dans les yeux du peintre, différente de celle que nous regardons.
Le verre utilisé est un Römer, c'est-à-dire un type spécifique de verres à vins anciens : il est très présent dans les ½uvres de Claesz, et le plus souvent représenté couché, pour accentuer la tension se dégageant de la peinture.
Le violon, les livres et la plume, sont caractéristiques des vanités dites « des biens terrestres » : ces symboles représentent l'art, les lettres et la science, plaisirs futiles de la vie humaine.
La montre ouverte en bas à gauche est une allégorie du temps qui fuit, que nous ne pouvons pas contrôler. La clé est donc elle-même un symbole : cette clé qui ne peut en rien réparer la montre, et qui est pourtant accrochée à celle-ci, est un moyen de nous souvenir que les légendes humaines contant l'immortalité ne sont que pure fiction, et que les Hommes ne peuvent rien changer au cours du temps.
La poterie brisée au dernier plan, la coquille de noix brisée elle aussi et le crâne au fond à droite ont ici une fonction de memento mori : « souviens-toi que tu vas mourir ». Ils sont tous les trois des représentations de la fatalité de la mort.
J'ai choisi cette ½uvre tout simplement parce qu'après plusieurs recherches, c'est la première qui a attiré mon regard : j'ai trouvé que les reflets et effets d'ombre entre les objets étaient magnifiques.