SFA2de5

Cadavres exquis

Par ncellier - publié le vendredi 12 juin 2015 à 10:15 dans Le surréalisme
Un jeu des surréalistes : "Le jeu du cadavre exquis" : "jeu qui consiste à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles puisse tenir compte de la collaboration ou des collaborations précédentes. Ce jeu tire son nom de la première phrase obtenue de cette manière : Le cadavre - exquis - boira - le vin - nouveau"
Dictionnaire abrégé du surréalisme, Breton et Eluard, 1938.

Voici votre dernier travail de l'année:
  • Mamie - tue - un sorbet à l'ananas - brutalement.
  • Le grimpeur - viens - de temps en temps - dans un cimetière.
  • Les feuilles de l'arbre - s'éclate - pendant un tournoi.
  • La maman de Gwendal - casse- les lapinous - lentement.
  • L'enfant - conduit - un jeu - en ce moment.
  • Une paire de courgettes - vole - nous - certainement.
  • Le chat - vend - dans les égouts - complètement.
  • L'écrivain - mange - Franck Ribéry - tellement.
  • Tiphaine - avait confondu - Tiphaine - actuellement.

Bonnes vacances !

Peinture surréaliste

Par MatthieuRenard - publié le jeudi 11 juin 2015 à 21:00 dans Le surréalisme

le surréalisme

Par LucileV - publié le jeudi 11 juin 2015 à 20:24 dans Le surréalisme
 

Winged Satellite, Vladimir Kush, (2000) huile sur toile

tableau suréaliste

Par LeaErlinger - publié le jeudi 11 juin 2015 à 18:28 dans Le surréalisme

Salvador Dali, La Persistance de la mémoire (Montres molles), 1931

Huile sur toile, 24 x 33cm, Museum of Modern Art (Moma) - New York.

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tableau surréaliste

Par BastienM - publié le jeudi 11 juin 2015 à 18:10 dans Le surréalisme


Vladimir Kush, Departure of the Winged Ship, 2000
Huile sur toile, 100 x 80 cm

Tableau surréaliste de R. Magritte

Par MaximeBrecqueville - publié le jeudi 11 juin 2015 à 17:58 dans Le surréalisme


René Magritte, La Trahison des images, 1929,
 Huile sur toile, 59 x 65 cm, Los Angeles County Museum

Tableau surréaliste

Par ChloeFargeon - publié le jeudi 11 juin 2015 à 15:24 dans Le surréalisme

Vladimir Kush, Les Moulins


Salvador Dali

Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 20:00 dans Le surréalisme

De Chiricho / Apollinaire

Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 19:00 dans Le surréalisme

Giorgio de Chiricho, Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire, 1914

Huile sur toile, 81,5 x 65 cm, Centre Pompidou, Musée d'Art moderne, Paris.

     Pour le peintre, Apollinaire devient le moderne Orphée (le poète antique avait été le guide des Argonautes). Le poète a lui-même contribué à son identification à la figure d'Orphée. En 1911, il publie Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée, pour lequel Raoul Dufy conçoit des illustrations parmi lesquelles figure une représentation d'Orphée, associé à ses attributs iconographiques classiques : la lyre et les poissons. (La légende voulait que le chant d'Orphée provoquât la sortie des eaux des poissons charmés par ses mélodies.) Dans le tableau, la coque évoque cette lyre.
       Aux attributs « orphiques » qu'il associe à la figure d'Apollinaire, le peintre ajoute la représentation d'une paire de lunettes qui évoque la « voyance » du regard poétique, sa capacité à percevoir le monde au-delà de ses apparences concrètes.

         De Chirico offre son portrait à Apollinaire, lequel décide d'en utiliser l'image comme frontispice de son premier recueil de calligrammes, Et moi aussi je suis peintre

       Lorsque les surréalistes renouent avec une conception de la poésie qui l'associe à la voyance, le Portrait prémonitoire de Guillaume Apollinaire devient, pour eux, une ½uvre de référence. La silhouette du poète, apparaissant en ombre chinoise dans la partie supérieure de l'½uvre, désigne précisément l'emplacement où Apollinaire est frappé par un éclat d'obus, le 17 mars 1916.

Source : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cazbyy/rny96Xy

Darius Milhaud

Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 18:10 dans Le surréalisme
Musique : Farce surréaliste
Cinéma fantaisie : ½uvre destinée à l'origine à accompagner un film muet de Chaplin

Le B½uf sur le toit


Francis Picabia

Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 18:00 dans Le surréalisme

Francis Picabia L'½il cacodylate, 1921
Huile sur toile et collages de photographies, cartes postales et papiers divers découpés
148,6 x 117,4 cm, Centre Pompidou, Paris.
Signatures et graffitis des amis du peintre transposés en peinture selon les principes de l''écriture collective.

Sens

Le cacodylate est un sel avec lequel Picabia a soigné un zona ophtalmique. Mais l'adjectif  est formé sur la racine grecque kakos, qui signifie "monstrueux". L'½il cacodylate serait ainsi un oeil monstrueusement dilaté.
Le surréalisme ne cesse de s'interroger sur le rôle du regard, l'½il est un objet privilégié pour Magritte, Brauner, Bataille, Bunuel et Dali.

Source : Le Surréalisme, Anthologie :"Littérature en Questions", "Etonnants Classiques", Flammarion, n° 152, 2002, p. 25.

Du romantisme au surréalisme

Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 14:00 dans Le romantisme
  ¼uvres picturales illustrant la séquence :


Eugène Delacroix, Scènes des massacres de Scio; Familles grecques attendant la mort ou l'esclavage, 1827,
Huile sur toile, 419 x 354 cm, Musée du Louvre, Paris.


                               

                                 L'Enfant

                    « Ô horror ! horror ! horror ! »,

                                                                   W. Shakespeare, Macbeth

 

Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.

Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,

Chio, qu'ombrageaient les charmilles,

Zone de Texte: 5Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,

Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois

Un ch½ur dansant de jeunes filles.

 

Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,

Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,

Zone de Texte: 10Courbait sa tête humiliée ;

Il avait pour asile, il avait pour appui

Une blanche aubépine, une fleur, comme lui

Dans le grand ravage oubliée.

 

Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !

Zone de Texte: 15Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus

Comme le ciel et comme l'onde,

Pour que dans leur azur, de larmes orageux,

Passe le vif éclair de la joie et des jeux,

Pour relever ta tête blonde,

 

Zone de Texte: 20Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner

Pour rattacher gaîment et gaîment ramener

En boucles sur ta blanche épaule

Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,

Et qui pleurent épars autour de ton beau front,

Comme les feuilles sur le saule ?


Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?

Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,

Qui d'Iran borde le puits sombre ?

Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,

Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,

Zone de Texte: 30Cent ans à sortir de son ombre ?

 

Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,

Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,

Plus éclatant que les cymbales ?

Zone de Texte: 35Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?

– Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,

Je veux de la poudre et des balles.

 

Victor Hugo, « L'Enfant », Les Orientales, 1829.

false DefSemiHidden="true" DefQFormat="false" DefPriority="99" LatentStyleCount="267">

René Magritte, Le Château des Pyrénées, 1959
Huile sur toile, 200 x 145 cm, Musée de Jérusalem, Israël.


                                                La terre est bleue comme une orange

Jamais une erreur les mots ne mentent pas

Ils ne vous donnent plus à chanter

Au tour des baisers de s'entendre

Les fous et les amours

Elle sa bouche d'alliance

Tous les secrets tous les sourires

Et quels vêtements d'indulgence

À la croire toute nue.




 

Les guêpes fleurissent vert

L'aube se passe autour du cou

Un collier de fenêtres

Des ailes couvrent les feuilles

Tu as toutes les joies solaires

Tout le soleil sur la terre

Sur les chemins de ta beauté.

 

Paul Éluard, poème VII, L'Amour la Poésie, 1929.

Affiche / Citations

Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 11:12 dans Anthologie Poètes Romantiques
Bravo Emma !!!


Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, 1830
Huile sur toile, 260 x 325 cm, Musée du Louvre-Lens.


Le crayon guidant le peuple, 11 janvier 2015
Photographie : Stéphane Mahé / Reuters
Après la dispersion du cortège, de nombreux participants sont restés sur différentes places parisiennes, comme ici, place de la Nation, où cette photographie a été prise.
Image placardée en une de grands journaux et sur les réseaux sociaux, elle immortalise Charles (un comédien de 22 ans) installé sur Le Triomphe de la République, la sculpture au centre de la place.
Source : francetvinfo


Cliché d'un photographe indépendant : Martin Argyroglo (11 janvier 2015)

Actualité

Par ncellier - publié le mercredi 10 juin 2015 à 11:00 dans Le romantisme
A quelle ½uvre cette affiche fait-elle référence ?

Poème romantique

Par XavierCunin - publié le mardi 9 juin 2015 à 20:24 dans Anthologie Poètes Romantiques
A une femme

Enfant ! si j'étais roi, je donnerais l'empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j'étais Dieu, la terre et l'air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L'éternité, l'espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !
                                   Victor Hugo,  Les Feuilles d'automne (1831)

Par AlexandreMonnin - publié le mardi 9 juin 2015 à 19:02 dans Anthologie Poètes Romantiques
Première partie de :

Impromptu à Aimée d'Alton

Déesse aux yeux d'azur, aux épaules d'albâtre,
Belle muse païenne au sourire adoré,
Viens, laisse-moi presser de ma lèvre idolâtre
Ton front qui resplendit sous un pampre doré.

Vois-tu ce vert sentier qui mène à la colline ?
Là, je t'embrasserai sous le clair firmament,
Et de la tiède nuit la lueur argentine
Sur tes contours divins flottera mollement.
 [...]
                                 Alfred de Musset,1888, poésie posthume

Poème et tableau romantiques

Par MaximeBrecqueville - publié le mardi 9 juin 2015 à 17:19 dans Anthologie Poètes Romantiques

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.


Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et, quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Victor Hugo (1802-1885), Les Contemplations, 1856



Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1818,
Huile sur toile, 94,4 x 74,8 cm, Kunsthalle, Hambourg.

Poème romantique

Par ClaraM - publié le mardi 9 juin 2015 à 16:44 dans Anthologie Poètes Romantiques
Victor Hugo, Les Feuilles d'automne, VI, 1831

  Soleils couchants

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !


Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.


Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes

Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.


Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !


Caspar David Friedrich L'été (Paysage avec un couple d'amoureux), 1807

Huile sur toile, 104 x 71 cm, Nouvelle Pinacothèque, Munich.

Tableau et poème romantique

Par BastienM - publié le mardi 9 juin 2015 à 16:34 dans Anthologie Poètes Romantiques

A Lydie

                          Imitation d'Alcée, poète grec.

Londres, 1797.

Lydie, es-tu sincère ? Excuse mes alarmes :
Tu t'embellis en accroissant mes feux ;
Et le même moment qui t'apporte des charmes
Ride mon front et blanchit mes cheveux.

Au matin de tes ans, de la foule chérie,
Tout est pour toi joie, espérance, amour ;
Et moi, vieux voyageur, sur ta route fleurie
Je marche seul et vois finir le jour.

Ainsi qu'un doux rayon quand ton regard humide
Pénètre au fond de mon c½ur ranimé,
J'ose à peine effleurer d'une lèvre timide
De ton beau front le voile parfumé.

Tout à la fois honteux et fier de ton caprice,
Sans croire en toi, je m'en laisse enivrer.
J'adore tes attraits, mais je me rends justice :
Je sens l'amour et ne puis l'inspirer.

Par quel enchantement ai-je pu te séduire ?
N'aurais-tu point dans mon dernier soleil
Cherché l'astre de feu qui sur moi semblait luire
Quand de Sapho je chantais le réveil ?

Je n'ai point le talent qu'on encense au Parnasse.
Eussé-je un temple au sommet d' Hélicon,
Le talent ne rend point ce que le temps efface ;
La gloire, hélas ! ne rajeunit qu'un nom.

Le Guerrier de Samos , le Berger d'Aphélie,
Mes fils ingrats, m'ont-ils ravi ta foi ?
Ton admiration me blesse et m'humilie :
Le croirais-tu ? je suis jaloux de moi.

Que m'importe de vivre au-delà de ma vie ?
Qu'importe un nom par la mort publié ?
Pour moi-même un moment aime-moi, ma Lydie,
Et que je sois à jamais oublié !

                                     François-René de Chateaubriand, Poésies diverses


Ivan Aivazovsky, Lake Maggiore in the Evening (1892)

Huile sur toile, 109x106 cm, Aivazovsky National Art Gallery, Ukraine

Poème Romantique

Par HugoO - publié le mardi 9 juin 2015 à 16:30 dans Anthologie Poètes Romantiques
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Après la bataille


Mon père, ce héros au sourire si doux,

Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous

Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,

Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,

Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.

Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.

C'était un Espagnol de l'armée en déroute

Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.

Et qui disait: " A boire! à boire par pitié ! "

Mon père, ému, tendit à son housard fidèle

Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

Et dit : "Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "

Tout à coup, au moment où le housard baissé

Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,

Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,

Et vise au front mon père en criant: "Caramba ! "

Le coup passa si près que le chapeau tomba

Et que le cheval fit un écart en arrière.

" Donne-lui tout de même à boire ", dit mon père.

 

Victor Hugo,  "Après la bataille", La Légende des Siècles, 1859

Poème romantique

Par NathanPinault - publié le mardi 9 juin 2015 à 16:27 dans Anthologie Poètes Romantiques

A une femme


Enfant ! si j'étais roi, je donnerais l'empire, 
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux 
Et ma couronne d'or, et mes bains de porphyre, 
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire, 
Pour un regard de vous ! 

Si j'étais Dieu, la terre et l'air avec les ondes, 
Les anges, les démons courbés devant ma loi, 
Et le profond chaos aux entrailles fécondes, 
L'éternité, l'espace, et les cieux, et les mondes, 
Pour un baiser de toi !


                   Victor Hugo (1802-1885), Les Feuilles d'automne, 1829


Poème romantique

Par TiphaineBP - publié le mardi 9 juin 2015 à 16:26 dans Anthologie Poètes Romantiques
Au bord de l'eau

S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe,
Le voir passer ;

Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace,
Le voir glisser ;

À l'horizon, s'il fume un toit de chaume,
Le voir fumer ;

Aux alentours, si quelque fleur embaume,
S'en embaumer ;

Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
Tente, y goûter ;

Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent,
Chante, écouter ...

Entendre au pied du saule où l'eau murmure
L'eau murmurer ;

Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
Le temps durer ;

Mais n'apportant de passion profonde
Qu'à s'adorer ;

Sans nul souci des querelles du monde,
Les ignorer ;

Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
Sans se lasser,

Sentir l'amour, devant tout ce qui passe,
Ne point passer !

                                   René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme (1839-1907),
                                   "Au bord de l'eau", dans le recueil "Les veines tendresses" (1875)


 Camille Pissarro, Jeune femme baignant ses pieds, 1895,
Huile sur toile, 61 x 48 cm.

Poème romantique

Par GwendalW - publié le mardi 9 juin 2015 à 16:17 dans Anthologie Poètes Romantiques
 Les Parfums

La moisson sent le pain : la terre boulangère
Se trahit dans ses lourds épis aux grains roussis,
Et caresse au parfum de ses chaumes durcis
L'odorat du poète et de la ménagère.

La tête dans l'air bleu, les pieds dans la fougère,
Les bois sont embaumés d'un arôme indécis.
La mer souffle, en mourant sur les rochers noircis,
Son haleine salubre et sa vapeur légère.

L'Océan, la moisson jaune, les arbres verts,
Voilà les bons et grands parfums de l'univers ;
Et l'on doute lequel est le parfum suprême.

J'oubliais les cheveux, tissu fragile et blond,
Qu'on déroule et qu'on fait ruisseler tout du long,
Tout du long des reins blancs de la femme qu'on aime.
                                                         
                                                             Albert Mérat, Les Chimères, 1866.

poème romantique

Par LucileV - publié le mardi 9 juin 2015 à 16:13 dans Anthologie Poètes Romantiques

Soleils couchants


Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !


Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.


Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.


Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

                            Victor Hugo,  Les Feuilles d'Automne, VI, 1831.

Frédéric Edwin Church, Automne (1875) ;

Huile sur toile 39 x 61 cm ; musée Thyssen-Bomrmisza, Madrid 

Poème romantique

Par Lucas Legagneux - publié le mardi 9 juin 2015 à 15:50 dans Anthologie Poètes Romantiques

A l'enfant malade pendant le siège

Si vous continuez d'être ainsi toute pâle
Dans notre air étouffant,
Si je vous vois entrer dans mon ombre fatale,
Moi vieillard, vous enfant ;

Si je vois de nos jours se confondre la chaîne,
Moi qui sur mes genoux
Vous contemple, et qui veux la mort pour moi prochaine,
Et lointaine pour vous ;

Si vos mains sont toujours diaphanes et frêles,
Si, dans vôtre berceau,
Tremblante, vous avez l'air d'attendre des ailes
Comme un petit oiseau ;

Si vous ne semblez pas prendre sur notre terre
Racine pour longtemps,
Si vous laissez errer, Jeanne, en notre mystère
Vos doux yeux mécontents ;

Si je ne vous vois pas gaie et rose et très forte,
Si, triste, vous rêvez,
Si vous ne fermez pas derrière vous la porte
Par où vous arrivez ;

Si je ne vous vois pas comme une belle femme
Marcher, vous bien porter,
Rire, et si vous semblez être une petite âme
Qui ne veut pas rester,

Je croirai qu'en ce monde où le suaire au lange
Parfois peut confiner,
Vous venez pour partir, et que vous êtes l'ange
Chargé de m'emmener.


Victor Hugo, L'année terrible, 1872.

Poème romantique

Par EmmaDL - publié le mardi 9 juin 2015 à 15:39 dans Anthologie Poètes Romantiques

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.


Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Victor Hugo, Les Contemplations,1856


Monet , La Pie, 1868-1869,

Huile sur toile, 89 x 130 cm, Musée d'Orsay, Paris.

Poème français

Par AntoineMercier - publié le mardi 9 juin 2015 à 15:35 dans Anthologie Poètes Romantiques
À Aurore

La nature est tout ce qu'on voit,
Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime.
Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit,
Tout ce que l'on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l'aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu'on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t'aime.
La vérité c'est ce qu'on croit
En la nature c'est toi-même.

                      George Sand (1804-1876) Contes d'une grand-mère vol. 1 (1873)

poème romantique

Par FlorianS - publié le mardi 9 juin 2015 à 15:27 dans Anthologie Poètes Romantiques
Jolies femmes

On leur fait des sonnets, passables quelquefois ;
On baise cette main qu'elles daignent vous tendre ;
On les suit à l'église, on les admire au bois ;
On redevient Damis, on redevient Clitandre ;

Le bal est leur triomphe, et l'on brigue leur choix ;
On danse, on rit, on cause, et vous pouvez entendre,
Tout en valsant, parmi les luths et les hautbois,
Ces belles gazouiller de leur voix la plus tendre :

- La force est tout ; la guerre est sainte ; l'échafaud
Est bon ; il ne faut pas trop de lumière ; il faut
Bâtir plus de prisons et bâtir moins d'écoles ;

Si Paris bouge, il faut des canons plein les forts. -
Et ces colombes-là vous disent des paroles
A faire remuer d'horreur les os des morts.

(Juillet 1870)
                                                      Victor Hugo, Les quatre vents de l'esprit

Poème Romantique

Par StevenC - publié le lundi 8 juin 2015 à 18:01 dans Anthologie Poètes Romantiques
Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu'on lit sans cesse, et qui jamais n'est refermé,
Un livre où l'on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D'un rêve nostalgique, où l'âme se tourmente.

Je voudrais, convoitant l'impossible en mes v½ux,
Enfermer dans un vers l'odeur de tes cheveux ;
Ciseler avec l'art patient des orfèvres
Une phrase infléchie au contour de tes lèvres ;

Emprisonner ce trouble et ces ondes d'émoi
Qu'en tombant de ton âme, un mot propage en moi ;
Dire quelle mer chante en vagues d'élégie
Au golfe de tes seins où je me réfugie ;
Dire, oh surtout ! tes yeux doux et tièdes parfois
Comme une après-midi d'automne dans les bois ;
De l'heure la plus chère enchâsser la relique,
Et, sur le piano, tel soir mélancolique,
Ressusciter l'écho presque religieux
D'un ancien baiser attardé sur tes yeux.

                                           Albert Samain, Au jardin de l'infante, 1893



Georges Sand

Par MatthieuRenard - publié le lundi 8 juin 2015 à 17:48 dans Anthologie Poètes Romantiques
                  À Aurore

La nature est tout ce qu'on voit,
Tout ce qu'on veut, tout ce qu'on aime.
Tout ce qu'on sait, tout ce qu'on croit,
Tout ce que l'on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l'aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu'on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t'aime.
La vérité c'est ce qu'on croit
En la nature c'est toi-même.

               George Sand (1804-1876), Contes d'une grand-mère vol. 1 (1873)

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