Penser après les cours...!

Pour les séries technologiques: révisez l'écrit en travaillant des sujets.

Par cyberblaise - publié le jeudi 17 juin 2010 à 11:54 dans Sujets d'EAF

 Se remettre dans le bain de l'écrit , en se demandant ce que l'on ferait face à des sujets qui ont été proposés puis regarder les corrigés:

http://www.bacchannales.fr/bac/post/EAF-2008-Series-technologiques


http://www.bacchannales.fr/bac/post/EAF-2007-Centres-etrangers-Series-technologiques


Vous pouvez m'envoyer vos propositions pour avis!

Sujets 2010 à Washington: le roman en L et en ES/S

Par cyberblaise - publié le mardi 8 juin 2010 à 11:05 dans Sujets d'EAF

A trouver sur ce lien:


 http://www.rochambeau.org/enseignement/examens/bac/bac2010/sujets/EAF_ES_S.pdf


Ce sujet est très proche de notre groupement de texte sur la description des personnages mais la question est transposée dasn le cadre de la description du lieux, encore une fois, la façon dont le romancier représente l'espace et les personnages est capitale pour l'écriture romanesque.


http://www.rochambeau.org/enseignement/examens/bac/bac2010/sujets/EAF_L.pdf


N'hésiter pas à les travailler et à me poser des questions!


Il n'ya pas de sujets pour les séries technologiques car il n'y en a pas au Lycée Rochambeau.

Sujet 2010 donné au Liban en section générale: la poésie!

Par cyberblaise - publié le lundi 7 juin 2010 à 11:39 dans Sujets d'EAF

CENTRES ÉTRANGERS
SÉRIE ES / S


Objet d'étude : La poésie.
Textes : 
Texte A : Joachim du Bellay, " France, mère des arts ...", Les Regrets, sonnet IX, 1558.
Texte B : Alphonse de Lamartine, "L'automne", Méditations poétiques, 1820.
Texte C : Charles Baudelaire, " Un hémisphère dans une chevelure", Petits Poèmes en prose (posthume, 1869).
Texte D : Jules Supervielle, "Les chevaux du Temps", Les Amis inconnus, 1934.

 

Texte A : Joachim du Bellay, " France, mère des arts ...", Les Regrets, sonnet IX, 1558.

France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle ;
Ores1, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle.
Mais nul, sinon Echo, ne répond à ma voix.

Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine ;
Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

Las ! Tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
Ils ne craignent le loup, le vent, ni la froidure :
Si ne suis-je2 pourtant le pire du troupeau.

1. Maintenant.
2. Et je ne suis pas...

 

Texte B : Alphonse de Lamartine, "L'automne", Méditations poétiques, 1820.

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards.

Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ;
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois.

Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
À ses regards voilés je trouve plus d'attraits ;
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais.

Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui.

Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !

Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel :
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel !

Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu !
Peut-être, dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu !…

La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphyre ;
À la vie, au soleil, ce sont là ses adieux :
Moi, je meurs ; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.

 

Texte C : Charles Baudelaire, " Un hémisphère dans une chevelure", Petits Poèmes en prose (posthume,1869).

 XVII

UN HÉMISPHÈRE DANS UNE CHEVELURE

 Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air.
 Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique.
 Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.
 Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur.
 Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.
 Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.
 Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.

 

Texte D : Jules Supervielle, "Les chevaux du Temps", Les Amis inconnus, 1934.

Quand les chevaux du Temps s'arrêtent à ma porte
J'hésite un peu toujours à les regarder boire
Puisque c'est de mon sang qu'ils étanchent leur soif
Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant
Pendant que leurs longs traits m'emplissent de faiblesse
Et me laissent si las, si seul et décevant
Qu'une nuit passagère envahit mes paupières
Et qu'il me faut soudain refaire en moi des forces
Pour qu'un jour où viendrait l'attelage assoiffé
Je puisse encore vivre et les désaltérer.

 

I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points) :

Comment s'expriment les sentiments du poète dans les quatre textes du corpus ? (Ne pas excéder une vingtaine de lignes).

II. Vous traiterez ensuite, au choix, l'un des sujets suivants (16 points) :

  • Commentaire
    Vous ferez le commentaire du texte de Lamartine (texte B).

  • Dissertation
    La poésie est-elle pour le poète un refuge face au monde réel ? Vous aurez soin d'illustrer votre réponse par des références poétiques choisies dans le corpus, dans les poèmes étudiés en classe, ou dans votre culture personnelle.

  • Invention
    Vous écrivez de la poésie et avez adressé un recueil à une maison d'édition qui l'a refusé. Vous rédigez, au choix :
      - soit la lettre de refus que vous a envoyée le directeur de la maison d'édition : selon lui, vos poèmes sont trop inspirés par les problèmes de société et les débats actuels ;
      - soit la lettre que vous adressez en réponse à ce directeur : vous y soutenez l'importance, pour la poésie, d'aborder des questions de société.

 

Sujet d'écrit jamais sorti encore...

Par cyberblaise - publié le dimanche 6 juin 2010 à 11:45 dans Sujets d'EAF

Depuis plusieurs années, je me dis qu'il pourrait y avoir un sujet de dissertation à l'écrit vous demandant de réfléchir à la différence entre un personnage roman et un personnage de théâtre:  réfléchissez d"abord par vous-même, puis consultez les pistes d'après un article trouvé dans un TDC. N'hésitez pas à me demander des explications.


la lettre P dans les notes veut évidemment dire personnage!


Personnage de roman/ personnage de théâtre: article dans TDC mars 2008, JP Ryngaert.

Distincts dans les normes classiques,  les deux P ont évolué tous deux vers un effacement identitaire au profit de voix qui relaient action et narration.

Différents normalement au plan de l'action, du temps et de l'organisation du système énonciatif.

Théâtre : domaine du faire ou du dire qu'on fait ou du vouloir faire Cf M. Corvin dans Dictionnaire encyclopédique du T.
P = celui qui fait, qui dit qu'il fait, qui revient sur ce qu'il a fait
Le P de T a toujours l'air occupé à agir ou à envisager d'agir, cf Scapin, Figaro, Phèdre...

Roman : l'avoir fait et ses traces dans le faire d'aujourd'hui : introspection, rumination des événements, effets de maturation.
Au XIXème siècle accentuation de la ressemblance des personnages aux personnes. On oublie, néglige le fait qu'ils soient pris dans des réseaux fictifs qui les éloignent des référents réels.
Changement lors du Nouveau Roman, du théâtre de l'absurde, des écritures récentes : perte d'épaisseur des P, fonction référentielle moins valorisée.

P : des êtres de papiers. Longtemps on a dit que les P de T ne s'accomplissaient que dans la représentation scénique et qu'ils seraient différents des pers. de roman qui appartiennent à un écrit en prose.
Autre point de vue possible : les pers. de T aussi êtres de papiers, à prendre en compte comme créature d'écriture, son auteur= un écrivain. Incomplet si on le considère comme en attente d'une incarnation mais plutôt situé AU CARREFOUR DE L'ENONCE et DU VISIBLE.

Le per. romanesque est différent qui advient sur le mode de la rêverie ou de l'image mentale, son imaginaire fictif 
alors que la fiction au T est destinée à se donner à voir, mais imaginée avant, tout de même par l'écrivain.
Toujours incomplets car aucun texte, même le plus réaliste ne fournit tous les renseignements sur un P : l'info n'est jamais saturée.
Le lecteur est toujours mis à contribution et appelé à compléter les données livrées par le texte.

L'instance narratrice en question :
Dans le drame pur normalement prédominance du dialogue : exclut radicalement le récit ou l'adresse ainsi que tout intermédiaire entre la fiction et le lecteur ou spectateur. Les infos ne passent que par le dialogue (sauf exception du monologue qui s'avère souvent un faux dialogue car P se parle à lui même en se dédoublant)
« relation interpersonnelle au présent' » Szondi in Théorie du Drame moderne.

L'auteur est exclu du drame tout comme ses éventuels représentants. Autonomie apparente et ambigüe du P comme s'il prenait la parole de lui-même et disposait d'une conscience.
Le T raconte uniquement à travers les discours de ses P qui ont en charge l'avancée de la fable et de l'action au même titre que l'énoncé de leurs émotions, supports de nos indentifications.
Fermeture apparente du dialogue, qui fait mine d'exclure tout tiers écoutant, intimité surprise à travers le 4ème mur abattu.

Dans le roman classique, l'instance narrative fournit l'essentiel de la fiction et ne fait parler directement les P que très peu. Tous les autres systèmes d'énonciation sont possibles : P qui perdent en autonomie puisqu'ils sont intégrés au récit et qu'ils n'en sont directement ni les moteurs ni les agents. Dépendants du narrateur -Cf Jacques le fataliste !- demeurent des supports d ‘identification, orientés par le point de vue que le narrateur porte sur la fiction entrain de se construire.

P de T classiquement nommé parfois qualifié dans les didascalies liminaires, il étoffe son identité au travers de ce qu'il dit et de ce que les autres disent de lui, mais aussi des actions. Pas éclairé de l'intérieur par des infos surplombantes comme par un narrateur omniscient pour le P de roman.

Epaisseur des P de Roman liée à la longueur de l'œuvre, à la valorisation des infos psychologiques, à l'étalement de la fiction dans le temps.

Effritement des frontières, émergence d'une voix

Mutation des genres en général : fin de l'intrigue à P fixe et établis.
Le Roman tend à s'affranchir du narrateur ou de toute voix intermédiaire entre l'auteur et le lecteur : voix qui prennent la parole sans mise en place d'un cadre spatio temporel narratif précis (focalisation interne, indirect libre puis flux de conscience, monologue intérieur, première pers du discours, accès à l'inconscient, plus de construction rationnelle, flux de phrases...)

T  contemporain qui s'est « romanisé », accueille de plus en plus de récits, de plus en plus de mises en scènes de textes romanesques.
Partage des voix qui s'écarte des règles de l'ancien dialogue.
Voix de l'auteur : représentants désignés par des lettres. Les P s'amaigrissent, deviennent des figures, mais au T enrichissement des fonctions : racontent, informent, disent les didascalies, dialoguent tout en faisant avancer l'action quand il y en a une.
Genres s'affaiblissent au profit de la notion de textes. P de moins en moins contrastés, identités qui s'affaissent au bénéfice des voix, importance grandissante donnée à LA PAROLE plus qu'au contexte.
Rythme, recherche d'impressions et sensations plus que récit.
Au T, le P s'efface derrière l'acteur qui relaie la voix de l'auteur vers le spectateur à venir.
Dans le Roman : voix qui s'adresse au lecteur, cf vogue de l'autofictions ou du romans à la première personne.
Importance pour les deux de l'adresse à l'autre.

D'après TDC du mois de mars 2008

Surfez aussi sur le blog d'un collègue à la fois pour le personnage de roman et pour le personnage de théâtre!

http://litteraturelycee.blogspot.com/2010/01/la-construction-litteraire-du.html

Dissertations sur la poésie (Suite)

Par cyberblaise - publié le vendredi 4 juin 2010 à 11:26 dans Sujets d'EAF

Sur le blog d'un collègue, deux sujets de bac blanc corrigés qui peuvent vous "inspirer".

https://www.weblettres.net/blogs/article.php?w=MonplaisirLett&e_id=30686

L'un sur le thème du rêve, l'autre de la poésie engagée.


Les deux tableaux présentés sur la page peuvent nourrir la réfléxion des GM et des ST2S sur la relation entre la femme et le rêve et être évoqués en ouverture des poèmes étudiés en classe, à condition que vous les citiez précisément.

S'entrainer à la dissertation: la poésie

Par cyberblaise - publié le dimanche 30 mai 2010 à 11:39 dans Sujets d'EAF

Je vous propose différents sujets qui ont été donnés sur la poésie à titre d'exemples. Les travailler, c'est aussi préparer les questions d'entretien à l'oral, pensez à voir comment vous les traiteriez à partir des poèmes et auteurs que vous connaissez, n'oubliez pas non plus que le jour de l'écrit, il faut réfléchir à partir du corpus de textes proposé:

http://www.etudes-litteraires.com/methode-dissertation.php


http://www.intellego.fr/soutien-scolaire-1ere-S/aide-scolaire-Francais/Dissertation--Poesie-et-expression-des-sentiments-personnels/13628


http://www.bibliolettres.com/w/pages/page.php?id_page=139


http://verlaineexplique.free.fr/poesieetlangage.html


Pour découvrir la lecture en ligne grâce à Calameo:

http://fr.calameo.com/read/000201419fe2fe39f0bc6

Sujets de français sortis cette année à Pondichéry

Par cyberblaise - publié le mercredi 28 avril 2010 à 12:54 dans Sujets d'EAF

Il est toujours intéressant de regarder les sujets qui tombent avant ceux de France métropolitaine. Ils peuvent constituer un bon outil de préparation.

Pour les premières de section générale, il s'agit d'un sujet sur la poésie.

http://www2.ac-toulouse.fr/lyc-francais-pondichery/espaceprofs/sujetbac/Bacpondy2010/francaisS-ES.pdf


Pour les premières des sections technologiques un sujet sur l'argumentation:

http://www2.ac-toulouse.fr/lyc-francais-pondichery/espaceprofs/sujetbac/Bacpondy2010/francaisSTG.pdf

dissertation sur les fonctions de l'art( 1S1

Par cyberblaise - publié le mercredi 28 avril 2010 à 12:44 dans Sujets d'EAF

Plan de dissertation :

I.L'art et la littérature comme activité qui crée de la beauté et cherche à toucher les hommes ( Fonction esthétique et expressive de l'art)

La visée des artistes est de créer avec un matériau particulier ( peinture, langage, images, sons), une technique éprouvée, une habileté et un talent spécifique des œuvres qui soient dites belles par la perfection de leur forme, l'idéalisation des êtres humains ou par l'adéquation de la forme inventée avec le sujet à traiter. Chaque époque propose sa conception de la beauté comme le confirme l'histoire de l'art et l'évolution des mouvements littéraires et artistiques.

Exemples de ce souci de la beauté, de l'idéalisation, de l'adéquation entre forme et fonds traité trouvés par les différents groupes :

-la peinture impressionniste qui cherche à rendre les « impressions » suscitées par les paysages naturels ou urbains au plus près des effets qu'il suscite dans la réalité par le moyen de taches de couleurs et des vibrations que produisent leur assemblage et que Zola essaiera d'imiter dans certaines descriptions de La Curée comme celle du Bois de Vincennes qui insiste sur les notations de lumière , de reflets, de couleur recréant l'atmosphère du lieu et du moment de façon vivante.

-la célébration de la beauté féminine dans la poésie lyrique amoureuse quelle que soit l'époque, les textes qui relèvent de l'éloge. Mais aussi la musicalité de la poésie pour enchanter la douleur de la séparation, de la perte dans la poésie romantique par exemple Le lac de Lamartine ou dans Bérénice si l'on songe aux passages élégiaques d'Antiochus : « Je demeurais longtemps errant dans Césarée »ou à la pris e de conscience de Bérénice lorsqu'elle évoque le « pour jamais » : « dans un an, dans un mois, comment souffrirons-nous… ». Toutes les émotions humaines sont exprimées par les œuvres d'art de telle sorte que par la médiation de la beauté, de la forme artistique nous puissions les ressentir et parfois les affronter.

-la célébration de l'amour dans Bérénice, l'exaltation de la grandeur humaine qui peut sacrifier le bonheur individuel à des causes jugées plus nobles, plus héroïques. La tragédie qui dépeint la grandeur et la souffrance de la condition humaine

-l'art classique en général qui met en avant l'idéalisation morale des hommes : esthétique de la maitrise, de l'économie des moyens, des règles qui contraignent, idéal de maîtrise des passions, éloge de la vertu cf la Princesse de Clèves, principale règle ‘ « plaire et toucher »

-mais souci de beauté ou d'adéquation entre forme et fonds aussi dans la littérature argumentative des Lumières :cg Le Bon Sens de D'Holbach : créer un apologue dont les procédés d'écriture  sont plaisants et habiles pour que le lecteur soit sensible à l'argumentation sous-jacente contre l'existence de la Providence, idem pour la Fontaine habile conteur qui transforme ses histoires édifiantes ou critiques en véritables scénettes de théâtre dans les fables ou utilise tous les ressorts de la rhétorique la plus pathétique pour faire parler son «  paysan du Danube » qui devient un modèle d'orateur romain.

-Tout projet artistique révèle le besoin pour l'artiste d'exprimer sa propre perception du monde ainsi Zola en créant la série des Rougon-Macquart a l'ambition de représenter « l'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire » et d'inventer «  le roman expérimental » qui montre l'influence d'un milieu et d'une hérédité sur les hommes afin de donner à connaitre la société de son temps en fonction des dernières découvertes scientifiques en vogue et avec pour visée de contribuer à son évolution et amélioration, mais cela passe par la mise en œuvre d'une construction romanesque nouvelle avec des procédés particuliers de création qui font que l'écriture zolienne est parfaitement identifiable.

(etc)

II.L'art mis au service de causes diverses dans le passé, raisons de cette efficacité critique et continuation aujourd'hui de cette mission (fonction éthique de l'art)

L'artiste est un homme de son temps,  qui ne peut y être indifférent, vu sa sensibilité, aux questions qui le taraude, aux problèmes spécifiques que l'époque rencontre. Parce qu'il est au contact du public, puisque son activité s'offre au regard d'autrui, entre en contact avec les gens, parce qu'il a du talent et une habileté technique pour rendre ses idées de façon efficace, l'artiste met son art au service d'une cause.

Exemples suggérés : la littérature des Lumières : articles de l'Encyclopédie, dialogues de Diderot, contes philosophiques de Voltaire, les textes du corpus…Engagement dans la pratique artistique mais aussi dans la vie.

La littérature moraliste du XIIème siècle : la Fontaine et ses fables mais aussi Molière dans le Tartuffe par exemple contre le pouvoir des dévots.

La Curée de Zola : roman qui dénonce la corruption du régime de Napoléon III et prend des allures de pamphlet, dans la continuité des articles politiques de Zola dans les journaux.

La littérature et l'art  romantique : cf les Misérables, Le jounal d'un condamné à mort de Hugo, le Massacre de Chio de Delacroix, Les Confessions d'un enfant du siècle de Musset

Guernica de Picasso, les films de Chaplin comme Les Temps Modernes, Le Dictateur

La poésie engagée : les poètes surréalistes qui écrivent des poèmes contre les nazis et entrent en résistance : » Liberté » d'Eluard

Continuation aujourd'hui : de nombreux artistes dénoncent des problèmes du moment et s'engagent dans leurs œuvres : les cinéastes et les sans-papiers par exemple : courts-métrages pour faire connaître leur sort.

Avatar qui peut se lire comme un apologue : rapport avec le mythe du Bon Sauvage, critique de la société consumériste américaine, réflexion écologique.

 La Raffle

En littérature par exemple réflexion sur le terrorisme dans le roman  Attentat de Yasmina Khadra, sur les sans papiers qui émigrent d'Afrique dans Eldorado de Laurent Gaudé…

(etc)

III L'art, un choix existentiel, porteur d'une vision du monde qui peut apparaître comme une façon de s'opposer à la société marchande qui privilégie « l'avoir » plutôt que « l'être ». Engagement de l'artiste en faveur de la création, de la liberté d'invention de formes nouvelles, de la beauté est en lui-même une forme de dénonciation, quel que soit le sujet traité.

Un être humain qui réalise ses potentialités humaines est un être créatif qui met en œuvre sa liberté, son intelligence, son savoir-faire technique pour s'exprimer et entrer en contact avec autrui, chercher les échanges humains, ce qui peut le rendre heureux en le valorisant. Cette réalisation de soi n'est pas toujours possible si l'on se contente d'un travail salarié, d'être un consommateur qui accumule des objets et qui ne s'affirme que par des signes extérieurs de richesse matérielles.

Par le passé déjà des artistes ont mis en relief les insuffisances d'un monde matérialiste uniquement : cf la souffrance de Renée dans la Curée qui s'ennuie dans les vanités du jeu mondain où elle n'est qu'une poupée qui sert de faire valoir aux hommes, un objet de concupiscence que l'on exploite et dont on jouit, sentiment de ne pas « être », même pas la dignité d'une Phèdre, sentiment de vide.

Cf Madame Bovary de Flaubert

Exister en laissant son nom dans l'histoire de l'art par sa créativité et son génie artistique cf les Romantiques.

Aujourd'hui : artistes indépendants qui plus que la richesse et le souci de plaire à un maximum de gens ,quitte à en rabattre sur les exigences d'originalité et de qualité, préfèrent se produire eux-mêmes ou créer de petites structures de production :groupes de musiques indépendants, films d'art et essai, écrivains qui publient sur la toile, exemple le réseau Publie.Net de François Bon.

ETC


Des sujets de dissertations corrigés pour travailler l'écrit...et l'oral!

Par cyberblaise - publié le mercredi 28 avril 2010 à 12:28 dans Sujets d'EAF

Ce blog est une invitation à se cultiver après les cours pour mes élèves du lycée Camille See de Colmar. J'aimerais qu'il devienne le lieu d'approfondissement des petites digressions qui font le charme des cours et aussi l'occasion d'échanger nos bonheurs de lecture et des informations sur les événements culturels susceptibles de nourrir notre vie.
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