Des poussières infiniment toi
La nuit claire s'étend, douceureuse
Ce soir il neigera à Keïta
Les désanchanteurs ont sévi, la main de l'infini a sévi
Quel desespoir ravageur
Nous nous aimions pourtant d'une haine si douce
Pourquoi les hauts toits de l'amour ne chapardent-ils plus la douleur?
Il est trop tard, hélas
Certes les armes sont bégnines, les plaies indolores
Mais il fuit, il court ventre à terre, égaré en chemin, cadavre à la mer
Ce soir il neigera à Keïta
Il faudrait une fois encore briser les barières
Danser en les collines enflammées
Tu dois devenir, ne pas partir
Mais c'est un combat de chair
Son sang me brûle les veines
Je sais qu'il me meurt à son tour
Ne pas le punir, ses désirs sont noirs, sa névrose est apothéose
Fin. L'amant est décédé, mais l'amour vit encore
Aube d'une nuit certaine
Ce soir il neigera à Keïta
Au sommet de la vallée, je m'abandonnerai au sort dérisoire de ceux qui croient encore
N'oublie pas ton sourire
La niaiserie fait mal, le pathétique fait rire
Consumés de l'intérieur, les amoureux émaciés casseront le vase des songes de cendre
Le parfum âcre du petit matin appelle la raison brillante et maladive à demeurer, subsister
Mais la mort survivra encore
Jusqu'au dernier inconscient
Indigestion d'indifférence
Ecoutons enfin le silence
Car la nuit claire s'étend