SATURA

Consignes suite 3

Par samsagace63 - publié le samedi 20 avril 2013 à 13:30 dans Le roman et ses personnages
Consignes:

1. Donnez à votre suite le titre "Fin"

2. Vous devez achever le fil narratif de votre choix.

3. Il est indispensable de relire l'histoire que vous achevez depuis le début et de donner une résolution ou une explication à tout ce qui a été laissé dans l'ombre.


Mesdemoiselles Bridot et Feugère sont priées de publier leur suite 2 sous forme de commentaire au bon endroit.


Incipit

Par MAZET2013 - publié le mercredi 9 janvier 2013 à 09:45 dans Le roman et ses personnages
Ce n'est pas une journée comme les autres , aujourd'hui nous sommes le 25 Décembre et c'est pour moi le plus beau jour de l'année. Je m'appelle Marine, j'ai 10 ans et j'habite dans un petit hameau avec toute ma famille, au milieu de la campagne savoyarde. Dehors, le paysage est blanc, le ciel est triste et les arbres recouverts de neige, le temps est comme figé. Nous sommes tous réunis autour d'une grande table, une immense bûche brûle dans la cheminée, une dinde est posée au centre de la table sur un plateau d'argent. Le dîner est copieux et l'ambiance festive, tout le monde rit à cœoeur joie. Mais au fond tout le monde est triste. J'aimerais que ce jour soit éternel car aujourd'hui la douleur est moins grande, mais Noël est éphémère comme toutes les personnes assises à cette table. Oui aujourd'hui est un beau jour, mais cette année, il nous manque quelqu'un à table...

L'orphelinat éphémère (incipit)

Par SERVAGENT2012 - publié le mardi 8 janvier 2013 à 11:58 dans Le roman et ses personnages
 

« -Encore une dure journée! »

Will se jeta sur son lit. Un repos bien mérité qui ne sera toutefois qu'éphémère. Dans ce hameau qui trônait au cœur de la Forêt des Hautes Plaines du Crépuscule, depuis déjà des décennies vivaient de jeunes orphelins et le directeur de cet institut. Parmi eux, Will était le plus jeune, ce qui ne l'empêchait pourtant pas d'être le plus débrouillard. Du haut de ses 12 ans, il usait de précautions, d'agilité et de volonté de telle sorte que tout ce qu'il entreprenait était souvent couronné de succès. Il était 18h30 et le soleil rayonnait encore en ce beau jour d'été. Will se changeait lorsque son ami Horace, plus connu sous le pseudonyme de « La Dinde » ; son alimentation n'étant pas en rien dans ce surnom ; accourut vers lui :

« Will ! Un p'tit vieux rabougri vient d'apporter une lettre au dirlo!

-Et ? » L'interrogea Will en enfilant un tee-shirt qui faisait parfaitement ressortir le bleu azur de ses yeux.

« Et d'après ce que Jenna a pu entendre de leur conversation, cette lettre parle de toi Will!

-Mon dieu, La Dinde, tu ne pouvais pas me le dire plus tôt ?!

-Eh non Freluquet! dès que j'ai su, j'ai accouru pour te le dire.

-D'accord merci beaucoup Horace!

Il enfila à une vitesse folle le reste de ses vêtements et descendit les marches quatre à quatre. Il arriva dans le réfectoire. Le sang de Will ne fit qu'un tour lorsqu'il vit le directeur partir avec une lettre dans son bureau au 5ème étage. C'était décidé, Will irait chercher cette lettre ce soir même et peu importe le nombre d'étage qu'il faudra escalader!

Incipit.

Par MARIE2012 - publié le mercredi 26 décembre 2012 à 09:31 dans Le roman et ses personnages

C'était l'hiver, il neigeait à gros flocons. Les chemins sinueux menant à Saint-Ange étaient recouverts de ce blanc manteau. J''ai d'ailleurs bien failli me perdre à plusieurs reprises. Aux abords du hameau, tout était calme, cela m''a surpris. D'habitude, on entendait toujours les rires ou les cris des enfants, mais là rien. On pouvait presque entendre la nature respirer, la neige tomber.

Au crépuscule, lorsque j''arrivai sur la place du village, elle était totalement déserte, la vie semblait l'a'voir quittée. Quand soudain :

-« Pssst, pssst ! Par-là, par-là ! » chuchote une petite voix derrière moi.

Je me retourne, et j''aperçois une frimousse, au teint rosé, dépasser de l'entrebâillement de la porte d'une maisonnette bancale. Je m''avance vers elle, je rentre, elle referme précipitamment derrière moi, et pousse un amoncèlement d''objets pour bloquer la porte. Cette poupée aux jolies boucles blondes, au nez retroussé semblait effrayée. Ces grands yeux bleus se tournèrent ensuite vers moi, et me dévisagèrent des pieds à la tête.

-« Qui es-tu, et que fais-tu là ? »

-« Je suis Anna Pak, j''ai grandi dans ce village, et je viens en visite dans ma famille. Et toi qui es-tu ? »

-« Je m''appelle Sofie, et je suis la dernière survivante ! »

-« La dernière survivante, …  je ne comprends pas ? »

La petite s''agite, un flot de paroles ininterrompues m'explique :

« Depuis trois mois, des enfants disparaissent. Le premier Eric le fils de la couturière, puis Adèle et Marie les filles du libraire, une dizaine d'autre encore, et dernièrement Simon le fils du boucher. Nous les avons tous cherchés partout. La panique et la peur ont commencé à gagner l''ensemble des parents. La majorité n''a trouvé comme solution que de quitter le village pour protéger leurs enfants. »

-« Mais toi Sophie, pourquoi es-tu encore là ? »

-« Mon grand-père et les quelques adultes restant sont encore à la recherche de mes camarades. La dernière fois, où j''ai eu de leurs nouvelles ils suivaient toujours la piste des plumes d''oiseaux.»

-« Des plumes d''oiseaux ! »

En effet, lors de la disparition d''Eric et des autres, les villageois ont toujours retrouvé, comme seul indice, un amalgame de plumes. Après renseignement auprès d'un ornithologue, il s''agit sans nul doute d''un plumage de dinde.

incipit

Par MOUSSIER2012 - publié le dimanche 23 décembre 2012 à 12:32 dans Le roman et ses personnages
Un petit garçon prénommé Jean, âgé de seulement huit ou neuf ans, vivait dans un hameau non loin d'ici. C'était un hameau sans histoire perdu au milieu des champs avec juste cinq ou six maisons. Il habitait chez son oncle et sa tante car pour une raison encore inconnue ses parents l'avaient confié au frère et à la belle-soeur du père lorsqu'il était encore trop petit pour s'en souvenir. Il avait pour habitude d'aller tous les jours voir son grand-père qui habitait à deux maisons de chez lui. C'était un homme assez petit, plutôt maigre et très patient. A chaque fois, son grand-père, Paul, lui offrait trois petits gâteaux et un verre de lait. Pendant que l'enfant mangeait, Paul lui racontait les histoires d'une dinde.C'était la seule dinde de la ferme où vivait Paul quand il était petit. Elle était selon lui une dinde magique, elle pouvait communiquer avec lui. Il lui racontait tout, c'était sa seule amie.La dinde qui s'appelait Célia fut enlevée et Paul ne l'a jamais retrouvée. Une journée d'été, alors que Jean était chez son grand-père et qu'il écoutait comme d'habitude les histoires de Célia. Il vit son grand-père s'effondrer sur le fauteuil, il comprit vite que c'était la fin pour Paul. Il lui fit alors la promesse de retrouver la dinde et de continuer l'histoire de Célia.

Incipit

Par OUNI2012 - publié le dimanche 23 décembre 2012 à 10:23 dans Le roman et ses personnages
La première fois que j'ai su que j'étais destiné à devenir boucher, je devais avoir à peu près onze ans. A ce moment-là, j'habitais dans une cité appelée la Forêt, puisqu'elle était située juste à côté d'une forêt. Cette cité était plutôt paisible mais quelques fois la police venait jeter un coup d'œil parce que les bâtiments commençaient à tomber en ruine, il y avait beaucoup de fuites de gaz et quelques coupures de courant. Beaucoup de gens venaient dans notre cité, surtout ceux des hameaux d'à coté, qui aimaient venir tout de marques vêtus, jouer sur le terrain de foot, les balançoires et même faire du toboggan. Les grandes personnes se réunissaient quand il faisait beau et commençaient leurs commérages hebdomadaires. Un jour un de ces « pavillonneurs » m'a proposé de se joindre à eux pour Thanksgiving. Je ne savais pas du tout ce que c'était. Il m'a expliqué que c'est une fête que célèbrent les américains et que le but est de partager un repas tous ensemble. Je l'ai ensuite remercié pour son invitation. Le soir même, vers 19 heures, je m'étais pointé chez eux avec une bouteille de Coca Cola et à l'entrée j'ai entendu le cri d'un animal qui n'était pas un chat ni un chien mais une dinde !

incipit

Par LAURENT2012 - publié le dimanche 23 décembre 2012 à 09:34 dans Le roman et ses personnages

J''étais souvent seul à errer dans mon hameau qui se composait d''une dizaine de maisons à l''orée des champs et bordé par les montagnes.

Étant le petit dernier d''une famille nombreuse, je restais seul dans mon coin. Je m'exilais et passais des heures et des heures à trainer, car du haut de mes 8 ans, je ne pouvais aider ni mes frères et mon père dans les champs, ni ma mère et mes sœoeurs à la maison.

Je suis toujours resté seul et sans amis du moins jusqu''à mes 9. Je m''en souviens encore, c''était le printemps, je m'étais levé avant le soleil et j''étais sorti faire un tour dans les champs. Quand la rosée perlait avec les premiers rayons du soleil, je le vis là devant moi seul dans les hautes herbes de la taille d''un poing .Un tel sentiment de solitude m''habitait que je fus contraint de le prendre avec moi et de le ramener. Arrivée chez moi, je l''ai emmitouflé dans des couvertures pour le garder au chaud. Afin de le dissimuler à ma famille, je l''avais caché dans du foin, dans une des granges. Je l''admirais des heures durant, à la fois fasciné et impatient, je voulais à tout prix savoir ce qui allait sortir de cet oeœuf aussi gros .Quelques semaines plus tard ce fut chose faite: mon œoeuf avait éclos .Je ne vous cache pas ma déception quand je vis que c'était une dinde, mais cela avait peu d''importance pour moi, enfin je n''étais plus seul. En effet, cette dinde me prenait pour sa mère et me suivait partout. Mais je n'avais pas réfléchi aux problèmes que me poserait mon nouvel ami. Au début, c'était si compliqué car il fallait la nourrir et la protéger de ses prédateurs. Quelques mois plus tard elle avait grandi et était capable de se nourrir seule. Le temps qui passait et son poids furent des ennemis de taille car plus elle grandissait plus il était difficile de la dissimuler à ma famille sans compter que la période des fêtes approchait et comme le veut la tradition à Noël le plats principal est la dinde.


Incipit

Par JEANNIN2012 - publié le samedi 22 décembre 2012 à 11:30 dans Le roman et ses personnages

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« Où sont encore passés ces petits chenapans ? »  pensa Adèle. Elle sortit de son poulailler et s'aventura dans l'air glacial du matin. La dinde commença à  marcher vers le groupement de fermes. Adèle habitait un poulailler situé à  pas plus de cinq mètres de la maison où logeaient les humains qui s'occupaient d'elle. Ils étaient attentionnés et la nourrissaient très bien. Elle n'avait pas peur des humains sauf d'un ! Il s'appelait Edward (mais tout le monde l'appelait Ed), il était plus petit que les autres et plus jeune. Quand ce jeune garçon s'ennuyait, il ne trouvait rien de mieux à  faire que de courser Adèle avec une fourchette dans les mains. Pour lui échapper, elle devait se cacher dans un coin sombre et attendre plusieurs minutes que le garçon s'en aille. Elle avait d'ailleurs très peur que ses enfants ne soient tombés sur lui.

Incipit

Par HOMETTE2012 - publié le vendredi 21 décembre 2012 à 17:43 dans Le roman et ses personnages
Il avait neigé ce jour là. Oui, je m'en souviens. C'était les premières neiges de l'année et il faisait tellement froid que la serrure avait gelé. Ce jour-là, j'avais dû me lever tôt, il y avait de la route jusqu'à Lyon. Ma mère qui d'habitude faisait preuve d'une grande douceur pour me sortir de mon sommeil, ce matin-là a brusquement ouvert les volets en sortant juste un ''Debout!'', vous savez celui qui ne vous met pas vraiment dans de bonnes dispositions du matin... De toute façon je ne l'aurais pas été. Je n'avais pas envie de me lever, mais il le fallait. Mes parents étaient paniqués. La neige avait bouleversé tous leurs plans et maintenant, on était en retard. Après en être arrivé à utiliser le sèche cheveux pour dégeler la serrure, il a fallu enlever la neige et le gel de la voiture. Pendant qu'ils faisaient des allées et retours pour remplir des seaux d'eau chaude, mes parents m'avaient posé devant la télé... ''Il sera dans nos pattes!'' avait dit mon père. J'étais donc là, assis, devant la télé, au milieu du salon. A l'approche des fêtes on commençait à diffuser les émissions de cuisine. Le glaçage des bûches, la préparation du homard, le bourrage des dindes...Je m'en léchait les babines. Je m'étais dis un jour que je deviendrais un grand chef, comme ça, mon frère ne se plaindrait plus jamais de la nourriture chez lui. Je sais ce que vous allez me dire, que les jeunes d'aujourd'hui ne mangent que des pâtes,de steaks hachés et des hamburgers, mais vous savez, dans l'endroit où vit mon frère ils font vraiment pas d'effort pour tout ce qui est nourriture... Quand mes parents ont eu fini d'enlever la neige, ils m'ont dit de m'installer dans la voiture et de les attendre sagement parce que ils avaient déjà assez de choses à régler comme ça. Je regardais par la fenêtre. On habitait dans un petit hameau à la montagne. Ça aurait été très calme si les voisins, et en particulier, les voisines, n'avaient pas été de véritables langues de vipères... D'ailleurs! Elle étaient la, dès l'aube, à regarder mes parents faire des allées et des retours de leur fenêtre et à préparer leurs hypothèses sur ce qu'il se passait de si important aujourd'hui... On m'avait dit que ces gens-là s'ennuyaient... Moi je dis que ce n'est pas une raison. Les derniers préparatifs avant le départ faits, on est enfin parti. On avait plus d'une heure de retard... Pas super, surtout pour aujourd'hui. Mon nom à moi c'est Nicolas et, je me souviens très bien de ce jour là, parce que ce jour là, c'était celui du procès de mon frère.

Incipit

Par HERNANDEZ2012 - publié le vendredi 21 décembre 2012 à 17:40 dans Le roman et ses personnages

C'était le 24 décembre 2001, cette après midi là il se mit à neiger à gros flocons pour la première fois depuis que l'hiver avait commencé. Julien avait alors cinq ans, et ce noël allait être son tout premier, pourquoi son tout premier ? Alors disons son premier vrai noël, puisque Julien, abandonné à la naissance et vivant jusqu'ici en foyer, avait été adopté quelques mois auparavant par une famille qui vivait dans un hameau près de Bruxelles. Dans ce hameau, il y avait seulement quatre maisons, dont une était une grande ferme avec toute sorte d'animaux. Ce jour-là, la famille préparait donc le réveillon de noël, et avait réservé une dinde à la ferme d'en face, qu'il fallait aller récupérer. C'est alors que Julien demanda à sa mère s'il pouvait s'en charger comme il n'avait jamais fait cela, ce qu'elle accepta, tant elle faisait tout pour le rendre heureux. Il prit donc le chemin de la ferme. Là bas, le fermier l'attendait, il lui avait préparé la dinde avec une laisse autour du cou pour qu'il puisse la ramener chez lui. Il le remercia, et commença à se diriger vers la sortie de la ferme, quand soudain, la laisse lui glissa des mains et la dinde lui échappa. Ce petit garçon de cinq ans, insouciant, n'aurait jamais pu imaginer ce qui allait lui arriver.

Ecriture d'un début de roman

Par BOUSQUET2012 - publié le jeudi 20 décembre 2012 à 11:37 dans Le roman et ses personnages
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   Cette nuit-là, je fis ce rêve. Toujours le même. A chaque fois, la même scène se déroulait sous mes yeux. La lueur rouge du ciel m'indiquait que le soleil venait de se lever, le brouillard matinal commençait à se dissiper et le paysage reprenait ses couleurs que la nuit avait effacées. C'était la campagne, dans un hameau, deux petites maisons qui se faisaient face et autour d'elles, des champs à perte de vue. Un ruisseau coulait au milieu de cette vaste étendue verte, tournant entre les collines. Peu à peu mes yeux se détournaient de ce magnifique spectacle qu'était ce lever de soleil pour se concentrer sur une des deux maisons qui formaient ce petit hameau. Une vieille maison de pierre, des fenêtres dont la peinture des volets commençait à s'écailler, une porte en bois datant probablement d'un autre siècle, tout laissait à penser que cette maison avait été construite il y avait de ça bien longtemps. A l'arrière se trouvait une petite basse-cour où il y avait toutes sortes de volatiles. Mais ce qui retenait toujours mon attention, c'était le petit garçon, un jeune enfant blond dont je ne connaissais pas le prénom mais dont le visage m'était familier. Il courait après une petite dinde qui paraissait affolée. Mais au moment où l'enfant allait la saisir, les images se brouillaient et je me réveillai en sursaut…

Incipit ( obligatoire )

Par GALLONJ2012 - publié le jeudi 6 décembre 2012 à 20:41 dans Le roman et ses personnages
C'est l'histoire d'un livre. Un livre écrit par une jeune femme du nom de Arya durant l'année 1992. Elle vivait à Paris à cette époque, elle avait toujours voulu écrire un livre, et l'a fait. Arya habitait dans un petit appartement du septième arrondissement : "le coeur de Paris" qu'elle disait. Pourtant, elle n'y passait pas deux jours d'affilés dans son "coeœur", à cause de son travail. Elle travaillait pour une entreprise appelée Global Incorporation, où elle passait tous ses week-ends. Je lui disais tout le temps qu'elle travaillait trop et elle me répondait qu'un jour on partirait d'ici. Son rêve, c'était d'aller se la couler douce et de tout laisser tomber. Elle adorait l'Auvergne, elle disait que les auvergnats étaient des gens bien et sympathiques, pour moi, c'étaient que des bouseux mais bon, j'y connais rien, moi. On avait fait des recherches pour savoir où on pourrait aller. On avait trouver la ville de Vichy. Elle avait dit que Vichy était parfaite car c'était une ville très réputée pour ses produits de beauté et ses thermes. Les thermes, c'est des endroits où l'on va pour se reposer et Arya elle en avait vraiment besoin, à cause de son travail qui lui prenait du temps. Et une fois, en me promenant, je suis tombé sur une affiche qui représentait Vichy: sa rue principale, la Rue de Paris, ses thermes, et ses produits de beauté. Je l'avais prise pour la montrer à Arya et quand elle l'a vue, elle a tout de suite reconnue Vichy, elle l'a même accrochée dans son appartement. Tous les soirs, elle la regardait avec des yeux rêveurs, et moi ça me faisait vraiment plaisir de la voir comme ça, parce que d'habitude, elle avait toujours son regard triste et sérieux.

Incipit

Par FEUGERE2012 - publié le jeudi 6 décembre 2012 à 10:35 dans Le roman et ses personnages

Si l'on ne prêtait pas attention à elle, on pouvait la prendre pour ce qu'elle paraissait, une simple sans abri  traversant la rue de Paris pour chercher un endroit où dormir ou bien trouver de quoi manger. Mais derrière sa longue veste marron usée, son pantalon trop grand, ses chaussures en piteux état et ses cheveux ébouriffés, je devinais sans peine un beau visage. Le visage de cette jeune femme ne pouvait être celui d'une SDF. Elle avait les traits fins et sa mine ne semblait pas fatiguée, comme l'on s'attend à trouver chez une personne qui dort chaque soir dans un lieu différent. Elle avait à la main un sac dans lequel je devinais la forme d'un livre ce qui confirmait mon premier sentiment. Je ne dis pas que les sans-abris ne sont pas cultivés ou ne s'intéressent pas à la littérature, mais le peu d'argent qu'ils ont leur sert plutôt à acheter des produits de première nécessité. J'ai donc décidé de la suivre afin de vérifier mon intuition et de comprendre, si celle-ci est bonne, pourquoi une femme se ferait passer pour une vagabonde. Un tas de questions se bousculaient dans ma tête et j'espérais pouvoir y répondre. Mais je ne me doutais pas que ce que j'allais découvrir allait bousculer ma vie…

Incipit

Par BRIDOT2012 - publié le jeudi 6 décembre 2012 à 10:12 dans Le roman et ses personnages
C'était une jeune femme simple, intelligente, agréable mais malgré tout cela, bien solitaire. Elle ne se plaignait pas, elle aimait être seule parce que les personnes autour d'elle ne lui correspondaient pas. Elle habitait à Vichy dans un grand appartement dont la chambre donnait sur l'Allier. Elle se baladait souvent dans le centre ville, elle regardait les vitrines sans jamais entrer dans un magasin. Elle se rendait toujours dans le même café où elle avait ses habitudes. Ce jour-là il neigeait beaucoup et à l'approche de noël tout était illuminé. La jeune femme, assise dans son café préféré, voyant la nuit tomber, décida de rentrer chez elle. Elle marchait dans la rue de Paris, évitant les bousculades de la foule agitée par l'engouement des fêtes de fin d'année. Elle regardait le sol, fixant ses pieds. Elle s'arrêta lorsqu'elle vit un livre par terre, légèrement recouvert de neige. Elle n'osa l'ouvrir de peur que l'humidité qui avait déjà commencé à abîmer la quatrième de couverte et quelques pages, ne s'attaque au reste. Elle continua sa route, protégeant le livre sous son manteau, la tête haute et affichant un large sourire. Une fois arrivée chez elle, elle laissa le livre sécher un peu pendant qu'elle préparait le dîner. Elle ne put attendre un moment de plus, la confection du repas inachevée, elle alla ouvrir le livre. Les pages étaient toute gondolées, elle l'ouvrit avec minutie comme un manuscrit dont l'on prend le plus grand soin. Sur la première page elle vit le portrait de l'auteur. Surprise, elle jeta le livre par terre : elle crut reconnaître son père, qu'elle n'a pas vu depuis cinq ans.

incipit

Par CERQUIDO2012 - publié le mercredi 5 décembre 2012 à 21:57 dans Le roman et ses personnages
Jamais je n'aurais imaginé ça. Installé sur le banc public au coeœur de Vichy dans la rue de Paris, la pluie battante, une jeune femme sous ses airs mystérieux s'approcha de moi. Que me voulait-elle? Je ne sais guère. Mais la seule chose que je savais, c'est qu'elle me marquerait à jamais. Sa silhouette fine marquait parfaitement ses hanches, la couleur de ses habits rappelait le teint mat de sa peau, ses yeux étaient d'un tel bleu. Avançant vers mon banc, oui mon banc car depuis exactement cinq ans je venais là chaque soir à la même heure et je regardais la ville s'endormir, elle m'a donné un livre. Aucune écriture, seulement des pages blanches entre deux couvertures de couleur rouge. Je ne connaissais même pas cette femme, mais quel message voulait elle me faire passer? L'amour, le sang, la passion, le feu, le diable.? Tout me passait par la tête. Et puis j'étais bien moi, assis sur mon banc, seul, avec mon sac de voyage, mon chapeau, et ma guitare. Je n'avais besoin de personne. S'éloignant dans la foule, je la regardais et j'ai tout de même tenté de la rattraper désespérément mais étouffé par ce tohu-bohu je la perdis de vue. Le ciel devenait de plus en plus sombre et moi dans ce mystère et cette atmosphère pesante je ne savais que faire.

Ecriture d'un incipit (accpe)

Par ELAHOUEL2012 - publié le dimanche 2 décembre 2012 à 14:14 dans Le roman et ses personnages

       Il m'a dit que c'était un mardi, mais je sais que ses souvenirs lui jouaient des tours de temps à autre. D'après ce qu'il m'a raconté, ce mardi n'était pas un jour commun aux autres jours, aux semaines, aux mois qui passaient, sans même qu'il ait eu le temps de s'en apercevoir. Il n'avait plus l'habitude de sortir, mais ce jour là, il avait oublié que sa mémoire était de plus en plus défaillante. Il serait donc descendu dans la rue de Paris, en plein cœur de Vichy. Il prétendait ne plus reconnaître la ville, comme s'il l'avait vraiment connue un jour... Puis il m'a avoué qu'il avait demandé son chemin à une jeune femme, mais il ne savait plus où aller, il ne savait pas non plus d'où il venait. Je me doutais bien qu'il ne me disait pas réellement la vérité, mais ça m'était égal car cela lui faisait plaisir de pouvoir enfin raconter quelque chose. Lorsqu'il eut fini de me conter ses aventures qui le rendait si vivant; j'ai compris que cet homme ne demandait rien à personne. Il désirait uniquement quitter son quotidien qu'il revivait sans cesse. Je lui ai donc apporté ce livre, chose que je n'aurai jamais dû faire... C'est à ce moment précis que tout a basculé, son état s'empirait, il ne dissociait plus le vrai du faux. Tout est de ma faute. Lui qui voulait seulement vivre tant qu'il le pouvait encore. Je me sens coupable de lui avoir présenté cette maudite fiction. Je suis coupable... Mais comment aurai-je pu deviner que comme la plupart des gens, il avait rêvé, un jour, de devenir un héros ?

A propos d'Ajar - La Vie devant soi - Article de MICHEL TOURNIER

Par samsagace63 - publié le lundi 5 novembre 2012 à 08:04 dans Le roman et ses personnages
MICHEL TOURNIER « Émile Ajar ou la vie derrière soi » in Le Vol du vampire Au Printemps de 1974, une voix nouvelle s'élevant dans le concert des nouveautés littéraires fit dresser les oreilles du Landerneau des lettres. On n'avait jamais entendu petite musique si tendrement naïve, accents d'une ironie si enfantine, gouaille d'une si désarmante drôlerie. Le livre s'intitulait Gros‑Câlin, s'adornait d'une couverture dessinée par Folon ‑ le baiser sur la bouche d'un homme et d'un serpent ‑ et racontait les amours transies d'un petit employé d'un bureau de statistiques avec l'une de ses collègues ‑ amours malheureuses, contrariées, mais aussi consolées par la cohabitation du narrateur avec un python de deux mètres vingt. La demoiselle était une Noire, s'appelait Dreyfus et ‑ comme son nom l'indique ‑ elle était originaire de la Guyane française. Comme son nom l'indique vraiment ? Oui, car le fameux détenu de l'île du Diable fut le voisin des Guyanais, et son innocence établie, reconnue, proclamée, rejaillit sur eux au point que certains ‑ leur descendance est nombreuse ‑ voulurent adopter son nom. Voilà pour Mlle Dreyfus qui échappera aux timides avances de son collègue en disparaissant du bureau – elle annonce qu'elle retourne en Guyane ‑, mais lui va la retrouver dans une maison close dont il est client et elle... pensionnaire. Heureusement, il y a Gros‑Câlin. Pourquoi un python plutôt qu'un chien ou un chat ? L'idée est géniale et l'explication parfaitement convaincante : c'est qu'un python n'est rien d'autre qu'un bras géant, un bras de 2,20 m, en liberté, et qui use de sa liberté pour envelopper son maître dans une étreinte colossale qui exprime une surhumaine tendresse. Voilà un rival contre lequel Mlle Dreyfus aurait eu bien du mal à s'affirmer malgré ses mini‑jupes et ses bottes cuissardes. Ajar a‑t‑il vraiment vécu avec un python ? On pourrait le croire tant il sait en parler justement. Voyez Gros‑Câlin tendu tout droit en direction du tiroir où le narrateur a caché une souris vivante. Il se tient « dressé en spirale ascendante vers le tiroir supérieur qu'il ne peut atteindre faute du nécessaire, et il doit se contenter d'aspiration comme tout le monde ». Mais ce sont surtout ses manifestations de tendresse à l'égard de son maître qui sont superbement décrites malgré leur stricte discrétion : « Je me suis réveillé avec une angoisse terrible, j'ai pris Gros‑Câlin sur mes genoux, il a levé la, tête et m'a regardé avec cette extraordinaire expression d'indifférence qu'il manifeste pour me calmer, lorsque je suis en proie à l'affectivité, une indifférence totale, comme pour me dire qu'il est là, auprès de moi, solide au poste, que tout est comme d'habitude. » Ce petit roman fit d'autant plus parler que l'auteur s'acharnait à se taire. Nul ne savait qui, ni où il était, et naturellement on finit par douter de son existence. Gros-Câlin n'était peut‑être qu'une oeuvrette en marge qu'un auteur connu se serait amusé à jeter sur le marché sous le voile d'un pseudonyme. Puis les mois passèrent. Les prix littéraires se détournèrent d'un livre qui affectait des allures piégées. Les jurés et les critiques ne craignent rien tant que de tomber dans le ridicule d'une mystification. Dès l'année suivante, le mystérieux Ajar (« entrouvert » en anglais) se manifestait à nouveau sous les espèces d'un roman plus étoffé que Gros-Câlin, débordant de phrases drolatiques, de tournures d'une gaucherie diaboliquement efficaces, de raccourcis foudroyants qui arrachent au lecteur - qu'il le veuille ou non - le rire et les larmes. La Vie devant soi s'affirmait comme le roman de l'année, et tous les prix littéraires commencèrent à planer, comme de bons oiseaux de proie, autour du volume qu'ornait une admirable composition d'André François. Du même coup Ajar devenait un gibier de journaliste. Avec l'aide de son éditeur, Yvonne Baby rapporta de Copenhague une longue interview qui fut publiée dans le Monde. On vit paraître çà et là des photos, un peu floues et mal cadrées, comme il se doit, prises à la diable, et donnant une impression d'authenticité d'autant plus forte qu'elles étaient moins reconnaissables. Puis ce fut le coup de tonnerre de ce troisième lundi de novembre - le 17 cette année-là - où l'on décerne au restaurant Drouant, place Gaillon, le prix Goncourt. Émile Ajar l'emportait avec la Vie devant soi contre Didier Decoin et Patrick Modiano - lesquels devaient être couronnés au demeurant les années suivantes. Aussitôt la « chasse » reprenait de plus belle et avec tant d'acharnement que l'auteur dans sa panique déclarait « refuser le prix Goncourt », comme si ce renoncement pouvait en rien freiner la curiosité de la presse... et la vente du livre. Quand on prétendait attribuer la paternité de l'oeuvre d'Ajar à un auteur connu, c'était le nom de Romain Gary qui revenait avec le plus d'insistance. Cette « supposition d'enfant » - aberrante si l'on compare le style et le ton des deux auteurs - se justifiait plus ou moins par un lien de parenté entre Romain Gary et Émile Ajar sur lequel l'auteur des Racines du Ciel s'expliqua longuement dans L'Aurore. « Paul Pavlowitch est le fils de ma cousine. Son père était le neveu de ma mère (une célèbre actrice russe que Mélina Mercouri fait revivre dans la Promesse de l'aube). J'ai bien connu sa famille à Nice, et je crois même avoir assisté au baptême de Paul. Sa mère, juive d'origine, était devenue très catholique. Ou bien étais-je à Londres à ce moment-là? Je ne sais plus très bien. J'étais très lié avec cette femme, ma cousine donc, Dina. Elle est tombée par suite gravement malade, et je -me suis un peu occupé de ses enfants. Paul était atteint d'une sorte d'éternelle errance, étudiant un peu partout, passant même six mois à Harvard, puis se mettant à gagner sa vie de ses mains en se faisant plombier, peintre, camionneur. » Avec sa femme, Annie, il fit un stage de monteur de cinéma, mais n'eut jamais l'occasion d'exercer ce métier. A vingt ans il écrivait des poèmes que j'ai trouvés excellents et que j ai essayé de publier, mais personne n'en a voulu. Puis nos relations se sont estompées, comme c'est toujours un peu le casentre un père spirituel et un fils qui s'émancipe. Il a fait son Mai 68, me tournant le dos, cherchant à voler de ses propres ailes pour ne rien me devoir et surtout pour ne pas donner l'impression qu'il se servait d'un parent célèbre. Il acheta une ruine dans un village perdu du Lot, à Caniac-du-Causse. Faisant le maçon, il reconstruisit cette bergerie de ses propres mains avec sa femme et un ami, et vécut là-bas la plupart du temps. En quatre ans je suis allé le voir deux fois, sans avoir le courage de vivre à la dure comme lui. Ils n'avaient encore ni chauffage, ni éclairage, ni eau courante. Alors moi qui suis pourri comme une poule de luxe, j'allais à l'hôtel. » Pour en terminer avec les alentours d'une oeuvre et les tumultes de l'actualité rappelons que la Vie devant soi a battu le record des ventes des prix Goncourt avec, au moment où j'écris ces lignes, un tirage de 1,2 million d'exemplaires, succès relancé il est vrai par un film. A propos de ce film, il convient d'ailleurs de saluer le tour de force du réalisateur, Moshe Mizrahi, qui trouva moyen, partant de ce livre incomparablement savoureux et humain, aidé de l'immense talent de Simone Signoret, de produire une bande incolore, inodore, insipide et pudibonde. De ce livre, il serait peut‑être temps de parler enfin, car il a été un peu oublié au milieu des bruits et der, fureurs qu'il a suscités. C'est un enfant qui parle. Il a quatorze ans, il est d'origine arabe, et sa mère, une prostituée, l'a mis en pension chez Madame Rosa, une « ancienne » qui assure tant bien que mal sa retraite en élevant des enfants de prostituées que menace l'Assistance publique. Madame Rosa est juive et a connu le camp de concentration. Depuis, elle vit dans la terreur et ne connaît plus que des fantômes, tous plus ou moins menaçants. . On connaît le propos attribué à André Gide selon lequel on ne saurait faire de bonne littérature avec de bons sentiments. On dirait qu'Émile Ajar est venu tout exprès afin d'être l'exception à cette règle. Car on ne saurait le nier : les bons sentiments ruissellent dans ses livres, tout autant et même davantage encore que dans les Deux Orphelines. Dès lors le critique s'interroge : comment se fait‑il qu'ils soient bons, et mieux que bons, géniaux dans un certain sens ? Le lecteur un tant soi peu roué ne cesse de se demander en lisant Ajar : « Mais enfin, comment s'y prend‑il ? Et on ne fait pas faute de parler de procédés, de recettes, voire de trucs. Or procédés, recettes et trucs ne sont méprisables que dans la mesure où quiconque ayant « compris » est du même coup en mesure de faire aussi bien. Nous allons essayer de cerner quelques‑uns des « tours » que nous joue Émile Ajar dans ses livres. Si après cela vous êtes capable de « faire de l'Ajar », alors oui il y aura eu « truc ». Mais sincèrement, j'en serais surpris. Le raccourci. Il ne s'agit pas de trouver la formule frappante ou l'image qui fait choc parce qu'elle simplifie d'un trait toute la complexité d'une situation. Ajar n'a pas ce genre d'ambition. Plus pernicieux, il vise plutôt à brouiller les cartes qu'à démêler l'écheveau du concret. « lle était morte sans laisser d'adresse. » « Il devait penser que j'étais encore interdit aux mineurs et qu'il y avait des choses que je ne devais pas avoir. » « Pendant longtemps je n'ai pas su que j'étais arabe parce que personne ne m'insultait. », « Les rumeurs d'Orléans, c'était quand les juifs dans le prêt‑à‑porter ne droguaient pas les femmes blanches pour les envoyer dans les bordels. » « Il ne fallait pas l'embêter quand elle pleurait, car c'était ses meilleurs moments. » « Elle a eu l'idée d'ouvrir une pension sans famille. » « C'est toujours la mère qui est en butte dans notre cas [celui des enfants de prostituées] parce que le père est protégé par la loi des grands nombres. » « Quand il n'y a personne pour vous aimer autour, ça devient de la graisse. » « Elle pesait dans les quatre‑vingt‑quinze kilos, tous plus moches les uns que les autres. » « Les cauchemars, c'est ce que les rêves deviennent en vieillissant. » Le croc‑en‑jambe. La phrase part dans une direction conventionnelle, puis elle décroche soudain de son cours normal et prend une tangente brutale. L'effet de choc est à la fois comique et bouleversant. « Les mômes qui se piquent deviennent tous habitués au bonheur et ça ne pardonne pas, vu que le bonheur est connu pour ses états de manque. » « Je ne me battais jamais, ça fait toujours mal quand on frappe quelqu'un. » « Monsieur Charmette avait fait livrer une couronne mortuaire car il ne savait pas que c'était Monsieur Bouaffa qui était mort, il croyait que c'était Madame Rosa comme tout le monde le souhaitait pour son bien, et Madame Rosa était contente parce que... c'était la première fois que quelqu'un lui envoyait des fleurs. » « Ce n'est pas vrai que je suis resté trois semaines à côté du cadavre de ma mère adoptive parce que Madame Rosa n'était pas ma mère adoptive. » Le respect des conventions. « Les flics, c'est ce qu'il y a de plus fort au monde. Un môme qui a un père flic, c'est comme s'il avait deux fois plus de père que les autres. » « J'ai pleuré comme un veau. Les veaux ne pleurent jamais, mais c'est l'expression qui veut ça. » Ce respect est celui d'un petit homme prudent et modeste qui s'applique à ne pas se faire remarquer, car il ne peut en résulter pour lui que du mal. Toutefois la dérision est sous‑jacente et la dénonciation de la convention jaillit parfois malgré elle : « je sais bien que serai jamais normal. Il n'y a que les salauds qui sont normals. » Le passage à l'absolu. C'est l'un destours les plus sournoisement efficaces d'Ajar. Il coupe de toute référence à d'autres termes un mot ou une expression qui les appelle au contraire impérativement. C'est l'absolu forcé. « Les fils de putes pourraient devenir plus tard des membres de la majorité qui expriment leur soutien. » « La littérature, C'est incompatible » (entretien avec Y. Baby). Cet absolu est ailleurs carrément revendiqué comme une qualité insurpassable. « Je l'aimais bien [Madame Lol]a c'était quelqu'un qui ne ressemblait à rien et n'avait aucun rapport. » « J'ai jamais vu deux mômes aussi blonds que ceux‑là. Et je vous jure qu'ils avaient pas beaucoup servi, ils étaient tout neufs. Ils étaient vraiment sans aucun rapport. » Plus profondément ‑ et comme presque tous les romans possédant une véritable originalité ‑ les livres d'Émile Ajar se définissent par une certaine relation au temps. La Vie devant soi, ces mots apparaissent dans le cours du récit, et avec une nuance franchement défavorable : « J'ai toujours remarqué que les vieux disent tu es jeune, tu as toute la vie devant toi avec un bon, sourire, comme si cela leur faisait plaisir. Je me suis levé. Bon je savais que j'ai toute ma vie devant moi, je n'allais pas me rendre malade pour ça. » C'est que la jeunesse, ‑avec son innocence et son bel avenir, l'auteur n'y croit guère. Il n'en pense même aucun bien. Par deux fois, il répète qu'on n'est jamais trop jeune ni pour comprendre, ni pour puiser dans une expérience déjà riche et amère. Il se laisse même aller ‑ à quatorze ans ‑ à faire des projets « quand je serai jeune », comme si la seule jeunesse authentique était celle qu'on acquiert avec les années. Indiscutablement, il y a un primat de la vieillesse et des vieillards dans cette oeuvre. La Vie devant soi raconte l'attachement d'un enfant pour une vieille femme. L'Angoisse du roi Salomon en est peut‑être la suite. On peut admettre en effet qu'à vingt ans l'ancien gamin Momo, devenu chauffeur de taxi, charge un très vieux monsieur qui, fortune faite dans la confection (c'est M. Salomon, le roi du pantalon prêt‑à‑porter), consacre sa retraite à une oeuvre d'aide psychologique par téléphone. Entre le jeune homme et le vieillard, c'est le coup de foudre. Quant à l'amour, nous le retrouvons sous la forme de la passion de pitié qu'éprouve le narrateur pour une chanteuse oubliée et déchue à laquelle il joue la comédie du plaisir physique. Il n'est pas jusqu'à Gros‑Câlin, le python de l'opus 1, qui n'incarne aux yeux du narrateur une rassurante impassibilité venue du fond des âges. « En attendant, je m'installe dans un fauteuil, je prends Gros‑Câlin et il met son bras de deux mètres vingt autour de mes épaules. C'est ce qu'on appelle "état de besoin" en organisme. Il a une tête inexpressive, à cause de l'environnement originel, évidemment, c'est l'âge de pierre, comme les tortues, les circonstances prédiluviennes. Son regard n'exprime pas autre chose que cinquante millions d'années et même davantage, pour finir dans un deux‑pièces. Il est merveilleux et rassurant de sentir chez soi quelqu'un qui vient d'aussi loin et qui est parvenu jusqu'à Paris. Cela donne de la philosophie, à cause de la permanence assurée et des valeurs immortelles, immuables. Parfois, il me mordille l'oreille, ce quiest bouleversant d'espièglerie, lorsqu'on pense que cela vient de la préhistoire. Je me laisse faire, je ferme les yeux et j'attends. » Ces valeurs immortelles, immuables sont les seules auxquelles on peut se,fier, et c'est derrière nous qu'il faut les chercher. Un petit enfant peut le comprendre trop tôt. Alors il refuse d'entrer dans la vie, il devient consterné : « Cela veut dire qu'il ne voulait vraiment rien savoir pour vivre et devenait antique. C'est la pire des choses qui peut arriver à un môme en dehors du reste. » L'idéal ce serait évidemment d'arrêter la marche du temps en avant et de lui faire rebrousser chemin. L'opération n'est pas aussi impraticable qu'il semblerait à première vue puisqu'une table de montage de cinéma la rend possible. Nous savons qu'Émile Ajar a songé un moment à devenir monteur de film. L'expérience l'a frappé puisqu'il lui accorde une place privilégiée dans la Vie devant soi. Momo fait la connaissance d'une monteuse, il assiste ébloui aux retours en arrière du film, et c'est par cette jeune femme qu'il va être recueilli après la mort de Mlle Rosa. Car elle détient à ses yeux le pouvoir magique de réintégrer le passé et de pouvoir revenir en arrière, éventuellement « jusqu'au Paradis terrestre » (où on retrouverait sans doute le Serpent Gros‑Câlin...). «Malheureusement quand ça recommence, c'est toujours la même chose. » En d'autres termes, si l'on peut remonter le cours du temps, il ne faut pas espérer changer l'histoire. Ce n'est pas la seule référence au cinéma de cette oeuvre, par ailleurs ‑nous l'avons dit ‑ si piètrement portée à l'écran. Car on omettrait l'une des clés essentielles d'Émile Ajar si l'on ne rendait pas hommage au passage à Charlie Chaplin. Les épisodes chaplinesques abondent dans les trois romans. Dans Gros‑Câlin notamment lorsque le narrateur voulant offrir un modeste bouquet de violettes à Mlle Dreyfus ne la trouve pas dans son bureau, et part à sa recherche dans Paris en tenant à la main le verre d'eau où trempent ses fleurettes. Ou plus cruellement quand il cherche un contact humain en faisant traverser la rue à un aveugle. Celui‑ci s'aperçoit bientôt que c'est son « bienfaiteur » qui est en détresse et qui profite de son infirmité, et il le chasse en lui criant : « Allez faire vos besoins ailleurs! » Sur quoi notre héros conclut plaintivement : « Je comprends bien que les aveugles ont leur fierté, mais pourquoi refuser d'aider un peu les autres à vivre? » Ce thème du service rendu, qui aide principalement celui qui le rend,‑ est l'un des leitmotivs d'Émile Ajar. On le retrouve dans l'Angoisse du roi Salomon : le grand secret de l'organisation téléphonique S.O.S. Amitié, C'est que les membres « bénévoles » qui se chargent de répondre aux appels soignent, tout autant que ceux qui les appellent, la détresse de leur propre solitude. Émile Ajar a surpris par sa nouveauté et sa fraîcheur. Mais le recul aidant, il prend sa place dans le paysage littéraire français contemporain, tout en, perdant un peu de sa singularité. Car on peut lui découvrir une ascendance notamment du côté de Jacques Prévert, mais surtout dans l'Henri Michaux d'Un certain Plume. On peut aussi lui trouver des collatéraux, et je voudrais n'en citer qu'un exemple qui me paraît éclairant, celui de Patrick Modiano. Certes, l'auteur de la Place de l'Étoile est très éloigné de la naïveté dissolvante d'Émile Ajar. Mais il est comme lui fasciné par un passé assez récent, trouble, et que, pas plus que lui, il n'a vécu, celui de l'Occupation. Mme Rosa et le Roi Salomon sont pour Ajar les témoins irremplaçables d'une tragédie douteuse, baignant dans une lumière glauque, mais qui avait paradoxalement le pouvoir de révéler les êtres dans leur vérité, et l'attrait de cette période est si fort qu'il le détourne du présent et même de l'avenir. Émile Ajar et Patrick Modiano ‑ et quelques autres aussi sans doute, écrivains ou non ‑ ressemblent à la femme de Loth qui n'a pas su fuir en avant sans se retourner, et qui a été changée en statue de sel pour avoir préféré le spectacle des fumées de Sodome aux promesses du soleil levant. POST‑SCRIPTUM Depuis que ces lignes ont été écrites, deux événements se sont produits. Le 2 décembre 1980, Romain Gary se donnait la mort, quinze mois après son ancienne femme Jean Seberg. Le 2 juillet 1981 paraissait sous la signature de Paul Pavlowitch un livre intitulé lHomme que l'on croyait qui révélait que les quatre livres parus sous le nom d'Émile Ajar étaient intégralement de la plume de son « oncle » Romain Gary. Il nous racontait comment, lassé d'une critique ronronnante quand elle‑n'était pas hostile, l'auteur des Racines du ciel, prix Goncourt 1956, avait décidé de renaître sous un autre nom avec une oeuvre en totale rupture par rapport à tout ce qu'il avait publié précédemment. Ce nouveau nom serait Émile Ajar, et la première oeuvre de cet auteur imaginaire s'appellerait Gros‑Câlin. Paul Pavlowitch endosserait pour la frime la personnalité d'Émile Ajar. La presse a parlé aussitôt de supercherie, voire de canular. Ces termes sont inacceptables pour deux raisons. D'abord le suicide de Romain Gary ‑ tout est lié dans cette affaire, et si la naissance d'Émile Ajar n'est pas la cause du suicide, il est certain qu'elle constitue l'un des aspects essentiels de la fin de Romain Gary ‑, ensuite la valeur littéraire éminente des livres d'Ajar. Rien de plus sérieux qu'une affaire qui se solde positivement par quatre chefs‑d'oeuvre, et négativement par la mort volontaire de leur auteur. Quant à la mystification qu'elle comporte, elle ne dépare nullement une entreprise d'essence littéraire. Le pseudonyme a droit de cité dans les lettres, d'innombrables exemples de maquillages et de substitutions de personnes émaillent l'histoire de la littérature. Faut‑il rappeler que Romain Gary était déjà un pseudonyme ? Bien au contraire, ce qui me paraît admirable dans cette entreprise, c'est sa réussite. Prix Goncourt 1956, Romain Gary se sentait couler d'année en année dans le marécage d'indifférence et de paresse de la critique et des lecteurs. Il change de peau et de voix, et aussitôt, c'est l'enthousiasme, et un second prix Goncourt vient couronner l'opération, cas unique depuis la fondation du prix. J'ai écrit que pour des raisons de style et de ton Émile Afar ne pouvait pas être Romain Gary. Ce jugement erroné se trouvait justifié par l'évidente disparité des deux oeuvres Mais la création consiste précisément à rendre réel ce qui est a priori impossible. L'impossible devenu réel, l'esprit aussitôt s'efforce de digérer le paradoxe en lui trouvant une justification rationnelle. Ainsi ai‑je repris les oeuvres de Romain Gary à la recherche des signes précurseurs annonçant Émile Ajar. C'est sans doute dans Tulipe que se trouve la réponse la moins discutable. Ce petit roman parut en 1946, un au après le premier livre de Romain Gary, Éducation européenne, couronné par le Prix des Critiques. Nous sommes à New York au lendemain de la guerre. Le héros, Tulipe, est un jeune homme qui sort d'un camp de concentration nazi. Il se réjouit que les Allemands aient été débarrassés du racisme, par leur propre défaite. Mais voici qu'installé à Harlem, il s'aperçoit que le racisme anti‑noir règne sauvagement dans la grande cité yankee. Il fonde alors le mouvement Prière pour les vainqueurs, et commence une grève de la faim. Il devient célèbre sous le, nom du Blanc Mahatma de Harlem, etc. Or les échos qu'éveille cette lecture aux oreilles de qui sort dÉmile Ajar sont nombreux. Il y a là, en germe pourrait‑on dire, l'ingénuité décapante de Momo et de Cousin. Nous sommes dans la salle de rédaction d'un journal. « Du nouveau? demanda Flaps. ‑ Charlie Chaplin dans une affaire de paternité, dit Grinberg. ‑ Encore ? ‑ Il a été acquitté... L'ennui avec ce type‑là, c'est qu'il n'a pas de sang nègre. On ne peut pas le lyncher sans preuves. " Un peu plus loin « Il y a un nègre en bas qui demande à vous voir, monsieur. ‑ Quel genre de nègre ? ‑ Un très vieux nègre, vraiment, monsieur, dit le garçon avec admiration. Le plus vieux nègre que j'aie jamais vu vivant, monsieur. Ça fait plaisir de voit un vieux nègre comme ça, monsieur, ça prouve qu'on peut tout de même vivre longtemps, monsieur, en essayant bien, monsieur. » Et il y a aussi ce qu'on pourrait appeler la légende des larmes, qu'il faudrait réécrire en plus fruste il est vrai, pour la faire entrer dans la Vie devant soi. « Savez‑vous pleurer? demanda Biddle. ‑ Mes larmes sont toutes mortes. ‑ Comment ça, mortes? Mortes de quoi? ‑ Les larmes sont des gosses de riches. Elles ont la santé bien délicate. Il leur faut un toit au‑dessus de la tête, une bonne soupe le soir et les pantoufles et la bouteille chaude dans le lit. Elles deviennent alors belles et dodues, et il suffit d'un rien ‑une dent creuse, un chagrin d'amour ‑ pour les faire sortir de leur coquille. Mais donnez‑leur deux guerres de père en fils, rasez leur maison, collez‑les dans un camp de concentration, et les voilà qui se font toutes petites et rares, et les voilà qui se mettent à mourir comme des mouches. - Et vos larmes à vous, de, quoi sont‑elles mortes? - Il y en a une qui fut tuée en Espagne, dans les brigades internationales. Une autre périt en Grèce. Une vieille larme idéaliste. Plusieurs sont mortes à Lublin : c'étaient toutes des larmes juives. Une a été lynchée à Detroit, parce qu'elle avait du sang nègre. » A propos d'écho, plus d'un lecteur dressera l'oreille en découvrant, dans ce même Tulipe, l'aventure du nègre Sammy‑la‑Semelle. Il était si bon, qu'un matin « il s'est réveillé avec une belle auréole autour de la tête. Pas un de ces petits trucs bon marché, dites‑vous‑le bien, mais une vraie auréole de première classe qui vous faisait mal aux yeux. Eh bien, vous pouvez me croire ou non, patron, mais cela ne lui a attiré que des ennuis. Pour commencer, il a perdu tous ses clients : il était cireur de bottes ». On songe aussitôt à une nouvelle célèbre de Marcel Aymé sur le même sujet. Or cette nouvelle s'appelle la Grâce et a paru dans le recueil le Vin de Paris en 1947, c'est‑à‑dire un an après Tulipe. La priorité de l'invention appartient à Romain Gary. « Tout Émile Ajar se trouvait déjà dans Tulipe », affirme Romain Gary dans son testament. C'est beaucoup dire, mais un certain humour cruel et ingénu s'y rencontre indiscutablement, et les vingt‑six années qui séparent Tulipe de Gros‑Câlin ont bien dû répondre à une nécessaire maturation. Émile Ajar serait donc Romain Gary dernière mainière ? Des grands créateurs nous ont donné l'exemple d'une oeuvre s'achevant par un renouveau surprenant et supérieur à tout le reste. On songe aux derniers quatuors de Beethoven, à la Vie de Rancé de Chateaubriand, aux Affinités électives de Goethe, et aussi au Giono du Hussard sur le toit et du Roi sans divertissement. Mais le cas de Romain Gary est unique en son genre. En effet, Ajar n'a pas réduit Gary au silence, et pendant cinq années les « deux auteurs » ont publié simultanément; tandis que paraissaient Gros‑Câlin, la Vie devant soi, Pseudo et l'Angoisse du roi Salomon sous le nom d'Ajar, on voyait paraître sous celui de Gary Au‑delà de cette limite, votre ticket n'est plus valable, Clair de femme, Charge d'âmes, les Clowns lyriques, les Cerfs‑volants. Et c'est sans doute cette incroyable puissance de production sans relâchement qualitatif : neuf livres en quatre ans, qui constitue l'aspect le plus étonnant et le plus troublant de l'affaire Gary‑Ajar. Il n'empêche, pour beaucoup ‑ et je suis de ceux‑là ‑, Émile Ajar restera l'avatar final et éblouissant d'une carrière littéraire qui semblait forte et de vaste horizon, mais à laquelle manquait l'épaisseur et l'humour qu'il nous apporte pour notre joie et notre émotion.

Un blog pour la classe de 1ère S3 - Cité Scolaire Albert Londres - Cusset - Année 2012-2013
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